VII. PERSÉE
L'risroms de Persée et l’origine de sa translation aux cieux sont déjà connues en partie par ce que nous avons dit de Céphée, de Cassiopée et d'Andromède. Son nom était aussi fameux dans la mythologie grecque que ceux de Bacchus et d'Hercule. La hante réputation qu'il acquit lui mérita unc place aux cieux. Il était né des amours de Jupiter et de Danaé, fille d’Acrisius, que son père avait fait enfermer dans une tour pour la mettre à l'abri de toute séduction. Mais Jupiter, métamorphosé en pluie d’or, y pénétra (f); car où ne pénètre pas l'or (g)?
Acrisius, s'étant aperçu que sa fille était enceinte, l'enferma dans un coffre qu'il fit jeter à la mer (4). Elle fut
(a) Hipp.,l.1,c. 2.—(b) Kirk. , p. 198. Bay., t. 20. Alfrag., c. 12: — (0) Nonn., 1. 1, v. 190. Germ., c. 20. — (d) Hyg., 1. 3, c. 10. — (e) Columell., L. y, c. 2, p. 427. —(f) Ératosth., c. 22. — (g) Horace, 1. 3, od. 11, v. 10.— (h) Germ., c. 21.
ET DE SES PARTIES. 371 portée par les flots sur les côtes d'Italie, où des pécheurs la trouvèrent, et elle fut présentée au roi qui l’épousa et qui adopta son fils Persée, dont elle était accouchée en mer. Il fut envoyé ensuite vers Polydecte , roi de l’île de Sériphe , qui l’envoya combattre les Gorgones (a). Il reçut, avant de partir, des aïles et des talonnières , ainsi que le pétase dont lui fit présent Mercure pour l'aider à iraverser les airs. Vulcain l’arma d'un harpé, sabre recourbé, d'un métal très-dur. Il se couvrit aussi d'un casque qui avait la vertu de le rendre invisible quand on le regardait en face.
Ainsi équipé, Parce alla combattre les Gorgones, filles de Phorcus , lesquelles, au lieu de cheveux, avaient des serpens qui hérissaient leur tête et qui changeaient en pierres, d'un seul coup-d'œil, ceux qui osaient les regarder. Les filles de Phorcus, connues sous le nom de Grées et de Gorgones, étaient trois sœurs nommées Sthenyo, Euryale et Méduse. Elles n'avaient qu’un œil pour elles trois , qu'elles se prêtaient tour à tour, et qui était toujours au pouvoir de celle qui faisait sentinelle quand ses autres sœurs dormaient (b). Persée trouva le moyen de l'obtenir de l’une d'elles, et le jeta dans le lac Tritonide. Alors il tua les Gorgones endormies. On dit que Minerve plaça la tête de la Gorgone sur sa poitrine. On sait que Minerve préside au signe du bélier sur lequel est placée Méduse, qui monte toujours sur l'horizon avec ce signe. Euhemère prétendait que c'était Minerve elle-même qui avait tué la Gogone. Germanicus (c) ajoute que cette Déesse avait donné à Persée un
(a) Hygin., L 2, c. 13. German. ibid. Eratosth. Theon, p. Lee @) vs À. 46, 13, — (c) German. , €. a.
bouclier de verre, à travers lequel il pouvait voir sans être vu ; que cette Déesse avait recu de Persée la tête de la Gorgone, qu'elle avait mise sur sa poitrine pour ètre plus terrible : et que, par reconnaissance, elle avait placé ce héros aux cieux, où on le voit encore tenant de sa main gauche la tête de la Gorgone (a), et de la droite son harpé ou son cimeterre recourbé (b).
On distingue dans cette constellation plusieurs parties; les principales sont le harpé, la tète de Méduse et la courbure de son corps, où est la ceinture de Persée. |
La tête de Méduse se nomme gorgoneion (c) ou les astres des Gorgones (d), cephalé Medusæ (e), caput Medusæ (f).
C'était une tête sans corps (g). La vierge céleste qui se couche en aspect avec elle fut peinte souvent sous la forme d’une femme sans tête (A); ce qui justifie l'opinion que nous avons, que c'est sa tête que tient Persée, qui fait toujours coucher la vierge.
