‹ Origine Botanique des Caoutchoucs et Gutta-PerchaChapitre 23 sur 115 · II. — Amérique centrale · texte numérisé non relu

II. — Amérique centrale

Mexique.

Le caoutchouc du Mexique ne constitue pas une sorte très courante en Europe. Il se présente en plaques de 1 à 4 centimètres d'épaisseur environ sur 5o à 60 centimètres de longueur, noires à l’extérieur, verdâtres à lintérieur, avec beaucoup d’impuretés consistant en sable, débris de feuilles et d’écorces. Il provient des régions chaudes de Rumbo, Vera Cruz, Cordova, Tabasco, Chiapas, Tamaulipas, etc.?, où les Castilloa elashica Cerv. et C. Markhamiana Coll. croissent en abondance. Cette sorte est récoltée par piqûres ou par incisions et coagulée par ébullition.

Une autre sorte provenant du Mexique, mais beaucoup plus rare, affecte la forme de boules de 5 à 6 centimètres de diamètre, d’un brun clair ambré et très pures. On ignore le procédé de coagulation. Ce dernier caoutchouc est très nerveux et très apprécié, et Chapel estime de 12 à 15 p. 100 au plus le déchet qu'il laisse à la fabrication.

Guatemala.

C’est une sorte peu estimée en raison de son mode de coagulation. Le suc de l’/pomæa Bonanox L. (Convolvulacées) que lon emploie à cet usage laisse dans le caoutchouc une quantité considérable de résine d’un noir verdâtre qu'il est très difficile d'éliminer sans altérer le

1. La plus grande partie des caoutchoucs de l’Amérique centrale est fournie par le Castilloa elastica Cerv. (Artocarpées)..

2. J. Corcws, « Sur le Caoutchouc, son histoire, son commerce et sa production ». Moniteur scientifique, 1870, p. 209.

produit qui est cependant très nerveux. La résine, d’abord à l’état de liquide visqueux et très amer, se dépose au centre des plaques (c’est la forme sous laquelle cette sorte se présente) en un enduit très brillant et très friable. On estime le déchet à 30 p. 100.

Le D' Meyners d’Estrey : rapporte que toutes les forêts vierges du Guatemala sont exploitées par une société anonyme pour l’achat du caoutchouc brut.

Nicaragua.

Syn. : SAvANILLE, Costa Rica, Puerto CABELLO, AMÉRIQUE CENTRALE.

Il arrive sous deux formes :

1° En sheets (feuilles) de 5 millimètres à 5 centimètres d'épaisseur et superposées pour former des masses qui peuvent atteindre 100 kilogrammes. Ces feuilles, qui sont noires à l’extérieur, noirâtres à l’intérieur et parsemées de parties blanches, sont très estimées et d’autant plus qu’elles sont plus minces; elles ne laissent que 10 à 15 p. 100 de déchet;

2° En scraps (chiffons); les rognures des plaques, les larmes coagulées sur les blessures sont réunies parfois en boules de la grosseur de la tête ou en blocs plus volumineux atteignant 80 kilogrammes, ou encore en boudins de la grosseur du bras ; comme les feuilles, les scraps laissent de 10 à 15 p. 100 de déchet.

Ces deux sortes, à cause de leur nervosité, sont classées immédiatement après le Para fin. J. Collins * rapporte que la coagulation a lieu au moyen du suc de lAchuca ;

1. Dr Meyners D’Esrrey, « Le Caoutchouc et ses variétés ». Revue des sciences naturelles appliquées, 1892, t. LI, p. 488. 2. Loc. cit., p. 217.

le coagulum est ensuite laminé en feuilles pesant, sèches, environ 400 grammes.

Les caoutchoucs de San Sazvanor et de Honpuras, dont la production à considérablement diminué par suite des ravages inconsidérés des indigènes, se confondent avec ceux de Nicaragua. Ils ont, en effet, même aspect et même origine botanique.

Les Anrizes ne fournissent que des quantités insignifiantes de caoutchouc et cependant les plantes productrices y croissent à peu près partout. En ce qui concerne spécialement la Guadeloupe et la Martinique, nous savons que le Æicus elastica Roxb. y a été acclimaté en plusieurs endroits ; l’ÆJevea brasiliensis y est spontané et pourrait être propagé; des plantations de Manihot Glaziovir ont été faites par les soins du D° Heckel'; le Castilloa elaslica pourrait y être cultivé avec avantage. Enfin, il y aurait lieu d'étudier sur place la valeur d’un certain nom bre de Ficus (voir chap. VII, $ 2).

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