S6 ORGANISATION
l'ordre social uctui;! , la deslrucliuu dispense des autres remèdes I Maïs les guerres tendent à devenir de plus en plus rares ; le choléra se fait désirer. Que devenir? Et, après un temps donné, <iue feron»- Dousdeuos pauvres? Il est clair cependant que toatfr société où la quantité des subsistances croît moins vite que le nombre des hommes est une société penchée sur l'abîme. Or cette situation est celle de la France. M. Rubichon, dans son livre intitulé : Mécanisme social, a prouvé jusqu'à l'évidence cette effreyaote vérité. Il est vrai que la pauvreté tue. D'après le docteur Villermé, sur vingt mille individus nés à la même époque , dix mille dans les départC" ments riches, dismille dans lesdépartements pauvres, la mort, avant quarante aus, frappe cinquante-quatre individus sur cent dans les premiers, soixante-deus sur cent dans les seconds. A quatre-vingt-dix ans, le nombre de ceux qui vivent encore est , sur dix mille, de quatre-vingt-deux dans les déparlemeuU riches , et dans les départements pauvres de cinquante-trois seulement. Vain remède que ce remèdd affreux de la mortalité 1 Toute proportion gardée, la misère fait naître beaucoup plus de malheureux qu'elle n'en moissonne. Encore une fois, quel parti . prendre? Les Spartiates tuaient leurs esclaves. Ga- ^^^e.fit noyer les mendiants. En France, diverse^ ^^^Knances rendues dans le cours du xw' si^fl
ont porté contre eux la peine de la potence (1). Entre ces divers genres de rhâliments équitables, oa peut choisir. Pour<iuoi n'adopterions-nous pas le| doctrines de Malthusî Mais non. Malthus a manqua de logique : il n'a pas poussé jusqu'au bout son système. Etes-vous d'avis que nous nous en tenions aux théories du Livre du meurtre, publié en Angle- h terre ou mois de février 1839 , ou bien à cet écrit^l de Marcus , dont notre ami Codefroi Cavaignac a^| rendu compte , et où l'on propose d'asphyxier tons les enfants des classes ouvrières, passé le troisième, sauf à récompenser les mères de cet acte de patriotisme? Vous riez? Mais le livre a été écrit sérieusement par un publiciste-philosophe ; il a été com- DaeDté, discuté par les plus graves écrivains de l'Angleterre; il a été enfin repoussé avec indignaâoa comme une chose atroce et pas du tout risible. Le fait est qu'elle n'avait pas le droit de rire de tes sanguinaires folies, cette Angleterre qui s'est,^ rue acculée par le principe de concurrence k la tasC^H left pBovres, autre colossale extravagance. NotwH ivrons ji la méditation de nos lecteurs les chiffres nïvaiits, extraits de l'ouvrage de E. Bulwer : Eng- 'tmd nnd the English : -^
HSuUr les aulcurs cités p.ir M. EdcIpaUnd Dumdril d.ins M^H ^^^^■fe du budget. p. ^M
Le journalier indiipendant no peut se procurer avec son salairu que 122 oiiceg de nourriture par semaine, donL 13 onces do viande.
Le pauvre VAtinE, à la charge de la paroisse, reçoit lâl onces du nonrrilure jiar semaine, dont âl onces de viande.
Le criminel reçoit 239 onces de nourriture par semaine, dont 38 onces de viande.
Ce qui veut dire qu'en Angleterre ta condition matérielle du criminel est meilleure que celle du pauvTâ nourri par la paroisse, et celle du pauvre nourri par la paroisse meilleure que celle do l'honnûte homme qui Iravoille. Cela est monstrueux, n'estce pas? oh bieni cela est nécessaire. L'Angleterre a des- travailleurs , mais moins de travailleurs que d'habitants. Or, comme entre nourrir les pauvres et les tuer il n'y a pas de milieu, les législateurs anglais ont pris le premier de ces deus partis ; ils n'ont pas eu autant de courage que l'empereur Galère: voilé tout. Reste à savoir si les législateurs français en> visaflent de sang-froid ces abominables cunséquencfll du régime industriel qu'ils ont empnmté à l'Ait- ^leterre l i'înaistc. La concurrence produit la misère: c'e^ un fait prouvé par des chiffres. La misère est horriblement prolifique : c'est un fait prouvé par des ïres. La fécondité du pauvre jette duns la sodé^ ^heureux qui ont besoin de travailler etJj
trouvent pas de travail : c'est un fait prouvé par des chiflFres. Arrivée là, une société n*a plus qu'à choisir entre tuer les pauvres ou les nourrir gratuitement, atrocité ou folie.
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B pourrais m'arrôter ici. Une société semblable ù celle que je viens de di^crire est en gestation de guerre civile. C'est bien en vnin que la bourgeoisie se féliciterait de ne point porter l'anarchie dans son sein si l'anarchie est sous ses pieds. Mais la domi' nation bourgeoise, m<>nie abstraction faite de ce qui' devrait lui servir de base, ne renferme-t-eile pas en elle-mfime tous les éléments d'une prochaine et inévitable dissolution ï
Le bon marché , voilà le grand mot dans lequel se résument , selon les économistes de l'école de» Smitb et des Saj, tous les bienfaits de la concur-. rence illimitée. Mais pourquoi s'obstiner à n'omisager les résultats du bon marché que relalivement aultà^cc momeatané que le conEoaunatcur
relire ? Le bon marché ne profite it ceux qui consomment qu'en jetant parmi ceux qui produisent les germes de la plus ruineuse anarchie. Le ion marché, c'est la massue avec laquelle les riches producteurs écrasent les producteurs peu aisés. Le bon marché, c'est lo guet-apens dons lequel les spéculateurs hardis font tomber les hommes laborieux. Le bonmarché, c'est l'arrêt de mort du fabricant qui ne peut faire les avances d'une machine coûteuse que ses rivaux, plus riches, sont en état de se procurer. Le bon marché, c'est l'exécuteur des hautes œuvres du monopole ; c'est la pompe aspirante de la moyenne industrie, du moyen commerce, de la moyenne propriété ; c'est , en un mot , l'anéantissement de la bourgeoisie au profit d'oligarques industriels.
