Tragus, Stirpium, etc., éd. 1552, p
4. Dodoens, Pemptades, p. 509; Camerarius, Ilort,. p. 94; Matthiole, éd. 1570, p. 305.
Nous avons vu (p. 291) que le Zea des Grecs était l'Epeautre. Bien certainement les anciens n'ont pas connu le Maïs. Les voyageurs * qui décrivirent les premiers les productions du nouveau monde furent très surpris à sa vue, preuve évidente qu'ils ne l'avaient pas connu en Europe. Hernandez ^, parti d'Europe en 1571, suivant les uns, en 1593, suivant d'autres^, ne savait pas qu'à Seville, dès l'année 1500, on avait reçu beaucoup de graines de Maïs pour le mettre en culture. Le fait, attesté par Fée, qui avait vu les registres de la municipalité *, montre bien l'origine américaine, en raison de laquelle Hernandez trouvait le nom de blé de Turquie très mauvais.
On dira, peut-être, que le Maïs, nouveau pour l'Europe au XVI® siècle, existait quelque part en Asie ou en Afrique avant la découverte de l'Amérique? Voyons ce qu'il faut en penser.
Le célèbre orientaliste d'Herbelot ^ avait accumulé plusieurs erreurs, relevées par Bonafous et moi-même, au sujet d'un passage de l'historien persan Mirkoud, du xv® siècle, sur une céréale que Rous, fils de Japhet, aurait semée sur les bords de la mer Caspienne et qui serait le Blé de Turquie des modernes. Il ne vaut pas la peine de s'arrêter à ces assertions d'un savant qui n'avait pas eu l'idée de consulter les ouvrages des botanistes de son époque ou antérieurs. Ce qui est plus important, c'est le silence absolu, au sujet du Maïs, des voyageurs qui ont visité l'Asie et l'Afrique avant la découverte de l'Amérique ; c'est aussi l'absence de nom hébreu ou sanscrit pour cette plante ; et enfin que les monuments de l'ancienne Egypte n'en présentent aucun échantillon ou dessin ^. Rifaud, il est vrai, a trouvé une fois un épi de Maïs dans un cercueil de Thèbes, mais on croit que c'est l'effet de quelque supercherie d'Arabe. Si le Maïs avait existé dans l'ancienne Egypte, il se verrait dans tous les monuments et aurait été lié à des idées religieuses, comme les autres plantes remarquables. Une espèce aussi facile à cultiver se serait répandue dans les pays voisins. La culture n'aurait pas été abandonnée, et nous voyons, au contraire, que Prosper Alpin, visitant l'Egypte en 1592, n'en a pas parlé, et que Forskal \ à la fin du XVIII® siècle, mentionnait le Maïs comme encore peu cultivé en Egypte, où il n'avait pas reçu un nom distinct des Sorghos. Ebn Baithar, médecin arabe du xiii* siècle, qui avait parcouru les pays situés entre l'Espagne et la Perse, n'indique aucune plante qu on puisse supposer le Mais.