‹ Organisation du crédit et de la circulation, et solution du problème social sans impôt, sans emprunt, sans numéraire ... sans atteinte à la propriétéChapitre 8 sur 8 · L’association · texte numérisé non relu

L’association

J’en oublie sans doute ; mais il n’est pas possible de tout se rappeler.

Or, il n’y a, dans la société, qu’une seule chose imposable, et c’est la seule que le fisc ait constamment oublié d’exprimer : c’est le PROumT.

1! est constant que l’impôt n’est, ne peut être qu’un prélèvement sur le produit du travailleur collectif : aussi toutes les formes d’impôt se ramènent-elles en définitive au produit. Mais, admirez la puissance des termes ! parce que l’Etat n’a jamais su généraliser la forme de l’impôt, ni son idée, ni son assiette, ni sa base, l’impôt a été sous tons les régimes, sous la féodalité, la royauté, la bourgeoisie, l’espression constante de l’inégalité. Il fallait, pour nous affranchir de cette autre tyrannie, une révolution.

J’ai dit en exposant le principe de la Banque d’échange, que l’escompte du papier de commerce serait fait en papier de crédit, sons déduction de 2, 3, 4, 5, etc, pour 0|0.

Ce produit des escomptes de la nouvelle Banque, qui remplace les intérêts et commissions autrefois payés aux banquiers et détenteurs de numéraire, est le prix naturel de la fonction circulatoire, fonction qui, dans les vrais principes républicains, n’appartient à aucun individu, à aucune compagnie. C’est la fonction sociale par excellence : elle est remplie par les délégués de toutes les industries, sous la protection et la surveillance de l’Etat, mais indépendamment de l’État.

Le pris que paie chaque négociant et entrepreneur pour la circulation de ses produits, soit le produit des escomptes, voilà le revenu de l’Etat, voilà le budget.

Le taux de l’escompte varie donc suivant les besoins du service public; de plus, chaque produit industriel, commercial, agricole, scientifique, etc. devant un jour, lorsque la République sera définitivement constituée, entrer, de façon ou d’antre, dans le torrent circulatoire, l’impôt se trouvera réparti de la manière la plus équitable, la plus juste, la moins vexatoire, la plus économique, et la perception ne coùteraniEN! Enfin, la bancpie étant en compte courant avec les diverses administrations, avec les communes, comme avec les simples fabricans ; le ministère des Finances devient superflu ; les octrois sont supprimés, la dette flottante et les bons du Trésor sont abolis.

Je suppose donc, pour les débuts, le faux de l’escompte à la Banque, fixé à 5 p. OjO ; le revenu de l’Etat, sur un ensemble d’opérations que fon peut porter sans exagérer à six milliards, sera de 300 millions. C’est donc un dégrèvement de 300 millions que l’Etat aura à opérer sur les patentes , licences , impôts sur le sel, les boissons, le timbre, etc. à la grande satisfaction des producteurs et consommateurs, qui préféreront, sans nul doute, payer un fort escompte, et être affranchis de toutes les tracasseries et vexations de fimpôt, comme de la férule des banquiers et capitalistes.

Mais cette réduction de 300 millions sur le budget n’exprime pas, il s’en faut, tout le bénéfice obtenu par cotte affectatation des produits de la banque aux charges de l’Etat.

Le ministère des Finances avons-nous dit est en entier supprimé : économie 18,000,000.

Les impôts du timbre, de l’enregistrement, des domaines: la régie , les octrois, sont abolis : — économie de personnel et matériel, etc. 50,000,000.

La moitié enfin du budget disparaît par des réductions et simplifications analogues, dont le détail ne peut trouver place dans ce prospectus. Je me bornerai à indiquer les suivantes.

4. Vaholilion des douanes, et par suite la suppression du ministère des affaires étrangères, est une autre conséquence de l’établissement de la Banque d’échange.

Le problème du commerce extérieur consiste, comme l’on sait, à balancer l’échange entre les nations, de manière que, par l’inégalité de l’échange et par le solde en numéraire qui en résulte, aucune nation ne puisse être dépouillée de son capital et frappée dans son industrie, et que cependant le commerce soit libre. L’établissement des douanes, purement fiscal à l’origine, a pour objet de mainicnir, avec plus ou moins de succès, f équilibre des échanges. Mais avec la douane la liberté est entravée d’une façon vexatoire ; et l’industrie nationale, qu’il s’agit de protéger, est grevée de frais énormes. En France, le budget de la douane ne s’élève pas à moins de

26 millions : soit, en supposant la moyenne du di-oit dittérenciel imposé aux produits de l’étranger pour la protection du trarail national à 25 p. 0[0 de la valeur moyenne dudit travail, 104,000 travailleurs qui seraient aussi bien protégés si la douane n’existait pas.

Or, avec le nouveau papier de crédit toutes les barrières deviennent inutiles. Car, puisque ce papier, seule monnaie nationale, a pour gage unique le produit ; qu’il n’est remboursable, comme je le démontrerai plus amplement ailleurs, qu’en produits; il est clair que l’étranger qui accepte ce papier ne fait qu’échanger ses produits contre les nôtres ; par conséquent la balance entre l’imporlation et l’exportation est toujours et nécessairement égale. Ce n’est plus alors à l’importatenrà se prémunir contre le bon marché des produits exotiques, c’est à l’exportateur à consulter ses propres besoins. Le rapport est renversé , et tous les intérêts sont à couvert.

