‹ Origine des plantes cultivées; (volume 2)Chapitre 167 sur 372 · PRUNIER DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

PRUNIER DOMESTIQUE

servalion, il me paraît impossible de considérer les trois formes comme constituant une seule espèce, à moins qu'on ne montre des transitions de Tune à Fautre dans les organes que la culture n'a pas altérés, ce qu'on n'a pas fait jusqu'à présent. Tout au plus peut-on admettre la fusion des deux premières catégories. Les deux formes à fruit naturellement doux se présentaient dans quelques pays. Elles ont dû tenter les cultivateurs, plus que le Prunus spinosa, dont le fruit est acerbe. C'est donc à elles qu'il faut s'efforcer de rapporter les Pruniers cultivés.

Je vais en parler, pour plus de clarté, comme de deux espèces * .

Prunier domestique. — Prunus domestica^ Linné. — Zwetchen des Allemands.

Plusieurs botanistes ^ l'ont trouvé, à l'état sauvage, dans toute l'Anatolie, la région au midi du Caucase et la Perse septentrionale, par exemple autour du mont Elbrouz.

Je ne connais pas de preuve pour les localités du Cachemir, rfu pays des Kirghis et de Chine, dont il est question dans quelques flores. L'espèce en est souvent douteuse, et il s'agit plutôt <iu Prunus insùitia; dans d'autres cas, c'est la qualité de plante spontanée, ancienne, qui est incertaine, car évidemment des ^^yaux ont été dispersés à la suite des cultures. La patrie ne P^x^ait pas s'étendre jusqu'au Liban, quoique les prunes cultivées à Damas aient une réputation qui remonte au temps de ^'iïie. On croit que Dioscoride ' a désigné cette espèce sous le '^^m de Coccumelea de Syrie, croissant à Damas. Karl Koch ra.oonte que des marchands des confins de la Chine lui ont ^^ftrmé la fréquence de l'espèce dans les forêts de la partie occidentale de l'empire. Les Chinois cultivent, il est vrai, divers '^ï^xiniers depuis un temps immémorial, mais on ne les connaît P^s assez pour en juger, et l'on ignore s'ils sont vraiment indi- ^^nes. Aucun de nos Pruniers n'ayant été trouvé sauvage au ''^-pon ou dans la région du fleuve Amur, il est assçz probable ^Vi.e les espèces vues en Chine sont différentes des nôtres. Cela î^^^raît aussi résulter de ce que dit Bretschneider *.

L'indigénat du Pr, domestica est très douteux pour l'Europe, j^^ns les pays du Midi, où il est mentionné, on le voit surtout ■^^ns les haies, près des habitations, avec les apparences d'un ^^bre à peine naturalisé, maintenu çà et là par un apport inces- ^^nt de noyaux hors des plantations. Les auteurs qui ont vu ^ espèce en Orient n'hésitent pas à dire qu'elle est subspontanée.

1. Hudson, Flora anglica (1778), p. 212, les réunit sous le nom de Prunus ^ommunis,

2. Ledebour, FI. ross., 2, p. 5 ; Boissier, FL orient. y 2, p. 652 ; K. Koch, Rendra logiCf 1, p. 94 ; Boissier et Buhse, Aufzsehl Transcaucas., p. 80.

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