‹ Origine de l'imprimerie à Paris, d'après des documents inédits;Chapitre 15 sur 38 · VI. Phalaridis agrigentini Epistol^, etc. — In · texte numérisé non relu

VI. Phalaridis agrigentini Epistol^, etc. — In

Ce recueil de Lettres apocryphes de Phalaris, de M. Brutusetde Craies le Cynique (1) traduites du grec en latin, doit avoir été un des volumes in-4** imprimés dans l'atelier de Sorbonne, à une date rapprochée de celles où furent publiés les précédents.

Il contient quatre-vingt-deux feuillets utiles. Le texte est divisé en quatre parties dont voici les titres :

i^ Francisci Aretini / phalaridis agrigentini in epistolas, ad iilustrem principem malatestâ nouellum de malatestis, prohemiû incipit;

(1) Phalaris, lyran d*Agrigente. ^ Marcus Junius Brutus, neveu de Caton d'Ulique. — Cratès, philosophe de la secte des Cyniques.

-c 141 >- Cinquante-six feuillets. A la fin du texte on lit :

Epistolar}, Phalaridis fœlix finis :

2^ Raimitii / in catalogum Mitridatis de epi% stolis. M. bruti ad Nicolaû quintu ponti-^ ficem maximum /prasfatio fœliciter incipit;

Un feuillet et une page.

3^ Mitridantis in Catalogum. M. bruti epi^ stolai^, ad Mitridâté nepotë {)hemiû incipit;

Quinze feuillets et une page. — En tout dixsept feuillets, pour les Lettres de M. Brutus.

Cette partie se termine, sur le recto du dixseptième feuillet, par cette ligne :

Catalogus eptai^ bruti finit fœliciter ;

Au bas du verso du dix-septième feuillet, se trouvent sept vers servant de préface aux Lettres de Cratès qui forment la quatrième partie du voliunc ; ces vers sont précédés de cet intitulé :

Epigramma in catalogû eptai^ Cratis cynici, Diogenis discipuli;

La première lettre de chaque vers est séparée du reste du mot par un espace laissé en blanc, ainsi qu^on l'observe dans plusieurs pièces de vers accompagnant des éditions de Sorbonne :

H se tibi uirtutû stimules, & semina laudû A tq3 exëpla dabût cynicse, o lector studiosc.

4^ Atanasius Constantinopolitanus, archiensis abbas, ad diuum p^ncipem Karolum Aragonum, p^mogenitum ;

Lettres de Cratës. — Neuf feuillets.

A la fin des Lettres on lit :

Finis Cynicai{ Gratis ;

Sur le verso du dernier feuillet se trouvent huit vers latins adressés aux prototypographes parisiens par Ehrard Windsberg, auteur aussi, très probablement, de la pièce qui précède les lettres de Cratès. Voici la traduction de ces huit vers qui terminent le volume :

a Erhard Windsberg aux éminents imprimeurs (librarii) allemands Michel, Martin et Ulrich ;

a Allemagne tu as droit à toutes nos louanges ; mais je ne pense pas que tu inventas rien de plus grand que cet art presque divin dMmprimer et d'écrire qui multiplie les moyens de sMnstruire. Vivez donc toujours heureux, Michel, Martin et Ulrich qui avez imprimé ce volume ! Puissiez-vous continuer à trouver Ehrard digne de votre amitié, lui qui vous portera toujours dans son cœur. »

La précaution prise par Ehrard Windsberg de rappeler l'invention de Timprimerie et les bienfaits qu'il faut en attendre, est une preuve que le volume des Lettres de Phalaris est bien un des premiers imprimés en Sorbonne.

La Bibliothèque Nationale de Paris possède deux exemplaires de ce volume (1).

Le premier est relié en maroquin rouge, avec les armes royales ; il provient de la Bibliothèque du Roi.

Il a les tranches rouges. Les grandes lettres initiales de chaque livre sont peintes en couleurs, et les capitales des paragraphes en bleu ou en rouge.

