ESPALION
La commanderie d’Espalion qu’on appelait aussi le Temple , du nom de sa primitive destination , avait dans son apanage le domaine d’Aubignac; celui des Landes à Senepjac; le domaine de Limouse; un vignoble à Salles-Comtaux ; des maisons et jardins à Rodez , etc.; biens de nature diverse à Espalion , etc.
Les cures d’Anglars-Bedène , d’Auzits , de Saint-Martin et de Saint- Africain-de-Limouse étaient dans sa dépendance.
La vieille tour de Limouse est encore debout. Près d’Espalion et sur la route de Saint-Côme , on voit une petite église , de style bysantin , qui était la chapelle de la commanderie du temps des Templiers. Elle sert aujourd’hui de grange. Le beau domaine d’Aubignac, acquis d’abord de la nation par le sieur Valat, de Lodève , est possédé par la famille Passelac , qui y a fait élever un château dans le goût moderne.
Frère B. Igol de Gabriac était commandeur d’Espalion eu
Antoine de Rodez-Montalègre en 1559.
Flotte-la-Roche en 1568.
Raymond de Villeneuve en 1672.
Antoine de Sade d’Eyguières en 1721.
Quand la Révolution éclata c’était , depuis 1762, Joseph- Gabriel de Lordat-Bram, né en 1733 , et chevalier de Malte depuis le 1" mai 1750.
Commandeurs de l'ordre de Sainl-Jean-de- Jérusalem , à Espalion.
1334. — Brenguicr de Rotbald.
1407—1423. — Noble Bernard de La Fitte et à la même
époque frère Guillaume Elie , prêtre , attaché à la même maison.
1454 — 1458. — Noble Jean de Castelnau , chevalier ; frère Ramond de Ville ; Grangier d’Albinhac.
1470 — 1471. — Bernard Brenguier ou Bérenger, chevalier.
1489. — Bertrand Coalhac, commandeur d’Albinhac.
1503. — François Blacas.
1513. — Jean Valette, commandeur d’Espalion , Limouse et leurs dépendances.
1526. — Noble Guillot de Castelnau, aliàs de Regussa.
1530. — Frère Poncet d’Arna.
1543. — Bégon de Gabriac.
1545. — Noble Guillot de Gabriac.
1551 . — Noble Antoine de Roudez , dit de Montalègre.
1583 — 1589. — Noble Pierre Roux , dit de Belvezet.
1606 — 1619. — Noble Jean-Jacques de Mauléon La Bastide.
1630 — 1640. — Jean-Baptiste de Lambert.
1647 — 1654. — Noble Philippe de Lespine d’Alan.
1654. — Messire François de Villeneuve-Clamensano.
1666 — 1673. — François-Raymond de Yilleneuvc-la-Reeuquelle.
1676 — 1677. — Messire Annibal de Castellane d’Alvès.
1689 — 1714. — Jos. -Félix de La Raynarde, ancien premier capitaine d’une des galères du roi.
1719. — Messire Antoine de Sadeavguières.
1771 — 1779. — Haut et puissant seigneur Gabriel-Joseph deLordat , chevalier profès de l’ordre , habitant Toulouse.
lugan ( Canton de Monlbazem).
Le chef-lieu de la commanderie de Lugan fut pendant trèslongtemps à Auzits (1) et puis à Drulhe , quand les Hospita-
(1) On montre encore à Auzits une ruine qui est un débris de l’ancien château dé l’ordre.
142 ORDRE DE SAIXT-JEAN-DE-JÉRUSALEM Oll DE MALTE.
liers eurent remplacé les Templiers dans cette dernière commanderie.
On trouve dans les Annales de Ville franche que l’évêque Vivian bailla, en 1250 , au commandeur d’Auzits, de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem , les bénéfices d’Alte-Serre , de Rulhe et de Lugan , en échange de ceux de Cabannes , près de Morlhon , et de Veuzac.
Ces mêmes Annales rapportent que les biens des Templiers de Villefranche furent donnés , en 131 G, au commandeur de Drulhc , de l’ordre des Hospitaliers.
Au milieu du xve siècle , les commandeurs prenaient encore le nom de commandeurs d’Auzits , mais résidaient au château de Lugan. Dans la suite , Auzits fut distrait de celle commanderie et joint à celle d’Espalion.
Le commandeur de Lugan avait dans sa manse le domaine de Béteille , les bois de Combe-Nègre , diverses possessions à La Vinzelle, à Saint-Julicn-de-Pigagnol , etc.
Le château de Lugan était accompagné d’un étang et d’une belle prairie.
M. Randon, curé de la paroisse, a acheté, il y a quelques années , cet édifice encore intact , et l’a donné à des sœurs des écoles de la Sainte-Famille pour l’éducation des jeunes filles et le soin des malades.
Frère de Raymond était commandeur d’Auzits en 1285.
(Gaujal , Annales du llouergue).
Noble Jean-Durand Malhan prenait le titre de commandeur de Drulhe en 1420. [Archives du château de Doitmazel).
Pierre de Montlezun était commandeur d’Auzits et de Lugan, en Rouergue , et de La Tronquière, en Quercy, en 1436. Le même devint ensuite grand-prieur de Toulouse.
[Tit. de la famille de Monlauzcur).
Frère Jean de Castelnau , commandeur de Drulhe en 1479.
Frère Durand de Patras, commandeur de Drulhe en 1499.
Noble Jean de Mars-Liviers , commandeur de Diulhe en 1617. [Archives du château de Bournazel).
Gauthier-Valabre , commandeur de Lugan.
D’Isnard , commandeur de Lugan.
OnDRE DE SA 1NT-JEAN-DE- JÉRUSALEM OU DE MALTE. 143
Louis-Charles-Régis de Coriolis-Espinouse , né en 1725, reçu chevalier le 29 mai 1737 , fut commandeur de Lugan en 1783, et il a été le dernier.
Antres biens de l'ordre de Malte, en Houerguc.
Nigresscrre , au nord du département et près du Mur-de- Barrez . appartenait à la commanderie de Narbonne , des chapelains conventuels et servants d’armes.