Serait-ce que le bon marché doive être mau£t; considéré en lui-même ? Nul n'oserait soutenir une telle absurdité. Mais c'est le propre des mauvais ptîudpes de changer le bien en mal et de corrompre iWe chose. Dans le système de lu concurrence, le èon marché n'est qu'un bienfait provisoire et hypocrite. Il se maintient tant qu'il y a lutte : aussitôt que le plus riche a mis hors do combat tous ses rivaux, les prix remontent. La concurrence conduit an monopole: par la même raison, le bon marché lit à l'exagération des prix ; ainsi, ce qui a été le de guerre parmi les producteurs devient
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a OHGASISATIOW
tôt ou tard pour les coDSomntateurs cus-mèmes UM cause de pauvreté. Que si à cette cause on ajoute toutes celles que nous avons déjà éaumiirées , et en ivemière ligne l'accroissement désordoaué de la population» il faudra bien reconoaitre comme uu bit ineontestable, comme un fait né directement d« U concurrence , l'appaurrissement de la masse d9f consommateurs.
Mais, d'un autre côté, cette concurreucc, qui teml à tarir les sources de la consommation , pousse Ib production à une activité dévorante. La confusion produite par l'antagonisme universel dérobe à chaque producteur la connaissance du marché. Il faut qu'il compte sur le hasard pour l'écoulement do ses produits, qu'il enfante dans les ténèbres. Pourquoi se modérerait-il , surtout lorsqu'il lui est permis de rejeter ses pertes sur le salaire si éminemment élastique de l'ouvrier? Il n'est pas jusqu'à ceux qui produisent à perte qui ne continuent à produire, par«a qu'ils ne veulent pas laisser périr la valeur de leiui machines, de Icursoutils, de leurs ma liitrespremiàrest du leurs constructions , de ce qui leur reste en^n de clientèle , et parce que l'industrie , sous l'empire du principe de concurrence, n'étant plus qu'ua jeu de hasard, le joueur ne veut pas renoncer au I ^oéiiee possible de quelque heureux coup de iUm HÉHtac, tit nous ne eauriom trop insister sur^
DD TRAVAIL. iZ
pésultat, k concurrence force lu production à s'accroitre et la consommation h décroUro ; donc elle va précisément contre le but de la bciciicc! économique ; donc elle est tout h la luis oppression et rolie.
Quand la bourgeoisie s'armait Contre le» vieilles puisBaoces qui ont 6ni par crouler sous sa innitl , elle les déclarait frappées du stupeur et de vertige. Eh bien, elle en est là aujourd'hui ; car elle ne s'aperçoit pas que tout son sang coule, et la voilA qui de ses propres maius est occupée à se déchirer les entrailles.
Oui, le système actuel menace la propriété de te classe moyenne , tout en portant une mortelle 4lfl teiute à la propriété des dusses pauvres. *■
Qui n'a lu le procès auquel a donné lieu dernièrement la lutte des Messageries françaises contre les Messageries royales associées aux Messageries Laffitte et Caillard î Quel procès 1 comme il a bien nis h nu toutes les infirmités de notre état social I 11 est passé pourtant presque inaperçu. Ou lui a accordé moins d'attention qu'on n'en accorde tous les%iurs !\ une partie d'échecs parlementaire. Mail 08 qu'il y a eu d'étonnant, il'inconcerablc dans ce procès, c'est qu'on n'ait pas su en tirer une conclusioD qui se présentait tout ualurelleiticnt. De quoi la^nssait-ilî Deux compagnies étaient accusi^es à» ^^^^kjiguées pour en écraser une Iroisièinc. i«|fl
iolée, ce« litions. afti' '
dessus, grand bruil, La loi avait été violée, loi protectrice qui n'admet pas les coalitions, afti' d'empêcher l'oppression du plus faible par le plus fortl Ne trouvez -voua pas cela bien misérable ï Comment I la loi défend îi celui qui a cent mille francs de se liguer avec celui qui en a cent mille contre celui qui en a tout autant , parce que ce serait consacrer l'inévitable ruine du dernier, et la môme loi permet au possesseur de deu\ cent mille francs de lutter contre celui qui n'en a que cent mille 1 Mais quelle est donc la différence du second cas au premier? Ici et là, n'est-ce pas tonjours un capital plus gros luttant contre un capital moindreî N'est-ce pas toujours le fort luttant contre le faible ? N'est-ce pas toujours un combat odieux par cela seul qu'il est inégal? (Juelle contradiction!. Un des avocats plaidant dans celte came célèbre I dit : « Il est permis à chacun de se ruiner pour rainer autrui. » Il disait vrai dans l'état présent des choses, et on a trouvé cela tout simple. Il est pek^
HIS A CBACDN DE SE BtlNI^B POUR HUINEH AtT- TBDl!
Que prétendent et qu'espèrent les publicistes dtt régime actuel, lorsqu'à demi convaincus de l'immi' nence du [léril, ils s'écrient, comme faisaient derment le Consliluiionnel et le Courrier françai» Vf' ^e seul remède csl d'aller jusqu'au bout
DU TRAVAIt.
ce système; de détruire tout ce qui s'oppose A son eutier développement; de compléter enfin la liberté absolue de l'industrie par la liberté absolue du commerce. » Quoi '. c'est là un remède 1 Quoi ! le seul moyen d'empficlier les malheurs de ta guerre, c'est d'agrandir le champ de bataille? Quoi! ce n'est pas assez des industries qui s'entre-dévoretit au dedans, il faut à cette anarchie ajouter les incalculables complications d'une subversion nouvelle ? On veut nous conduire au cbaos.
