‹ Origines de l'imprimerie en GuyenneChapitre 15 sur 16 · L IMPRIMERIE A BORDEAUX EN · texte numérisé non relu

L IMPRIMERIE A BORDEAUX EN

Nous nous empressons de porter à la connaissance de nos lecteurs et de tous ceux qui s'intéressent à l'étude des siècles passçs, une découverte des plus importantes pour notre histoire locale et pour celle de l'imprimerie en France.

Il s'agit des oriines de lmt)rlmerle à Bordeat«x. On avait cru jusqu'ici que cet invention si simple qui, on peut le dire, a changé la face du monde et préparé les conquêtes de l'esprit moderne, n'avait été apportée dans notre ville que vers t52o par Gaspard Philippe, qui imprimait à Paris la Praffmatiq«e saltctio»l en 5o8, et transporta, postérieurement à cette époque, ses presses à Bordeaux.

Après quatre années de recherches incessantes, M. Ernest Gaullieur, archiviste de la vîlle,auquel l'Académie de Bordeaux dEcernait, il y a peu de jours, une médaille d',l'gent pour ses deux.

intéressantes brochures sur I'Armurerie milanaise et les Corlorations,--vient d'acquérir la preuve que les premiers essais d'impression faits à Bordeaux, au moyen des caractères mobiles en étain, remontent à l'année z486.

Au lieu de nous venir de Paris avec Gaspard Philippe au seizième siècle, l'imprimerie nous aurait été apportée directement d'Allemagne au quinzième.

C'est là, répétons-le, une importante ddcouverte sur laquelle M. Gaullieur prépare un Mémoire qui sera présenté prochainement à l'Institut de France et à l'Académie des sciences, belleslettres et arts de Bordeaux.

A peu de jours de distance, La Guienne, Le Courrier de la Gironde, Le Bordelais, Le Journal de Lotet-Garonne, et probablement beaucoup d'autres journaux que je ne connais pas, publiaient des articles à peu près semblables, dans lesquels n'étaient oubliés ni la médaille décernée par l'Académie de Bordeaux, ni le futur Mémoire à l'Institut de France, etc. Je crois avoir surabondamment prouvé qu'en composant mon travail, je ne connaissais pas la découverte que devait faire plus tard l'archiviste de la Mairie de Bordeaux.

§ XXXI.Quelques mois après ces annonces multipliées, le Mémoire destiné à l'Académie de Bordeaux et à l'Institut de France, se transformait en une brochure in-8 de 44 pages sortant de la même imprimerie qui publiait si lentement mon travail. Cette brochure, tirée, à 500 exemplaires, imprimée aux frais de la Ville, et dédiée à M. de t3ethmann, maire de Bordeaux, est intitulée simplement • L'Imprimerie à Bordeaux en I486.

Le Mémoire de M. Gaullieur, réduit aux modestes ,oroportions quc lui assigne son titre définitif, pouvait

diflïcilement fournir matière à un travail important, aussi l'auteur, pour lui donner un peu plus d'épaisseur, a-t-il été obligé de le grossir par quelques disgressions, peu ou point liées à son sujet : le commerce du pastel; l'origine du nom de Michel de Montagne, etc. Disons, en outre, que, comme dans son récit, M. Gaullieur a amalgarnmé le texte des documents curieux qu'il venait de découvrir avec les réflexions que ce texte lui suggère, il n'est pas très-facile de se faire une idée, nette et claire, des renseignements que ces actes fournissent. Je vais donc reproduire d'abord ces curieux documents dans l'ordre naturel que leur date leur assigne, les commenter, et je donnerai ensuite une analyse exacte de la manière dont M. Ernest Gaullieur les a appréciés. Les lecteurs verront avec surprise que les conclusions tirées des mêmes faits peuvent différer beaucoup sur plusieurs points ().

(I) Aux reproches adressés à M. Gaullieur sur la manière un peu-confuse dont il a présentoe le roecit des faits, je dois ajouter qu'il a montroe une grande légèreté et beaucoup d'inattention dans la correction des oepreuves. Je ne veux pas parler des coquilles proprement dites, dont personne n'est à l'abri, et qui pullulent dans le texte de M. Gaullieur; mais je dois dire qu'il y a, dans sa brochure, un grand nombre de fautes qui sortent de la ligne ordinaire.

Ainsi, le premier paragraphe de la seconde page est formé d'une phrase moitié française, moitié latine, et qui n'a aucun sens ni en français ni en latin.

