II. — Côte orientale
Sur la côte orientale les lianes à caoutchouc se rencontrent au-dessous du 25° parallèle sud, à parür de la baie de Sainte-Lucie, dans le Zoulouland. Le D° Kirk a trouvé dans le bassin du Zambèze le Landolphia Kirkerii Th. Dyer et le Z., Petersiana Th. Dyer (Mtolia où Matatu-bonsu des indigènes). Au nord du Zambèze on rencontre encore le Z. senegalensis DC., dont le latex n’est employé que pour faire des Fe pour la chasse aux petits Oiseaux.
. D’après une étude de A. G. Mouuer, ispecteur du jardin botanique’ de ET (Revue coloniale, 1807; P: 144)
Caoutchoucs de Mozambique.
Ces caoutchoucs n'arrivent en certaine quantité sur les marchés européens que depuis 1873 et se présentent sous plusieurs formes :
1° En fuseaux (bobines où fuseaux de Natal) formés de filaments tantôt rosés, tantôt brunâtres, enroulés autour d’une petite baguette de bois; les fuseaux peuvent atteindre 15 centimètres de longueur sur 3 à 4 centimètres de diamètre. Ils constituent un produit très pur, d'excellente qualité. Beaucoup de fuseaux, suivant qu'ils sont plus ou moins fraudés, laissent de 10 à 25 p. 100 de déchet.
Ils sont coupés par le milieu pour s’assurer si le collecteur n’a pas exagéré à dessein les dimensions de la baguette centrale, car les noirs sont passés maîtres dans Part de tromper l'acheteur. On hra avec intérêt, dans Pouvrage de Chapel, page 249, les ruses plus ou moins ingénieuses qu'ils ont employées successivement pour falsifier ce produit. D’après le même auteur, les filaments noirs sont dus au Zandolphia Petersiana Th. Dyer et les roses au Z. Kirku Th. Dyer;
2° En boules; ce sont des boules de 2 à 4 centimètres de diamètre, formées de filaments pelotonnés. A la coupe on aperçoit des couches concentriques très minces, d’un blanc rosé et brillantes lorsque le produit n’est pas mé- langé de sable; 15 à 25 p. 100 de déchet suivant le degré d'humidité ;
3° En marbles; ce sont des pelotes de filaments enroulés, pouvant peser jusque 1,500 grammes ; à la coupe les filaments sont de couleur blanche, rosée ou noirâtre. Cette
sorte est généralement très humide et perd de ce chef
environ 40 p. 100 de son poids.
Zanzibar.
Ce caoutchouc a la même origine botanique et le même aspect que celui de Mozambique. Le caoutchouc de Zanzibar ne provient pas seulement des immenses forêts qui longent la côte sur une largeur de plus de 30 kilomètres mais aussi de la région des grands lacs (lacs Nyassa, Bangoueolo, Tanganyika, Kivou, Nyanza, etc.). Les lieux de concentration sont Laindi et Zanzibar.
La Réunion.
La Réunion exporte peu de caoutchouc (15,536 kilogrammes pour la France, en 1883°). On y a signalé: le Cryptostegia grandiflora R. Br. (Asclépiadacées), plante originaire de l'Afrique pour les uns (Hooker), de l’Inde pour d’autres auteurs, et qui ne rend que des quantités insignifiantes de caoutchouc; le Periploca græca L., dont le produit figurait à l'Exposition de Vienne, en 1873. « Si ce caoutchouc était applicable à l’industrie, l'Italie, PEspagne et l’Algérie pourraient en fournir la matière première5.» Enfin on a tenté la culture du Ficus elastica Roxb., de lAJevea brasiliensis Müll. Arg. et du Manihot Glaziovi Müll. Arg. Le produit fourni par le Ficus elasaca serait de bonne qualité d’après A. Dewèvre et Chapel, et de qualité inférieure d’après H. Jumelle.
1. Élisée Reczus, Nouvelle Géographie universelle, t. XIII, p. 738. 2. Notices coloniales, 1885.