Nous ne saurions comprendre non plus ceuï qui ont imaginé je ne sais quel mystérieus accouplement des deux principes opposés. Greffer l'association sur la concurrence est une pauvre idée : c'est remplacer les eunuques par des hermaphrodites. L'association ne constitue un progrès qu'à la condition d'être universelle. Nous avons vu, dans ces dernières années, s'établir une foule de sociétés en commandite. Qui ne sait les scandales de leur histoire? Que ce soit un individu qui lutte contre un individu, ou une association contre une »ssociatioi\, c'est toujours la guerre , et le règne de la violence qui ruse, et la tyrannie avec du fard. Qu'est-ce, d'ailleurs, que l'association des capitalistes entre eut? \oici des travailleurs non capitalistes : qu'en ftÉes-vous î Vous les repoussez comme associés : ^^Bp que vous les voulez pour ennemis? ^H
46 OBfiAKISATION
Dira-t-on que l'cxtrCme concenlralion des propriétés mobîiièrQS est combattue , tempériJe par le principe du morcellement des héritages, et que It puissance bourgeoise, si elle se décompose par l'iodustric, se recompose par l'agriculture? Erreur! erreur I L'excessive division des propriétés territoriales doit nous ramener, si on n'y preud garde, à la reconstitution de la grande propriété. On cliercbersit vainement à le nier : le morcellement du &o) i c'est la petite culture, c'est-à-dire la bèdie substituée à la charrue, c'est-à-dire la routine substituée à k science. Le morcellement du sol éloigne de l'tgriculture et l'applicatiou des mocliiues, et celle du capital. Sans machines, pas de progrès; sans capital, pas d« bestiaui:. El dés lors, rx)mment les )>etiiflt exploitations pourraient-clies soutenir la concurrence des grandes et n'être pas absorbées? Ce résultat na s'est pas produit encore, parce que la dissection du NoI n'a pas encore atteint ses dernières limites. IVlai« patience ! En attendant, que voyons-nous? Tout petit propriétaire est journalier. Maître chez lui pendant deux jours de la semaine, il est serf du voisin U reste du temps- Il s'approche mCme d'autant plus du servage qu'il ajoute à sa propriété. Voici, en effet, comment les choses se pussent : tel cultiva- ^ui ue possède en propre que quelques méchauUta 1 terrtùa, qui lui rti}q>ortent, cultivés {^fl
lui-même, quatre fionr cenl tout an iiius, ne craiot pas, quand l'occasion s'en (irésente, d'arrondir sa propriété- Il la fait en empruntant j) dix , quinze , vingt pour cent. Car si le crédit manque dans les campvgned, l'usure, en revanche, u'; manque pas. On devine Ifs siuitcs ! treize milliards, Toilà de quelle dette la propriété roncièrc est chargée en France. Ce qui signifie qu'à côté de quelques financiers qui se rendent maîtres de l'industrie, s'élèvenl quelques usimers qui se rendent maitres du sot. De soM^ que lu bourgeoisie marche à sa dissolution et à$tt^ les villes et dans les campagnes. Tout la menace r* tout la mine, tout la ruine.
je n'ai rien dît, pour éviter les lieux c les vérités devenues déclamatoires à force d'è vraies, de l'effroyable pourriture morale que l'ii dastrie, organisée ou plutôt désorganisée comme elle l'est aujourd'hui, a déposée au sein de la bourgoisie. Tout est devenu véual , et la concurrence a envahi „ jusqu'au domaine de la pensée. m
Ainsi, les fabriques écrasant les métiers ; les magtf™ sins somptueux absorbant les magasins modestes ; l'artisun qui s'appartient remplacé par le journalier qui »e s'appartient pas ; l'exploitation par la charrue dominant l'exploitation par la biche, et faisant pas-
■\e champ du pauvre sous la suzeraineté honteuse ftnirier ; les faillites se multipliant ; l'iadust^H
d'ètiy
dit H
transformée par l'extension mal réglée du crédit i an jeu où le gain de la partie n'est assuré à personi pas môme au fripon ; et enûn, ce vaste désordre propre à éveiller dans l'âme de chacun la jalousj la déûance, la haine, éteignant peu à peu toutes lefl'" aspirations généreuses et tarissant toutes les sources de la. foi , du dévouement , de la poésie . . . voilà l hideux et trop véridique tableau des résultats prc doits par l'application du principe de concurrence ï]
Et puisque c'est aux Anglais que nous ayons e prunté ce déplorable système, voyons un ] qu'il a fuit pour la gloire cl la proispérité de l'A gleterre.
>c capital et le travail, ont dit les Anglais, sont c puissances tiaturellement enuemies : comment iorcer à vivre côte à côte et à se prêter un mugecours? Il n'est qu'un moyeu pour cela : que lain-d'œuvre ne fasse jamais défaut à l'ouvrier ; le maître , de son côté , trouve dans le facile Jement des produits de quoi rétribuer convenaient la main-d'œuvre, le problème ne sera-t-il résolu? Quand la production sera devenue infiïnt active, et la consommation inllniment élase> qui donc aura le droit ou la tentation de plaindre ? Le salaire des uns sera toujours tant ; le bénéfice des autres toujours considéi. Ouvrons donc à l'activité humaine les portes ioËoi, et que rien ne la gêne dans la fougue de Mm^roclamooa le îaiises-faire hardiment et
m ORGAHISATION
sans nrrièrc-penséc. Les productions de l'Anaj sont trop uniformes pour fournir au commâ longue carrière 7 eh bien, nous l'ormerons d telots et nous construirons des navires qui nooj sent livrer le commerce du monde. Nous i une ileî eh bien, nous prendrons ù l'abordaf les continents. Le nombre des matières pr^ qu'offre notre agriculture est trop circom bien, nous irons chercher aui extrémités de l des matières à manufacturer. Tous les peupH viendront consommateurs des produits de Vi terre , qui travaillera pour tous les peuple^ duirc, toujours produire, et solliciter par | moyens les autres nations à consommer, c'est J Œuvre que s'emploiera lu force de l'Angleterre là ce qui fera sa richesse et développera W ^ ses enfaols.
PUu gigantesque 1 plan preiique aus^ i qu'absurde , et que , depuis près de deux s l'Angleterre n suivi avec une incroyable ] rancci Ohl ceitcs^Ëtre enfermédans unelle l peu féconde, brumeuse, et sortir du là un jour ■ conquérir le globe, non plus aieu des sofdiits» aaé avec des marchands ; lancer des miLUcrs de Tai-oortl vers l'orient et l'occident, vers le nord et le mijj enseigner li cmt contrées ta }oiûssuii;e de leuv^pa ) trésois ; vendK à l'^Vméiiiiuu ht» pr«4i)Âfl
DU ÏRAVIJL, de l'Europe, cl à l'Eurofte les riches produetions i Vlnâff ; faire vivro toutes les ualioiis de son esisitcDce, et en quelque sorte les attucbor k m miiture par les ionombraLIce liens d'an comiueree u»ivcr»ei ; trouver dans l'or une [luîssance capable de balancer celle du glaive, et dans Pitt un horoiu« capable de faire bésiter l'audace da IXapuléun , il y a dans tout cela un caractère de grandeur qui éblouit l'esprit a l'étonné.