L'orthographe des noms propres est rarement uniforme- par exemple, le nom du notaire, rédacteur des documents si heureusement découverts, présente une nombreuse série de formes les plus variées, latines, gasconnes et françaises, et ces dernières : Dubois et Dubo)s sont entièrement fantaisistes, car ce notaire a écrit lui-mëme son non' en français, et il l'écrit : Dubosc. Dans

TRAITÉ laassé entre les Jurats de Bordeaux et le libraire allemand ,llichel Svierler.

Nos, los perbost et juratz de la present bille et ciutat de Bordeu, certificam auer feyt et accordat appuntament ara Micheu d'Orme (), librayre et vendedor de

un passage, M. Gaullieur traduit des mots gascons qui signifient : Si les imlarimem-s quittent la ville, exceFté en temls de ioeste.., etc. par ces mots : S'ils veulent s'en aller, ou sont fralalaéS de mortalité.., etc.

Plus loin, il annonce que le travail le t)h«s conlet sur l'histoire de la prototypographie est un ouvrage en cours delaublication , et il corrige l'auteur de cet ouvrage en lui prdtant ces mots : imlvressus est hoc ot)us. L'Institut de France et l'Académie de Bordeaux remarqueront d'autant plus l'emploi de cette nouvelle règle grammaticale, que M. Gaullieur l'a encore appliquée dans un autre passage, en éc'rivant : laresentibus honorabilis viris. Ajoutons que l'archiviste de la Mairie de Bordeaux a voulu constater qu'avant lui, et avant l'an 865 (le jour et l'heure ne sont pas indiqués), personne ne savait que le nom patronimique de l'auteur des Essais était E)'quem et non pas ,llontagne. Voici ce curieux passage" « C'est en 865 que je signalai à l'attention de quelques érudits l'origine de ce nom illustre que je renais de découvrir. Voyez : A rchives historiques de la Gironde, tom. vin, Fag. 547 ». Il est sans doute inutile de dire qu'à la page indiquée aucune note ne justifie cette singulière prétention, et qu'il suffit de parcourir les autres volumes des Archives historiques pour y trouver la preuve qu'à Bordeaux, comme ailleurs, avant comme depuis 865, tous les érudits connaissaient la découverte que s'attribue M. Ernest Gaullieur.

() M. Gaullieur prétend que ce mot signifie Ulm, parce que le notaire gascon, entendant un nom allemand dont la prononciation se rapproche de celle du mot latin Ulnus, l'a traduit en gascon par le mot français Orme. Quelque ingénieuse que soit cette supposition, ne serait-il pas aussi naturel de supposer qu'entcndant prononccr : de IVorms, il a cru cntendre d'Orme; mais je ne tiens ni à l'une ni à l'autrc dc ccs hypoth:ses.

libres, que ed, deu et es tengud de amenar a la present billa et ciutat de Bordeu mestres et compaignons per far libres d'impression et molle, et y tenir detz ans. Et plus, et prendre deus enfantz et compaignons de la bile per aprendre, si en y a aucuns que bulhen aprendre deudeit art, par pretz rasonables.

Et si s'en bolen anar losdeits mestres et companhons, sino a temps per mortalitat, durant lodeit temps, que nos pusquam saisir so que se troubera deudeit Micheu et deusdeits mestres et companhons. Et per que lodeit Micheu fassa las causas dessusdeitas lui auem ordenat et accordat dos cens francs bordales, a pagar per lo thesaurey de ladeita ciutat : cinquante fi'ancs dintz la festa de Nadau; autres cinquante francs a la festa de Sent Johan ; autres cinquante francs a l'autre jorn et resta de Nadau, et los autres cinquante francs a l'autre jorn et festa de Nadau ([). Et a major fermetat auem so accordat las presentes 1o xxle jorn de jung l'an mil Iiii iii et seys. (Archires départementales de la Gironde E. Notaires. Debosco 17o. i. fol.  74).

Ce document est transcrit dans la minute d'un acte daté du i6 décembre i486, que nous donnerons cidessous, après avoir analysé celui-ci, pour en faciliter la lecture aux personnes qui ne connaissent pas l'idiome gascon • Le prévot et les autres jurats de Bordeaux consta-

()/ri. Gaullieur pense, je ne sais pourquoi, qu'il y a ici une erreur du copiste, et que celui-ci a mis la Noël pour la Saint-Jean ; il me semble que si le dernier terme avait été fixé à la Saint-3ean, le libraire se serait trouvé recevoir les 2o0 ff. dans dix-huit mois, au lieu du terme deux ans, ddlai convenu.

