‹ Origine des plantes cultivées; (volume 2)Chapitre 89 sur 372 · THÉ · texte numérisé non relu

THÉ

étudiés par M. Dœll * , le Panicuni maximum croît dans les éclaircies des forêts voisines de l'Amazone, près de Santarem, dans les provinces de Bahia, Geara, Rio-de-Janeiro et Saint-Paul. Quoique la plante soit souvent cultivée dans ces pays, les localités citées, par leur nature et leur multiplicité, font présumer l'indigénat. M. Dœll a vu aussi des échantillons de la Guyane française et de la Nouvelle-Grenade.

Voyons ce qui concerne l'Afrique.

Sir W. Hooker ^ mentionnait des échantillons rapportés de Sierra Leone, d'Aguapim, des bords du Quorra et de TUe de Saint- Thomas, dans l'Afrique occidentale. Nées ' indique Tespèce dans plusieurs localités de la colonie du Gap, même dans des broussailles et dans des pays montueux, A. Richard * mentionne des localités d'Abyssinie, qui paraissent aussi en dehors des cultures, mais il convient n*être pas très sûr de l'espèce. M. Anderson, au contraire, n'hésite pas en indiquant le P. maximum, comme rapporté des bords du Zambèze et de Mozambique par le voyageur Peters ^.

On sait positivement que l'espèce a été introduite à l'île Maurice par l'ancien gouverneur Labourdonnais ^, et qu'elle s'y est répandue hors des cultures, de même qu'à Rodriguez et aux Seychelles ^. L'introduction en Asie ne peut pas être ancienne, car Roxburgh {FI. ind,) et Miquel [FL ind.-bat,) ne mentionneat pas l'espèce. A Geylan, elle est uniquement cultivée ^.

En définitive, il y a un peu plus de probabilité, ce me semble, en faveur de l'origine africaine, conformément à l'indication du nom vulgaire et à Fopinion générale, mais peu aprofondie, des auteurs. Cependant, puisque la plante se répand si aisément, il est singulier qu'elle ne soit pas arrivée d'Abyssinie ou de Mozambique en Egypte et qu'on l'ait reçue si tard dans les îles de l'Afrique orientale. Si l'existence, antérieurement aux cultures, d'une môme espèce [phanérogame en Afrique et en Amérique n'était une chose extrêmement rare, on pourrait la supposer; mais c'est peu vraisemblable pour une plante cultivée, dont la diffusion est évidemment très facile.

Article 8. — Emplois diTers des tiges ou des feuilles»

Thé. — Thea sinensis, Linné.

Au milieu du xvni® siècle, lorsqu'on connaissait encore très peu

Page 1