Le commandeur, pourvu de ce bénéfice, était en même temps seigneur de l’endroit; c’est à lui qu’appartenait la nomination du curé.
Commandeurs connus :
Pierre de Monlasur, chevalier de Malte, en 1428.
Frère Jean Campvielh , en 1545.
Frère Antoine Castela, en 1548.
Frère Albert Pinson , en 1609.
N. Blain, frère servant de l’ordre , en 1770.
Le domaine et château de Genoullac , les domaines de l’Espinassière , du Juge et de Bramalou , accompagnés de grands bois, le tout dans l’arrondissement de Yillefranche , dépendaient de la commanderie de La Capelle-Livron , près de Caylus, en Quercy.
Antoine de Montlezun, commandeur de Pibrac et Ginolhac en 1476, fit rebâtir, en 1481 , la tour du cbâleau de Ginolhac, où l’on voyait autrefois ses armes.
Bréville , dans le même arrondissement, était membre de la commanderie de La Tronquière , et donnait 2,500 livres,
CHEVALiEns ne i/okdiie de maiwt-je.iv-de-jé-
KIKAI.K1I lITARTHiAT A DK» FAHIELES DE ROUEIMilTE.
XIVe SIÈCLE.
Dieudonné de Gozon , élu grand-maître de l’ordre en 1346 ( Histoire de Malle).
Jean de Lévezou , prieur de Villedieu , lué à Crécy, en 1346, où il commandait les chevaliers de son ordre ( Titrct de famille).
Tristan de Lévezou , commandeur de Compeyronat au prieuré de Saint-Gilles en 1349 [Idem).
Bertrand d’Arpajon, commandeur de La Selve en 1396, grand-prieur de Saint-Gilles en 1422 (Tit. de famille. — Arch. deia commanderie).
Raymond de Lescure , grand-prieur de Toulouse en 1393, envoyé, en 1404, vers le Soudan d’Egypte pour traiter la paix avec son ordre , et qui, vivant encore en 1410, présida au chapitre général du même ordre , tenu à Aix (Lalaille , A nn. de Toulouse).
XVe SIÈCLE.
Pierre-Raymond de Gozon , chevalier de Rhodes au commencement du xv° siècle ( Titres de famille).
OnDRE DE SAINT-J EAN-DE-JÉRUSA1.EM OU DE MALTE. 145
Jean de Gozon , frère du précédent , chevalier de Rhodes et commandeur de Saint-Félix vers la même époque [Idem).
Jourdain de La Valette-Parisot , chevalier de Rhodes , vivant en 1409 [Idem).
Déodat Hérail , commandeur en 1 420 (Courcelles).
Guillaume d’Alboy-de-Monlrozier, commandeur de Massilian, au diocèse d’Agde, en 1424 [Titres de famille et Tables de Ver tôt).
Guillaume de Monlels, commandeur de Saint-Maurice, vivant en 1438 [Titres de famille).
Vésian de Lévezou , prieur de Villedieu vers 1 460 [Idem).
Guyot de Castelpers , reçu en 1 491 [Tables de Vertot).
Guyones de la Propercio , diocèse de Rodez , 4 mai 1491 (D’Aubais, Pièces fugitives, t. III. — Chevaliers de Malle).
Guillaume de Mostuéjouls , reçu le 3 avril 1492 [Idem).
Pierre de Radin , prieur de Toulouse en 1492 [Archives de la lia/fmie).
XVIe SIÈCLE.
Marc Azemar, fils de Guillaume et de Sobeyrane de Salignis (Souveraine de Salgues), dame de La Garinie, diocèse de Rodez, reçu le 7 mai 1306 (D’Aubais).
François de Roquefeuil , (ils de Bérenger et d’Anne Guérin, 7 mai 1310 [Idem).
Begot de Gourdesa, fils de Georges, seigneur de Gabriac , diocèse de Rodez , 7 mars 1311 [Idem).
Jean de La Valette-Parisot, reçu en 1315, élu grand-maître le 21 août 1 557, mort le 21 août 1 568 [Histoire de l’Ordre).
Bernard de Caslanet, 1515 [Titres de famille).
Gilles de Moret, 1515 [Idem).
Pierre de Gozon , reçu en 1516,. commandeur de Canabièresen 1531, grand -prieur de Saint-Gilles en 1559 [Idem).
Guillaume de La Roque , aliàs de Grun , fils de Jean de La Roque , seigneur de Grun , el de Louise de Pomayrols , 21 avril 1517 (D’Aubais).
André Rauleti, fils d’André Rauleli, seigneur de Montpaon, diocèse de Vabres , 3 mai 1519 (Idem).
François de Gozon , frère de Pierre , ci-dessus mentionné , chevalier en 1521, commandeur d’Argentins el de Bordeaux en 1557, bailli de Manosque en 1565 ( Tables de Vertot. — Titres de famille).
Gabriel de Mural de l’Estang de Pomayrols , prieur de Saint-Jean de Toulouse , connu sous le nom de commandeur de Pomayrols , honorablement mentionné pour sa conduite au siège de Rhodes, par Soliman II , en 1522 ( Titres de famille ).
Guyot de La Valette Parisot figure sur un rôle des revues passées en 1522, pour se préparer au siège de Rhodes, sous le grand-maître Yilliers-de-Lisle-Adam , avec Jean de La Valette, depuis grand-maître, et Pierre de Gozon de Mélac, mentionné plus haut (Table de Vertot).
Antoine Rodez de Montalègre , fils de Bernard , 7 mai 1 52G (D’Aubais). Cet Antoine, d’après des titres de famille , fut commandeur d’Espalion en 1553.
Jean de Saint-Ferréol , tils de Guillaume de Saint-Ferréol et de Jeanne de Robiac , diocèse de Vabres, 5 mai 1528 (D’Aubais).
Jacques de Roquefeuil-Padiès , commandeur de Rayssac , compris dans le catalogue des chevaliers de la langue de Provence en I 531 .
