‹ Origine des plantes cultivées; (volume 2)Chapitre 291 sur 372 · FROMENT ORDINAIRE 38S · texte numérisé non relu

FROMENT ORDINAIRE 38S

plus anciens lacustres de la Suisse occidentale cultivaient un blé à petits grains que M. Heer * a décrit attentivement et figuré sous le nom de Triticum vulgare antiquorum. D'après un ensemble de divers faits, les premiers lacustres de Rohenhausen étaient au moins contemporains de la guerre de Troie et peutêtre plus anciens. La culture de leur blé s'est maintenue en Suisse jusqu'à la conquête romaine, d'après des échantillons trouvés à Buchs. M. Regazzoni l'a découvert également dans les débris des lacustres de Varèze et M. Sordelli dans ceux de Lagozza, en Lombardie *. Unger a trouvé la même forme dans une brique de la pyramide de Dashur, en Egypte, qui date, selon lui, de l'année 3359 avant Jésus-Christ (Unger, Bot. Sti^eifzûge^ Vil; Ein Ziegelj etc., p. 9). Une autre variété [Triticum vulgare compactum muticum, Heer) était moins commune en Suisse, dans le premier âge de la pierre, mais on Fa trouvée plus souvent chez des lacustres moins anciens de la Suisse occidentale et d'Italie *. Enfin une troisième variété intermédiaire a été trouvée à Aggtelek, en Hongrie, cultivée lors de l'âge de pierre *. Aucune n'est identique avec les blés cultivés de nos jours. On leur a substitué des formes plus avantageuses.

Pour les Chinois, qui cultivaient le froment 2700 ans avant notre ère, c'était un don du ciel ^. Dans la cérémonie annuelle du semis de cinq graines instituée alors par l'empereur Shen- Nung ou Ghin-Nong, le froment est une des espèces, les autres étant le Riz, le Sorgho, le Setaria italica et le Soja.

L'existence de noms diff'érents pour le blé dans les langues les plus anciennes confirme la notion d'une très grande antiquité de culture. Il y a des noms chinois Mai, sanscrits Sumana et Gôdhûma, hébreu Chittahy égyptien Br^ guanche Y7nchen^ sans parler de plusieurs noms dans les langues dérivées du sanscrit primitif ni d'un nom basque Ogaia ou Okhaya, qui remonte peut-être aux Ibères ^, et de plusieurs noms finlandais, tartare, turc, etc. ', qui viennent probablement de noms touraniens. Cette prodigieuse diversité s'expliquerait par une vaste habitation s'il s'agissait d'une plante sauvage très commune, mais le blé est dans des conditions tout opposées. On a de la

p. 417; Dureau de La Malle, Ann, des se. nat.t vol. 9, 1826; et Loiseleur Deslongchamps, Considérations sur les céréales, 1842, paitie 1, p. 52.

1. 0. Heer, Pflanzen des Pfahlbauten^ p. 13, pi. 1, fig. 14-18.

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