Les Hébreux appellent cette tête la tête du démon (:} ou du diable, larve ou masque hideux (j) : de-là l’épithète donnée à Persée, qu’on appela deferentem caput larvæ, et caput diaboli (k), en arabe chamil ou hamil ras algol. Algol est le nom de la tête de Méduse (1).
La même constellation que les Hébreux appellent rosch
(a) Eratosth., c. 22. Theon, p. 132. — (db) Hygin, 1 3, c. 11. — (c) Hinp.,1l.2,c. 26, p. 152. — (d) Geminus, p. 8. Procl., c. 16. — (e) Eratosth., c. 22. — (f) Hyg., 1 3, c. 11. — (g) Omar, L. 3, c. 19. — (h) Germanic. , c. 8.—(1) Bay., tab. 11. Ricciol., p. 126. —(j) Hyd., p. 20. — (k) Alphons., tab. 218. Kirk. OËdip., t.2, p. 197. Scalig., p. 347. — () Comm. sur Alfrag., p. 107.
ET DE SES PARTIES. h. 970 hassaian (a) ou tête du diable, d’autres la nomment alove (b).
Ülugbeigh (c) appelle Persée Bershaush ; l’'amas nébuleux qui est près de l'extrémité de sa main droite, misam al-thurajà ; la luisante du côté gauche, mirphak al-ihurajä, giemb bersk'aush ; Va brillante de Méduse, ras algol ou alsol ; celle de la cuisse gauche (d), menkib al-thurajä ; celle du talon, alik al-thuraja.
Dans les tables alphonsines, Persée prend le nom de chelub , canis (e). La première étoile s'appelle m'isan al-thuraja, corpus pleiadum , et genib ou chenib PBershaush, le côté de Persée ( f”) ; la douzième, rés al-ghiel ; la vingt-quatrième, menkib al-thurajä, humerus pleiadum ; la vingt-cinquième , alik, interscapilium.
On donnait au cimeterre de Persée les noms de harpé(z), c'est le plus connu ; ceux de falx adamantina , d’ensis falcatus, de dent de Saturne (h), de harpé cyllenis (i), de drepané, et à Persée le nom de drepanéphore (j).
On donne encore à Persée dés noms de deferens catenam (k), de canis, de pinnipes ; dans Catule, d’{nachidès ; et dans Ovide, d’Æbantiadès , d’Acrisoniadèés, de Cyllenius ; dans Manilius, de victor monstri Gorgonei, deferens caput Medusæ , Cacodæmonis, Gorgo-
(a) Comm. sur Alfrag. Hyd. Comm. sur Ulugbeigh , p:#20. — (b) Ricciol. , p. 125-127. Bay., tab. 11. Stoffl., p. 122. — (c) Ulugh. p. 34. — (d) Stofil., c. 14. — (e) Hyd., Comm., p. 20. Stoffl., c. 14, p. 122. Bayer, tab. 11, tab. Alphons. p. 218. — (f) Ricciol, p. 126. Bay., tab. 11, tab. Alphons., p. 218. — (g) Procl., c. 16. Hipp., L. 2, c. 22.— (h) Ricciol., p. 127. Bay. , tab. 11. Stoffl., p. 122. —(i) Orph. Lapid., v. 45. — (j) Non., I. 47, v. D84. — (k) Bay.,t. 11. Cæsius Cæl. Astr., ©. c. 7, p. 120. |
nis ; en arabe, ras-algol ou alove, rasolgali, caput attenualum ob maciem, rosca hallitih en hébreu. Il porte aussi les noms en grec de Perseus, d'ippotès dans Hésiode (a), eques; de chelub ou cheleub, canis, de kelbon ou chelbon; et récemment de chamilras algol. Celle du côté est appelée cheleub, chenib, algenib, genib, algænbo, côté de Persée (b). Les Grecs lui donnent l’épithète de chrysaor (c), d'Eurymedon (d), de ptéroeis ou ailé (e). Persée paraît (.f) courir et appuyer son pied sur la tête du cocher. Il se couche avec le sagittaire et le capricorne, et il se lève droit avec le bélier et le taureau (g). Sa tête et sa faux sont sans étoiles brillantes. Aratus lui donne l’épithète de ceconismenos ou d’athlète poudreux (2).