UNE FEE
.... La reine Hab m'a yiAtL C'est elle
Qai fiilt dans le Mninidl rdller l'ane Immortdle.
' — >ÉiiUiB Dbmuuxm. Bamtéo •( /u/ieiiv*—
Que cesoit Urgèle ou Morgane, J'aime , en un rêve sans effiroi , Qu'une fée, au corps diaphane, Ainsi qu'une fleur <]ui se fane, Vienne pencher son front sur moi.
C'est elle dont le luth d'ivoire Me redity su|r un mâle accord , Vos contes, qu'on n'oserait cnûre, Bons paladins , si votre histoire N'était plus merveilleuse encor.
C'est elle aux choses qu'on révère
190 BALLADK8.
Qui m^ordonne de m^allier, Et qui veut que ma main séyère Joigne la harpe du trouvère Au gantelet du chevalier.
Dans le désert qui me réclame , Cachée e» tout ce que je VM , C'est elle qui fait, pour mon ame.
De chaque rayon une flamme , Et de chaque bruîi une Toix ^
Elle , — qui dans Tonde agitée Murmure en sortant du rocher ; Et 9 die me* plaire tonmenroe^ .
Suspend la eieogne argentée Au faîte aigu du noir clocher.
Quand ^ VMttst, mon foirer péfâte^ C'est elle ^ vient «Y ^^i Et me meMre, au del qtfi sektène ^ L'étoile qui s'éte»! et btiVkif Comm« «Il isilf pré* èr s^assocqpSr ;
Qui , lors^'eo des nfanoiifS' satftstges ,
J'erre , cherehant nos vieoit bevceaiux,
M'environnant de mille images ^
Gomme un- Iinnt d\» torreal deséige»,
Fait mugir iTair so«is>les «rcecect ^
Elle , -* qui , ta nuit ^ quand je teilki
UlfX rtB. 19t
M'apporte des confus abois , Et povâr endormir mon oreiUe , Dans le calme da soir éveille Un cor lointain au fond des bois.
Que ce soit Urgèle ou Morgane , J'aime , en un rêve «ans e£froi , Qu'une fée , au corps diaphane , Ainsi qu'une fleur qui se fane , Vienne pencher son front sur moi !
BAXLADE II.
LE STLPHE.
Le vent, le froid et l'onge Contre l'en&nt fmUaient rage.
—•Ouvres, dit-Il, je suie an.
^Li FovTàivx. Iwutation ^^nmcréon,—
« Toi qu^en ces murs , pareille aux rêveuses sylphides, « Ce vitrage éclairé montre à mes yeux avides , «Jeune fille, ouvre-moi! Voici la nuit, j^ai peur, « La nuit qui , peuplant Fair de figures livides , « Donne aux âmes des morts des robes de vapeur !
« Vierge , je ne suis point de ces pèlerins sages , « Qui font de longs récits après de longs voyages ; « Ni de ces paladins , qu^aime et craint la beauté , « Dont le cor, éveillant les varlets et les pages, « Porte un appel de guerre à Tliospitalité.
« Je n'ai ni lourd bâton ni lance redoutée , ^
« Point de longs cheveux noirs, point de barbe arg^entée, « Ki d*humble chapelet , ni de glaive vainqueur ; « Mon souffle , dont une herbe est à peine agitée , « N*arrache au cor des preux qu'un murmilre moqueur.
«( Je suis renj&nt de Tair , un sylphe , moins qu*un rêye, « Fils du printemps qui nait, du matin qui se lève, « L'hôte du clair foyer, durant les nuits d'hiver , « L'esprit que la lumière à la rosée enlève , « Diaphane haletant de rinvisflsle éther.
« Ce soir un couple heureux , d'une voix solenneUe , tt Parlait tout bas d'ainour et de flamme éternelle. « J'entendais^ tout ; près d'eux je m'étais arrêté : « Ils ont dans un baiser pris le bout de mon aile , « Et la nuit est venue avant ma liberté.
