‹ Ore mesteChapitre 82 sur 88 · SONNET IMPROVISÉ · texte numérisé non relu

SONNET IMPROVISÉ

Sur un sujet imposées et des rimes donnés.

Sylphe léger il vil dans une rose ambrée , Caché sous une feuille il murmure son chant , Porté par le zéphir sur son aile dorée Fuyant de fleur en fleur l'haleine du méchant, 11 va se reposer dans le sein d'une étoile. Souffle mélodieux dans la plainte du vent En soulevant un bout de son pudique voile, Comme un rêve d'amour il apparaît souvent. De lumière 9 d'azur, de parfums, d' harmonie Il revêt les rayons, le charme et les couleurs , Puis à l'âme inspirée, il vient, chaste génie, Offrir le miel divin qu'il cueillit sur les fleurs \ De parfums et d'amour son trésor se compose. Et son chant vient du ciel comme l'ange et la rose.

4 février, 184G.

Quand des cieux étoiles la splendeur infinie Sous les pas du Très-Haut se déploie à les yeux , Quand des mondes errants la lointaine harmonie

Roule un concert mélodieux, Sur le front des soleils , oui, ton regard sublime Comme en un livre ouvert lit les secrets de Dieu ; Sondant de l'infini Timmensurable abîme

Tu comprends ces lettres de feu.

Pour toi, ces globes d'or, ces perles de lumière, Ces signes inconnus, ces germes enflammés, Que la main toujours pleine ainsi que la poussière

A travers les tems a semés.

Sont autant de soleils, roi d'autant de systèmes Dont tu sus définir l'étendue et le poids 5 Tu leur marques leur place, où, tu les vis d'eux mêmes

Accourir, soumis à tes lois.

A travers ces milliers de soleils et de mondes Oui d'un pas régulier suivent l'éternel cours, De la comète ailée aux bandes vagabondes

Tu suis les obliques détours; Tu prédis leur passage et leur fuite imprévue , Tu devines leur nombre, et le point azuré Où leurs corps lumineux échappant à la vue

Roulaient dans un cercle ignoré.

Tu les vois s'avancer secouant leur crinière , Pouvant briser d'un choc un astre épouvanté , Et connaître pourtant leur voie irrégulière

Pour le tems et l'éternité.

Des sept flambeaux épars sur l'élipse brillante Où le soleil répand les saisons et le jour, Tu fixes a jamais la marche scintillante

Et tu calcules le retour.

Puis à l'astre du soir imposant ta pensée

Et le faisant plier sous ta sublime loi,

Tu comptes ses instants, et par ta main, tracée,

Sa route s'ouvre devant toi.

Sur l'axe du soleil les planètes errantes Connurent k ta voix leurs sentiers éclatants, Où germes de soleils, des étoiles naissantes

Attendent l'étreinte des tems.

Et puis, pour démontrer la divine harmonie, L'équilibre mouvant qui régit l'univers.

Deux forces balançant dans la sphère infinie

Ces milliers de globes divers, D'un fluide vital tu vois rouler les ondes, Tu partages son poids, sa puissance, ses feux, Et ton bras immortel, pour soutenir ces mondes

Saisit la balance des cieux.

Avec toi la science â fait un pas immense:

Notre siècle est marqué, Plana , par ton grand nom

Des débris du passé tout avenir commence ,

Viens prendre rang près de Newton.

Oui l'âme a la hauteur des cieux qu'elle contemple , Le mortel appelé pour voir de plus près Dieu, Celui, qui choisissant le monde entier pour temple,

Lui parle une langue de feu ,

')c20 A MONSIEUR LA BAKON PLANA

Celui la le front haut marche parmi les hommes; Quelque chose du ciel reste encor dans sa voix, D'un sacerdoce auguste, a l'époque ou nous sommes

11 traîne le sublime poids.

Et voyant à ses pieds cette foule vulgaire Qui d'intérêts mesquins poursuit la nullité, Lui, dans son vol, semblable à l'aigle du tonnerre.

11 atteint l'immortalité.

Novembre, 1845.

Page 1