La figure 2 est tirée du travail de E. Ogaou (fig. 4o
Fi. 2. — Récolte de la balata.
| (Reproduit avec l'autorisation de MM. Siemexs frères, de Woolwich, propriétaires du cliché.) ë ;
différents laits provenant du Masaranda, du Marima, du Pindare et des Balatas qu’il a rencontrés dans le Haut- Orénoque et le Venezuela. Malheureusement, il est impossible de savoir, d’après son rapport, à quel latex il s’est adressé de préférence. Il a essayé des mélanges et en arrive à Cette conclusion qui semble peu fondée, que tous les latex stérilisés à temps ont la même valeur. La chaleur (enfumage) et l'acide sulfurique qui réussissent bien pour le caoutchouc ne lui ont pas donné de bons résultats, mais le barattage réussit bien. Il opère avec une sorte de turbine à volant dont on arrose la paroi avec de l'acide phénique du commerce (1 litre pour 20 litres de latex). Deux hommes suffisent pour actionner la machine qui peut coaguler 10 litres de latex en moins d’une heure. Il faut que le latex barbote dans lPacide phénique pendant toute la durée de l’opération.
Je doute fort que lé barattage préconisé par le D' Morisse fasse de nombreux adeptes.
L’énorme quantité de quita-percha perdue par les Malais par suite du mode primitif d'exploitation avait frappé tous les explorateurs qui ont assisté à la récolte.
C’est à Jungfleisch, professeur à l’École supérieure de pharmacie de Paris, que revient l’honneur d’avoir tenté le premier l’extraction de la qutta-percha des feuilles et des Jeunes rameaux’. Les matériaux lui ont été fournis par Sérullas et le dissolvant employé fut le toluol. Les matériaux (feuilles, bourgeons, rameaux, etc.), bien desséchés et pulvérisés, furent épuisés par le toluol. à une tempéra-
1. JuNGrLeiscH, « Méthode rationnelle d'extraction de la gutta-percha des feuilles de Palaquium ». Bulletin de la Soctété d'encouragement, octobre
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ture de 100°. Le rendement, qui dépassa toutes les espérances, fut de 10 p. 100 pour le bois, 10,50 p. 100 pour les bourgeons, 10,02 p. 100 pour les feuilles. Le produit obtenu, bien que légèrement teinté en vert par de la chlorophylle, fut considéré par plusieurs industriels, à l'appréciation de qui il fut soumis, comme pouvant rivaliser avec les meilleures sortes commerciales. Jungfleisch avait donc réalisé un double problème : fournir à l’industrie une substance toujours égale à elle-même, et trouver un procédé pratique d’exploitation. En effet, d’après les données fournies par Sérullas, un arbre adulte de 30 ans porte de 25 à 30 kilogrammes de feuilles fratches qui représentent environ 1,000 à 1,100 grammes de qutta-percha. Si on enlève seulement 7 kilogrammes de feuilles fraiches à un tel arbre, on peut en retirer une
quantité de qutta-percha égale à celle que produirait l’a-
batage.
Plusieurs points restent à élucider : quelle quantité de feuilles peut-on enlever à un arbre sans lui porter préjudice? À quelle époque de Pannée convient-il de procéder à la récolte? Si cette récolte peut se faire facilement dans une plantation, il n’en est pas de même dans la forêt où
les quttiers sont souvent fort éloignés l’un de Pautre. Ces
feuilles sont persistantes; il faut donc compter avec la difficulté de les atteindre, car un Palaquium de 30 ans mesure environ 20 mètres de hauteur. Les Malais se prêtent, paraît-il, à ce genre de travail qui leur interdira désormais toute tromperie sur la qualité et la nature de la marchandise vendue.
Je ne possède aucune donnée sur la façon dont se fait la récolte des feuilles, mais toujours est-1l que cette récolte se pratique aujourd’hui en grand à Sumatra,
Bornéo (État de Sarawak), Perak et Pahang:. Les feuilles des /sonandra sont expédiées sèches en ballots de 150 à 200 kilogrammes aux usines des environs de Bruxelles, d'Orléans et d’Asnières’. Ces feuilles sèches se paient à Singapore de 3 à 5 dollars le picul (60 kilogrammes), mais le produit qu’on en retire est impropre à la fabrication des cäbles sous-marins. Tout récemment, un ingénieur français a trouvé un procédé pour Pexploitation des feuilles fraîches ; le produit est exempt de tout reproche.
Les premiers essais de Jungfleisch ont ouvert la voie aux chercheurs; aujourd’hui les brevets pris pour l’extraction de la quitta par les dissolvants sont très nombreux. Je n’en signalerai que quelques-uns.
Le brevet Dieudonné Rigole’ consiste à traiter les feuilles desséchées par le sulfure de carbone dans un appareil à épuisement continu qui rappelle celui de Payen,
Le premier brevet de H.-E. Sérullas* exploité à Suresnes repose sur l'emploi du toluol. L'appareil permet d'opérer sur 500 kilogrammes de feuilles sèches réduites en poudre, par épuisement continu. Depuis, l’inventeur a modifié ainsi son procédés : « En soumettant les matériaux producteurs de la qutta, dans le cas particulier les feuilles, bois, écorce, etc., de l’/sonandra qutta, à l'action de masticateurs appropriés avec lavages à l’eau froide ou chaude, on obtient un produit chargé de matières étrangères comme le sont certains caoutchoucs tels qu'ils arrivent des pays d’origine.
. La Belgique coloniale, 1899, numéro du 29 janvier.
. Revue des cultures coloniales, 1899, numéro du 20 janvier.
. Brevet anglais n° 4,252 (3 mars 1892).
. Brevet anglais n° 11,166 (14 juin 1892).
. Brevet allemand $. n° 9,138 (18 décembre 1895-21 mai 1896).
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« Ge produit, traité ou non par les alcalis sous pression, est dissous dans un dissolvant tel que le toluène. La dissolution filtrée est précipitée par l’acétone ou par l’éther sulfurique, l’éther acétique, le chlorure d’éthyle. On peut aussi en séparer tout ou partie des hydrocarbures de la quitta par l’action du froid. Le précipité est lavé de préférence au filtre-presse à l’acétone, l’éther ou autre analogue. On obtient ainsi la quitta pure, identique à celle qu’on obtient par coagulation du latex de l’/sonandra gutta. »
En 1894", on proposa l'emploi du tétrachlorure de carbone.
Les feuilles, brindilles, écorce, etc., sont d’abord séchées puis épuisées à l’alcool qui enlève une partie des résines. La masse est ensuite soumise à l’action du tétrachlorure de carbone qui dissout la qutta-percha. Cette méthode peut s'appliquer aussi bien au caoutchouc.
Le procédé de E. Obach? est basé sur la grande solubilité de la qutta-percha dans l’éther de pétrole bouillant et la reprécipitation de cette quitta par un refroidissement à 15°,5. Le procédé est très simple puisqu'il n’exige que l'emploi d’un seul liquide, tandis que le second procédé de Sérullas exige l'emploi de deux liquides qu’il faut ensuite séparer. ;
La maison Siemens frères et C° emploie la benzoline comme dans la méthode E. Obach; ; la qutta se sépare par refroidissement,
1. BLancHarD et Vivter, brevet pris à Paris, n° 240,628 (10 août-11 décembre 1894).