Mais aussi, pour altciodre soa but, que o'» point* tenté l'Anglelerre 1 jusqu'où n'a-t-elle |kas poussé Ift 'apacité de ses espérances et le délire de ses préte»tions? Faul-ii rappeler comment elle s'est enaparéi d'Isacquibo et de Sorinani, de Cejilan et de Doi fajy, de Tabago et de Sainte-Lucie, du Multe et de CoFfou, enveloppant le monde dans l'inuoeONt! ré- Beau de ses cùloaios 1 On sait de c|uelle manière elle s'est élublie à Lisbonne depuis le traité de Méthtn et par quel abus de la force elle a élevé d Inde» sa lyraimic inarcliande, à côté de la domiru tioB boltandaise, m^ée aux débf is de l'éditke « niai btUi [lar Yasco de Gajna et Albuquerque. n'igaoïe euûn le mal que sou sniàtié a feit i f roAee, et par quelle guerre de sourdes Eacuéu 4'ùut)g«tious pertldes, elle eat parveaiic » rettvers le sang les établûiseineots espagna)^ de l'An Et que dire d
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ont pendant si long-temps assuré l'empire des mersT A-t-elle jamais respecté ou môme reconnu les droits des neutres? Le droit de blocus n'cst-il pas devenu, exercé par elle, la plus arrogante des tyrannies? et n'a-t-elle pas fait du droit de visite le plus odieux de tous les brigandages? Et tout cela, pourquoi ? pour avoir , nous le répétons , des malièrei premières a manufacturer et des consommatenrs i servir.
Cette pensée a été si bien la pensée dominante de l'Angleterre depuis deux siècles, ([u'on l'a vue sans cesse décoiu-ager dans ses colonies la culture des objets de subsistance, tels que le riz, le sucre, le café, tandis qu'elle donnait une impulsion fébrile h celte' du coton et de la soie. Mais quoi ! pendant qu'elle' frappait de droits exorbitants, et, si l'on jieut ainsi parler, homicides, l'importation des subsistances, elle ouvrait presque bbremcnt ses |)orts à toutes le*'^ matières premières; anomalie monstnieuse qui a fait ' dire à M. Rubiclion : a De toutes les nations dit' monde , la nation anglaise est celle qui a le ploS ^ travaillé et le plus jei^é. »
Là devait conduire, en effet, cette économie [lolitique sans entrailles dont Kicardo a si coniplaisamment posé les prémisses, et dont Multbus a lire avec
Bde sang-froid l'horrible conclusion.
1^ économie politique portait en elle-mlïnie ifl
ïce qui devait la reodre iatale à l'Angleterre et au londc. Elle posait en principe que tout se borne à rouver des consommateurs ; il aurait fallu ajouter : p8 consommateurs qui payent. A quoi sert d'éveil- ^ le désir si on ne fournit point la faculté de le Itisfaire? N'était-il pas aisé de prévoir qu'en subptuant son activité à celle des peuples qu'elle vou- ^t pour consommateurs, l'Angleterre finirait parles ilîner , puisqu'elle tarissait pour eux la source de pute richesse, le travail ? £n se faisant peuple probcfeur par excellence, les Anglais pouvaient-ils Bpérer que leurs produits trouveraient long-temps BB débouchés parmi les peuples exclusivement con* Bminateurs ? Cette espérance était évidemment in- ^nsée. Un jour devait venir où les Anglais pérîlùent d'embonpoint en faisant {>érir les autres d'Jna- . Un jour devait venir où les peuples consomlatcors ne trouveraient plus matière à échanges : " l'oà résulteraient pour l'Angleterre l'encombre-'
sttt des marchés , la niinc de nombreuses raanupctures, la misère d'une foule d'ouvriers et l'ébran-
WMt universel du crédit.
Pour savoir jusqu'où peut aller l'imprévoyance,"' fe &Aiede la production, on n'a qu'à interroger l'his^ ( îadostrielle et commerciale de l'Angleterre. ( ce sont des négociants anglais apportant aa il l'on n'a jamais vu de glace, des cargaisons
de paliii8(l); tnntùl, c'est Mandicstcr cnroyant, dans uno seule semaine, à Rio-Janeiro (2) , plus de marchaudises qu'on n'y en avait consommé pendant les vingt dernières années. Toujours la productin exagérant ses ressources, épuisant son énergie, tenir compte de» moyens possibles de consommotiool Mais, encore une fois, amener une nation à W décharger sur autrui du soin de mettre en œuvrekl éléments de trovail (pi'elle {wssède, c'est lui eiiIcTK peu à peu son capital, c'est l'appauvrir; c'est h rendre par conséquent de plus en plu» impropre & Il consommation, puisqu'on ne consomme que ce qu'oo est en état de payer. L'appauvrissement général dd peuples dont elle avait besoin pour consommer « produits, voilù le cercle vicieui dans lequel l'Angletcrre tourne depuis deux siècles; voilà le vice,li vice profond, irrémédiable, de son sjstéme. Aiaà (et nous insistons sur ce point de vue. parce qi^l est de b plus haute importance), elle s'est placél dans celte situation étrange , et presque unique l'histoire, de trouver deux causes de ruine également actives et dans le travail des peuples el leur inertie :.dans leur travail, qui lui crée des corrents qu'elle ne saurait toujours vaincre ; dm leur inertie, (|ui lui enlève des cou^mma leurs dont «^e De saurait se passer.
ne, Travcl* in SraUt. — (3) Hid.
DU TRAVAII-. 88
C'est ce qui estarrivé dôjà sur mie politc échelle, et doit iiid'vitablemciit urriver !iur une échelle |)lus graade. Que de pertes l'Angleterre n'a-t-elie pas éprouvées par ce seul fait que ses produits s'étaient accrus dans une proportion que n'avaient pu atteindre les objets contre lesquels ils devaient s'échanger? Combien de fois l'Angleterre n'a-t-elle pas produit d'après des prévisions dont l'événement est venu craellemenl châtier l'ttslravaganteï On n'a pu oublier de sitAt la grande crime qui servit de dénoùment aux intrigues des Anglais dans les contrées qui s'étendent du Mexique au Parag:uay. A peint; la nouvelleétait-clle arrivée en Angleterre que l'Amérique méridionale présentait un cliatnp libre ans aventuriers de l'industrie, qu'aussilàt tous les cœurs bal^ tirent de joie et toutes les têtes s'exaltèrent. Ce Tut un délire imivorsel. Jamais la production n'avait eu en Angleterre un tel accès de frénésie. A entendre ka spéculateurs, il ne s'agissait que de quelques jours et de quelques Taisseaux pour transporter dans la Grande-Bretagne les immenses trésors que rcnfernût l'Amérique. La confiance était si grande, que les bonquc::! se hAtèrent de battre monnaie avec les espérances du premier venu. Et de ce grand mou- Teraenl que résulta-t-il7 0» avait calculé sur tout, !pté sur l'existence des objets d'échange et la de leur transmissum. L'Amérique gardAdH
Tb organisation
or, qu'on ne put exlraire de ses mines; le pa| avait été mis à Feu et à sang, n'eut à donit échange des marchandises qu'on lui apportait, coton, ui son indigo. Ce que cette grande b catiop coula aux Anglais de millions et de t les Anglais te savent , et l'Europe aussi !
