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IX

Dans ce Tableau, les noms des planètes sont en caractères gras.

Le Tableau précédent, qui n'a jamais été publié parce qu'il contient des nombres obtenus récemment, montre qu'au double point de vue inclinaison et excentricité, les petites planètes forment avec certaines comètes à courte période le type de transition entre le monde planétaire et les comètes dont les aphélies sont tellement éloignés que plusieurs générations d'astronomes auront le temps de s'éteindre avant le retour de ces éternelles vagabondes.

80. Sens (le révolution des comètes et (Ustvihution par rapport à Vécliptique. — Les comètes, et c'est une de leurs caractéristiques, semblent aussi bien se mouvoir dans le sens rétrograde que dans le sens direct'. Toutefois, là encore, la transition est ménagée ; il est plutôt rare de rencontrer parmi les comètes à courte période des tvpes rétrogrades ; ces derniers sont presque toujours associés à de fortes inclinaisons.

Sur oÛ comètes périodiques dont le retour a été sûrement observé et dont les aphélies s'étagent entre 4 et 210 unités astronomiques, c'est-à-dire du voisinage de Jupiter à 7 fois environ la distance du Soleil à Neptune, nous ne comptons que 8 comètes rétrogrades.

Sur 81 comètes ayant leurs aphélies distribués entre 4 et 800 unités astronomiques , 2o seulement sont rétrogrades ; mais la proportion semble augmenter ensuite et linalement nous constatons plutôt une légère prépondérance du mouvement rétrograde pour les excentricités voisines de l'unité et dont les orbites se rapprochent de la parabole.

L'augmentation de la circulation directe, à mesure que

1 Dans les publications astronomiques, on a l'habitude actuellement de compter les inclinaisons sur le plan de référence (écliptique, orbite planétaire, etc.^ de 0 à 180 degrés: un angle compris entre 0 et 90 degrés indique une circulation de sens direct : de 90 à 180 degrés la circulation est rétrograde. Nous avons préféré donner la vraie valeur de l'angle par rapport au plan pour éviter au lecteur une soustraction dangle : la lettre D direct) ou R (rétrograde) a été employée pour les Tableaux ; dans les dessins les angles comptés au-dessous de l'écliptique indiquent que la circulation est rétroi^rade.

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nous approchons du plan du maximum des aires, était inexplicable dans l'hypothèse d'une origine étrangère poulies comètes; si la théorie de la capture était fondée, les comètes annexées tourneraient en elVet aussi bien en un sens que dans l'autre ; nos acquisitions ne se borneraient p'^s davantag^e aux astres à grande excentricité, et nous verrions également surg-ir des comètes à courte période, circulant dans le sens rétrograde. Ainsi croulent de toutes parts les cosmogonies calquées sur les idées de Laplace; lissuros et lézardes s'entr'ouvrent et se multiplient à tel point que, depuis longtemps, au lieu de réparer les diverses parties de léditice, les locataires à bail illimité eussent eu meilleur compte à déblayer le terrain, jeter bas le monument et bâtir à nouveaux frais.

Toute hypothèse cosmogonifjue doit savoir proliter des résultats acquis: elle doit aussi bien fournir une explication des particularités constatées dans le monde cométaire que dans celui plus restreint des grosses planètes. Or, ce (jue nous venons de voir montre à l'évidence (jue les comètes, loin de résulter de captures successives provoquées par leur irruption dans notre système et l'attraction de ses masses importantes, font partie du domaine solaire au même titre que les planètes et qu'enlin leur formation, comme leur évolution, remonte à la naissance même de notre nébuleuse.

Quant à la distribution des plans cométaires représentés par les grands axes des orbites, la figure 71 nous l'a déjà montrée. Très rares dans les plans voisins de lécliplique , où elles n'auraient pu subsister en raison du balayage de ces plans par les matériaux planétaires, les comètes s'étagent jus({u'aux pôles de notre orbite par nappes successives avec des maxima assez sensibles vers lo, 40, Go et 80 degrés.

