CHIMIE CELLULAIRE
posés cycliques. Ces composés cycliques abondent dans les végétaux, parmi les déchets de la vie des plantes. Ce sont fréquemment des poisons que lorganisme doit isoler pour se protéger cortre eux. La matière vivante, les produits directs de l’assimilation appartiennent au groupe des substances à chaine ouverte. Selon Pictet, « la plante se défend contre les poisons en les cyclisant », Elle les rend inoffensifs en les immobilisant, ne pouvant les expulser au dehors comme l’animal par un appareil d’excrétion qui fait défaut. Les méats intermoléculaires des parois cellulaires laisseraient passer les «chapelets flexibles des chaînes ouvertes, tandis qu’ils s'opposent à l'entrée des anneaux massifs et rigides que forment les molécules cycliques. »
M. A. Pictet ajoute : « On ne saurait attribuer la vie à la matière elle-même. La vie nécessite une organisation qui est celle de Ia cellule, et reste, par cela même, en dehors de la Chimie pure ». Il est assez curieux de voir la thèse vitaliste reprise par un chimiste en 1915. S'il en est ainsi, la Chimie a encore fort à faire avant de résoudre le problème de la vie. Cette conception d’un protoplasma mort différant d’un protoplasma vivant heurte des esprits élevés à une autre école, notamment M. J. Loeb qui n’hésite pas à la qualifier de monstrueuse. Nous aurons à analyser plus loin les grandes découvertes sur la parthenogénèse expérimentale de ce savant très éminent qui n'a pas hésité à écrire : « Rien n'interdit de supposer que les sciences expérimentales ne puissent réussir un jour à produire artificiellement des machines vivantes. »
Pflüger admet, comme M. Amé Pictet, la distinction entre l’albumine vivante, qui existe dans ie protoplasma des êtres vivants, et l’albumine morte, qui se trouve, par exemple, dans le blanc d'œuf. La pre-
mière se décompose spontanément et cette instabidité se relie à la respiration. Quand on envisage le
mécanisme de la destruction des deux sortes d’albu-
mines : oxydation de l’albumine morte, respiration de l’albumine vivante, on s'aperçoit de ressemblances et de dissemblances. Il y a des ressemblances par les substances non azotées qui en résultent; il y a des
dissemblances par les substances azotées qui se
forment. Ce serait, d’après lui, l'étude des radicaux azotés qui fournirait la clef du problème de la vie; or le radical cyanogène existe partout dans l’albu-
mine vivante et on le retrouve uniformément dans .
ses produits de dislocation : acide urique, bases puriniques, bases pyrimidiques, etc. Ce cyanogène de lPalbumine vivante contribue à l'instabiMté de la molécule vivante qui se détruit par l'intervention de l'oxygène respiratoire. Pflüger insiste sur les analo-
gies de l’albumine vivante et des composés cyanés et.
particulièrement de l'acide cyanique, produit de Poxydation du cyanogène ; ce dernier corps est considéré par lui (comme une molécule à demi-vivante ». De cet enchaînement de considérations, Pflüger tire cette conséquence: puisque le cyanogène ne se forme qu'à température élevée, il doit en être de même des autres constituants des albumines. Il en conclut
que la vie a dû être ébauchée à une époque où la. terre était un corps incandescent. Depuis cet instant:
unique et lointain de création, la formation des matières albuminoïdes serait devenue impossible, aussi doute-t-il que « la génération spontanée existe à notre époque ». La genèse de cette matière albuminoide vivante se continue, depuis lors, par la propriété que possède cette substance de « se régénérer et de s’accroître d’une façon continue ». C'est de cette albumine primordiale que dérive « toute l’albumine présente actuellement dans tout l’univers y, car «la Biologie comparés indique qu'il n’y a qu’une seule racine pour la matière vivante ». Son poids
moléculaire est inconstant ; elle agit par attraction
sur les molécules chimiques ordinaires, « elle attire M