Boissier, Flora orientalis, 2, p
6. Krok, Monographie des Valerianella, Stockolm, 1864, p. 88 ; Boissier, Flora 07nent.f 3, p. 104.
7. Bertoloni, Flora ital., 1, p. 185; Moris, Flora sardoa, 2, p. 314; Gussone, Synopsis fl. Siculse, éd. 2, vol. 1, p. 30.
l'artichaut est probablement une forme obtenue, par la culture, du Cardon sauvage *. Aujourd'hui, de bonnes observations en ont donné la preuve. Moris *, par exemple, ayant cultivé, dans le jardin de Turin, la plante spontanée de Sardaigne à côté de l'Artichaut, afOrme qu'on ne pouvait plus les distinguer par de véritables caractères. MM. Wilkomm et Lange ^, qui ont bien observé, en Espagne, la plante spontanée et l'Artichaut qu'on y cultive, ont la même opinion, D'iulleuES l'Artichaut n'a pas été trouvé hors des jardins, et comme la région de la Méditerranée, patrie de tous les Cynara, a été explorée à fond, on peut affirmer qu'il n'existe nulle part spontané.
Le Gardon dans lequel il faut comprendre le C, koî^rida, de Sibthorp, est indigène à Madère et aux Gamaries, dans les montagnes du Maroc près de Mogador, dans le midi et l'orient de la péninsule ibérique, le midi de la France, de l'Italie, de la Grèce et dans les îles de la mer Méditerranée, jusqu'à celle de Chypre *. Munby ^ n'admet pas le C. Cardunculus comme spontané en Algérie, mais bien le Cynara humilis Linné, qui est considéré par quelques auteurs comme une variété.
Le Gardon cultivé varie beaucoup au point de vue de la division des feuilles, du nombre des épines et de la taille, diversités qui indiquent une ancienne culture. Les Romains man-. geaient le réceptacle qui porte les fleurs, et les Italiens le mangent aussi sous le nom de glrello. Les modernes cultivent le Gardon pour la partie charnue des feuilles, usage qui n'est pas i^ncore introduit en Grèce ^.
L'Artichaut présente moins de variétés, ce qui appuie Topinion qu'il est une dérivation obtenue du Gardon. Targioni % dans un excellent article sur cette plante, raconte que l'Artichaut a été apporté de Naples à Florence en 1466, et il prouve que les anciens, même Athénée, ne connaissaient pas l'Artichaut, mais seulement les Gardons sauvages et cultivés. Il faut citer cependant, comme indice d'ancienneté dans le nord de l'Afrique, la circonstance que les Berbères ont deux noms tout à fait particuliers pour les deux plantes : Addad pour le Gardon, Taga pour l'artichaut ^.
On croit que les Kactos, Kinara et ScoHmos des Grecs et le
1. Dodoens, Hist, plant, p. 724; Linné, Species, p. 1159; de Gandolle' Frodromus, 6, p. 620.