« Hélas ! il est trop tard pour, rentrer dans ma rose ! « Châtelaine, ouvre-moi, car ma demeure est close. « Recueille un fils du jour , égaré dans la nuit: a Permets , jusqu'à demain , qu'en ton lit je repose ^ « Je tiendrai peu de place et ferai peu de bruit.
« Mes frères ont suivi la lumière éclipsée ,
« Ou les larmes du soir dont l'herbe est arrosée ;
« Les lis leur ont ouvert leurs calices de miel j
« Où- fuir?..,. Je ne vois plus de gouttes de rosée,
« Plus de fleurs dans les champs ! plus de rayons au ciel !
« JDemoiseUe , entends-moi , de peur que la nuit sombre,
LE STLPin. 199
« Gomme en imiprand filet ne me premie en son ombre 9 « Parmi les spectres blancs et 1^ fantdmes noirs, « Les démons, dont Tepler même ignore le nombre, « Les hiboux du sépulcre et Fantour des manoirs !
« Voici r&eure où les morts dansent d*un pied débile.
« La lune au pâle front les regarde immobile i
« Et le hideux vampire , 6 comble de frayeur !
« Soulevant d^un bras fort une pierre inutile ,
,« Traîne en sa tombe ouverte un tremblant fossoyeur!
« Bientôt, nains monstrueux, noirs dépendre etdecendre, « Bans leur gouffre sans fond les gnomes vont descendre. « Le follet fantastique erre sur les roseaux. « Au frais ondin s'unit Tardente salamandre , « Et de bleuâtres feux se croisent sur les eaux.
« Oh.!... si , pour amuser son ennui taciturne,
« Un mort, panni ses os , m'enfermait dans son urne !
« Si quelque nécroman, riant de mon efiOroi,
«i Dans la tour, d'où minuit lève sa voix nocturne,
« Liait mon vol paisible au sinistre beffroi !
« Que ta fenêtre s'ouvre!... Ah! si tu me repousses, «i II me faudra chercher quelques vieux nids de mousses, « A des lézards troublés livrer de grands combats.... « Ouvre !.. mes yeux sont purs , mes paroles sont douces « Gomme ce qu'à sa belle un amant dit tout bas .
« Et je suis si joli ! si tu voyais mes ailes
196 BALLAMS.
u Trembler aux feux du jour, transparentes et frêles !... « J*ai la blancheur des lis où, le soir, nous fuyons; « Et les roses, nos sœurs, se disputent entr^elles « llEon souffle de parfums et mon corps de rayons.
« Je veux qu^un rêve heureux te révèle ma gloire. « Près de moi (ma sylphide en garde la mémoire) « Les papillons sont lourds, les colibris sont laids, « Quand, roi vêtu d^azur, et de nacre et de moire, « Je vais de fleurs en fleurs visiter mes palais.
(^ J^ai froid : Tombre me glace , et vainement je pleure. « Si je pouvais t^ofirir, pour m^ouvrir ta demeure, tt Ma goutte de rosée ou mes corolles d'*or ! « Hais non : je n^ai plus rien , il faudra que je meure. « Chaque soleil me donne et me prend mon trésor.
u Que veux-tu qu*en dormant je t'apporte en échange?
u L'écharpe d'une fée, ou le voile d'un ange?...
« J'embellirai ta nuit des prestiges du jour.
« Ton sommeil passera, sans que ton bonheur change,
« Des beaux songes du ciel aux doux rêves d'amour.
« Mais mon haleine en vain ternit la vitre humide ! « Vierge, crois-tu donc que, dans la nuit perfide, « La voix du sylphe errant cache un amant trompeur ? « Ne me crains pas, c'est moi qui suis faible et timide, « Et si j'avais une ombre, hélas! j'en aurais peur. »
Il pleurait. — Tout à coup devant la tour antique ,
LE STLPflS.
S^éleya , murmurant comme un appel mystique , Une voix... ce n*était sans doute qu^un esprit ! Bientôt parut la dame à son balcon gothique : On ne sait si ce fut au sylphe qu^elle ouyrit.