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BALATA

La balata est fournie par plusieurs Mimusops (Sapotacées) qui croissent spontanément dans les Guyanes, le Venezuela, le Brésil, etc. Elle diffère sensiblement de la gutta-percha par ses propriétés physiques et chimiques ; cependant on peut la substituer à cette dernière dans certains cas, et si au début elle fut accueillie sans enthousiasme par l’industrie, son prix dépasse aujourd’hui la moitié du prix de la qutta-percha, ce qui prouve bien le part qu’on à su en ürer.

Elle se présente en blocs ou en plaques de 1 à 2 centimètres d'épaisseur, de teinte grisâtre ou légèrement violacée et ressemblant assez à des peaux sèches. Elle est sans odeur ni saveur ; sa densité est d’environ 1,05. C’est une substance très tenace, très élastique et qui convient très bien pour la confection de courroies de transmission. À la température ordinaire, elle possède une consistance cornée ; elle se ramollit suffisamment à 50° pour conserver des empreintes.

Tandis que la gutta-percha s’oxyde facilement à l'air en se résinifiant, la balata au contraire résiste admirablement.

Elle est tout à fait insoluble dans l’eau, mais se dissout complètement à chaud dans l'essence de térébenthine, la benzine et le sulfure de carbone. Elle se comporte à peu près comme la qutta-percha vis-à-vis des acides et des bases. Elle est inattaquable par les alcalis caustiques et l’acide chlorhydrique concentré; elle charbonne en présence de lacide sulfurique concentré; lacide azotique fumant la transforme en acide formique et en acide cyanhydrique.

La balata pure, d’après Sperlich, donne à l’analyse : carbone 88,5, hydrogène 11,3. Comme la qutta-percha, elle se compose d’une substance fondamentale, la quitta, à laquelle se trouve unie une certaine quantité de résine. Ainsi, un échantillon de balata coagulée par lPalcool a

donné à l’analyse (J. R. Jackson, de Kew, 1886) :

Goutte ne AR RTE 2,6 ÉRÉSIE ST sans MS MES 0 0e de el OUEN

FLD LES RS Rat airs te 337 RU SR Er RTE SR Le 9,7

Un autre échantillon coagulé à l'air libre a donné (même

auteur) :

Gütta ss 7" 28 Ra Ne DEEE "Tee Résine 5 RS HAPUTÉ LES EC LS ER EE L4,3 Hu Sen D'ONN CISAREMRRE O RS ED

Les résines sont formées de fluavile et d’albane (Obach,

PROPRIÉTÉS, COMPOSITION. I Fk7]

Le pouvoir isolant de la balata tient une bonne moyenne

parmi les sortes commerciales de quita-percha.

$ 3. — AUTRES SUCCÉDANÉS Gutta de l’arbre de Karité.

La qutta-percha de l'arbre de Karité (Bassia Parku G. Don.) a été signalée par le D’ Heckel en 1887. À ma connaissance du moins, elle n’a pas encore pris place parmi les sortes commerciales; peut-être un jour elle sera exploitée en grand, lorsqu'elle aura fait ses preuves industrielles. D’après le D' Schlagdenhauffen, directeur de l’École supérieure de pharmacie de Nancy’, il y a une grande ressemblance entre la qutta-percha vraie et celle du Bassia Parki. Cette dernière est un peu moins soluble que la quitta vraie dans l’éther, l’éther de pétrole, l'essence de térébenthine et lacide acétique bouillant. Avec le sulfure de carbone, le chloroforme, la benzine et Palcool absolu, elle se comporte comme la quitta vraie, et s’y dissout dans des proportions à peu près identiques. La seule différence est que le résidu insoluble est sec pour la qutta des Palaquium, et poisseux pour celle du Bassia Parkü ; analyse de ce produit a donné :

RTE NOR ER ET AUDANE RO AE ENT 5,9 — Fluavile . . . o

ce qui la rapproche considérablement de la qutta des

Palaquium. Malgré cette grande ressemblance, la valeur

1. « Nouvelle source de qutta-percha. » La Nature, 1885, 24 octobre.

de ce produit ne peut être consacrée que par l’usage, et jusque-là, il est bon de se tenir sur une prudente réserve.

La quita du Bassia Parkit se laisse malaxer avec beaucoup de facilité dans l’eau chaude, et les empreintes que lon obüent ne le cèdent en rien à celles obtenues avec les meilleures qutta-percha.

La récolte du latex a lieu en décembre et janvier; la coagulation se fait à air libre, au bout de douze heures, et on estime la production d’un arbre adulte à 150 grammes de qutta, valant environ 6 fr. le kilogramme à Marseille *.

Gutta d’Abyssinie.

Comme la précédente, cette quitta n’est pas encore entrée dans le commerce courant; elle est fournie par les Mimusops Schimperi et M. Kummel Hôchst?. Elle se présente en masses plus ou moins mélangées de débris d’écorce, d’une couleur brune mais moins foncée que celle de la qutta-percha, translucides sous une fable épaisseur ; ces masses sont rayées par l’ongle, et s’effritent facilement à la surface à la température ordinaire. La chaleur de la main suffit pour les ramollir légèrement; elles demeurent alors adhérentes à la peau. D’après le D' Schlagdenhauffen, cette quitta, déjà débarrassée de ses impuretés par un pétrissage à l’eau chaude, abandonne 42 p. 100 de résine à l’alcool fort. Cette résine est amorphe, fusible à 107°; elle est soluble dans Palcool éthylique, lalcool méthylique, Pacétone, le benzol, le chloroforme, l’éther

- 1. Revue des cultures coloniales, 5 janvier 1899.

2. Hecxez et SCHLAGDENHAUFFEN, « Recherches sur les qutta-percha

fournies par les Mimusops et les Payena ». Extrait du Journal de Pharmacte lorraine, 1888.

PROPRIÉTÉS, COMPOSITION. 179 de pétrole, l’éther ordinaire, l'essence de térébenthine et le sulfure de carbone: sa composition (C2 H5? Of) la rapproche de Palbane (C2 H3 0°).

Le résidu du traitement par l’alcool, soit 60 p. 100, est une substance analoque à la quitta, d’un brun foncé, et possédant les mêmes caractères de solubilité. Cette gutta, qui retient encore 9,80 p. 100 de sels (sulfate de chaux en grande partie), est trop adhésive pour être employée seule, mais additionnée en proportions convenables à la quita-percha, elle fournit d'excellentes masses pour l’obtention des clichés galvanoplastiques.

Gutta jaune des îles de la Sonde.

Ce produit existait déjà en 1888 dans le commerce; il se présente sous forme de boules sphériques plus ou moins déformées, de 6 à 7 centimètres de diamètre environ, de teinte Jaune pâle, du poids de 150 à 200 grammes environ; cette quitta se ramollit encore plus facilement que la précédente à la chaleur de la main. Heckel et Schlagdenhauffen, qui l’ont fait connaître, comparent ces boules à des « pommes de terre récemment épluchées ». Elles seraient, d’après ces savants, le produit de la coagulation du latex d’un Payena.

Cette substance, traitée par Palcool bouillant, lui cède 70 p.100 de son poids. Par évaporation spontanée, cet alcool abandonne de petits cristaux d’une résine qui à pour formule, CO H° O, et qui fond à 65°. Cette résine

cristallisée est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, ; ‘

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