Guyon de Berenguier, fils de Galhard et de Gaillarde
seigneur de Bertholène , au diocèse de Rodez , 5 mai 1533 (D’Aubais).
Philippe d’Urre, en 1536 ( Tables de Vertot).
Hector de Pelegri , de La Roque-Sainle-Marguerite , 1 540 (Idem).
Guyon de Prunet , fils de Béranger et de Marguerite de Lopiac, du lieu de Verrières, diocèse de Rodez, 8 mai 1542 (D’Aubais).
François de La Fratnondie , fils de Jean et d’Hélène de Malevieille, seigneur du Bosc , diocèse de Rodez, 5 mai
4544 [Idem).
Arnaud Azemar, fils de Guillaume et de Delphine de Yerfeuil , seigneur de Mosneys, diocèse de Vabres, G mai 4 544 (Idem).
Anet de Corn , fils de François et de Marguerite de Colombiers , seigneur d’Ampare , diocèse de Rodez , G mai 1 5 H (Idem).
Tierre de Gabriac, fils d’Amblard et de Catherine de Yaletle-Parisot , seigneur de Gabriac, diocèse de Rodez, neveu de Bégon de Gabriac , commandeur de Yahoiirs , 4 mai
4545 (Idem).
Bernard Blanc, fils de Jean Blanc et d’Hélips de llodez- Montalègre, seigneur de Vaillausy et de Montégut , diocèse de Vabres , 3 mai 4 54G (Idem).
Gui de Morel, neveu de Gilles, mentionné plus haut , commandeur de Bordeaux et de Condat (Tables de Verlot. — Titres de famille).
Jean de Mailhac , 1547 (Tables de Ver tôt).
Jean de Corn , frère d’Anet , mentionné plus haut , 1549 (Titres de famille).
Clément de La Roque-Bouillac , vers 1550 (Idem).
Etienne d’Arzac, chevalier en 1550, puis commandeur de Saint-Félix (Idem).
Jacques de Montcalm, vers 1550 (Idem).
Guyon de Saunhac, 1550 (Tables de Verlot).
Henri de La Valelle-Parisot , reçu en 1554, commandeur de La Selve, tué, en 1565 , au siège de Malte (Titres de famille).
Jean de La Valette, frère du précédent, reçu en 1554 (Idem).
Jean de Mostuéjouls, reçu au prieuré de Toulouse en 1554 (Tables de Verlot).
André de Lapanouse , reçu le 28 octobre 1 539 (Titres de famille).
Jean de Gozon-d’Orlhonac , 1559 (Idem).
François de La Valelte-Parisot , 1565 (Idem).
Pierre-Guillaume et François de Tubières de Verfeil , frères, 1570 (Tables de Yertot ).
Antoine de Vergnette , reçu le 20 décembre 1571 (Titres de famille).
Guyot du Cros de Planèses, 1571 (Tables de Verlol ).
Laurent de Raymond , commandeur de La Selve et de Comps, en 1576 (Titres de famille).
Vidal d’Arzac, reçu le 28 mai 1581 (Idem).
Joseph de Cassagnes du Cayla, 1581 ( Tables de Verlol).
Bernard de Penne de La Ferrandie, 1584 (Idem).
Béraud de Crucy-Marcillac , reçu le 27 octobre 1587 (Titres de famille).
Jean de La Valelte-Parisot, reçu en 1588 (Idem).
Jean-Jacques d’Izarn, reçu en 1589, commandeur de la chapelle en 1606, tué dans un combat contre les Turcs en 1608 ( Martyrologe de l’Ordre).
Bernard de Crucy-Marcillac , 1590 ( Tables de Yertot).
Guyon de Saunhac-Belcastel , 1398 (Idem).
XVIIe SIÈCLE.
Antoine de Morlhon de Laumière et Jean , son frère, 1600 (Titres de famille ).
Samuel de Castelpers , 1603 (Tables de Yertot).
Charles d’Estaing et Louis d’Estaing, son frère, reçus le 13 mars 1604, le premier, dans la suite, commandeur de Morlan , et le second de Tortebesse (Titres de famille).
Jean d’Arpajon, reçu le 13 mars 1604, grand-prieur de Saint-Gilles en 1664 (Tables de Yertot).
François de Solages de Tholet , reçu en la langue de Provence en 1605 [Idem).
Jean de La Valelte-Parisot , reçu au grand-prieuré de Toulouse en 1606 ( Titres de famille).
Jean-Raymond de Montvalal-d’Entraygues , reçu au grandprieuré de Toulouse , le 28 mai 1612 [Idem).
Jacques de Roquefeuil du Bousquet , reçu le 6 janvier 1613 [Idem).
Jacques de Corneillan , frère de l’évêque Bernardin , reçu en 161 4- [Idem).
Jean de Solages de Sainl-Jean-d’Alzac, reçu au grandprieuré de Toulouse , le 19 avril 1615 [Tables de Ver tôt).
Pierre Brunet , 1616 [Idem).
Jean Du Rien de Saint-Beauzille , reçu le 4 août 1620 [Idem).
Bertrand d’Arpajon , fils de Samuel, reçu en 1621 [Idem).
Pierre de Puel (famille de Parlan), reçu en 1622 [Idem).
François-Louis de Tubières de Grimoard , 1624 [Tables de Ver toi).
Jean de Morlhon deLaumière , reçu en 1644, tué plus tard dans un combat naval [Tables de Vertot. — Titres de famille).
Jacques de Garceval de La Roque , reçu vers 1650, mort capitaine de galères [Titres de famille).
Jean-Antoine de Lauzières de Saint-Beauzille , reçu le 4 décembre 1656 [Ancien rôle de la langue de Provence).
Paul de Morlhon de Laumière , frère de Jean , mentionné plus haut , reçu le 4 décembre 1656, tué à Candie en 1669 [Titres de famille).
Jean-Georges de Caulet (des seigneurs de Cadars., en Rouergue), 1657 [Tables de Vertot).
Marc-Antoine de Morlhon de Laumière , frère des précédents, reçu le 18 novembre 1658 [Tables de Vertot. — Ancien rôle de la langue de Provence).