96 APPEDICE.

tent qu'il a été lait avec Michel Svierlcr, libraire de la ville d'Orrne en Allemagne, les conditions suivantes- Michel Svieler s'est engagé à amener à Bordeaux des maîtres et compagnons imprimeurs pour y rester dix ans et y faire des apprentis dans leur art, à des prix raisonnables. Si ces imprirneurs quittent la ville avant l'expiration de ce terme, -à moins que ce nc soit en temps de peste, les jurats pourront s'ernparer du matériel des imprimeurs. A ces conditions, Michel Svierler recevra, du Trésorier de la Ville, 2o0 fr. bordelais, payables : 50 fr. à la Noël; 50 fr. à la Saint- Jean; 5o fr. à la Noël suivante, et les autres 5o fr. un an après.

RA TTIFICA TION, par le libraire Michel Svierler, du compromis passé avec les Jurats de Bordea,«x.

DICTA DIE [ 1 6 decembre I486]

Conogudag que aujornduy--etc, personament constltuit Micheu Svierler, de la bile d'Orme, en Alemanhe, loquau de son bon grat a obtemperat a l'apunctament feit per los senhors perbost et jurats de la present billa et ciutat de Bordeu, loquau appunctament s'en sec, de mot a mot, en aquesta maneira " Nos, los perbost... [ Voyez ci-dessus, p. 94. ] Et en obtemperant auscieits appunctarnentz lodeit Micheu d'Orrne, de son bon grat, reconogo auer agudz de honorable home Johan Feron, lo belh, thesaurey de la deita bila, la soma de cinquante francs bordales, et en tau maneira que s'en tenguo--etc; et a promes tenir losdeits appunctamentz en obligation de sa persona et bens g etc. sotzmet-- etc.

Et au cas que lodeit d'Orme no tengue losdeits pactes, mestre Nolot de Guiton, licenciat en decretz, deu rendre et recobrar losdeits cinquante francs bordales a la delta bila, etnetc.

Presentibusnetc. Petro de More et Arnaldo Ayma, habitatoribus Burdegale. (Archives dé partementales de la Gironde E. Notaires. Debosco 17 o. i. fol. 174)-

Dans cet acte, Michel Svierler accepte les clauses du compromis passé avec les jurats le z i juin dernier (voyez ci-dessus, pag. 94), et reconnaît avoir re,cu de l'honorable homme Jean Feron, le vieux, trésorier de la ville, la somme de 50 fr. bordelais. Dans le cas où Michel Svierler ne tiendrait pas ses promesses, maitre Nolot de Guiton, licencié en droit, s'engage à  restituer les 50 fr. à la ville.

ASSOCIATION commerciale entre Nolot de Guiton et 3lichel Svierler.

DICTA DIE [ 16 decembre I486 ]

Qu e a ujorn d u y--e tc. personnellemen t esta bliz: monsieur maistre Nolot de Guiton, licencié en decretz, d'une part, et maistre Micheau Svierler, de la ville d'Orme, en Alemaigne, d'autre part; lesdites parties on fait traicté et appoinctement entre eulx en la maniere que s'en suyt :

Et premierement, a esté appoinctç que ledit de Guiton entrera pleges envert messieurs de la vile pour la somme de deux centz francs bourdelois; c'est assavoir au cas que ledit maistre Micheau d'Orme ne entretint les pactes et convenances faitz entre lesdits sieurs de

la vile et luy. Au moyen duquel plege ledit Micheau d'Orme recuill ledit de Guiton en la moitd de sa part du gaing en partie (ou perte) qui viendra sur les livres imprimés.

Item, et au cas que ledit Micheau fist aucune merchandise, de livres ou autres chouses, de ladite somme de deux centz francs, en icelluy cas ledit de Guiton en ara sa part et portion.

Item, et pendant le terme de dix ans, de tous les livres imprimés, or ou argent,flet] papier, qu'ilz auront en comun ledit de Guiton sera tousjours saisi de ladite somme de deulx cents francs, o de la somme de laquelle sera entré pleges.

Item, et en faisant leur recognoissance, celuy de eulx qui aura fait forniturc - en blé, vin, papier, ou autres chouses, il sera paié de ce qu'il aura forni préalablement, et le demourant du gaing sera devisé entre culx par equales portions.

Item, au bout de leur terme ledit de Guiton ara sa part en ladite somme de deux centz francs.

Item, et pour ce que ledit Micheau a puis naguieres recuilli en sa compaignie ung maistre imprimeur, nommé Jehan Waltear, de Mindellon, pour le terme de deux ans, lequel a forny" grant quantité de lettres d'estaing, lesquelles se doybvent communiquer entre lesdits Micheau et maistre Jehan, a esté appoincté entre eulx, que les lettres d'estaing qui escheront audit Micheau, pour sa part, seront comuniquées ensemble audit Guiton.

Item les deux premiers ans passés, ledit de Guiton et Micheau seront comuns oudit gaing ou parte, le tout par moytié.

