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amour ne me paroissoit pas assez éieînx pour qu'il pût ïa revoir sans danger.
Peut-être celte feinte, ce déguisement étoient-iîs au-dessous de mon caractère; mais, si je m'y suis soumis, c'etoit dans un bon but. »
« Je n'ai plus rien à dire , ni aucune autre apologie à Faire sur ce sujet. Si fa} blessé les sebtîmens de votre sœur, je l'ai fait sans ie savoir, et quoique les motifs qui m'ont conduit puissent vous paroilre insnffisans, je n'ai pas encore appris à les condamner. x>
« Quant à la seconde et plus Fâcheuse inculpation d'avoir fait le malheur de Mr. Wikam, je ne la réfuterai qu'en mettant sous vos yeux l'histoire de ses rapports avec ma famille. J'ignore ce dont il m'a particulièrement accuse'; mais je puis en appeler à plus d'un témoin digne de foi pour attester la vérité de ce que je vais raconter. »
«Mr. Wikam est fils d'un homme trèsrespectable, qui eut pendant plusieurs années l'administration de la lerre de Pemberley, et dont la probité et Tactivite' avoient disposé mon père à lui rendre service, ainsi qu'à son fils George Wikam, qui étoit son filleul; sa bonto ' fut donc extrême pour lui ; il Penvoya à l'école et ensuite à Cambridge: son père ruine par l'extravagance de sa Femme , auroit été hors d'état de lui procurer l'éducation d'un homme comme il Faut , â sans le secours du mien. Iî aîmoit beaucoup la société de ce jeune homme dont les manières ont été toujours Fort séduisantes, il avoit la plus haute idée de lui j et espérant qu'il se voneroil à l'église, il avoit l'intention de le pourvoir d'un bénéfice. Quant à moi, il y avoit déjà long îemps que je le jugeois bien différemment. Des inclusions vicieuses, et un manque total de principes, qu'il
étoît bien soigneux de cacher à son prolecteur, ne pou voient échapper aux yeux d'un jeune homme die son âge, qui Je vovoit souvent dans des momens où il ne s'observoit pas. Ici encore , je dois tous faire un chagrin dont vous seule pouvez apprécier l'étendue ; cependant, quelque soient los sentimens que vous a inspirés Mr. Wikam, le soupçon que:
j'ai de four nature ne doit pas m'empéoher de dévoiler ici son véritable caractère. Mou excellent père mourut il y a cinq ans; son attachement pour Mr. Wikam étoit tel, qu'il me recornniandoit ,, <hios son testa ment , de protéger sou avancement , quelque fût !a profession qu'il embrassât , et s'il prenoit les ordres, il désiroït que ,je lui conférasse le premier bénéfice lucratif qui vieudroit à vaquer.. Il lui faisoit aussi un legs de mille livres; son père ne survécut pas îoug- temps au mien, et six mois après $a mort , Mr. Wikam m'écrivit que s'é-
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tant enfin décidé à ne pas entrer dans les ordres, il pensoit que je ne trouve rois pas extraordinaire qu'il demandât quelques dédommagemeus pour le bénéfice qu'il ne powvoit plus réclamer; il avoit, disoit~il , l'intention d'entrer dans le barreau, et je devois savoir que l'intérêt de mille livres ne suffi\soit pas pour entreprendre cette carrière. Je désirai qu'il fut sincère plus que je ne l'espérois , mais à tout événement j'étois prêt à acce'der à sa demande, »
« Mr. Wikam ne voulant plus être ecclésiastique s l'affaire fut bientôt terra ine'e. Il renonça à tous ses droits à un bénéfice, supposé même qu'il pût jamais être en position de l'obtenir, et reçut en retour trois mille livres. Tous rapports entre nous parurent alors rompus; j'avois trop mauvaise opinion de luj pour l'inviter à PemberJey T ou pour rechercher sa société à Londres où il derneuroit toujours j l'étude du droit en cloil le pre-