Et qu'on ne dise pas que nous concluons < CGption à la règle. Le vice que nous avons a enfanté tous les maux qu'il portait en lai tandis que l'Angleterre, au dehors, s'épui efforts à peine croyaltles pour rendre l'univers tributaire de son industrie, quel spectac histoire intérieure offrait-elle <i l'observateur al Les ateliers succédant aux ateliers; l'invenl lendemain succédant à l'invention de ta veil fourneaux du nord ruinés par cens de l'on population ouvrière s'accroissynt hors de tôt sure sous les mille excitations de la conct illimitée; le nombre des bœufs, qui servent à Irf rilure de t'iiomme , restant bien loin de ce chevaux , que l'homme est obligé de nourrir ; de l'aumànc remplaçant peu à peu celui du j la taxe des pauvres introduite et faisant pull pauvreté; l'Angleterre, enfin, pr&entant au surpris et indigné le spectacle de rcxtrôme couvée sous l'aile de l'exlrôme opulence : U résultats que devait donner la politique qi
*-DTT TRAVAIL. S7
■rtie ie ce principe d'égoïsnie national : il faut kic l'Angleterre cherche partout et à tout prix des . Kisommateurs.
[Et pour les obtenir, ces désastreux résultats, tnbien n'a-t-il pas fallu que l'Angleterre conunit injustices, encourageflt de trahisons, semât de pcordes, fomentât de guerres, salariât de coali- )ns initjues et combattit do glorieuses idées I Mais je n'irai pas plus loin, je n'achèverai pas tte histoire lugubre , afin que personne ne m'accuse pToir voulu insulter à cette forte et vieille race des pglais. Non, jene veux ni ne puis oublier, malgré ut le mal qu'elle a fait nu monde et à mon pays, lé l'Angleterre peut, elle aussi, réclamer dans listoire des peuples quelques pages immortelles ; te l'Angleterre a été visitée par la liberté avant pâ jes peuples de l'Europe; que ses lois, même
r|s le joug d'une aristocratie écrasante , ont rendu a dignité humaiue d'étonnants et solennels homl^es ; que c'est de son sein qu'est sorti le cri 1er a» sauvage, mais le plus puissant, qui se soit élevé ptrela tyrannie du papisme unie h celle de l'intîsition; qu'aujourd'hui môme c'est la seule conie que les fureurs de la politique n'aient point ren- ^ inhospitalière et mortelle pour les faibles. Car ^estlà ipie vous avez trouvé asile , 6 pauvreS' woscrits, athlètes invaincus mais blessés 1
ORGA]^SATION c'est là que vous avez rassemblé les débris de fortune ; n'est là que vous avez joui de votre pi la vie de l'intelligence et du coeur, seul bië vous ait laissé, dans votre grand désastre, la < àa vos ennemis ; et c'est de là aussi que voui suiviez de In pensée, nous, presque aussi iri reux, presque aussi exilés que vous ; puisqu] avons pu un moment chercher autour de nouS patrie , vivant pourtant au milieu d'elle , voyant, hélas 1 si nbaissée, que nous ne pouvii la reconnaître I
L'expiation, du reste, a été complète pour gleterre. Il est, a dit un moderne publicis est un code pénal pour les peuples comme pi individus. Cette vérité a été bien douloureui prouvée par l'histoire de l'Angleterre. Où aujourd'hui sa puissance? L'empire de la n dcbappe. Ses possessions indiennes sont Naguère encore, des lords anglais tenaient {H l'étrier du vainqueur de Toulouse , qu'ils n' plus appeler un vaincu de Waterloo !
Et celte aristocratie anglaise, la plus robl plus splendide aristocratie du monde , qu'ei devenue? Cherchons bien ses chefs. Est-i Lyodhurst, ce fils d'un peintre obscur î ou sir Peet, M! fils d'un fabricant de coton créé b« ^vPitt? on lord Wellington, ce caduc repi
'du TRAVAIF,. s#
mt de la race irlandaise et bourgeoise dos Weltes qrî Oni, voilà les chefs de l'aristocralie britannique tilà cous qui la pmdent, la gouvernent, la person-n ifient. Et ces hommes ne sont pas du mAme saa{ to'ellQ I
, 11 n'y « pas long -temps encore , le marquis d# Westminster s'écri&ît i ta chambre des lords : u 0* 1 dit que nous pourrions faire le sacriQce du cin^ nièmâ de nos revenus, nous possesseurs du sol àt p Grande-Bretagne. Ceux qui ont dit cela igno- |ent-îls que les quatre autres cinquièmes appartion- Icnit i nos créanciers ? »
j LWagération de ces paroles est manifeste. Il oM halheureusement trop vrai que l'inaliénabilité dei foh, eu Angleterre, met à l'abri do toute poursuit! k majeure partie des revenus de la noblesse, et ces Ineniu sont immenses. Si, comme cela parait cerkhit ils s'élèvent à cent trente-cinq millions pom In cinq cents familles des pairs d'Angleterre , et J
I Goilliard trois cents raillions pour les quatre ceni
iUa personnes dont se composent les familles dei MilonDets, des chevaliers, la gentithommerie entlnj I finit avouer que la noblesse britannique a pris uni X belle {)art des dépouilles du globe I Mais on i
t quelle grande menace est suspendue snr le com-i ttttDglais. Or, l'aristocratie se trouvccommandi-' bulcs les industries, et l'on peut prédire que
Tir ORGANISATION DU TRAVAIL,
son cliâtiment matériel dc tardera pas à commenctr. Quant à son châtiment moral, il ne pouvait ëln plus cruel. Les richesses de tous ces grands gneurs les livrent en proie à je ne sais quelle vagU mélancolie, malatlîe que Dieu envoie aux grands de la terre pour les courber, eus aussi, sous le niveai de la douleur, la douleur, celte imposante et terribli leçon d'égalité 1 Que trouvent-ils, en effet, au lieu de leurs jouissances, ces lords orgueilleux? Il) y trouvent l'amertume de la pensée et l'inquiétndt éternelle du cœur. Alors il faut bien qu'ils fuient les brouillards de leur lie , et qu'ils s'en aillent semer leur or mal acquis dans tous les lieui du monde où ils l'ont dérobé, et où on les voit tratner le fardeau de leur opulence ennuyée.