AVI'EmC. 99 Item, s'il estoit cas, que avant lesdits deux ans, ledit maistre Jehan ne voulsist tenir les pactes et appoinctementz faitz entre luy et le dit Micheu, de son bon grè, recuill et associe ledit maistre Nolot en la moité de tout le gaing et parte et aussi en la moité desdits deux cens francs baillés par mesdits seigneurs de la ville, sans aucune difficulté.

Et pour tout ce--etc, tenir--etc, obligent--etc, l'une partie à l'autregetc, soubzmettant--etc, iurant--etc. Présents" maistre Pierre Aisselin--etc. et Pierre Guionneau, sebatier, habitants de Bourdeaux. (Archives ddtarternentales de la Gironde E. Notaires . minutes de Debosco 170. I .fol. 174)"

OBLIGA TION de 3lichel Svierler en faveur de Nolot de Guiton.

DICTA DIE [ I6 decembre t486 ]

Que leditMicheau d'Ormeetc, doitetc, audit de Guitonetc. présent--etc, la somme de cinquante francs bourdelois; laquelle somme ledit de Guiton a receue de mesdits seigneurs de la ville, a causa dudit appoinctementetc. De laquelle ledit de Guiton est pleges envert mesdits seigneurs etc. pour ledit Micheu. Et plus, la somme de trente francs bourdelois, les-

quelz ledit de Guiton lez y a baillez du sien proupreg etc. à les paier et rendre audit de Guitonetc. du premier gaing qui sera en la merchandise qui sur ce a csté ordonné à faire etc. oblige  etc. soubzmet  etc. Presents les dessusditz.

En marge est écrit: Cancellata hec carta, die v

mensis junii, anno Domini ° II c LXXXVll °. (Archi- ,es départemcntales de la Gironde E. Notaires :minutes de Debosco  7 o. .fol.  7 5 ).

A SSOCIA TION entre Nolot de Guiton et 31ichel Svierler lour la vente d'un breviaire d'A uch.

DIC'r, mF [ vlI junii 1487 ]

Saichent tous ceulx qui ces présentes lettres verront et ourront que aujourdhui, septiesme du mois de juing, l'an mil IIII c IIII  et sept, en la présence de moy, Pierre Dubosc ..... personnellement establi maistre Micheau Svierler, de la ville d'Orme (i), en Alemaigne ..... lequel.., a congneu et confessé.., avoir eu, prins et receu de monsieur maistre Nolot de Guiton, licencié en decretz, de la paroisse de St Michel, et bourgeois de Bourdeétux, la somme de huyt vings francs bourdelois, à compter xv. sous tournois pour franc, en tielle maniere qu'il s'en tient pour bien content; de laquelle

somme de huyt vings francs ledit cit et confessé qu'il avoit baillé Estienne Sauveteau et Guillaume

maistre Micheau a et paié a maistres , imprimeurs

à Poitiers, la somme de cent francs tournois, ainsi qu'il appert par cedules et quittances faictes et baillées par lesdits maitres imprimeurs audit Micheau d'Orme à causa de ung certain marché feit, entre lesdits iraprimeurs et Micheau, pour le nombre et quantité de

() Le notaire avait écrit Svierler Dolme, il a effacé Dohne pour mettre • De la ville d'Orme.

sept centz breviaires de l'ordre (t) d'Aux, ainsi que dudit pacte et marché, entre eulx fait, appert par instrument receu par main de notaire, ainsi qu'il dit. Et le demourant de ladite somme de huyt vings francs ledit maistre Micheu a dit et confessé qu'il avoit despandu et miz a la poursuite et diligence pour avoir et recouvrer lesdits breviaires et les mener et conduire  Aux.

Desquelles sommesdessusdites ledit maistre Micheau Svierler, d'Orme, veult et se constent que du premier argent qui aviendra et sortira desdits breviaires ledit maîstre Nolot de Guiton, ou son commis, soyt premierement paié et sattisfait, bien et entierement, et puisse prendre l'argent desdits breviaires entro au paiement de ladite somme.

Et au moyen dudit argent et sommes susdites, ainsi par ledit maistre Nolot baillé, ledit maistre Micheau à accuilly, associé et accompaigné ledit maistre Nolot de Guiton en la moité du gain qui se fera et adviendra

desdits sept centz aucune difficulté.

