Origine de la civilisation de l'Amérique précolombienne [microforme]
résultat de plusieurs années d'études comparatives entre les antiquités américaines et celles de certaines contrées du monde oriental, études basées sur les données fournies par les dernières découvertes archvologiques. Ces découvertes, accomplies tant en Orient qu'en Amé
rique, sont tellement nombreuses et extr:
ordinaires que, c'est bien le vas de le dire, beaucoup de faits que nous ne soupéonnions pas il v a quelques années à peine,
s'imposent aujourd'hui,
C'est d'abord une telle analogie d'architecture, d'ornementation, — indiquant des usages communs entre les monuments
de l'Egypte, de l'Arabie méridionale, de la Chaldée, de l'Inde,
de Findo-Chine, et ceux de l'ancienne Amérique civilisée que, souvent, les expressions qui servent à décrire les uns nous font connaitre les autres. Les édifices des temps les plus recules de
l'inde et de l'Egvpte, forment deux genres d'architecture si
analogues, que l'on a d'abord cru que l'un était l'imitation de l'autre, ressemblance que l'on explique par des traditions com-
munes chez les deux peuples. Mais on dit aussi que les temples
vais d'abord l'intention de déposer sur le Bureau du Congrès un Mémoire beaucoup plus détaillé que le présent résume, qui n'est qu'un simple énoncé de fait Mais comme je me propose de publier sous peu un ouvrage sur le méme sujet, je me réserve de réun preuves qui n
duns ce volume les anqueut ici et que je donnerai à l'appui de le thèse à laquelle
je me suis rlié touchant l'origine de la civilisation de l'Amérique précolombienne.
s ORIGINT
DE
de l'Amérique centrale reproduisent le modèle de ceux de l'Inde,
Un missionnaire anglais confond, à première vue, les dagrobas de Chichen-tza avec ceux de Cevlan, tellement ils se ressemblent ; owr les dagsobas de Cevlan ne différent point de ceux de
l'Inde, du moins quant à la forme twpique de leur architecture.
Puis, la manière de bätir des Egvptiens se rapproche à certains
égards de eelle des Chaldéens, et le grand'temple de Mexico et
la prramide de Feotihuacan, éerit M. Désiré Charnay, ont ete construits d'après les mémes principes et sur les mêmes modèles que les monuments chaldéens. D'ailleurs, ajoute-tsil, si lon compare les civilisations de l'Amérique du Nord et de l'Ameéri-
vec les civilisations de F'Asie, c'est avec la Chi
que centrale et P'Assvrie que se multiplient les rapprochements les plus eclatants.
De son coté, l'auteur de l'//ivtoire des Religions, ouvrage publié en 1904 écrits «Si l'on cherche pour l'architecture,
l'organisation sociale, les religions du Mexique et du Pérou, des
ressemblances avec celles de Fancien monde, c'est surtout dans
les civilisations assvrienne et €
ptienne qu'on trouve plus de
termes de comparaisons. Or la civilisation assvrienne procède de la civilisation chaldeenne et n'en est que la copie. Les monuments de l'Indo-Chine et de Java font aussi songer à ceux
de Finde et de l'Amérique centrale. Bocroe-Boedor rappelle
la grande prramide d'Egvpte par sa forme et sa grandeur, mais il correspond également au grand temple de Palenque d'une maniere si exacte, qu'il est impossible, a-ton dit, de contester sérieusement la communauté d'origine et de destination des deux monuments. On signale nombre de traits communs que
présente l'ancienne architecture du €
mbodge avec celle du Yucatan, L'architecture du sud de l'Arabie, écrit Caussin de Perceval, devait procéder de celle de Babylone, comme la eivilisation et la religion du pavs étaient étroitement apparentées avec celles de la Chaldée. On trouve dans quelques-unes des iles de la Polynésie, et notamment aux iles Sandwich, des
constructions à base pvramidale qui rappellent la pyramide
mexicaine de Cholula. Enfin, les monuments tvpiques de l'anrt Monumental,
sont des pyramides. Il en était de méme en Chaldée, nous
cien empire égyptien, suivant l'auteur de |
répètent les orientalistes. Aux Indes, d'après Heeren, on voit,
DE L'AMÉRIQOUE PRÉCOLOMBIENNE 9
par leurs vestiges, que les temples les plus antiques étaient des
pyramides. Les prramides sont certainement le f
it le plus saillant de l'ancienne architecture américaine, dit le marquis de Nadaillac.