Maintenant il s'.ig!t de savoir si la France bonigeoise veut recommencer l'Angleterre, Il s'agit il savoir si , pour trouver à sa puissance industridl* des aliments toujours nouveaux, elle veut remplncff sur l'Océan l'odieuse domination du pavillon il Saint-Georges, Car c'est là qu'aboutit irrésistible' ment, pour un grand peuple, la logique de la ( currence. Mais l'Angleterre ne se laissera pas lever sans combat le sceptre des mers. Que. Jl' France bourgeoise coure donc au plus tôt étooft» les Anglais dans leur Ile.
KESCE ÂBOtTIT HÉGESSÀIBEMEIIT A VITE CUKRIIE A MOBT ENT&E H FRinCE ET L'â1ICLET1II>E,
nB^ù'entre deas peuples une alliance soit naslle, il faut qu'ils apportent l'un et l'autre dans contrat des avantages réciproques ; il faut donc ils aient des ressources non communes , qu'ils f^Dt par leur constitution , par leur but. La ince et l'Angleterre sont deux puissances qui tiandent à vivre de la vie du dehors, à se répan- [ ; de là un premier obstacle A toute alliance nble. Lorsque devant Rome , qui s'étendait par guerre , Cnrthage voulut s'étendre par te com- W», Rome et Carthage finirent par se rencont i travers le monde et s'entre-choquer.
Entre la France et l'Angleterre un couHit est Hloblc , parce que la constitution économi- |riw4«ix pays est aujourd'hui la môme , et en ■
mesH st-i1|S
Cï ORGAlîISATION
fait deux nations essentiellement maritimec principe qui domine notre ordre social n'est-ïlT celui de la concurrence illimitée 7 La concurreiw illimitée n'a-t-elle point pour corollaire une productIoQ qui s'accroît sans cosse et à l'aventure ? Pom trouver à une production dont l'essor est si impétueux et si déréglti des débouchés toujours nouvcaui, ne faut-il pas conquérir industriellement le tnondi tft commander aux mersî
Le jour où nous avons détruit les jurandes et là maîtrises , ce jour-là la question s'est trouvée toni Doturellement posée de la sorte : il j a nnc astàoi de trop diins le monde ; il fuut ou que la France f^ risse, ou que l'Angleterre soit rayée ^c la tuiè- Ce jour-là, en effet, d'étranges complications s'ajo* tèrent à oette longue rivaliléqqi, auquinzii^moiiiècbi amenait up duc de liedford à Paris et faisait fuir Charles VU à Bourges. En 1789, la France adopit toutes les traditions de l'économie politique m^ glaise ; elle devint un peuplu induslricl ù la manièn du peuple anglais. Liincée sur la pente rapide de II concurrencGj elle s'impoïa la nécessité d'aller jun tout étal>lir des comptoirs , d'avoir des agents daH tous les ports. Mais disputer l'Océan à l'AngIct«nfK c'était vouloir lui arracher la vie. Elle l'a bitai etaà ^Pe là les coalitions soldées par elle* dftl s continental ; de là ce duel affreux cnln
unon-
Pitt et Napoléon. Mais PUt mort. Napoléon lentement assassinii , il fallait bien que la lutte recommetiçât. Il n'y aurait ou qu'un moyen de l'éviter: c'eût été de faire de la France une nation essentiellement agricole , l'Angleterre restant une nation industrielle. Voilé ce dont nos hommes d'titat ne se sont pas mènie doulij, et lorsque M. Tliiers disait dernièrement à la tribune : « Il faut que la France se contente d'être ta première des nations continentales, » M. Thiers prononçait un mot dont il î| reit certainement la portée. Car »i on lui avait en « Vous voulez donc changer les bases de notre ordre Bocialî n qu'aurait-il répondu? Non, il ne pouvait y avoir place à la fois sur la mer, si vaste qu'elle soit , pour la France et pour l'Angleterre , régies par les marnes loia économiques, et animées par coDséqueut du même esprit. Cherchant l'une et l'autre à se répandre au dehors , et ne pouvant vivre iju'à celte condition, comment ne se seraient-elles pas i tout instant rencontrées et choquées? Là est le oœud de la question. Aussi le motif pour lequel l'Angleterre a esclu la France du dernier traité estil no motif tout commercial. Sur ce point, nul doute possible. Rien de plus clair que le langage du Globe, OT^asQ spéciol de lord Palmerston. D'après ce joursi lord Palmcrston a voulu courir tous les risune rupture u\ec la France i s'il a pousisUfl
cabinet de Saint-James k profiter contre Méhémet- Ali des révolles qui ont éclaté en Syrie , c'est qu'il a vu combien il importait à l'Angleterre de faire subir à ce pays son protectorat mercantile- Le plat de lord Palmerston est bien simple : il regarde b Syrie comme la clef de l'Orient ; il veut mettre cett« clef dans les mains de l'Angleterre. On ferait aew i le divan un arrangement aux fermes duquel lui pachas ou vice-rois de Syrie agiraient en lotit d'o» près les vues des représentants du gouvernemeril britannique. Le ministre anglais, comme on votti ne fait pas mystère de ses desseins. Ouvrir auil navires anglais trois routes qui les conduisent dam l'Inde : la première par la mer Rouge , la seconde par la Syrie et l'Euphrate, la troisième par la Syrie, I la Perse et le Belouchistan ; tel est le résumé da espérances de l'Angleterre. On conçoit que pourlM réaliser elle consente à livrer Constantinople aili, Russes. Ces trois routes vers l'Inde une fois o^ïe^• tes, elles se couvriraient de marchés, dit ingéniai ment le Globe. Ainsi l'Angleterre d'aujourd'btôi; c'est toujours la vieille Angleterre I Aujourd'h^, comme hier, comme toujours, il Taut que cette rue indomptable dans sa cupidité cherche et trouve de) consommateurs. L'Angleterre a des articles de laine 1 et de coton qui appellent des débouchés î Vile, <p» ^^BfeleDt soit conquis, afin que l'Angleterre fl
RAVAlt.
argée d'habiller l'Orient. Humilier la Franco î s'agit pour l'Angleterre de bien autre chose, ument! il s'agit pour elle de vivre ; et elle ne le Ut, ainsi le veut sa constitution économique, qu'à la ndition d'asservir le monde par ses marchands. Mais ce qui est i)our l'Angleterre une question de b DU de mort est aussi une question de vie ou de ort pour la France, si le principe de concurrence est maintenu. Donc, la concurrence, c'est l'embramect nécessaire du monde . Or, que la France tire ^ée pour la liberté des peuples, tous les hommes î CŒur applaudiront ; mais la doit-elle tirer pour ire revivre la tradition des brigandages de l'An— leterre ? Ah 1 poyr arriver à la taxe des pauvTCS et 1 chartisme, ce n'est pas la peine de mettre 1" ÏS au pillage !