Félix d’Alboy de Montrozier, reçu en 1660 [Idem).
Louis de Tubières , reçu de minorité, le 10 septembre 1664 [Idem).
Alexandre d’Arpajon , 1664 [Idem).
Henri de Buisson-Bournazel , 1666 [Idem).
Pierre Izarn de Frayssinet et Antoine Bernardin , son frère, reçus en 1667 [Idem).
François Du Rieu, vivant en 1668 [Idem).
Jean de Prévinquières-Montjaux et Guillaume , son frère , 1669 (Idem).
Claude de Morlhon de Laumière se distingua dans la guerre de la Moréc contre les Turcs , 1677 [Idem).
Charles de Garceval de La Roque, 1680 [Tit. de famille).
Casimir d’Izarn de Frayssinet , 1685 [idem).
Louis-François de Crucy-Marcillac, 1689 [Tab.de Verlot).
Jacques de Caulet , 1690 [idem).
Joseph-Jacques de Caulet, 1698 [idem).
XVIIIe SIÈCLE.
Liste extraite des archives de Tordre fl J.
Bérail de Mazerolles (François de), 1700.
Cruzy-Marcillac (Philippe de), 1701 .
Boyer de Sorgues (Charles de), 1704.
Montvalat, comte d’Entravgues (Nicolas-Hyacinthe de) ,
Viguier (Paul-Antoine de), né le 26 mai 1702. — 26 mai 1714.'
(1) Les noms des chevaliers portés sur celte liste se trouvent dans les almanachs de l’ordre de 1769 et 1787, et dans l’ouvrage sur l’ordre de Malte , publié en 1839 par M. de Sainl-Allais.
Bonald (François-Joseph-Honoré de), né en 1698 , lue à la bataille de Parme en 1734. — 1716.
Mosluéjouls (Jean-Charles de), reçu chevalier de justice , le 20 juillet 1717.
Cauletde Grammont (Tristan de). — 1735.
lzarn de Frayssinet (Joseph-Melchior-Louis d’), 12 août
Izarn-Frayssinel (Antoine-Godefroy d’), né le 24 janvier 1730. — (18 décembre 1742.
Montcalm-Gozon (Gilibert-Franrois-Dieudonné de), né le 25 septembre 1743. — 5 juillet 1744.
Malvin-Montazet (Léon de), né le 26 septembre 1724, commandeur de La Cavalerie en 1768, était aussi receveur de l’ordre au prieuré de Toulouse. Ce vieux chevalier, mort en 1821 au château de Pachins où l’avaient recueilli ses cousins , était sans contredit l’un des hommes les plus distingués de l’ordre par son savoir , son esprit et son activité. Il était frère de l’ancien archevêque de Lyon et appartenait à la branche de Bordeaux. — 10 janvier 1753.
Roquefeuil (François-Jacques de). — 22 juin 1762.
Malvin-Montazet de Pachins (Jean-Baptiste-Claude de), dil le chevalier de Rayssac , page. — 17 octobre 1762.
Montcalm (Louis-Barthél. -Dieudonné de). — 19 août 1765.
Roquefeuil (Charles-Balthazar de), né le 1 9 septembre 1 752. — 12 juillet 1766.
Malvin-Montazet de Pachins (Jean-Joseph-Jacques de), né le 19 août 1751 , tué à la prise de Malte par Bonaparte, le 18 juin 1798. — 12 juillet 1766.
Roquefeuil (Philippe de), né le 6 janvier 1755. — 31 mai
Roquefeuil (Casimir de), né le 30 décembre 1757. — 16 avril 1769.
Cruzy-Marcillac (Armand-Mar. -Joseph-Magdalon de). — 12 février 1773.
Bessuéjouls-Roquelaure (Antoine-Marie-Joseph-Calherine de) , né le 10 mai 1755. — 20 juin 1773.
Lapanouse du Colombier (René-Joseph-Louis de), né le 23 février 1763, page. — 2 avril 1775.
Genibrouse (Jean-Louis-Marie de), des seigneurs de Lédergues. — 29 mars 1775.
Lapanouse du Colombier (Alexandre-César de), page. — 12 octobre 1776.
Solages (Paulin-Guillaume-Auguste). — 28 octobre 1776.
Buisson-Rournaze! (Claude-Magdalon-Joseph-Xavierde), né le 11 juillet 1770. — 23 décembre 1776.
Buisson-Bournazel (Jean-Alphonse-Xavier de), né le 13 avril 1 772. — 23 décembre 1776.
Lapanouse du Colombier (Charles-François de). — 16 juin
Rorjuefeuil (Louis-Pierre-Emmanuel de). — 24 février 1778.
D’Albignac (Louis-Hector). — 24 février 1778.
Lapanouse du Colombier (Ange-François-Charles) , né le : 3 octobre 1766. — 9 février 1779.
Puel de Parlan (Jean-Joseph-Auguste-César de), né le 18 septembre 1777. — 2 octobre 1779.
Framond (Augusle-Charles-Marie de). — 21 janvier 1781.
Montvalat (Jean-François-Casimir-Magdalon de). — 27 mars
Tauriac (Louis-Jean-Anloine de), né le 29 juin 1765. — 3 juillet 1786.
Tauriac (Antoine), frère du précédent , né le 25 janvier 1767. — 3 juillet 1786.
Monlcalm-Gozon (Louis-Marie-André-Dieudonné de). — 18 juin 1786.
Izarn-Frayssinel (Louis-Ane*, d’). — 15 juillet 1787.
Izarn-Frayssinet (Gabriel), de La Guépie. — 1788.
Monlcalm-Gozon (Edouard-Gabriel de). — 18 mars 1788.
Puel de Parlan (Antoine-Joseph-Sylveslre de). — 7 janvier
Lapanouse du Colombier (Joseph-Mercure de). — 1789. Brunet-Panat (Pierre-François-Eugène de). — 30 avril! 789.
Cruzy-Marcillac (Pierre-Louis-Alexandre de). — 23 octobre 179*.