Outre ces groupements qui rappellent le mécanisme de condensation des matériaux destinés aux astéroïdes, et dont nous devrons fournir l'explication, il existe dans l'espace des ensembles auxquels on a donné le nom de familles et de groupes de comètes. Nous allons étudier sommairement les uns et les autres.

86. Existe-t-il des familles de comètes? — Tous ceux qui se sont occupés de statistique cométaire nont pu manquer d'être frappés par le groupement très important manifesté au voisinage de l'orbite de Jupiter. Dans le cours de

Fig. 77. — Orbites de quelques comètes périodiques dites de la famille de Jupiter. (Les traits en pointillé correspondent aux portions de trajectoires situées au-dessous du plan de récliptique.)

sa lente révolution et en raison de son excentricité, la grosse planète balaye une couronne circulaire dont les limites s'étendent de 4,9 à 5,45 unités astronomiques; sa puissante action s'est donc fait sentir au cours des siècles sur les régions avoisinantes.

Les comètes qui, sans elle, dit-on, auraient à peine dépassé l'orbite de Mars, ont dû à leur aphélie subir l'attraction de

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la masse jovienne et se porter quekjue peu vers elle; de même celles qui auraient dû continuer leur route bien au delà ont été retardées dans leur marche et, pour celles-là encore . l'aphélie s'est rapproché de la position de la planète.

En fait, 1!) comètes périodiques ont leurs distantes aphélies comprises entre 4,09 (comète d'Encke) et 6,7G imités astronomicjues (comète de Schaumasse) : l'action de Jupiter j)araît manifeste.

La lig-ure 77, qui réunit l'ensemble de ces orl)iles et (juehjues autres moins certaines, comme celle de Denniii^ (1881 ^'I), est évidemment de nature à encourager ces vues; mais, dans des représentations de ce g^enre, les orbites sont couchées sur l'écliptique et l'on ne tient pas compte des inclinaisons. Il y a donc lieu d'y regarder d'un peu plus près et de dresser un Tableau assez complet pour nous permettre une discussion plus serrée. Nous ne donnons ici que les éléments absolument nécessaires pour une saine appréciation : distance aphélie, inclinaison du plan de l'orbite sur l'écliptique et excentricité. Les lettres D et R indiquent si la comète tourne dans le sens direct, comme les planètes, ou dans le sens rétrograde. Par convention, lorsque l'angle dépasse ÎIO degrés, la comète est rétrograde. Toutefois nous avons préféré, pour des raisons de clarté, indiquer l'inclinaison réelle sur l'écliptique; les angles seront donc toujours compris entre 0 et 90 degrés, mais les signes -|- ou — nous avertiront du sens du mouvement : -f- indiquera le mouvement direct, — le sens rétrograde.

Toutes ces comètes sont de sens direct ; elles ont des inclinaisons variées qui atteignent près de 31 degrés pour les comètes Borelly et Giacobini-Zinner. Ce Tableau doit être complété au moyen de la figure 77 et surtout à l'aide de la figure 70, où nous avons donné, avec les distances aphélies, les inclinaisons des orbites. Les numéros renvoient à ceux du Tableau pour les comètes représentées par des points. Les petits cercles avec point intérieur et les nombres (jui les accompagnent sont ceux des petites planètes que nous

avons déjà citées à propos des astéroïdes (V. le dernier Tableau du n° 79 : groupe Troyen, p. 186).

A la seule inspection de la figure 76, on s'aperçoit que les astéroïdes du groupe Troyen sont intimement mélangés aux comètes périodiques. Maintenant, il faut beaucoup de bonne volonté pour croire que Jupiter a exercé une action vraiment efficace sur Patrocle (617), ainsi que sur les comètes Wolf (8), Borellj (13) et Giacobini-Zinner (lo), qui manifestent des inclinaisons comprises entre 22 et 31 degrés et qui, à leur aphélie, ne s'approchent de Jupiter qu'à des distances comprises entre 2 et 3 unités astronomiques. C'est ainsi, par

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