‹ Ordres équestresChapitre 48 sur 126 · BOYER-PEYRELEAU · texte numérisé non relu

BOYER-PEYRELEAU

Membre de la chambre des députés, colonel en retraite.

La famille Boyer était originaire de la ville de Millau ; voilà pourquoi nous inscrivons le nom du colonel Boyer dans ce recueil (1).

Cet officier supérieur, dont le nom a eu quelque retentissement à la chambre des députés , où il siégeait dans les rangs de l’opposition en 1831, était né à Alais (Gard) en

Fils d’un avocat au parlement , il n’avait pas encore fini ses

(1) Augusle-Jean-Maure Boyer-Pcyreleau est porté sur le registre officiel des émigrés de l'Aveyron avec ces mots : « Fils de Jacques- Pierre , domicilié à Rodez en l’an IV , mais originaire de Millau , où il possédait plusieurs maisons et autres biens; neveu du prieur consistons) de Millau , mort en 1789. »

BOYER- PEYREEEAU.

études, lorsque la Révolution l’entraîna sous ses drapeaux. Il fit toutes les campagnes d’Italie dans le 9' régiment de dragons , et y conquit ses premiers grades sur le champ de bataille.

En 1802 , il suivit à la Martinique le capitaine-général Villaret de Joyeuse en qualité d’aide-de-camp. Il fit pendant sept ans la guerre contre les Anglais dans cette colonie , et y fut chargé de plusieurs missions importantes tant en Amérique qu’en France.

En 1805 , à la tête de 200 hommes, il enleva en cinquantesix heures le fort du Diamant aux Anglais , qui l’avaient fortifié au point de le nommer le Gibraltar des Antilles, et contre lequel on avait fait jusques-là des tentatives infructueuses.

A la prise de la Martinique par les Anglais , en 1809 , il se distingua dans la défense de la colonie et fut cité avec éloge.

De retour en France , il était employé à l’armée du Nord lorsqu’il sacrifia ses espérances d’avancement pour venir défendre à Paris son chef et son ami , l’amiral Villaret , dont la conduite avait été soumise à une enquête. Il le suivit en 1811 dans le gouvernement général de Venise, d’où il partit pour marcher dans les rangs de la grande armée de Russie. Il fit toute cette mémorable campagne en qualité de colonel chef d’état-major de la vieille garde impériale , sous les ordres du maréchal duc de Dantzic, qui trouva plus d’une occasion de lui décerner des éloges. En 1813 , Boyer servit en Allemagne dans la cavalerie légère du général Latour-Maubourg , et protégea, sous les ordres du lieutenant-général Chastel, la fameuse retraite de Leipsik.

En 1 81 4 , il passa dans le corps d’armée du duc de Bellune, et prit avec le brave général Duhesmc une part honorable aux batailles sanglantes et multipliées des mois de janvier, de février et de mars. Le 26 mars, à la journée de Saint-Dizier, l’empereur lui conféra le grade de général de brigade , mais les circonstances critiques de celte époque le privèrent de son brevet. Envoyé , à la fin de 181 4, à la Guadeloupe , en qualité de commandant en second de la colonie , il la gouverna pendant les deux premiers mois , et les débats du terrible procès qui lui fut intenté en 1816 , ont fait connaître la part

LE COMMANDANT BRASSAT. 301

qu’il prit aux événements üe la colonie. Il fut condamné à mort pour avoir arboré le drapeau tricolore à la Guadeloupe. Rendu à la liberté en 1818, il refusa de reprendre du service, et plus tard , en 1831 , il ne voulut pas accepter le gouvernement de cette île. Marié depuis 1829, il vivait retiré à la campagne en Normandie, lorsque ses compatriotes d’Alais l’appelèrent à l’honneur de les représenter à la chambre de 1831 .

Il y a constamment siégé dans les rangs de l’opposition jusqu’à ce que le délabrement de sa santé l’a forcé de se retirer.

Le commandant BRASSAT.

Brassai , Antoine , ancien chef d’escadron en retraite , chevalier de la Légion-d’Honneur, né à Firmi le 16 janvier 1768, partit à l’âge de 18 ans comme volontaire, et entra, en 1786, dans le 1" régiment de dragons. 11 y resta simple soldat jusqu’à ce que les guerres de la Révolution donnèrent à tous des chances d’avancement. 11 fit successivement les campagnes de 1792 et des neuf premières années de la République , se distingua à la bataille de Fleurus, au premier passage du Rhin et au déblocus de Landau , reçut des blessures à l’affaire d’Arnheim , à Landau et à Guissen ; en l’an VIII , il fut nommé lieutenant et aide-de-camp du général d’Arnaud , auprès duquel il servit dans les armées de Batavie et de l’ouest , ou il remplit avec succès plusieurs missions importantes et périlleuses.

Mis à la réforme en l’an XIII pour cause de blessures.il rentra momentanément dans ses foyers , mais ne resta pas longtemps inactif. Il sut se rendre utile à son pays en détruisant , de concert avec le brave lieutenant Pourquery , qui fut massacré dans une embuscade, deux bandes nombreuses de brigands , qui infestaient les frontières respectives des départements de la Lozère , de l’Hérault et de l’Aveyron.

M. Brassat reprit du service à l’époque de la guerre d’Espagne, et fit dans ce dernier pays les campagnes de 1808 à

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