‹ Orfèvrere mérovingienneChapitre 11 sur 26 · PAR LES ORFÈVRES BARBARES · texte numérisé non relu

PAR LES ORFÈVRES BARBARES

à deux ordres très distincts, bien qu'analogues d'aspect. Les unes sont naturelles, les gemmes ; les autres sont artificielles, les verres translucides et les pâtes vitreuses. Etudions d'abord l'emploi des premières. M. H. Baudot a constaté la présence du grenat en tables sur les nombreux objets qui figurent dans sa magnifique collection ; la même pierre est signalée dans l'Inventaire manuscrit du trésor de Saint-Denis, aux articles Gondole en jade vert et Croix de Charles-le- Cliaiive; enfin, M. Peigné-Delacourt l'a reconnue sur un pommeau d'épée trouvé àPouan. Je ne puis préciser, comme le ferait un expert, le nom particulier des lamelles qui ornent les bijoux du Musée d'Arras; est-ce du grenat, de l'améthyste, du cristal de roche coloré? Je l'ignore, mais j'affirme qu'elles ne se laissent pas rayer par l'acier, ce qui les range dans la catégorie des gemmes. M. de Los Eios a soumis à trois célèbres chimistes de Madrid les verroteries des offrandes de Suinthila et du bras de croix processionnelle qui les accompagnait ; MM. Magin Bonet, Miguel Maisterraet Manuel de Galdo ont unanimement déclaré que c'étaient des fragments d'hyacinthe rouge orangé (jargones) ou peut-être de cornaline, et nullement du verre. Le vase trouvé en Valachie cloisonne du cristal de roche incolore * .

On rencontre sur les œuvres d'orfèvrerie barbare cinq espèces de verres translucides: le purpurin (violacé), le rouge

' mémoire sur les sépult., elc,^ p. 40 et s. Lettre du 12 janvier 1864. Arch. (le l'Emp., Invent, cité., fol. cwi, r. et Lxii, passim, Recher. sur le lieu de la bat. d'Attila, p. 3. • Pommeau dont la surface convexe est ornée de plaques de grenat qui remplacent ici le verre coloré. » P. 4. « Sur la nature du verre et du grenat je ne fais que reproduire l'opinion de MM. Pelouze et de Sénarmont, membres de l'Académie des sciences, qui ont examiné ces bijoux. » — El arte Latino-Bizantino., etc., p. 114 et s. Les deux premiers chimistes sont professeurs à l'Institut industriel, le troisième à l'Université centrale de Madrid. — Auweth, loc. cit.

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