‹ Origine des plantes cultivées; (volume 2)Chapitre 295 sur 372 · Bunge, Bull. Soc. bot. France, 1860, p · texte numérisé non relu

Bunge, Bull. Soc. bot. France, 1860, p

Olivier. La région de l'Euphrate étant à peu près au milieu de la zone de culture qui s étendait autrefois de la Chine aux îles Canaries, il est infiniment probable qu'elle a été le point principal de l'habitation dans des temps préhistoriques très anciens. Peut-être cette habitation s'étendait-elle vers la Syrie, vu la ressemblance du climat ; mais à Test et à l'ouest de l'Asie occidentale le blé n'a probablement jamais été que cultivé, antérieurement, il est vrai, à toute civilisation connue.

II. Gros blé, Petanielle ou Foulard. — Triticum turgidum et TV. composltum^ Linné.

Parmi les noms vulgaires, très nombreux, des formes de cette catégorie, on remarque celui de Blé â^ Egypte. Il paraît qu'on le cultive beaucoup actuellement dans ce pays et dans toute la région du Nil. A.-P. de Gandolle * dit avoir reconnu ce blé parmi des graines tirées des cercueils de momies anciennes, mais il n'avait pas vu les épis. Unger * pense qu'il était cultivé par les anciens Egyptiens et n'en donne cependant aucune preuve basée sur des dessins ou des échantillons retrouvés. Le fait qu'on n'a pu attribuer à cette espèce aucun nom hébreu ou araméen ^ me paraît significatif. Il prouve au moins que les formes si étonnantes, à épis rameux, appelées communément Blé de miracle, Blé d'abondance^ n'existaient pas encore dans les temps anciens, car elles n'auraient pas échappé à la connaissance des Israélites. On ne connaît pas davantage un nom sanscrit ou même des noms indiens modernes, et je ne découvre aucun nom persan. Les noms arabes que Delile * attribue à l'espèce concernent peutêtre d'autres formes de blé. Il n'existe pas de nom berbère *. De cet ensemble il me paraît découler que les plantes réunies sous le nom de Triticum turgidum^ et stirtout leurs variétés à épis rameux, ne sont pas anciennes dans l'Afrique septentrionale ou dans l'Asie occidentale. .

M. Oswald Heer *, dans son mémoire si curieux sur les plantes des lacustres de l'âge de pierre en Suisse, attribue an Tr, turgidum deux épis non ramifiés, l'un à barbes, l'autre à peu près sans barbes, dont il a publié des figures. Plus tard, dans une exploration des palafittesde Robenhausen, M. Messicommer ne l'a pas rencontré, quoique les provisions de grains y fussent très abondantes '. MM. Strœbel et Pigorini disent avoir trouvé « le blé à grano grosso duro » (TV. turgidum) dans les palafittes

Page 1