Et pour ce faire

breviaires

• tenir .....

dudit ordre d'Aux, sans

ledit maistre Micheau a

obligé audit maistre Nolot de Guiton... sa propre personne et tout et chacuns ses biens.., et par spécial à obligé lesdits breviaires, et a soubzmis et soubzmect sadite personne et biens et breviaires à les jurisdictions et rigueurs de noble et puissant seigneur monseigneur

I1) Après de grands raisonnements pour établir le véritable nom de la ville désignée par le nom d'Aux, M. Gaullieur fait des efforts moins heureux pour arriver à expliquer ce que peut vouloir dire, ici, ce mot d'ordre; ne serait-ce pas la traduction pure et simple du mot ordo aujourd'hui admis dans la langue française ?

le grand sénéchal de Guienne... Et a renoncé et renonce à tous droiz, loix... Et a promis et juré.., etc. Ce fut fait et passé en la ville et cité de Bourdeaux, ès presences de maistre Bartholomé Dumourar, clerc, notaire, et Pierre Guiraud, coturier, demourans en ladite ville de Bourdeaux, témoings à ce appeliez, priés et requis; les jour, moys et an que dessus. (Archives du delvartement de la Gironde E. Notaires- minutes de Debosco x7o. I. 3e cahierf. 24).

§ XXXll. e Les faits qui résultent de ces actes, très-curieux et très-importants pour l'histoire de l'établissement de l'imprimerie à Bordeaux, sont clairs et précis.

Un allemand, cherchant fortune dans des voyages industriels, est arrivé à Bordeaux, par terre ou par mer, d'Allemagne ou de Flandres, peu importe (i). Jean Svierler est [rappé de voir qu'une ville aussi importante n'a pas encore d'imprimeurs, lorsque les maitres et compagnons de ce métier sont répandus sur toute la surface de l'Europe; et il pense qu'en établissant une imprimerie à Bordeaux on pourrait y gagner de l'argent. Malheureusement le libraire nomade avait fait comme la pierre qui n'amasse pas de mousse en

() Le Catalogue de la belle collection de M. Victor Luzarche contient, sous le numéro 834, une dissertation dans laquelle l'auteur établit que, dès 466, Fust avait essayé d'établir des relations avec le premier président du parlement de Toulouse, et qu'en 476 des ouvriers, envoyés de Mayence par Schoyffer, munis de caractères mobiles, y avaient établi une imprimerie appliquée non-seulement aux labeurs nécessaires à une grande administration provinciale, mais même à la publication d'ouvrages purement littéraires.

roulant, et quelque minime que fût la somme nécessaire à son entreprise, Michel Svierler ne la possédait pas. Alors, il eut l'idée de s'adresser aux jurats, parmi lesquels, selon l'expression de M. Gaullieur, il y avait alors des hommes fort intelligents, et il s'engagea envers eux, le 2I juin I486 , à faire venir à Bordeaux des maîtres imprimeurs pour y imprimer des livres et former des apprentis pendant dix ans, moyennant une subvention ou commission de deux cents francs bordelais, payables à divers termes.

La Municipalité accepta ces offres, mais à une condition- c'est qu'un homme connu et solvable répondrait du bon emploi de l'argent qu'elle devait donner. Michel Svierler trouva, dans Nolot de Guiton, licencié en droit (t), appartenant à une famille illustre et riche, un homme assez confiant en l'honorabilité des promesses de cet étranger pour, moyennant son association aux bénéfices de l'entreprise," risquer de perdre les sommes avancées par les jurats et celles qu'il serait obligé d'avancer de ses propres deniers. Était-ce pure cupidité, était-ce pur désir d'être utile à sa patrie, y avait-il mélange de ces deux sentiments ? Peu importe ; Nolot de Guiton consentit à cautionner Svierler pour doter sa patrie des bienfaits d'une imprimerie. En conséquence, cinq mois plus tard, le 6 décembre 486, Michel Svierler ayant enfin rencontré un imprimeur allemand, nommé Jean Waltear, possesseur

() M. Ernest Gaullieur dit que Nolot de Guiton était alors Procureur-Syndic de la ville, quoique la Chronique Bordelaise assure que M  B. Lepiochel le fût en 483, et que M. Gaallieur lui-mtîme constate que celui-ci était encore Procureur-Syndic le t2 aotît 486.

l 0 4 APPENDICE.

d'un matériel suffisant, et qui paraissait décidé '& s'associer au proiet d'établir une imprimerie -à Bordeaux, le libraire étranger et Nolot de Guiton passent, devant le notaire Dubosc, un acte d'association pour l'exploitation de cette nouvelle industrie.

