GOURDE, COUGOURDE, CALEBASSE
Il s'agit dans ce cas de plantes cultivées. Les formes actuelles des jardins de Peking sont la Gourde massue, qui est mangeable, et la Gourde bouteille.
Les auteurs grecs n'ont pas mentionné cette plante, mais les Romains en ont parlé depuis le commencement de Tempire. Elle est assez clairement désignée par des vers souvent cités * du livre X de Golumelle. Après avoir décrit les différentes formes du fruit :
dabit illa capacem,
Nariciae picis, aut Actœi meilis Hymetti,
Aut habilem lymphis hamulam, Bacchove lagenam,
Tum pueros eadem fluviis innare docebit.
Pline * parle d'une Gucurbitacée dont on faisait des vases et des barriques pour le vin, ce qui ne peut s'appliquer qu'à celle-ci.
Il ne paraît pas que les Arabes en aient eu connaissance de bonne heure, carïbn Alawàm et Ibn Baithar n'en ont rien dit *. Les commentateurs des livres hébreux n'ont pu attribuer aucun nom d'une manière positive à cette espèce, et cependant le climat de la Palestine était bien de nature à populariser l'usage des Gourdes, si on les avait connues. Il me paraît assez douteux, d'après cela, que les anciens Egyptiens aient possédé cette plante, malgré une figure unique de feuilles, vue dans une tombe, qui lui a été attribuée quelquefois *. Alexandre Braun, Ascherson et Magnus, dans leur savant mémoire sur les restes de plantes égyptiennes du musée de Berlin ^, indiquent plusieurs Gucurbitacées sans mentionner celle-ci. Les premiers voyageurs modernes, comme Rauwolf *, en 1374, l'ont vue dans les jardins de Syrie, et la Gourde dite des pèlerins, figurée, en 1539, par Brunfels, était probablement connue dès le moyen âge en Terre sainte.
Tous les botanistes du xvi« siècle ont donné des figures de cette espèce, plus souvent cultivée alors, en Europe, qu'elle ne l'est aujourd'hui. Le nom ordinaire dans ces vieux ouvrages était Camei^aria, et l'on distinguait trois formes de fruits. A la couleur blanche de la fleur, toujours mentionnée, on ne peut douter de l'espèce. Je remarque aussi une figure, très mauvaise, il est vrai, où la fleur manque, mais où le fruit est exactement
1. Tragus, Stirp.^ p. 285; Ruellius, De natura stirpium, p. 498; Naudin, L c.