‹ Origine des plantes cultivées; (volume 2)Chapitre 36 sur 372 · Clusius, hist,, 11, p · texte numérisé non relu

Clusius, hist,, 11, p

11. Ajes était un nom de l'igname (Humb., Noiiv-Esp., 2« édit., vol. 2, p. 467, 468;.

l'ancien monde. Son livre date de 1601. Humboldt * dit que, d'après Gomara, Christophe Colomb, lorsqu'il parut pour la •première fois devant la reine Isabelle, lui offrit divers produits du nouveau monde, entre autres ^es Bâtâtes. Aussi, ajoute-t-il, la culture de cette plante était-elle déjà commune en Espagne dès le milieu du xvi« siècle. Oviedo *, qui écrivait en 1526, avait vu la Batate très cultivée par les indigènes de Saint-Domingue, et l'avait introduite lui-même à Avila, en Espagne. Rumphius ' dit positivement que, selon l'opinion commune, les Batatas ont été apportées par les Espagnols d'Amérique à Manille et aux Moluques, d'où les Portugais les ont répandues dans l'archipel indien. Il cite des noms vulgaires , qui ne sont pas malais et qui indiquent une introduction par les Castillans. Enfin, il est certain que la Batate était inconnue aux Grecs, aux Romains et aux Arabes ; qu'elle n'était pas cultivée en Egypte, et cela même il y a quatre-vingts ans *, ce qui ne s'expliquerait guère si l'on suppose une origine de l'ancien monde.

D'un autre côté, il y a des arguments pour une origine asiatique. L'Encyclopédie chinoise d'agriculture parle de la Batate et mentionne diverses variétés ^ ; mais le D*^ Bretschneider ® a constaté que l'espèce est décrite pour la première fois dans un livre du ii<» ou me siècle de notre ère. D'après Thunberg ', la Batate a été apportée au Japon par les Portugais. Enfin la plante cultivée à Taïti, dans les îles voisines et à la Nouvelle-Zélande, sous les noms Ûmara^ Guman^a et Gumalla, décrite par Forster ^ sous le nom de Convolvolus chrysorhizus, est la Batate, d'après sir Joseph Hooker ^. Seemann *^ fait observer que ces noms ressemblent au nom quichuen de la Batate, en Amérique, qui est, dit-il, Cumar. La culture de la Batate était répandue dans l'Inde au xviii* siècle ". On lui attribue plusieurs noms vulgaires, et même, selon Piddington *^, un nom sanscrit, Ruktaloo (prononcez Roktalou)^ qui n'a d'analogie avec aucun nom à moi connu et n'est pas dans le dictionnaire sanscrit de Wilson. D'après une note que m'avait donnée Adolphe Pictet, Ruktaloo semble un nom bengali composé du sanscrit Alu {Rutka^ plus a/w, nom de l'Arum campanulatum). Ce nom, dans les dialectes modernes, désigne l'Igname et la Pomme de terre. Cependant Wallich *^ in-

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