‹ Origine de tous les cultesChapitre 129 sur 180 · CHAPITRE III. 2gi · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 2gi

dure une identité parfaite et absolue dans tous les points. D'abord, nous y avons établi la filiation nécessaire des deux religions judaïque et " chrétienne , et fait voir comment tout le système religieux des Chrétiens et le dogme de la réparation portaient essentiellement sur le deuxième chapitre de la Genèse. Nous avons ajouté qu'on ne pouvait raisonnablement ni rejeter, ni prendre à la lettre cette théologie, en apparence absurde et monstrueuse ; qu'il ne restait d'autre parti que d'y chercher un sens allégorique ; que nous étions fondés à le faire , et cela de l'avis des savans juifs et chrétiens ; qu'enfin , il s'en présentait un , simple et naturel , qui nous était indiqué par la cosmogonie d'un peuple avec lequel les descendans d'Abraham avaient eu la plus grande communication; que cette cosmogonie était celle de Zoroastre confondu souvent avec Abraham par les Orientaux. Nous avons observé que cette cosmogonie avait les mêmes caractères que celle des Hébreux, et qu'elle paraissait née dans les mêmes lieux , puisqu'elle fixait le séjour délicieux où l'homme était supposé placé , dans l'Iran , près des rives du Phase , du Tigre et de l'Euphrate ; qu'elle distinguait plus clairement encore que celle des Hébreux l'action des deux principes , celle du Dieu de lumière et celle de l'ange ou du génie des ténèbres, qui, dans, toutes les deux, prenait la forme du serpent pour introduire le mal dans l'Univers ; que dans toutes les deux cosmogonies , le bon principe agissait le premier, et que ce n'était qu'après un certain intervalle de jouissance du bonheur , que l'homme éprouvait l'influence maligne de l'ennemi de sa félicité ; que le mal produit dans les deux cosmogonies était la dévastation de la scène brillante où la Nature avait placé l'homme j et que les ténèbres et lu

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froid de llii ver étaient le premier effet de l'influence de re génie malfaisant; que l'homme nu jusqu'alors sentit le besoin de se couvrir , et vit changer en un séjour affieux ces lieux de délices que le printemps avait embellis. Nous avons remarqué que ce système de Faction contraire des deux principes , indiquée par la Nature , était de toutes les théologies , et principalement le fondement de celle des mages dont Diogène Laërce nous dit que les Juifs empruntèrent leurs dogmes.

Nous avons fait voir que, si c'est au septième jour que l'homme , dans la Genèse , est déchu de sa félicité , c'est au septième mille ou au septième mois , dans la cosmogonie des Perses , qu'il éprouve également les premières sensations du mal , et que ce mal lui-même est annoncé ou apporté par l'ascension de la balance et du serpent céleste en automne , lorsque le soleil repasse vers les régions australes \ que la cosmogonie des Perses appelle pe génie malfaisant l'astre-serpent , la couleuvre mère de l'hiver, et que les traditions des Perses , encore aujourd'hui , le nomment le serpent d'Eve ; que les fables rabbiniques sur le serpent d'Ève et sur le grand Samaël s'expliquent aussi par ce serpent et par le chameau que les Arabes avaient peint à côté de lui ; que c'est par lui que s'explique la fable du fameux serpent de l'Apocalypse , qui poursuit la femme qui tient un enfant, et à laquelle on donne des ailes comme dans la sphère : serpent qu'on dit être celui qui a séduit le monde. Nous avons ajouté à l'appui de tout cela les traditions anciennes conservées par la Chronique d'Alexandrie , qui atteste que plusieurs pensaient qu'Adam , Eve et son serpent , etc. , étaient du nombre des génies, ou de ce que les anciens appelaient Dieux naturels , c'est-à-dire , des

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