Par cet acte, Nolot de Guiton s'oblige, dans le cas prévu où Michel Svierler ne tiendrait pas ses engagements, à restituer à la ville les sommes qu'elle aurait données. En compensation, il est associé à tous les bénéfices que pourra produire soit l'imprimerie, soit tout autre commerce fait avec l'argent avancé par la ville. Nolot de Guiton et son associé seront remboursés, avant le partage des bénéfices, des sommes ou de la valeur des denrées qu'ils auront avancées pour l'association. Au bout de dix ans, la socidté sera dissoute; les deux cents fi'ancs donnés par la ville, comme les caractères d'étain que l'imprimeur Jean Waltear s'est engagé à donner à Michel Svierler, seront partagés entre les deux associés.

Les termes de l'acte disent que Nolot de Guiton restera toujours nanti des sommes avancées par la ville; mais il était bien entendu que cet argent devait ëtre employé  monter l'entreprise, sans quoi le Trésorier de la ville aurait pu garder les fonds dans sa caisse attssi bien que Nolot de Guiton dans la sienne; et, en effet, le premier pacte de cinquante francs bordelais était à peine échu, que cette somme ne suffisant pas aux premiers besoins, Nolot de Guiton fut obligé d'y ioindre trente francs de ses propres deniers. Michel Svierler, qui devait dépenser l'argent, donna une reconnaissance pour la somme totale de quatre-vingts francs à son associé, le 16 décembre 1486.

A PFINDIC .,, I 0.

Depuis cette déclaration, que se passfit-il entre les deux associés? Rien ne l'indique; mais il est à peu près certain que, pour une cause ou pour une autre, leur imprimerie ne fut pas établie. Les minutes du notaire ne mentionnent point le second ni les autres paiements que la ville devait effectuer ,à partir du 4 juin 487; et, au lieu de cela, nous trouvons, en marge de l'obligation pour 8o fr. bordelais, que cet acte fut annulé le 7 juin 487. En même temps, dans le mëme registre, et précisément à la date du 7 juin 487, il est fait mention d'un nouvel acte d'association entre les mèmes parties, pour une opération différente. Michel Svierle; après ou avant son association avec Nolot de Guiton, avait été obligé de courir le pays pour chercher des imprimeurs ou de nouvelles entreprises; il prétendit (l'acte constate que son associé commençait à se défier de ses assertions) qu'il avait fait un traité avec deux imprimeurs de Poitiers pour l'impression de 7oo exemplaires d'un bréviaire du diocèse d'Auch, moyennant x2o ff. bordelais, et que si Nolot de Guiton voulait lui fournir cette somme et 4o ff. de plus pour faire transporter les 7oo exemplaires de Poitiers à Auch, Nolot de Guiton serait non-seulement remboursé de ses 6o ff. bordelais sur le premier argent qui rentrerait, mais qu'il serait, en outre, associé à tous les bénéfices que produirait la vente des autres bréviaires.

Il résulte bien évidemment de cet acte que Michel Svierler n'ayant pas rempli ses premiers engagements, trouva moyen de faire accepter à Nolot de Guiton, en compensation des 8o fr. bordelais qu'il avait perdus, une part hypothétique sur les bénéfices énormes que

devait produire la vente de ces 700 bréviaires, et, qu'ayant ainsi dénaturé sa dette, il pût échapper aux mains de Nolot de Guiton et gagner du large, soit que sa dupe ait eu la simplicité de lui compter les 8o fr. bordelais de différence entre sa première et sa deuxième créance, soit qu'elle ait été séduite par l'appas usuraire de grossir cette première créance de 5o pour cent sans bourse délier.

En effet, les imprimeurs ou prétendus imprimeurs de Poitiers, dont Michel Svierler ne put nommer qu'un seul, quoiqu'il efit, ainsi qu'il dit, passé avec eux des actes par mains de notaires, peuvent très-bien n'avoir pas plus existé que les bréviaires d'Auch et mëme que le Jehan Waltear, possédant des lettres d'étain qu'il devait si libéralement partager, sans qu'on sache bien pourquoi, avec Michel Svierler et Nolot de Guiton. Il est certain, je le répète, que Jehan Waltear n'imprima jamais rien à Bordeaux, car les minutes de Me Dubosc n'auraient pas manqué d'enregistrer la nouvelle somme de 5o fr. bordelais payée "à ML Svierler par la ville, et dont celui-ci se serait trouvé débiteur envers Nolot de Guiton.

Tels sont les laits qui, selon moi, résultent clairement des actes intéressants et curieux, à plusieurs titres, que M. Ernest Gaullieur a eu l'heureuse chance de découvrir.

Il est positif qu'un allemand, nommé réellement ou non Michel Svierler, libraire ou non, a fait, en x486, un traité avec les jurats pour établir une imprimerie à Bordeaux. Donc, contrairement à toutes les probabilités, il n'y a pas eu d'imprimerie à Bordeaux avant cette époque, même du temps de cette espèce de royauté

exercée avec tant d'éclat par le célèbre Charles, duc de Guyenne; donc, cette entreprise n'avait pas encore réussi le er juin t487, et, malgré le titre donné par M. Gaullieur "à sa brochure, l'imprimerie n'a pas été établie "à Bordeaux en 486.