L'ordre social actuel est mauvais : comment lei langer î Avant de dire quel serait, selon nous, lo iméde possible , prouvons combien 11 importe de ire marcher de front la réforme politique , préocïipatioQ exclusive des uns , et la réforme sociale , céoccupation exclusive des autres
5ÉCES51TÉ a'tUt SOVDLI! BÈFOBHE.
" Il est aujourd'hui beaucoup de pensBUn cieiix qui ne songent qu'à l'organisation du « Que nous importent, disent-ils, toutes vos parlementaires, et toutes vos petites quep portefeuilles, et toutes vos révolutions de Desceiidez avec nous au Tond de cette soc dissolution : vous y trouvcrcs! de Lien autre de crainte ou d'espérance. Ici sont les aLîi faut sonder. Que sont, après tout, les goi meiilsî Des formes purement transitoires, société soit régénérée : le pouvoir qui cessera en rapport avec une civilisation nouvelle to e lui-mfirae et par sa propre faiblesse. »
tSophismes que tout cela 1 Oui , sans doi é rwâtivelée ofifteUecait uti |w«v^ j
^ffiGANISATION DU TRAVAIL. . C7 1 existence du pouvoir est-elle si indépendante
e de In société , que, sans toucher à celui-là, I
tse métamorphoser celle-ciî Quand vous aurez !
le moyen d'inaugurer le principe d'associa- i d'organiser le travail suivant les règles de la de la justice et de l'humanité, ctHninantespé-
lus arriver à la réalisation de vos doctrines! ,
uvoîr, c'est la force organisée. Le pouvoir '
ie Sur des intérêts aveugles, mais entêtés dans i meuglement, sur des passions ennemies de tout est nouveau. Le pouvoir a des chambres qui
nenaceront de leurs lois , des tribunaux qui j tteindront de leurs arrêts, des soldats qui vous
ront de leurs baïonnettes. Emparez-vous donc |
ivoir si vous ne voulez pas qu'il vous accable. j
î-le pour instrument, bous peine de le ren- '
r comme obstacle. ' a plus : l'émancipation du prolétariat est une
trop compliquée ; elle se lie à trop du réfor- j ille dérange trop d'habitudes, elle heurte trop
jugés, elle contrarie, non pas en réalité, mais *
jarence, trop d'intérêts, poUr qu'il n'y ait pas ;
croire qu'elle se puisse accomplir par une série .
ts partiels et de tentatives isolées. Il y faut i
lier toute lu puissancederËlut.etce n'est pas I
ÏmenL pour une pareille besogne. Ce qui
I prolétaires pour s'affranchir, ce sont l
les instruments de travail : c'est au gouveruemi à les leur fournir. j
Non ; sans réforme politique , pas de réfbfl sociale possible ; car , si la seconde est le but » première est le moyen. J
Mais faut-il conclure de là que la discussion a questions sociales est oiseuse , dangereuse méii|| et qu'il faut commencer par conquérir le ponroj sauf à Toir ensuite ce qu'on en fera î Autant vl drait dire ; Commençons par nous mettre en roig nous verrons ensuite où nous devons aller. ]
Celte erreur est pourtant assez commune aujol d'hui, et il faut bien avouer qu'elle est partagée] quelques esprits éminents. On ne nie pas la néd site de résoudre les questions sociales ; on reoi natt même que c'est pour en venir à une réfog sociale que la réforme politique doit être acca plie ; mais on croit que la discussion de ces grq difficiUtés doit être renvoyée au lendemain dq résolution politique. Tel n'est pas notre avis. I
Les révolutions qui n'avortent pas sont celles ■ le but est précis et a été défini d'avnnce. 1
Voyez la révolution bourgeoise de 89 1 Qm elle éclata , chacun en aurait pu dresser le n gramme. Sortie vivante de V Encyclopédie, ce gn laboratoiredes idées du dix-buiti(tmesiècle,ellen'il plus , en 89 , qu'à prendre matériellement posM
m d'un domaine déjà con(juis moralement. Cela t si vrai, que le tiers -état d'alors ne voyait pas mconvénient à se passer de législateurs. Le» mants impératifs ! criait-on de toutes parts, les mants impératifs 1 Et pourquoi ? parce que , dans la insée de tous, le but de la révolution était parfainent défmi. On savait ce qu'on voulait, pour quelle Ime et de quelle manière on le voulait. Ouvrous t fameus cahiers de cette époque : la révolution y It tonte entière, car la constitution de 1791 n'eu K qu'un fidèle résumé. Aussi comme elle s'est iûssamment installée , cette révolution de 89 , et HDbîen ses racines sont profondément descendues pis la société 1 Les orages de la Convention ont Bbeau passer sur elle ; l'Empire a eu beau l'éclip- 9 à force de villes prises et de batailles gagnées ; I Restauration a eu beau la combattre par tout ce t'il y a de plus puissant chez les hommes, la superitioD politique et la superstition religieuse ; elle a Ep&ru SOT les mines mêlées de la Convention , de {Empire et de la Restauration. 1830 appartient à Btte (iiatnc dont 1789 fut le premier anneau. 1789 ^t Commencé la domination de la bourgeoisie ; B3Ô l'a continuée.
''Voyez maintenant la révolution de 931 Combien
Bduré? Qu'en reste-t-il? Et pourtant, de usance , de quelle audace , de quel géoie'
n'étaient pas doués ceus qui s'étaient chargé; la faire triompher î Quels efforts gigantes quelle effrayante activité 1 que de ressorts jeu , depuis l'enthousiasme jusqu'à la terreurd'instruments usés au service do ces doctrini velles, depuis l'épée du général d'armée ji couteau de l'exécuteur i Aïais le but de la tion, dout lés conventionnels devaient donner chisme, n'avait point été déCni d'avance, des théories lancées uti peu au hasard par îttdl pierre et Saint-Just n'avait été élalwrée au seii In nation . Jean-Jacques avait bien écrit son Ci social ; mais comment la voix d'un homme ne se, elle pas perdue dans l'immense elamear dontl blicistcs delà bourgeoisie remplirent le dix-huitîj siècle? Ainsi s'explique la stérilité intellectaelk celte existence héroïque et prodigieuse de Ujl vention. Les hommes qui la composaient ne que s'eutre-détruire, parce qu'en dehors de la oîi ils s'agitaient il n'y avait, comme au dei cette sphère, qu'incertitude et balanccmant d'j Or , là oij l'ien ne se décide par les idées , toi décide par les passions ; et voilà coaunent , dani même panier , sont venues successivement lo| la télé de Danton sur celle de Vergnîaud , d'Hébert sur celle de Danton , la tète de
kBrrc sur celle d'Hébert.
