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LE PROFESSEUR CABAN’TOUS

chaire avait une valeur inappréciable ; mais peut-être qu’il y avait une valeur plus haute encore dans les trésors du cœur qu’il prodiguait aux compagnons de sa vie intime et privée. Ce qu’il mettait de son âme en ses discours , ne valait pas ce qu’il en mettait dans ses actions. A l’entendre parler, si l’on était ravi d’admiration pour son talent, à le voir agir, on se sentait pénétré d’un saint respect pour sa vertu. Digne et excellent homme , dont je ne sais ce qu’il faut le plus louer, ou de ses leçons dont chacune était une bonne action , ou de ses actions dont chacune était une si belle leçon 1 »

M. Cabantous n’avait pas laissé de moins précieux souvenirs à Limoges. Ses anciens élèves y firent célébrer un service funèbre à la mémoire de cet excellent maître. Dans le temple sacré, au milieu des sombres tentures et des images de mort, était placée, surmontée d’une couronne d’immortelles, une plaque en cuivre qui devait être scellée sur le mur de la chapelle de la Sainte-Vierge , et sur laquelle on lisait ces mots :

« A la mémoire de M. Pierre Cabantous , professeur de » rhétorique au lycée de Rodez, de 1809 à 1816; professeur » d’histoire ou de littérature française à la faculté de Linio- » ges, de 1810 à 1814; né à Rodez en 1772; décédé doyen » de la faculté des lettres de Toulouse, le 8 décembre 1840;

» ses élèves reconnaissants. Le 27 mai 1841 . »

Après la messe , M. l’abbé Rerleaud , élève de M. Cabantous , fit l’éloge funèbre du savant professeur. Il rappela tout ce qu’il y avait eu de glorieux dans sa carrière ; mais ce n’est pas seulement comme professeur que M. Cabantous fut loué, c’est encore et principalement comme homme de bien et chrétien fidèle. Car dans les temps même les plus orageux , il ne craignit point de montrer la foi par les pratiques de la religion auxquelles il se soumettait sans respect humain comme sans ostentation. Aussi avait-il le droit de parler bien haut de vertu , de devoir; et sa vie , bien mieux encore que ses paroles , redisait ce précepte : Que l'homme vertueux est seul habile à bien dire.

DE CABIUÈRES.

De CARRIÈRES.

Cabrières (Jean-François-Gaspard de), ancien secrétairegénéral de la préfecture de l’Aveyron , chevalier de la Légiond’Honneur, secrétaire perpétuel de la société d’agriculture, mort à Rodez le 18 juillet 1830.

« Fils d’un administrateur distingué , dit son biographe (1), M. de Cabrières avait dignement remplacé son père au conseil de préfecture dans les dernières années de l’empire. Nommé secrétaire-général à la Restauration , il fut pendant vingt ans associé à l’administration qu’il connaissait parfaitement.

» Membre (2) et toujours secrétaire du Conseil général du département tant que ses fondions ne furent pas jugées incompatibles avec celles qu’il remplissait à la préfecture , il se distingua dans cette réunion des hommes éminents de la province. C’est d’après leur conviction de ses connaissances en matière d’impôt et d’économie politique, qu'il fut choisi pour solliciter à Paris un dégrèvement de la contribution foncière qui écrasait notre pays ; c’est dans un mémoire imprimé , riche de faits , de recherches savantes , de raisonnements péremptoires, et qui seul assurerait la réputation de son auteur, comme écrivain et administrateur, que M. de Cabrières discuta les éléments de notre surcharge et porta jusqu’à l’évidence la démonstration que , dans la proportion générale , l’Aveyron payait de trop annuellement environ un million.

(1) Article publié par feu M de Monseignat dans le Journal de l'Aveyron du 20 juillet 1836.

(2) Ce fut en celle qualité que, de concert avec MM. de Mostuéjouis et de Suze, il fut chargé d'aller potier, en 1814 , à Louis XVill l’adresse du Conseil général de l'Aveyron.

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