‹ Origine des plantes cultivées; (volume 2)Chapitre 98 sur 372 · Unger, Botanische Streifzûge, 1866, n» 7, p · texte numérisé non relu

Unger, Botanische Streifzûge, 1866, n» 7, p

L. angustifolium. Sur trois graines que Braun * a vues dans le musée de Berlin, mélangées avec d'autres de plantes diverses cultivées, une lui a paru appartenir au Z. angustifolium et les deux autres au L. humile^ mais il faut convenir qu'une seule graine, sans la plante ou la capsule, n'est pas une preuve suffisante. Les peintures de l'ancienne Egypte montrent qu'on ne récoltait pas le Lin comme les céréales avec une faoïcille. On l'arrachait *. En Egypte, le Lin est une culture d'hiver, car la sécheresse de l'été ne permettrait pas plus d'une variété persistante que le froid dans les pays septentrionaux où l'on sème au printemps pour récolter en été. Ajoutons que le Lin annuel, de la forme appelée kumik, est le seul cultivé de nos jours en Abyssinie, le seul également que les collecteurs modernes aient vu cultivé en Egypte ^. • -

M. Heer soupçonne que les anciens Egyptiens auraient cultivé le Linum angustifolium, de la région méditerranéenne, en le semant comme une plante annuelle *. Je croirais plutôt qu'ils ont emporté ou reçu leur Lin d'Asie, et déjà sous la forme de Vhutmue. Les usages et les figures montrent que leur culture du Lin -datait d'une antiquité très reculée. Or, on sait maintenant que les Egyptiens des premières dynasties avant Ghéops appartenaient à une race proto-sémitique, venue par l'isthme de Suez •. Le Lin a été retrouvé dans un tombeau de l'ancienne Ghaldée, antérieur à Babylone *, et son emploi dans cette région se perd dans la nuit des temps. Ainsi les premiers Egyptiens de la race blanche ont pu transporter le Lin cultivé, et, à défaut, leurs successeurs immédiats ont pu le recevoir d'Asie avant l'époque des •colonies phéniciennes en Grèce et avant les rapports directs de la Grèce avec l'Egypte sous la XIV® dynastie '.

Une introduction très ancienne d'Asie en Egypte n'empêche ipas d'admettre des transports successifs de l'est à l'ouest dans des temps moins anciens que les premières dynasties égyptiennes. Ainsi les Aryens occidentaux et les Phéniciens ont pu transporter en Europe le Lin, ou un Lin plus avantageux que le L, angustifolium^ pendant la période de 2500 à 1200 ans avant notre ère.

L'extension par les Aryens aurait marché plus au nord que ^elle par les Phéniciens. En Grèce, dans le temps de la guerre de Troie, on tirait encore les belles étoffes de Lin de la Golchide,

1. A. Braiin, Die Pflanzenreste des Egyptischen Muséums in BetHin, in- 80, 1877, p. 4.

2. Rosellini, pi. 35 et 36, cité par Unger, Bot. Streifzûge, n® 4^ p. 62.

3. W. Schimper, Ascherson, Boissier, Schweinfurth, citéB dans Al. BrauD, /. c, p. 4.

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