T tRAVATl-. 71
Souvenons-nous de ces luttes terribles, et médii les enseignements qu'elles renferment. Ne pers jamais de vue ni le moyen ni le but, et loin fiter la discuBRioH des théories sociales, proro~ jis-la autant qu'il sera en nous, afin de n'Atre pris au dépourvu, et de savoir diriger ta foroe ]id nous nous en aérons emparés.
Mais on émettra beaucoup d'idées fausses, on cbertt bien des rêveries... Qu'est-ce i dire? r-ee qu'il est donné à l'homme d'itrriver du pre* u: coup à la vérité? et lorsqu'il est plongé dans lUÎt, fBul^il lui interdire d'aller vers la lumièro, ce que, pour l'atteindre , il est forcé de marcher 4 l'ombre? Savez-vous si Ibuaianité n'a aucun ti A tifer de ce que voua appetei des rêveries} ei-voue si la révcrio aujourd'hui ne sera pas Ia té dans dix ans, et si, pour que la vérité soit isée dans dix ans. il n'est pas nécessaire que la irie soit hasardée aujourd'hui? Une doctrine, Q« qu'elle soit, politique, religieuse ou Bocialo, K produit jamais sans trouver beancoup plus ds tradicteura que d'adeptes, et ne recrute quelques ialA qu'après «voir fait beaucoup de martyrs. Itea les idées qui ont gouverné puissamment les use» u'ont-clles pas été réputées folles avant Sft réputées sages?
Qui découvrit un nouveau monde?
Ub foa qu'on raillait en toat lieu.
Sur U tfoit , qoe son ung inonde .
Un fou qui meurt nooi lègue un Dieu.
N'acceptons pas aveuglément tout ce qne des c \ég,en nous donDeraicDl comme autant d'oi dicrchons la vérité avec lenteur, avec pradenofl défiance même : rien de mieux. Mais ponrqu merioDS-nous carrière aux témérités de l'espi toute armée qui s'avance en pays incoonn il En éclaireurs , dussent quelques-uns de ces éclai s'égarer. Ah 1 l'intrépidité de la pensée n.'e aujourd'hui chose si commune, qu'il faille glaC intelligences en travail et décourager l'audace
Que craignez-vous? qu'on jette dans les ( des notions fausses sur la condition du protêts sur les moyens de la changer? Je réponds (\ ces notions sont fausses, la discussion les empoj comme le vent emporte la paille mèléo au i S'il devait en être autrement, c'est que le pi serait une chimère, et nous n'aurions plus nous envelopper la tête dans notre manteau.
Que craignez-vous encore? que la hardies certaines solutions données aus (juestions social porte le trouble dans les cœurs et ne nuise ai ces de la réforme politique? Mais, d'abord, c liions de suffrage universel, de soaj
îté ré elle d u peuple, de gonvernement démocrajae n' effraient personne en France? Et que faire ., sinon prouver aux peureux par bonnes et vives isQpg toute la puérilité et tout le vide de leurs syeurs? " 4
l Ëh mon Dieu I ce qui eSraie le plus dahs les par- ( c'est moins ce qu'ils disent que ce qu'ils oul^nt de dire. L'inconnu 1 voilà ce qui épouvante rtout les âmes faibles. Le parti démocratique sera- B accusé de pousser à une Jacquerie industrielle tond il aura scientifiquement développé les moyens i tirer l'industrie du désordre effroyable où elle Igare? S'armera-t-on contre lui des répugnances ieugles de la bourgeoisie quand il aura prouvé le la concentration toujours croissante des capitaux tmenat;^ du même joug sous lequel Oéchit la classe bmèreî
L'^outez à cela que , pour donner à la réforme MÎtiqne de nombreux adhérents parmi le peuple, ml moyen de rendre cette réforme prompte et détive, il est absolument indispensable de montrer ■peuple le rapport qui existe entre un cbangcment l^poûvoir et l'amélioration de sa condition, soit malbielle soit morale. Osons le dire : c'est ce que lo Eitique a trop négligé de faire jusqu'ici, li a retardé sa victoire, ont ce qui se ratUche il lo^orme so-
cialc, considérée comme dut il atteindre ..
vaillfer activement h la réforme politiijue ,t âi)TEiT à cmptoytir, roilit la tâche impos4o a: fenseurs dn peuple. Elle est rude, elle est gloi car elle consiste à faire réguer la justice, ap]^ découvert la vérité et contpiis la force.
Pour arriver à une révolution sdciale , il i toute nécessité prcndt'e son point d'appui ik données que la société présente. En d'outre mes , ce qu'il importe de trouver , c'est riioîl formule mathématique qu'une solution pratn]
Robert Owen n'a pas été un réformateur' que lorsqu'il a voulu fonder la répartition deS du travail sur les besoins, dans une société n'est pas encore fondée sur les services.
Les Saint- Simoniens n'ont pas été des 41 leurs iiraliques lorsqu'ils ont demandé l'a] de la famille et In destruction immédiate dd cipe d'hérédité.
Charles Fourier n'a pas été un réformnteil tiqtlo lorsqu'il a mis la distribution de tous li vaux, industriels ou agricoles, A la merci dn ê individuel , et qu'il a fait entrer dans son orri tion sodale tout, exceplé l'idée de pouvoir
Mais que d'idées puissantes remuées dahS
ces travaux, dans ceux de Fourier surtout'
^Brkin Isberieux et intottigetit. plein de V(
DUTBLLViLlI..
le ccear, M. Louis Reybaud , vient de publier ï
îdèle et lumineux exposé des tbéories t^mîs^.pai^
trois rélormateurs audacieux. Et certes , il a
enda un grand service en vulgarisant des idées si
inéralcmcnt ignorées ou méconnues. Car l'impor*
ance des études sociales ne peut plus élre aujour-
[liai contestée par personne.
Disons quel remède, selon nous, serait possible^
prévenant toutefois le lecteur que nous ne ref
bns que comme transitoire l'ordre social dont nous
lions inditjuer les bases.