Sans doute, une pyramide ressemble à une autre pyramide, et, envi
gée à ce point de vue, il n'v a pas là de quoi prouver
‘unité ethnique des constructeurs de deux pyramides sem sables ; mais quand, dans un temps donne de l'histoire, on voit une partie de l'humanité, et d'une humanité à ses débuts dans l'art de la construction, faire usage d'un mode architecte nique similaire, sinon dans ses détails, du moins dans ses traits principaux, on à raison de croire que les peuples qui clévent de
pareils monuments dans les contrées qu'ils habitent, tiennent
leur motif d'inspiration d'une origine commune,
Je n'ignore pas que l'esprit humain est partout identique à
ui-mème, que les mêmes besoins ont fait naître cles l'homme les mêmes efforts de l'intelligence, les mêmes créations de l'industrie. I exécute les mêmes choses sous l'empire des mémes circonstances. Mais cette loi ne peut s'étendre qu'aux exigences de sa vie matérielle et non aux produits du génie de l'homme, aux conceptions de son intelligence cultivée, et qui sont chez lui les effets d'une civilisation déterminée. els, par exemple, les arts de la construction qui fournissent des indications de Ta plus haute valeur sur les affinités ethnologiques. Les temples, les palais et les tombeaux, dit le révérend Isaac Tavlor dans ses Etruscan Researches, peuvent ètre regardés comme autant de pétrifications, des aspirations, des pensées et des sentiments des peuples ; ils sont l'expression spontance et inconsciente de particularités mentales héréditaires. + Ainsi, les hommes qui, en Egvpt, en Arabie méridionale, en Chaldée, dans l'Inde, en Polynési
, aussi bien qu'au Mexique, en Amérique centrale et au Pérou, élèvent des constructions analogues de forme et qui
présupposent les mêmes usages, qui transportent, entassent et
ajustent des blocs énormes de roches aussi dures que le granit, construisent des prramides pour v ensevelir leurs morts ou x ériger au sommet les temples de leurs dieux ; qui, en \mérique comme en Orient, disposent leurs édifices d'après un meme plan horizontal, les groupent, les divisent et les ornent d'une
manière presque identique, et qui sur ces temples et ces palais
représentent des svmboles, religieux ou autres, qui leur sont communs ; ces hommes qui, dans les deux hémisphères,
dressent des obélisques, percent les montagnes de souterrains,
taillent des statues aux proportions colossales, avant d'être dispersés en groupes spéciaux, ne devaient former à l'origne
qu'une race unique. Une ancienne et commune foi, le sang,
les instincts héréditaires ont survécu chez les diverses branches ainsi dispersées de cette même race et produit à d'aussi grandes distances des effets similaires. est difficile d'admettre, dit M. Viollet-le-Due, que rous les hommes, à l'origine de leur civilisation, aient emplové les mêmes méthodes, lorsqu'ils ont pu produire des œuvres sorties de leur cerveau; l'étude attentive des monuments qui nous sont connus, en Asie, en Amérique et en Europe, démentirait ce système de production uniforme ; cette étude conduit à admettre que certaines méthodes appartiennent à certaines races.
Mais il va plus, ces grands bätisseurs étaient aussi des maitres en agriculture, et la science avec laquelle is ont su pratiquer l'assainissement, le drainage et l'irrigation du sol ne se voit pas ailleurs, à cette époque reculée, que dans ces mêmes
pays 6 subsistent les ruines de leurs monuments. Les explo-
rations accomplies depuis un quart de siècle nous font voir qui dans les contrées orientales déjà nommées aussi bien qu'en Polynésie et en Amérique, on pratiquait un savant système d'ir
ation au moyen de canaux et de vastes réservoirs étages pour l'arrosement. Dans Finde, par exemple, les Anglais n'ont eu qu'a réparer les anciennes levées et à compléter le réseau de canalisation pour rendre à leur fertilité d'autrefois plusieurs millions d'hectares d rrains devenus incultes. Les monuments de l'antiquité sacrée et profane et les résultats des recherches scientifiques contemporaines nous montrent done dès une époque antérieure de plusieurs milliers d'années à Fere chrétienne, une race qui, possédant tous les éléments d'une civilisation avancée, colonise diverses parties de l'ancien continent. Grace surtout aux études ethnographiques et archéologiques actuelles, par les œuvres que cette race est alors la seule à produire, on peut la
suivre comme à la trace partout où elle s'établit.
Mais quelle était cette race 2