L'AUTEUR D'UN POEME SUR LA REGENERATION DES GRECS
Va, poursuis la, cette noble épopée, Où, pour le Christ et pour la liberté, Un peuple entier tirant sa forte épée Brisa le joug d'un pouvoir détesté; Enseigne nous ce dévoûment sublime Dont notre époque a perdu les leçons:
Chante toujours, que ta voix magnanime De l'avenir prépare les moissons.
Nouveau Tyrtée, à cette Grèce antique Rends la splendeur et l'immortalité; Approche toi de sa tombe héroïque , De son linceul arrache la beauté; Sous les baisers de ta muse puissante Redonne lui la vie et la chaleur; Elle s'éveille!..., et sa main frémissante A ses cotés saisit un fer vengeur.
80 là GRÈCE
Guide ses pas dans la sanglante arène Où seule et nue elle a tant combattu!
Sur ses tyrans elle brisa sa chaîne, Et par son bras triompha la vertu; Le monde, froid devant son agonie, Battait des mains comme aux gladiateurs. Mais nous laissions expirer rHéllénie Sans la tirer de ses fers oppresseurs.
Muets témoins de la guerre sacrée,
Quand ces héros mouraient tous pour la croix,
Lâches chrétiens, à l'âme timorée.
Pour ces martyrs nul n'éleva la voix:
Pour les sauver nous avions trop d'entraves!
Envain vers nous levant leurs bras mourants,
Ils appelaient le tocsin des esclaves,
Alors qu'il vibre, est le glas des tyrans!
Aussi, sans nous elle est ressuscitée.
La Grèce encor eut des Léonidas,
Et de ses fils la terre ensanglantée
Pour les venger enfanta des soldats.
Comme un seul cri, d'Athène aux Thermopyles,
Un chant de gloire en courant est jeté;
u Honte, ont-ils dit, honte aux peuples serviles !
« Enfants des dieux, chantons la liberté!