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teste; mais, débarrasse de toute contrainte , il passoit sa vie dans l'oisiveté et dans la dissipation. J'entendis à peine parler de lui pendant trois ans; mais, lorsque le bénéfice qui lui avoit été destiné, devint vacant, je reçus une lettre de Mr. Wikara , qui se meitoit sur les rangs. Il m'as su mit , et je n'a vois pas de peiue à le croire, qu'il étoit dans une fort mauvaise position ; il avoit reconnu que la carrière du droit étoit peu lucrative j, et il étoit décidé à prendre les ordres, si je voulois le présenter pour le bénéfice , ce dont il n'avoit aucun doute , étant bien assuré que je n'aurois pas oublié les intentions de mon respectable père. Vous ne me blâmerez pas, je pense, d'avoir refusé de céder à cette demande, et d'avoir résisté chaque fois qu'il l'a répétée. Son ressentiment fut
proportionné à La détresse où il étoit, et
il ne fut sûrement pas plus modéré dans les plaintes qu'il fit de moi aux autres y
que dans les reproches qu'il m'adressa à moi-même. Après cette affaire, tout fui fini entre nous , et je ne sais comment il a vécu jusqu'à l'été dernier, que je fus de nouveau obligé de m'occnper de lui , et d'une manière qui m'a été bien douloureuse. Je dois à présent parler aune circonstance que je voudrois bauir de ma mémoire, et qu'aucune considération , excepté celle à laquelle je cède dans ce moment, n'auroîl pu mVngager à révéler à qni que ce fût. Après cet aveu je ne doute pas de votre discré- Uon. »
«Ma sœur, qui est de dix ans pi us je une que moi, a été confiée à la tutelle du neveu de ma mère, le co'onel Fitz- Wdliams, et à la mienne j il y a un an qu'elle est sortie de pension, et qu'elle vit chez elle à Londres. L'été dernier elle alla à Rainsgate avec la darne qui dirige son édncalion. Mr. Wikam y alla aussi ( et sans doute ce n'étoil pas sans
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intention, car il a été prouvé ■qu'il avoît été lié avec Mistriss Young sur le caractère de laquelle nous avions été malheureusement trompés , et, par son secours, il prit assez d'empire sur Georgina dont 3 e cœur amical a voit conservé un tendre
souvenir des soins qu'il avoit eu d'elle dans son enfiince, pour lui persuader qu'elle avoit de l'inclination pour lui, et la faire consentir à un enlèvement ; elle n'avoit que quinze ansj sa jeunrsse doit lui servir d'excuse; etaprès avoir dévoilé son imprudence , je suis heureux de pouvoir ajouter que c'est à elle que j'en dus la connoissance : j'arrivai à Ramsgate par hasard, deux jours avant celui fixé pour l'enlèvement. Georgina ne pouvant alors soutenir l'idée d'offenser un frère qu'elle considéroit comme un père, m'avoua tout, Vous pouvez imaginer quels furent mes sentimens et ma conduite ; les égards que je devois à la réputation de ma sœur, m'empêchèrent do
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faire un éclat , mais j'écrivis à Mr. Wikam , qui parût tout de suite , et Miss Yonng fut renvoyée. L'objet des désirs de Mr. Wikam, e'toit sûrement la fortune de ma sœur, qui est de trente mille livres; mais je ne puis m'empêcher de croire que l'espérance de se venger de moi ne fut un grand attrait ; la vengeance en effet auroit été complète.
Voilà , Madame ? le re'cit fidèle de ce qui s'est passe entre nous, et si vous ne le rejetez pas comme entièrement faux , j'espère que vous me déchargerez de l'accusation d'avoir usé de cruauté envers Mr. Wikam. «ïe ne sais pas de quelle manière et par quels mensonges îi vous en a imposé , mais on ne doit pas s'étonner de ses succès. Dans l'ignorance ou vous éiiez de loul ce qui nous concernoit l'un et l'autre, vous ne pouviez découvrir la vérité j le soupçon n'est pas dans voire caractère. »
«Vous pourrez être surprise que je ne