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COMTESSE DE CEVA SAINT-MICHEL

De l'antique Cimiès explorant la poussière, Un jour, t'en souvient-il, nous fouillons ces débris Où les noms glorieux des maîtres de la terre, Malgré le tems jaloux semblent encor écrits.

Sur ce globe étonné, Rome incrusta sa gloire; On ne peut faire un pas, sans que ce souvenir Ne mêle sa splendeur et son nom à l'histoire, Peuple-roi que n'a pu détrôner l'avenir.

Lois, institutions, sur nous tout règne encore; Quand nous voulons parler à la postérité, Nous nous servons toujours de sa langue sonore Pour nous associer à son éternité.

36 CIMIÉS

Vois ces restes brisés, cette voûte écroulée Que la vigne joyeuse orne de verts rameaux,

C'est l'arène plus loin vois-tu ce mausolée

Où le pâtre en sifflant abreuve ses troupeaux?

Sur ces débris sacrés la poésie antique Exhale a larges flots ses parfums enivrants; Ici le coeur bat fort, car un souffle héroïque Sort de ces vieux tombeaux et suit nos pas errants.

Allons interroger la Sibylle muette:

Hélas, son temple est-il écroulé sans retour ? Sa voix, du sentiment, poétique interprète, N'a-t-elle même plus d'oracles pour l'amour?

Hélas! tout est muet: héros et pythonisses, J'appelle ! aucune voix ne répond à ma voix ! Rien, que le beuglement de ces grasses génisses Que nous voyons Ta bas errantes dans les bois ! !

Mai, 1842.

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