Lapanouse (Joseph de). — 31 mai 1794.
XIXe SIÈCLE.
Monlcalm bulle du 8 février 1816.
Izarn-Frayssinet (Marie-Alexandre-Joseph d’). — 30 juillet
Dupuy de Melgueil (Antoine-Louis), bulle du 19 janvier
Sarnbucy (Charles de), bulle du 2i novembre 1818. Sambucy (Antoine-François-Joseph de) , comte palatin , colonel de la 3" légion de la garde nationale parisienne, commandeur de la Légion-d’Honneur, mort en 1 8üG.
LÉGION -D'HONNEUR
LEGION-D’HONNEUR
TABLEAU RAISONNÉ DES LÉGIONNAIRES DU DÉPARTEMENT DE L’AVEYRON , PRÉCÉDÉ D’UNE NOTICE SUR L’ORDRE, ET SUIVI D’ARTICLES BIOGRAPHIQUES SUR SES MEMBRES LES PLUS CONNUS.
lOTICE IIMTOHIQI E Ml lt L'OIlDItE DE l.% LÉCIOÜ-D’HOIHEUI.
L’instilution do la Légion-d’llonneur date du 19 mai 1802. tlle fut destinée à récompenser les vertus civiles et militaires, les services éminents rendus à la patrie dans toutes les carrières ouvertes à l’activité humaine.
Elle faisait revivre , en quelque sorte , cette ancienne chevalerie qui avait répandu tant d’éclat sur la troisième époque de la monarchie , et dont le culte se maintint sans altération pendant plusieurs siècles, au milieu d’une société à moitié barbare dont elle contribua si puissamment àpolir les mœurs.
La Révolution de 1789 avait trouvé debout devant elle plusieurs ordres établis par nos anciens rois. Ils furent emportés comme tout le reste. Mais à peine quelques années s’étaient écoulées depuis l’abolition de ces ordres , qu’on sentit le be-
156 légion-d’honnkub.
soin de les remplacer par une distinction spéciale. Dans les premières guerres que la France eut à soutenir, nos soldats déployèrent tant de courage , les traits d’héroïsme devinrent si nombreux que la récompense devint difficile, impossible même; les grades n’y pouvaient suffire, et le gouvernement devait craindre d’eucourir le reproche d’ingratitude envers tant de braves qui réclamaient le prix de leurs glorieux services.
Ce fut alors que Bonaparte , parvenu à la direction des affaires , tourna ses pensées vers ses compagnons d’armes et lit insérer, dans la Constitution de l’an VIII, cet article 87 qui reconnaissait une dette sacrée et annonçait que la patrie ne tarderait pas à l’acquitter.
Quelques jours après parut l’arrêté des consuls du 4 nivôse, portant qu’il serait décerné des récompenses nationales aux guerriers qui auraient rendu des services éclatants en combattant pour la République , et que ces récompenses seraient des armes d’honneur.
Cet arrêté , où l’on trouve le germe de la pensée féconde qui devait bientôt recevoir de si grands développements , laissait les récompenses nationales incomplètes.
Les citoyens qui avaient rendu d’éminents services dans l’ordre civil , qui s’étaient fait un nom dans les sciences , se trouvaient exclus des récompenses nationales.
Bonaparte avait reconnu celte injustice , et ce fut alors qu’il médita le plan de l’institution où tous les genres de mérite devaient se grouper en un brillant faisceau ; où les talents , les vertus , le courage , devaient former une seule famille , unie par le même lien de la même devise et d’une commune gloire.
Le projet d’établissement de la Légion-d’Honneur fut lu par Rœderer dans la séance du Conseil d’Etat du 14 floréal an X. Bonaparte en développa ensuite lui-même les motifs.
Mathieu-Dumas combattit le projet en ce qu’il admettait les citoyens dans laLégion-d’Ilonneur. Il voulait qu’elle fut toute militaire , pour soutenir cet esprit dans la nation et dans l’armée. Le premier consul , dans une brillante improvisation , réfuta les objections de Dumas. Les principes qu’il exposa ,
UÉGION-D’HONNEUI». 157
soutenus avec une force d’éloquence et de raisonnement peu commune, étaient partagés par la grande majorité du Conseil, composée d’hommes civils , et avaient un poids immense dans la bouche du chef du gouvernement, du premier général de l’armée. Dumas ne fut pas tenté de répondre. Personne ne prit la parole.
Mais on n’avait pas touché à la question la plus délicate : l’utilité ou les inconvénients de l’institution. La discussion continua dans la séance du 18. Les adversaires du projet ne rejetaient pas tout système de récompenses et de distinctions. Les assemblées législatives en avaient décerné ; mais ils regardaient le projet comme un ordre , et le trouvaient contraire à l’esprit d’égalité , caractère essentiel de la République française. Il échappa à quelques orateurs de citer les Grecs et les Romains. Berlier tâcha de démontrer que l’ordre proposé conduisait à l’aristocratie. « Les croix et les rubans , dit-il , sont les hochets de la monarchie. »
Le premier consul répondit à Berlier et surtout à ceux qui avaient cité les peuples anciens.
Son discours, qu’on retrouve dans le Moniteur et dans les mémoires de l’époque, est empreint d’une véritable éloquence.
On y trouve celte dialectique vigoureuse qui empruntait des formes du style familier toute son énergie , et relevait l’expression vulgaire et commune par des saillies d’une vive originalité. La haute raison , la profondeur de l’homme d’Etat , habile à traiter toutes les questions, et la supériorité de l’esprit se montrent sous ce laisser aller d’une parole négligente qui dédaigne les artilices du rhéteur. Il cause plutôt qu’il ne parle ; mais dans celte causerie , il y a de l’éloquence fécondée, animée parles leçons de l’histoire. Et si l’on compare ses discours à ceux des autres orateurs, on verra que tout l’honneur de la discussion appartient à Bonaparte.
