HARICOT DE LIMA
transporté par des cultivateurs français du siècle suivant à une autre légumineuse et qu'on ait changé ara en ari. C'est dans la limite des erreurs qui se font de nos jours. D'ailleurs TAraco^ ou Arachos a été attribué parles commentateurs à plusieurs légumineuses des genres Latnyrus, Vicia, etc. Durante donne pour synonyme à son Araco l'apaxoç des Grecs , par où l'on voit bien Tétymologie. Le Père Feuillée * écrivait en français Aricot, Avant lui, Tournefort mettait Haricot. Il croyait peut-être que l'a du mot grec avait un accent rude, ce qui n'est pas le cas, du moins dans les bons auteurs.
Je résume cet article en disant : 1** Le Phaseolus vulgaris n'est pas cultivé depuis longtemps dans l'Inde, le sud-ouest de TAsie et l'Egypte. 2** On n'est pas complètement sûr qu'il fut connu en Europe avant la découverte deTAmérique. 3° A cette époque le nombre des variétés s'est accru subitement dans les jardms d'Europe et tous les auteurs ont commencé d'en parler. 4° La majorité des espèces du genre existe dans l'Amérique méridionale. 5** Des graines qui paraissent appartenir à cette espèce ont été trouvées dans des tombeaux péruviens d'une date un peu incertaine, mélangées avec beaucoup d'espèces toutes américaines.
Je n'examine pas si le Phaseolus vulgains existait, avant la mise en culture, dans l'ancien et le nouveau monde également, parce que les exemples de cette nature sont excessivement rares parmi les plantes phanérogames, non aquatiques, des pays tropicaux. Il n'en existe peut-être pas une sur mille, et encore on peut soupçonner souvent quelque transport du fait de l'homme *. Il faudrait du moins, pour aborder cette hypothèse à l'égard du Phi vulgaris^ qu'il eût été trouvé en apparence sauvage dans l'ancien et le nouveau monde, mais cela n'est pas arrivé. S'il avait eu une habitation aussi vaste, on en aurait des indices par des individus vraiment spontanés dans des régions très éloignées les uaefs des autres sur le même continent. C'est ce qu'on voit dans l'espèce suivante, Ph, lunatus.
Haricot courbé. — Phaseolus lunatus, Linné.
Haricot de Lima. — Phaseolus lunatus màcrocarpus^ Bentham. — Phas, inamœnus, Linné.
Ce Haricot, de même que la variété dite de Lima, est si répandu dans tous les pays tropicaux qu'on l'a décrit, sans s'en douter, sous plusieurs noms ^. Toutes ses formes se rapportent à deux groupes, dont Linné faisait deux espèces. La plus commune maintenant dans les jardins est celle appelée, depuis le commencement du siècle. Haricot de Lima, Elle se distingue par sa
1. Feuillée, HUt, des plantes médicinales du Pérou, etc., in-i», 1725, p. 54.
2. A. dé Candolle, Géogr, bot, raisowwée, chapitre des espèces disjointes.
3. Phaseolus bipunctatus Jacq., inamœnus Linné, puberulus Kunth, saccharatus Mac-Fadyen, etc., etc.
taille élevée et par la grandeur de ses légumes et de ses graines. Sa durée est de plusieurs années dans les pays qui lui sont favorables.
Linné croyait son Phaseolus lunatus du Bengale, et l'autre forme, d'Afrique, mais il n'en a donné aucune preuve. Pendant un siècle, on a répété ce qu'il avait dit. Maintenant, M. Bentham *, attentif à ces questions d'origine, regarde l'espèce et sa variété comme certainement américaines ; îl émet seulement des doutes^ sur la présence en Afrique et en Asie comme plante spontanée.
Je ne vois aucun indice quelconque d'ancienneté d'existence en Asie. Non seulement la plante n'a jamais été trouvée sauvage, mais elle n'a pas de noms dans les langues modernes de l'Inde ou en sanscrit ^. Elle n'est pas mentionnée dans les ouvrages chinois. Les Anglo-Indiens l'appellent, comme le Haricot commun, French bean *, ce qui montre à quel point la culture en est moderne.
En Afrique, elle est cultivée à peu près partqut entre les tropiques. Cependant MM. Schweinfurth et Ascherson * ne la mentionnent pas en Abyssinie, Nubie ou Egypte. M. Oliver ^ cite beaucoup d'échantillons de Guinée et de l'Afrique intérieure, sans préciser s'ils étaient spontanés ou cultivés. Si l'on suppose l'espèce originaire ou d'introduction très ancienne en Afrique,. elle se serait répandue vers l'Egypte et dans l'Inde.
Les faits sont tout autres dans l'Amérique méridionale. M. Bentham cite des échantillons spontanés de la région du fleuve des Amazones et du Brésil central. Ils se rapportent surtout à la grande forme {macrocarpus). Cette même variété est abondante dans les tombeaux péruviens d'Ancon, d'après M. Wittraack ®. C'est évidemment une espèce du Brésil, que la culture a répandue et peut-être naturalisée çà et là, depuis longtemps, «lans l'Amérique tropicale. Je croirais volontiers qu'elle a été introduite en Guinée par le commerce des esclaves, et qu'elle a ^agné de cette côte l'intérieur du pays et la côte de Mozambique.
Haricot él feuille d'Aconit. — Phaseolus aconitifoHus ^ Willdenow.
Espèce annuelle, cultivée dans l'Inde, comme fourrage, et dont les graines sont comestibles, mais peu estimées. Le nomhindustani est Mout^ chez les Sikhs Moth, Elle ressemble au Pha-seolus trilobus^ qui est cultivé pour la graine.