Je ne crains pas de le dire : là est toute la politique de l’avenir. Le crédit une fois organisé sur cette base chez les dilférens peuples, le commerce international a sa balance toujours juste ; l’industrie de chaque nation est inviolable; les questions de territoire, de colonies, de privilèges commerciaux, etc., etc. tombent ; les causes de guerres sont anéanties dans leur source; la paix partout, la paix toujours, est une situation forcée. La diplomatie n'est presque plus qu’une affaire de change, qui se règle sans courriers ni ambassadeurs. Le ministre des affaires étrangères est un adjoint au chef de comptabilité de la Banque; avec le budget de la douane, disparaît aux trois quarts celui de l’étranger. La république des nations est constituée sans congrès, sans plénipotentiaires, sans conseil des Amphictions. Donc, économie sur le budget, de ce double chef, 40,000,000.

5.—Un résultat non moins grave est le remboursement de ta dette publique.

Le système représentatif, aussi incapable de vivre sans faire de dettes, qu’impuissant à les payer, avait fini par prendre la

maladie pour la santé : il prétendait qu’il était utile à un gouvernement, nécessaire au bon ordre d’une société, d'avoir une dette publique. La dette publique, en France, est de près de 6 milliards, soit, en y comprenant le fonds d’amortissement, un intérêt annuel de 291,287,951 fr.

Bien de plus simple, de plus facile, de moins onéreu.v pour le pays, que le remboursement de celte dette. L'opération consisterait, par exemple, à payer aux rentiers, chaque année, pendant six ans, en papier de crédit, une annuité d’un milliard, ce qui revient à celte proposition que tout économiste doit trouver satisfaisante au dernier point : Augmenter annuel lement. pendanl six années conscciilives, par le remboursemenl des rentiers, la demande de Irurail de un milliard.

En élevant un peu le taux de l’escompte, la rentrée des billets se ferait vite ; le remboursement se trouverait, comme l’impôt, réparti avec une égalité mathématique et proportionnellement aux fortunes, sans aucuns frais de perception ni de recensement. Ainsi, point de banqueroute; point de conversion, c’est encore la banqueroute ; point d’impôt progressif sur la rente, c’est toujours la banqueroute. Le rembour- .sement au pair, et avec intérêt, à cause des annuités.

De pareilles combinaisons n’ont pas besoin d’apologie.

C’est au moyen de procédés analogues que nous elfectuerions le remboursement de toutes les créances hypothécaires, dont la masse surpasse la dette de l’Etat,

C’est par le même principe de réciprocité que nous arriverions, sans communisme, sans loi agraire, sans terreur, du plein gré de tous les ciloyens, à la satisfaction de la bourgeoisie comme du prolétariat, et eu augmentant const.ammeni la fortune publique et le bien-être des familles, à la transformation de la propriété, à l'anarchie positive, en un mot, à la réalisation de la devise républicaine. Liberté, Egalité, Fraternité. Ici les économies, le snreroit de richesse, se comptent par centaines de millions.

Alors nous aurions le temps de songer

feimes mode-

aux essais de communauté et de plialanslcrc’, à l'association ouvrière, à l’organisation du travail, à notre constitution politique. Nous discuterions à loisir, sans faire ombrage à la justice et à la conscience, sans blesser la liberté, sans compromettre l'avenir et sans manquer à nos traditions, la réforme pénale, la réforme religieuse, la réforme universitaire, la réforme de l’armée, et toutes les réformes possibles.

Nous résoudrions toutes les contradictions économiques ; nous émanciperions le travail et soumettrions le capital ; et le travailleur et le capitaliste seraient satisfaits tous deux, et contens l'un de l’autre.

Mais je ne puis tout dire : je ne puis même tout prévoir. Je ne suis pas fâché, d’ailleurs, après avoir montré le principe et indiqué les applications les plus immédiates , de laisser le champ libre à l’esprit de mes lecteurs. La science est infinie ; la carrière ne peut être fournie par un seul homme ; et l’avenir est à tout le monde.

J’ai jeté dans le monde, il y a huit ans, cette parole devenue fameuse, La propriété, c'csl le vol :

Ce fut un scandale pour la monarchie constitutionnelle ; maintenant c est l'effroi de la République.

J'entends que ce soit le salut de la République.

La propriété est la non-réciprocité, et la non-réciprocité est le vol. J’ai, pour appuyer ma thèse, l’e.xploitation de l'homme par l’homme, j’ai l’expérience de la misère pendant 0,000 ans.

Mais la communauté est aussi la non-réciprocité, puis- (ju’elle est la négation des termes adverses ; c’est encore le vol.

Entre la propriété et la communauté, je conslruirai un monde.

Citoyens, nous avons à choisir neuf cents législateurs, (but la prudence décidera de la vie ou de la mort de la civilisation. Tout candidat qui refusera de souscrire aux principes bioncé? (i,".rs ce programme, tencz-lc pour incapable ou pour

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