§ XXXIII.--M. Ernest Gaullieur a tiré, des curieux renseignements qu'il a trouvés, des conséquences qui diffèrent beaucoup de celles que je viens d'exprimer; je les ai déj'à indiquées; mais je vais les analyser plus complétement en me servant, autant que possible, des phrases mêmes de M. Gaullieur.

En 486, dit-il, Michel Svierler, libraire allemand, associé à Jean Waltear, imprimeur souabe, passait, avec les jurats (i), un contrat de dix ans pour l'exercice de l'imprimerie "à 13ordeaux. -- Comme on le voit, ce sont le prévôt et les jurats qui traitent directement avec Michel Svierler et lui avancent les premières sommes nécessaires à son établissement; peut-être même, et c'est probable, n'était-il venu en Guyenne que sur leur demande. C'est donc -à la Municipalité de cette époque que revient, en partie, l'honneur de l'introduction de l'imprimerie à Bordeaux.

Je crois qu'avec le peu d'argent dont il pouvait disposer, le libraire allemand aurait pu réussir h Bordeaux, s'il n'eflt été forcé [par qlti?] d'accepter les

(x) Nous avons vu que si Michel Svierler a jamais té associ à Jean Waltear, il n'était nullement question de ce dernier dans l'acte passé avec les jurats, et que Jean Waltear est mentionné seulement dans l'acte d'association passé cinq mois plus tard entre Michel Svierler et Nolot de Guiton. Ailleurs, M. GaullR:ur luimême se demande, et avec raison, si Jean Waltear est jamais venu à Bordeaux.

| O APPENI)ICE.

conditions cruelles d'une association avec Nolot de Guiton. m C'est l'histoire douloureuse de la lutte entre le novateur hardi ou l'inventeur de génie et le bailleur de fonds rapace, lutte de tous les pays et de tous les siècles (i) ! -- Cherchons quels furent les résultats de l'arrivée de Svierler à Bordeaux. m I1 me semble qu'on peut conclure hardiment que Michel Svierler était venu seul à Bordeaux, prob.ablernent dans le doute de l'accueil qui lui serait tait, et pour éviter les frais considérables qu'aurait entrainés le déplacement de plusieurs personnes; mais qu'il avait traité d'avance avec l'imprimeur et les ouvriers qui, devant le seconder (2), n'attendaient qu'une lettre de lui pour venir le rejoindre.

I t) On croit rêver quand on lit de pereilles phrases à propos de pareils actes ! Qu'avait donc inventé ce libraire étranger, si non un moyen de faire servir les idées généreuses de Nolot de Guiton h faire passer l'argent de la bourse du citoyen patriote dans la bourse vide de l'industriel nomade. La qualité de procureursyndic que M. Ernest Gaullieur attribue à Nolot de Guiton a porté un tort considérable à celui-ci dans l'estime du savant archiviste de la ville de Bordeaux. Il s'est imaginé, je ne sais pourquoi, que cette honorable fonction municipale avait quelque chose d'analogue avec les fonctions de procureur au Parlement, et il a accablé partout ce malheureux fonctionnaire des épithètes les plus cruelles. Oubliant que les procureurs au Parlement n'obtinrent l'honneur d'&re nommés jurats que dans une époque très-avancée du xwl « siècle, il traite le procureur-syndic de la ville, au xv c, comme un véritable procureur des comédies de Molière. (OE) Il résulte au contraire, très-clairement, des actes publiés par M. Gaullieur, que Svierler ne traita avec Waltear qu'après avoir traite avec les jurats de Bordeaux, et il n'est question nulle part de l'arrivée des ouvriers qui devaient le seconder, et qui vinrent ,Fautant moins quc, tr;zs-probablcment, Waltear lui-méme n'arriva jamais.

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Jean Waltear vint-il à Bordeaux? C'est ce que j'ignore.- Mais Svierler était resté au moins une année t Bordeaux et nul doute qu'il n'cOt fait, pendant ce laps de temps, quelques essais d'impression au moyen de ses caractères mobiles d'étain (t).