Le premier vers de la pièce d'Ehrard est corrigé à la main, et au lieu de

Plura licet summœ dederis Allemannia laudi.

On a écrit :

Plura licet summœ dederis tu Argent ina laudi ^ remplaçant ainsi le nom d'Allemagne par celui de Strasbourg^ ville où Gutenberg se fixa un instant.

Voilà encore une preuve que les contemporains de Gutenberg Tont bien considéré comme le véritable inventeur de Timprimerie.

Cet exemplaire a pu appartenir à G. Fichet, car on y remarque quelques corrections et annotations qui sont de son écriture fine et serrée. C'est probablement lui qui a remplacé le mot Allemannia par celui iïArgentina.

Le deuxième exemplaire de la Bibliothèque Nationale est aussi relié en maroquin rouge ; il a les tranches dorées et les marges petites, amoindries

(i: Blbl. Nat., Réserve Z, et Z 542.

par le couteau du relieur. Il a appartenu à la Sorbonne dont il porte le cachet.

La première page de chacun des livres est ornée d'une dentelle en or et en couleurs occupant le tiers de la marge de gauche. Les grandes initiales des livres sont peintes de la même manière, et celles des paragraphes en bleu ou en rouge.

La correction manuscrite que nous avons signalée dans le premier vers de la pièce d'Erhard Windsberg, sur le premier exemplaire, n'existe pas sur celui-ci.

La Bibliothèque Mazarine possède un fragment du volume des Lettres de Phalaris ; ce fragment est relié avec un autre volume de l'atelier deSorbonne, le Florus (1) ; il ne contient que les lettres apocryphes de Brutus, dix-sept feuillets ; mais, particularité à noter, les vers d'Erhard Windsberg se trouvent à la fln de cette partie, tandis que dans les exemplaires complets ils sont placés après la quatrième partie qui termine le volume. Cela semble prouver que nos prototypographes firent parfois des tirages à part dans les volumes qu'ils imprimèrent.

La Bibliothèque de Bâle possède cet ouvrage provenant de J. Heynlin ; il est réglé et relié avec les Epistolœ Gasparini (2) ; l'exemplaire est complet, mais les Lettres de Phalaris se trouvent à la fin au lieu d'être au commencement; les vers

(1) Bibl. Maz., n« i7,i4'i, Incunables.

(2) Bibl. de Bâle, A. L., VI, 5.

d'Erhard Windsberg sont bien à la fin des Lettres de Cratès qui occupent le milieu du volume.

Le British Muséum a aussi un exemplaire de ce volume, ainsi que la Bibliothèque de Vienne (Autriche).

On le trouve mentionné dans Hain, n^ 12,885 ; Panzer, tome II, p. 271; Spencer, tome II, p. 229, n°346; Crevenna, n^ 5,543; La Vallière, n** 4,426; Gaignat, n° 2,546; de Bure, tome II, B. L., p. 307, n° 4,110; Brunet, tome IV, 1'* part., col. 595. — Ce dernier indique les prix de vente suivants : 31 francs La Vallière ; 36 francs Daguesseau ; 18 florins Crevenna ; 106 francs Riva; 5 liv. Libri en 1859. — A la vente Firmin Didot (juin 1881), un exemplaire (n** 443 du catalogue) portant une reliure moderne en maroquin bleu et doré sur tranches, s'est vendu 430 francs, bien qu'il fût traversé de part en part par une piqûre de ver.

En publiant les Lettres de Phalaris, nos éditeurs de Sorbonne ont cédé à une vogue du moment. Les Lettres de Phalaris, de M. Bru tus et de Cratès, bien que reconnues comme apocryphes, sont remarquables par leur style, et sont considérées comme très anciennes (1). De nombreuses éditions de cet ouvrage ont été faites dans les premiers temps de l'imprimerie, et nous n'oserions dire que celle de Sorbonne a été une édition /7rmcep^.

(1) Voir, pour ce qui concerne les Lettres de Craies, Tarlicle de Boissonnade dans les Notices et extraits des manuscrits de la Biblio» thèque du Roi, tome II, 1827, 2* partie, page I.

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