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LE GÉNÉRAL CARRIÉ

cinq blessures, tomba dans cette journée au pouvoir des Espagnols et resta prisonnier de guerre jusqu’au mois de juin 4814 (1).

Rentré en France, après le retour des Bourbons, il demeura en non-activité et reçut néanmoins la même année le brevet de chevalier de Saint-Louis.

A peine Napoléon fut-il de retour dans la capitale en 184 5 , que le général Carrié, dont le dévouement à la cause impériale éclatait avec enthousiasme, reçut des lettres de service (29 mars) pour commander le département de l’Aveyron.

Le 1 4 mai suivant les suffrages de ses concitoyens dans l’arrondissement d’Espalion lui ouvrirent les portes de la chambre élective; mais le maréchal Davoust, ministre de la guerre, jugea que sa présence était plus utile dans son département qu’à Paris , et l’engagea de la manière la plus pressante à ne pas quitter son poste (2). Il y resta jusqu’à la seconde rentrée des Bourbons.

La conduite politique du général Carrié n’empêcha pas le gouvernement royal de tenir compte du sang qu’il avait versé pour sa patrie et de reconnaître ses services. Il demanda sa retraite, l’obtint le 6 octobre 1815 avec un titre de pension de 4,000 fr., et rentra dans la vie privée qu’il n’a plus quittée depuis.

Il vint alors chercher un asile sous le toit paternel et jouir

(1) M. Carrié de Boissy avait été fait priscmoier une première fois sur le Danube, à la défense d’un défilé. Conduit au quartier général de l’archiduc Charles , il y fut l’objet des soins les plus empressés. Dans une lettre qu'il écrivit à ce prince, le général faisait observer que plusieurs officiers de l’armée autrichienne avaient été renvoyés sur parole et demandait à être traité avec la même faveur. La réponse ne se fit point attendre : elle contenait en outre celte apostille aussi honorable pour la main qui venait de la tracer que pour celle qui devait la recevoir : « Accordé avec d'autant plus de plaisir, que l’armée autrichienne fait grand cas des braves partout où ils se trouvent. »

(2) Les lettres du maréchal Davoust portent la date des 27 mai et 17 juin.

LE CAPITAINE COSTËS. 325

du repos au milieu d’une famille chérie dont tous les membres devaient le devancer dans la tombe (1)1

Là, il vécut longtemps , entouré de la considération publique et béni des malheureux dont il soulageait l’infortune.

On s’étonne seulement qu’en 1 830 le parti vainqueur ail laissé dans l’oubli cet officier général , l’un des vétérans de notre ancienne armée , et qui avait tant de droits à un légitime avancement.

Le peuple , moins oublieux , lui témoigna sa confiance et sa sympathie , en l’appelant au Conseil général du département, lorsqu’on lui eut rendu le droit (1833) de choisir luimême les membres de ces assemblées.

Ces honorables et paisibles fondions ont couronné sa longue carrière.

Le général Carrié est décédé à Crozafond , près d’Entraygues , le 9 juillet 18i8.

Le capitaine COSTES.

Soldat de la République , officier de l’empire , Jean-Raymond Costes fit toutes les campagnes qui ont illustré cette glorieuse période de nos annales militaires. L’Italie , l’Autriche , la Prusse , la Pologne , l’Espagne , enfin notre territoire envahi , ont été tour à tour le théâtre de son brillant courage et de scs exploits. Ses grades, ses décorations furent gagnés sur les champs de bataille.

(1) Le baron Carrié de Boissy , fils de Joseph-Raymond Carrié , président du tribunal criminel en 1791 , avait pour frère Bernard Carrié- Cancé, né le 29 juin 1763, avocat, conseiller au grand bailliage de Villefranche , au moment de la Révolution., puis successivement administrateur du département, président de l’administration centrale, sous-préfet d'Espalion , chevalier de la Légion-d'Honneur.

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