Le second consul appuya le projet et s’attacha principalement à prouver que la Constitution ne réprouvait point les distinctions. Portalis le soutint aussi, et développa les principes de J. -J. Rousseau sur l’influence et la nécessité des
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signes. Le projet fut discuté dans une autre séance du conseil , où n’était pas le premier consul. Il présida celle du 24. Il dirigea la discussion et la rédaction des objets de détail , comme si le fond eût été adopté ; il ne le mit point aux voix , et proposa tout de suite la question de savoir s’il fallait envoyer le projet au Corps législatif, vu le peu de temps que devait durer encore la session. Le conseiller Thibaudeau fut d’avis d’ajournér ; Portalis , Dumas , Rœderer parlèrent dans un sens contraire. Le premier consul mit la proposition aux voix , et 14 voix contre 10 rejetèrent l’ajournement.
Le projet fut porté le 25 floréal au Corps législatif, et y trouva d’abord des dispositions favorables.
Il n’en fut pas de même au Tribunat où Savoie-Rollin et Cbauvelin le combattirent dans des discours empreints de républicanisme qui produisirent une grande sensation.
Il ne fut adopté que par 56 suffrages contre 38. S’il faut en croire Thibaudeau , dont nous suivons le récit dans ce précis historique , l’imprudence de Lucien Bonaparte enleva beaucoup de voix au projet. En effet , l’orateur manqua de mesure en voulant réfuter les objections de ses adversaires ; et son discours fut plutôt une sorte d’accusation contre eux qu’un plaidoyer en faveur du projet de loi qu’il s’était chargé de défendre.
Les paroles violentes de Lucien exercèrent aussi une influence fâcheuse sur le Corps législatif. L’opposition s’abstint dans la discussion et ne se montra qu’au scrutin. Malgré tout ce que les orateurs chargés de défendre le projet purent réunir de moyens et de considérations en sa faveur, malgré tous les efforts de leur éloquence , la Légion-d’IIonneur ne fut consacrée , dans la séance du 29 floréal, que par 166 voix contre HO. L’assemblée se composait de 276 volants.
Nul projet, depuis la Constituante, n’avait éprouvé une plus vive opposition.
L’opinion publique, plus juste que la représentation nationale , sanctionna l’institution par ses suffrages et l’expression de sa sympathie.
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D’après la loi (1) la Légion-d’Honneur était créée pour récompenser les services et les vertus civils et militaires. Elle était composée de seize cohortes ; chaque cohorte de sept grands olliciers au traitement de 5,000 fr.; de vingt commandeurs à 2,000 fr.; de trente officiers à 1,000 fr., et de 350 légionnaires à 250 fr. (en tout 0,000). Ces traitements étaient payés par le revenu des biens affectés à la Légion-d’Honneur. Les membres de la Légion l’étaient à vie.
La première formation de la Légion se composait de tous les militaires qui avaient reçu des armes d’honneur (2) ; ceux qui avaient rendu des services majeurs dans la guerre de la liberté pouvaient y être nommés , ainsi que les citoyens qui, par leur savoir, leurs talents , leurs vertus , avaient contribué à établir ou à défendre la République , ou fait aimer et respecter la justice ou l’administration. Les nominations étaient faites par le grand conseil d’administration que présidait le premier consul.
En temps de guerre , il n’était nommé aux places vacantes qu'à la fin de chaque campagne , et les actions d’éclat faisaient titre pour tous les grades.
En temps de paix , il fallait avoir vingt-cinq ans de service militaire pour pouvoir être nommé ; les années de service en temps de guerre comptaient double , et chaque campagne de la dernière guerre comptait pour quatre années. Les grands services rendus à l’Etat dans les fonctions législatives , la diplomatie , l’administration, la justice ou les sciences étaient aussi des litres d’admission , pourvu que celui qui les avait rendus eût fait partie de la garde nationale. La première organisation faite , nul n’était admis qu’après avoir exercé pendant vingt-cinq ans ses fondions avec distinction. Nul ne pou-
(1) Loi proclamée par le premier consul le 29 floréal an X , en suite du décret rendu ledit jour par le Corps législatif , conformément à la proposition faite par le gouvernement, le 23 du mémo mois , communiqué au Tribunal le 27 suivant. — Arrêté consulaire du 13 messidor au X relatif à l’organisation et à l'administration de la l.égiond’Honneu r.
(2) il y en avait a celte époque 4,000.
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vait parvenir au grade supérieur qu’après avoir passé par le plus simple.
Dans chaque chef-lieu de cohorte, il était établiun hospice et des logements , à l’instar des succursales de l’hôtel des Invalides , pour recueillir, soit les membres de la Légion que leur vieillesse , leurs infirmités ou leurs blessures auraient mis dans l’impossibilité de servir l’Etat, soit les militaires qui, après avoir été blessés dans la guerre de la liberté , se trouveraient dans le besoin.
On affecta à chaque cohorte des biens nationaux portant 200,000 fr. de rente (I).
L’organisation devait être faite au 1" vendémiaire an XII.
Le territoire français fut divisé en seize arrondissements de cohortes. Le département de l’Aveyron fit partie du 0e , qui comprenait en outre le Cantal , le Gard , la Lozère, l’IIérault et le Tarn. Le chef-lieu de celte cohorte fut l’ancien évêché de Béziers. Elle eut 177,837 fr. de dotation. Le maréchal Lannes en eut le commandement. Des règles furent prescrites pour l’organisation du grand conseil d’administration, des conseils d’administration des cohortes, pour l’établissement et l’administration des hospices. Des biens furent affectés aux cohortes avec indication de leur chef-lieu. Les militaires qui avaient obtenu des armes d’honneur furent répartis entre les seize cohortes, et formèrent le premier noyau de la Légion (2).
Avant la fin de l’été de la môme année eurent lieu les premières promotions.
Bientôt Napoléon, devenu empereur (t8 mai 1804), put déployer dans sa protection plus de magnificence et faire servir la puissance suprême à perfectionner son ouvrage. Il fut luimême le chef de la Légion et le président du conseil d’administration , composé des princes , ses frères, et des plus hautes notabilités de l’empire. Les seize cohortes furent placées
f (1) Deux ans après , par arrêté du 13 ventôse an XII , on augmenta cette dotation des domaines du Piémont et des départements de la rive gauche , produisant ensemble un revenu de 1,500,000 fr.
