‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 15 sur 108 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SORTES COMMERCIALES 1

« L’importance de la production américaine et la supériorité des sortes que fournit le Nouveau. Monde assurent à l’Amérique la première place dans la classification des

régions où l’on récolte le caoutchouc. A lui seul, le

Brésil pourrait subvenir aux besoins des fabriques de caoutchouc du monde entier, si l’on trouvait daps le pays assez de bras pour exploiter ces richesses 1 . »

Malgré l’accroissement considérable de l’exploitation des caoutchoucs d’Afrique, à l’heure actuelle le Brésil fournit encore près des deux tiers de la consommation totale. Tous les explorateurs qui ont visité cette contrée s’accordent à dire que le long de l’Amazone et de ses nombreux affluents il existe des quantités incalculables d’arbres à caoutchouc. L’abatage qu’on pratiquait seul autrefois les a bien fait disparaître dans certaines régions, autour de Para par exemple ; mais, avec les moyens de transport qu’on possède aujourd’hui, il est facile de par-

i. Pour la description des sortes j’ai fait de nombreux emprunte aux ouvrages de Th. Seeligmann, F. Morellet et Chapel, surtout en ce qui concerne la valeur industrielle et le rendement à la machine. Les sortes nouvelles sont marquées d’un *.

a. Chapel, loc. cil., p. 87.

SORTES COMMERCIALES

venir au cœur même des forêts vierges encore inexplorées. Les nombreux affluents de l’Amazone, dont beaucoup dépassent en importance nos plus grands fleuves d’Europe, sont une voie naturelle de pénétration, car les steamers de gros tonnage peuvent remonter jusqu’à Iquitos, à plus de 2,4oo kilomètres de l’embouchure. De vastes forêts sont encore inconnues. En 1892, YElectrical Engineer 1 rapportait que dans la région du Haul-Orénoque, qui est en relation avec le Rio Negro par le Cassiquiare, on a découvert d’immenses forêts vierges d’arbres à caoutchouc qui fournissent un produit supérieur au Para. Quelques espèces seraient voisines de celles de l’Archipel malais. Actuellement « on travaille le caoutchouc tout l’été de Mapa-Grande à l’Amazone ; les centres principaux sont, après l’Aragonary, Tartarongal, Fréchal et l’igarapé de Serra’ ».

La récolte étant aujourd’hui soumise à des règlements interdisant l’abatage et l’exploitation des sujets trop jeunes, il n’y a aucune crainte à voir disparaître jamais cette précieuse substance.

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