LXXX VII
I. Une maladie qui a déjà aflecté le corps, en repousse une nouvelle maladie qui lui est hétérogène, pourvu que celle-ci ait une intensité moindre ou égale.
Par la même raison des cures allopathiques nonviolentes ne changent jamais une maladie chronique, mais la laisse dans sa première condition.
II. Si l'homme déjà malade est attaqué par une nouvelle maladie hétérogène, mais plus forte que la première, la maladie postérieure suspend, tant qu’elle dure, la vieille maladie antérieure, mais ne la guérit jamais.
Par la même raison des cures violentes avec des médicamens allopathiques ne guérissent aucune maladie chronique, mais la suspendent seulement aussi longtemps que dure l'attaque forte des médicamens. Ensuite la maladie chronique reparait avec autant de malignité, et même avec plus de malignité qu'auparavant.
III. Il se peut enfin, que la nouvelle maladie, ayant influé pendant longtemps sur le corps qui souffre déjà d’une autre maladie hétérogène, s’allie à cette maladie antérieure, de façon qu’il en résulte une maladie double ou compliquée ; mais aucune de ces deux maladies héférogènes ne détruit l’autre.
Plus souvent encore, que dans la nature, il arrive dans la pratique des méthodes curatives ordinaires, qu'une maladie artificielle, produite par l’usage assidu d’une médecine allopathique violente, s’allie à la maladie chronique antérieure, de façon que le corps devient alors doublement malade.
Les maladies qui se compliquent de cette manière, occupent, à cause de leur hétérogénéité, chacune dans l'organisme la place qui lui convient.
39. Mais il en est bien autrement, lorsqu'il survient à une maladie antérieure une nouvelle maladie plus forte, mais semblable par rapport à ses
Al.
effets ; car alors celle-là est guerie par la maladie postérieure,
Explication de ce phénomène.
Exemples de maladies chroniques guéries par d’autres maladies semblables et plus fortes, qui leur survinrent accidentellement.
42 — 44. La nature elle-même ne peut donc anéantir
et guérir les maladies que par des affections analogues, produisant des symptômes semblables à ceux du mal antérieur, mais jamais par des maladies héérogènes. - Elle instruit par là le médecin des médicamens avec lesquels il peut guérir d’une manière certaine, c. à d. avec des remèdes homéopathiques.
La nature n’a que peu de maladies qui puissent agir homéopathiquement sur d’autres maladies, et encore ce secours là est-il accompagné de beaucoup d’inconvéniens.
Le médecin au contraire possède une quantité prodigieuse de puissances homéopathiques, c. à d. dans les médicamens dont il a reconnu les effets purs et spécifiques, et dont le mal artificiel, qu'ils produisent, s’&vanouit aussitôt après l’accomplissement de la guérison, à eause de la petitesse des doses que le médecin peut diminuer à sa volonté.
47 — 51. Il est évident par tout ceci, que la méthode
homéopathique est bien préférable à la méthode allopathique.