(2) Arrêtés des 13, 23 et 27 messidor an X.
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sous le commandement des quatorze maréchaux et de deux vice-amiraux. L'organisation de la Légion-d’Honneur fut complétée.
Le 14 juillet 1804 (26 messidor an XII) fut choisi pour en faire l’inauguration , recevoir le serment des membres et leur en distribuer les décorations. Celte cérémonie , célébrée aux Invalides, fut majestueuse et imposante; la vive émotion qu’elle produisit à plusieurs reprises dans le temple, éclata par de nombreuses acclamations. La messe étant finie , après le serment prêté par tous les Légionnaires , l’Empereur fut décoré le premier par le prince Louis , puis il distribua luimême les décorations à tous les membres , suivant leurs grades dans l’ordre. La décoration consistait dans une étoile à cinq rayons doubles. Le centre de l’étoile, entourée d’une couronne de chêne et de laurier, présentait la tète de l’empereur avec celte légende : Napoléon , empereur des Français ; et de l’autre , l’aigle français tenant la foudre avec les mots : Honneur et patrie. La décoration était émaillée de blanc, en or pour les grands officiers , commandants et officiers, et en argent pour les simples Légionnaires. Elle était attachée à un ruban moiré rouge (1).
La deuxième distribution des croix eut lieu le 17 août de la même année (28 thermidor an XII) au camp de Boulogne , jour de l’anniversaire de la naissance de Napoléon. Cette cérémonie , une des plus imposantes dont le souvenir nous ait été transmis, eut lieu devant 80,000 hommes rassemblés sous les ordres du maréchal Soult. Là , les nouvelles décoratious furent exclusivement le partage des troupes.
Au mois de pluviôse an XIII (1805) la forme de la grande décoration de la Légion-d’IIonneur fut fixée, et le nombre des Légionnaires fut augmenté de 2,000 , qui devaient être tous choisis celle fois parmi les officiers et soldats qui s’étaient distingués dans la guerre et qui avaient reçu au moins une blesshre (2).
(1) Décret impérial du 2 messidor an XII.
(2) Décrets des 10 , 12 pluviôse , 15 germinal , 8 prairial an XIII1 2.
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Le 29 mars <809 parut le décret portant organisation des maisons d’Ecouen et de Saint-Denis , ofi 400 demoiselles , filles ou sœurs des Légionnaires , devaient être élevées aux frais de la Légion.
Un autre décret du 15 janvier 1810 créa six maisons ou couvents destinés à recueillir et à élever des orphelins d’officiers et chevaliers de la Légion-d’Honneur.
Après la chute de l’empire, l’ordre de la Légion-d’IIonneur fut maintenu par l’article 72 de la Charte constitutionnelle; mais une ordonnance du roi Louis XVIII , en date du 19 juillet 1814, y apporta de sensibles modifications, en faisant cesser à l’avenir tout droit au traitement et soumettant les titulaires actuels à certaines réductions ; en supprimant le grand conseil et les cohortes ainsi que la maison d’éducation d’Ecouen, qui fut réunie à Saint-Denis. La même ordonnance, article 3 , enlevait aux Légionnaires la prérogative qu’ils avaient tous de faire partie des collèges électoraux.
Il faut dire ici qu’une partie des domaines dont se composait le revenu de la Légion-d’IIonneur, étant situés dans les pays que la victoire avait soumis à la France, et que les traités rendirent à leurs anciens possesseurs , la dotation de la Légion-d’Honneur se trouva considérablement diminuée, insuffisante même pour acquitter les traitements des Légionnaires.
On changea la face de la croix (1) , mais la substitution de l'effigie de Henri IV à celle de Napoléon , sur la décoration de l’ordre , était un anachronisme que la mémoire du bon roi ne pouvait excuser.
Les établissements des orphelins furent maintenus (2). Une ordonnance, en date du 17 février 1815, dont le but était de fixer les bases d’admission et d’avancement dans l’ordre , y introduisit, tout en maintenant les vingt-cinq ans , de fâcheux
(1) A l’effigie de l’empereur fut substituée celle de Henri IV , d’un côté ; et de l’autre , l’écusson de France remplaça l’aigle. Même exergue : Honneur et patrie. Ordonnance du 21 juin 1814.
(2) Ordonnance du 27 septembre 1814.
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changements , en ce qu’elle facilita trop les admissions par les promotions extraordinaires dans l’ordre civil.
Une autre ordonnance du 26 mars 1816 refondit en une seule toutes les lois , statuts et actes relatifs à l’organisation, composition et administration de la Légion-d’Honneur.
Enfin la loi du 6 juillet 1820 répara en partie les injustices qui avaient pesé sur l’ordre. Tous les chevaliers nommés antérieurement au 6 avril 1814 , et tous les sous-officiers et soldats nommés depuis la même époque reçurent , à partir du deuxième semestre de 1820, le complément de leur traitement ; et les fonds qui devinrent libres par l’effet des extinctions , k compter du 1" janvier de la même année , furent successivement employés k compléter les traitements des officiers, commandeurs et grands officiers.
La loi garda le silence sur la réduction arbitraire dont les Légionnaires avaient été frappés pendant plus de quatre années. La pénurie du trésor ne put permettre une entière réparation.
La situation de la Légion-d’Honneur n’offre plus rien de notable pendant le reste du règne de la branche aînée , sauf une ordonnance du 18 octobre 1829, qui restreignit k vingt ans les vingt-cinq années de services effectifs exigés jusque-lk pour être promu dans l’ordre.
Quand Louis-Philippe eut saisi la couronne , par suite de l’insurrection de 1830, il fit beaucoup de promesses, dont aucune ne put être réalisée. Seulement , par ordonnance du 28 novembre 1831 , il rétablit dans leurs grades les Légionnaires qui avaient été décorés par Napoléon pendant les Cent jours.
Sur le revers de la croix , l’écusson de France fit place k deux drapeaux tricolores (1).
