LIVRE III, CHAPITRE I
appelle encore bélier de Phryxus ou bélier à toison d’or. Ce passage est marqué par le lever du navire Argo ou du vaisseau des Argomautes; par le coucher d’Andromède et de sa ceinture ; par celui de la baleine ; par le lever de Méduse , et par le coucher de la reine Cassiopée.
Dixième mois.
Le soleil quitte le bélier de Phryxus, et passe sous le taureau.
Ce passage est marqué par le concher d'Orion, de cet Orion qui fut amoureux des Æ/tlantides ou des pleïades; par celui du bouvier, conducteur des bœufs d’Icare; par celui du fleuve Erydan; par le lever des Atlantides, et par celui de la chèvre, femme de Pan ou de Faune.
Onzième mois.
Le passage du soleil aux gémeaux est indiqué par le coucher du chien Procyon; par le lever cosmique du grand chien, au-dessus duquel monte l'hydre; et par le lever du soir de la constellation du cygne.
Douzième mois. |
Le soleil entre au signe du cancer, le dernier mois; au coucher du fleuve du verseau et du centaure, qui sacrifie sur un autel ; au lever du berger et de ses moutons, et au moment où Hercule va se coucher vers les régions occidentales appelées l/Zespérie, suivi du dragon du pôle, gardien des Hespérides, dragon qui tombe près de lui vers le couchant.
de la toison d’or. Il combat des femmes guerrières, filles de Mars, à qui il ravit une superbe ceinture; et il délivre une jeune fille exposée à une baleine ou à un monstre marin , tel que celui au quel fut exposée Andromède, fille e Cassiopée.
Dixième travail.
Hercule, après son voyage vers la Colchide, avec les Argonautes, passe en Hespérie à la conquête des bœufs de Géryon, tue un prince cruel qui poursuivait les Atlantides, et arrive chez Faune en Îtalie au lever des pleiades.
Onzième travail.
Hercule triomphe d’un chien affreux, dont la queue était un serpent, et dont la tête était hérissée de serpens. Il défait aussi Cycnus ou le prince cygne, au moment où la canicule brûle la terre de ses feux. ”
Douzième travail.
Hercule voyage en Hespérie, pour y cueillir des pommes que gardait un dragon qui, dit-on, est celui du pôle de nos sphères, ou, suivant d’autres, pour enlever des brebis à toison d’or. Il se dispose à faire un sacrifice, et se revêt d’une robe teinte du sang d’un centaure qu’il avait tué au passage d’un fleuve. Cette robe jui donna la mort , et là finit sa carrière mortelle.
Le tableau comparatif, que nous venons de placer ici sous les yeux du lecteur, le met à portée de juger luimême de la vérité des rapports que nous prétendons exis-
ter entre les douze chants de l’Héracléide ou du poëme sur Hercule, et les figures astronomiques des anciens calendriers, lesquelles répondent aux douze mois de la révolution annuelle du soleil, Dieu du temps et père des saisons, comme Hercule l'était dans la théologie ancienne. La correspondance nous paraît si frappante que nous ne voyons point ce que l’on pourrait objecter contre notre démonstration. En effet, il faudrait qu'on osût nier que les anciens aient réglé ainsi leurs calendriers et déterminé de cette manière les douze divisions du zodiaque, par la succession des constellations , qui se levaient et se couchaïient avec chaque signe dans chaque mois; mais alors, nous opposerions le témoignage de toute l’antiquité, qui dépose en faveur de notre assertion. Il resterait peut-être à dire que les constellations, que nous avons casées sous chaque division, n’y répondent pas par leur lever ni leur coucher, et que c’est mal à propos que nous les y avons projetées ; mais alors nous répondrions que chacun peut vérifier par lui-même nos observations, et qu’à l’aide d’un globe il est facile de s’en assurer. D'ailleurs , il n’est presque aucune de nos projections, qui ne soit appuyée du témoignage de quelque astronome ou de quelque calendrier ancien. Les autorités que nous avons tirées d'Eratosthène, de Théon, d’Aratus, de Manilius, d'Hygin, de Germanieus, des sphères orientales imprimées dans Scaliger, des calendriers rustiques et des calendriers sacrés de Columelle et d'Ovide, sont de sûrs garans de nos positions et les justifient presque toutes; il faudrait enfin qu’on püt nous accuser d’avoir rangé, dans l’ordre qui nous était le plus convenable , la succession des douze travaux : mais alors nous répondrions
qu'elle nous à été donnée par les anciens, et principale-