B. APPRENTISSAGE
a. APPRENTIS EN GÉNÉRAL.
Le système d'apprentissage a subi bien des changements dans le courant des années.
En 1882 plusieurs ouvriers qui étaient engagés depuis la fondation de la Fabrique de Levure en 1870, étaient arrivés à l'âge où l'avenir de leurs fils, sortant l'un après l'autre de l'école, commençait à les préoccuper. M. Van Marken publia alors dans Le Messager de la Fabrique (V. le n°. 100) une série d'articles intitulés „Nos garçons" où il traita à fond cette question brûlante et si importante pour tous les pères de famille. 11 y ajouta un Règlement sur l'éducation des apprentis „pour donner aux membres du personnel l'occasion de faire admettre dans l'usine comme apprentis leurs fils âgés de 13 ans au moins qui ont quitté l'école primaire avec un certificat de bonne conduite et de progrès suffisants." Le but de cette mesure serait :
„1° de donner aux garçons l'instruction théorique et pratique nécessaire pour en faire des ouvriers capables et de braves citoyens ; 2° de préparer des ouvriers adroits, intelligents et fidèles au service de la Société." — Les apprentis seraient „placés sous la garde et la protection du personnel entier et confiés au contrôle spécial d'un ouvrier ou employé sous la direction générale du chef de la section des „ Intérêts du Personnel".
Il était expressément stipulé que „pour ce qui concerne le travail exigé des apprentis, l'intérêt de leur instruction serait considéré en premier lieu, et non les intérêts directs momentanés de la Société."
Le matin de 7 à 9 heures serait consacré à la répétition et la continuation de l'enseignement primaire. Les heures de 9 à midi et de 2 à 6 de l'aprèsmidi seraient passées à l'usine. Pendant la première année chaque élève parcourrait tous les différents ateliers pour se mettre superficiellement au courant
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de la fabrication et des différents travaux de construction. Après cette première année de concert avec les parents, ils auraient le choix entre l'apprentissage de la fabrication (de levure et d'alcool) et l'apprentissage d'un métier (charpentier, maçon, forgeron, etc.).
Les apprentis n'auraient pas de salaire auquel ils n'ont aucun droit, mais les parents jouiraient d'une subvention augmentant avec l'âge de 50 cents à 5 florins, dont 10 % serait alloué aux garçons pour leurs menus plaisirs.
A l'âge de 17 ans passés l'apprentissage serait terminé. Après examen ils recevraient un diplôme, ils seraient obligés de quitter l'usine et on les
École de répétition.
aiderait à trouver un emploi par ailleurs. Après deux ans de travail à la satisfaction de leur patron ou leurs patrons successifs, ils auraient la préférence pour les places vacantes au service de la Société.
Malgré les bonnes intentions qui ont présidé à cette organisation, elle n'a jamais porté les fruits désirés, évidemment par défaut de talent pédagogique et malheureusement aussi par manque de bonne volonté de la part des ouvriers. „Que m'importe ce gamin, il ne fait que me gêner dans mon travail". Et les
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apprentis sans apprendre n'étaient guère plus contents : abandonnés le plus souvent à eux-mêmes, ils s'embêtaient ou bien s'amusaient seuls ou en groupes à faire des malices.
Bref, le système n'a pas réussi. Malgré cette déception le principe de l'apprentissage n'a pas été aboli, mais l'application a été maintes fois modifiée. L'idéal d'une école ouvrière pour „les fils de nos camarades", pour „nos enfants de la communauté", la devise „ L'intérêt de nos apprentis avant tout, l'intérêt de l'usine viendra après par lui-même", tout cela a du être abandonné.
Cours de répétition.
Nous supprimerons les étapes successives, où l'apprentissage a passé dans le courant des années. L'organisation actuelle peut se résumer comme suit : Le nombre d'apprentis est limité d'après les besoins du travail. Nous pouvons affirmer cependant que jamais les garçons de cet âge sont sacrifiés dans nos usines pour avoir du travail à bon marché. Il n'y a que les aides des artisans qui, comme généralement partout, doivent apprendre le métier en aidant. Leurs patrons-ouvriers ont mission spéciale de les instruire dans la mesure du possible et de donner régulièrement des rapports sur leurs progrès. Ils sont obligés de fréquenter l'excellente „Ecole du soir" créée à Delft, où l'on donne tout l'enseignement de répétition théorique nécessaire pour des jeunes ouvriers et où leur assiduité et leurs progrès sont régulièrement contrôlés. La Société paye le cotisation (il. 10 par tête) et fournit aux élèves toutes les nécessités dont ils ont besoin pour leurs études.
Dans leur intérêt physique et hygiénique ils sont obligés de suivre les leçons de gymnastique (V. le n°. 61) au gymnase de la Communauté ( V. le n°. 75).
L'apprentissage pour les jeunes commis de bureau donne des résultats beaucoup plus satisfaisants (V. les nos. 64 — 66).
Au reste dans les industries dirigées par M. Van Marken on n'emploie par principe ni des femmes, ni des enfants. Seulement à l'atelier d'emballage une dizaine de garçons de 13 à 16 ans sont employés à envelopper les petits paquets de levure en papier, un travail extrêmement léger qui demande des petites mains agiles. On a commencé à englober ces garçons dans le système d'apprentissage, mais on a dù y renoncer à cause des grandes mutations dans ce petit personnel : généralement ils ne restent que quelques mois ou quelques semaines ; même en entrant ou leur donne le conseil de chercher le plus tôt ailleurs un travail plus intelligent et on les aide à trouver un patron qui leur apprendra un métier sérieux quelconque De même à la fabrique de Colle pour les garçons qui mettent les plaques de colle sur les séchoirs.
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