Sous ce règne , les abus dans la distribution des croix se
(1) Uu fond d'argent , h deux drapeaux tricolores (ordonnance du 25 août 1830). lin troisième changement s'est opéré en 1848 , et le gouvernement républicain a substitué sur la face , à l'effigie d’Henri IV, la tête du premier consul Bonaparte.
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multiplièrent tellement que , vers 1838, un cri de réforme éclata au sein même de la Chambre des pairs. Usant de son droit d’initiative, M. Mounier proposa à celte Chambre un projet de loi complet dont le but était de relever la Légiond’Ilonneur dans l’estime de tous , en imposant de nouveau au pouvoir les règles dont il s’était affranchi. Adopté par les pairs et par les députés , après plusieurs modifications , ce projet fut écarté par le veto de la royauté.
La Révolution de 1848, d’abord menaçante pour l’ordre de la Légion-d’IIonneur, comme pour toutes les institutions qui émanaient de la royauté , la conserva pourtant. La Constitution de 1848 déclara que la Légion-d’Honneur était maintenue. Mais la législature , en faisant celte déclaration , proclama que les statuts de l’ordre seraient révisés ; elle voulait qu’il fût replacé dans des conditions qui pussent rendre à l’institution sa grandeur première. C’était aller au-devant du vœu national ; car, il faut le dire, l’institution , environnée à son origine du plus grand prestige, ne se maintint pas longtemps à la hauteur où l’avait placée son illustre fondateur. Les rigides statuts de l’ordre furent presque aussitôt violés que promulgués. Ils avaient fixé le nombre des légionnaires de tous grades , imposé des conditions absolues à l’obtention de la croix , à l’avancement dans la Légion ; toutes ces règles furent mises en oubli et les abus les plus déplorables devinrent la conséquence du mépris de la loi.
Tant que dura l’Empire , ces abus, d’ailleurs peu nombreux , furent noyés dans les flots de notre gloire militaire. Mais , sous la Restauration et sous le gouvernement de Juillet surtout, la croix fut distribuée avec si peu de mesure que la considération qui l’entourait d’abord a été déplorablement amoindrie. L’arbitraire est ainsi fait qu’il ruine jusqu’aux meilleures, jusqu’aux plus solides institutions.
En attendant une révision que tout le monde juge nécessaire , l’assemblée nationale a , dans sa séance du 1 4 novembre 1849, sur le rapport de la commission chargée d’examiner une proposition de M. Charras tendant à restreindre les abus des nominations , adopté la proposition suivante :
« Toutes les nominations et toutes les promotions qui
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auront lieu dans l’ordre de la Légion-d’Honneur seront individuelles et elles seront publiées au Bulletin des Lois et au Moniteur Universel , avec l’exposé détaillé des services militaires ou civils qui les auront motivées.
Enfin , un décret organique sur la Légion-d’Honneur a été rendu par le prince-président de la République , le 17 mars 1852. Ce décret semble n’avoir d’autre but que de réunir et de coordonner ensemble les lois , ordonnances et décrets qni, à différentes époques, et notamment en 1816 et depuis 1848, ont réglementé l’institution de l’ordre.
En temps de paix , pour être admis dans la Légion-d’Honneur, il faut avoir exercé pendant vingt ans , avec distinction, des fonctions civiles ou militaires. En temps de guerre, les actions d’éclat et les blessures graves ; en temps de paix comme en temps de guerre, les services extraordinaires dans les fonctions civiles ou militaires , les sciences et les arts peuvent dispenser des conditions exigées pour l’admission dans l’ordre.
Le nombre des chevaliers n’est pas limité : néanmoins , comme ce nombre est aujourd’hui trop considérable, il ne sera fait dans lé civil qu’une promotion sur deux extinctions jusqu’en 1856.
Le nombre des officiers est fixé à 4,000 ; celui des commandeurs, à 1 ,000 ; celui des grands-officiers, à 200 ; celui des grands-croix , à 80. Un décret précédent avait réglé ce qui concerne la solde des nouveaux chevaliers.
Une disposition de la nouvelle loi rétablit d’une manière spéciale l’obligation du serment que tout chevalier devra prêter en ces termes au moment de sa réception :
« Je jure fidélité au président de la République , à l’honneur et à. la patrie. Je jure de me consacrer tout entier au bien de l’Etat et de remplir les devoirs d’un brave et loyal chevalier de la Légion-d’Honneur. »
La décoration est la même que sous l’Empire.
Après ce résumé historique de l’histoire de l’ordre, il nous reste à nous occuper de ceux de nos concitoyens qui y ont trouvé place. Nous les rangerons chronologiquement dans
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quatre tableaux raisonnés, comprenant les nominations faites sous le premier empire, sous la Restauration, sous le gouvernement de Louis-Philippe et depuis rétablissement de
Ces tableaux seront suivis d’un assez grand nombre de notices sur les membres de l’ordre les plus connus.
Malgré tous les soins que nous avons pris pour connaître et réunir les noms des légionnaires Aveyronnais , il est bien possible que plusieurs aient échappé à nos recherches. Les dates des nominations ne sont pas non plus toujours précises. Mais nous n’avons pu mieux faire. Pour avoir un tableau complet et exact, il aurait fallu puiser aux archives de la chancellerie , et la chose n’a pas été possible. Nous avons employé tous les autres moyens qui étaient à notre portée.
L’administration voulut bien, en 1847 (11 septembre), provoquer de la part de MM. les maires l’envoi de documents concernant les légionnaires originaires de leurs communes. Cet appel fut entendu par beaucoup d’entre eux et négligé par quelques-uns. Nous essayâmes alors de combler les lacunes, soit en nous adressant nous-mème directement k un grand nombre de familles qui comptaient des légionnaires dans leur sein, soit en compulsant attentivement divers journaux et publications périodiques où se trouvent enregistrées la plupart de ces promotions.
Voilà toutes les sources où nous avons puisé dans le travail que nous publions aujourd’hui.
Ï.ÉGIOlN-d’ HONNEUR.