Ainsi, continue M. Gaullieur, Svierler, qui, 'a ses risques et périls [lesquels ?], apportait les importants secrets de l'imprimerie, se voyait condamné a ne retirer aucun profit de son labeur, et se trouvait lié de toutes parts par les clauses impitoyab.les d'un contrat que la nécessité l'obligeait à accepter (2).--Ceux qui

t  ) Svierler n'était pas imprimeur, n'avait pas de caractères mobiles d'étain, et pendant qu'il était à Bordeaux traita avec des imprimeurs de Poitiers pour l'impression d'un bréviaire. A part ces trois difficultés, les conjectures de M. Gaullieur pourraient avoir une certaine vraisemblance.

(z) La conduite de l'ancien procureur-syndic de la ville indigne à tel point l'archiviste actuel de la Municipalitoe, qu'il se laisse emporter jusqu'à reprocher à Nolot de Guiton d'avoir lui-mErne rédigé son acte d'association, et d'avoir forcé Michel Svierler à se soumettre à une clause insolite et troes-grave, celle d'engager à l'exécution de cet acte, non-seulement tous ses biens, mais aussi ,, sa propre personne ». Or, cette clause étant une formule cmployée dans tous les actes de cette nature, il en résulte que M. Gaullieur a été bien distrait en lisant les actes si nombreux qu'il a transcrits ou analysés. M. Gaullieur prétend encore que, dans cet acte, Nolot de Guiton ,, insiste, à deux reprises, pour s'assurer aussi un recours contre les détenteurs des bréviaires ». J'ai vainement relu soit le texte publié, soit la minute originale, et je n'ai pu y découvrir ni la première ni la seconde de ces deux clauses! Heureusement pour M. Gaullieur le rapace procureursyndic du xv  siècle ne viexdra pas lui intenter un procès en dommages et intérêts, et notre archiviste a pu, sa,as danger, se montrer impitoyable pour la memoire d'un magistrat municipal coupable d'un crime grave, celui d'avoir forcé un no,,ateur hardi ou un

supposeront que, du mois de juin i486 au mëme mois de l'année suivante, Svierler n'avait commencé l'impression d'aucun livre, conviendront avec moi qu'il est peu probable qu'il n'eCtt au moins enseigné à personne l'art de la typographie (I).

M. Gaullieur est si persuadé de la vérité de ses conjectures qu'il les suit .a outrance. Selon lui, les jurats avaient dU mettre, à la disposition de Svierler, un des immeubles appartenant à la ville, tant pour s'y loger lui-même que pour y installer son imprimerie, et comme il trouve que, neufjours après le contrat passé entre Svierler et les jurats, ceux-ci avaient acheté diverses maisons, il en conclut que c'était pour y loger Svierler. Voyant aussi qu'un inois et demi après cette

première acquisition, les jurats avaient acquis deux autres maisons, il en conclut encore que c'est parce

qu'ils avaient reconnu l'insuffisance de leur première libéralité.

L'imagination de M. Gaullieur est, comme on le voit, très-féconde; ailleurs, trouvant qu'un témoin des actes qu'il a transcrits porte un nom à peu près sëmblable "à celui d'un imprimeur d'Orléans, il a été tenté

inventeur de génie à venir exprès d'Ulm à Bordeaux pour recevoir quelques misérables pièces d'or en échange deg caisses plus ou moins pleines de bréviaires d'Auch, imprimés à Poitiers. (1) M. Gaullieur oublie toujours que Svierler n'était pas imprimeur et n'avait pas de caractères d'étain; il oublie encore que si l'acte par lequel Svierler s'était reconnu débiteur de 8o fr. bordelais envers Nolot de Guiton avait eté annulé le 7 juin I487, c'était évidcmment parce que Svicrler était par,,'cnu à faire adopter à son associé une autrc entreprise, et non parce que lc procureur-syndic avait dtA prématurément remboursé.

d'en conclure que cet imprimeur est un des apprentis formés dans l'imprimerie de Michel Svierler. Il est inutile d'insister là-dessus» comme l'a dit M. Gaullieur lui-même, il serait ridicule d'attacher 1 de simples rapprochements plus d'importance qu'ils n'en peuvent avoir.

Abandonnons donc ces considérations secondaires, et constatons que, quelques différentes que soient mes appréciations de celles de M. Ernest Gaullieur, mon interprétation laisse subsister tout entier l'intérêt des documents découverts par l'heureux archiviste de la Mairie dans les archives du Département.

§ XXXIV.--Que se passa-t-il à Bordeaux de 486 à t 5  9, époque où l'on trouve la première trace d'une imprimerie bordelaise? Évidemment la même chose qui s'était passé dans les autres villes. Quelque admirable que soit l'invention de l'imprimerie, et quelque lucratif que pot être son exercice dans les premiers temps, tous les maitres imprimeurs ne surent pas tirer un bon parti de l'exercice de leur art. Les actes découverts par M. Gaullieur nous en fournissent deux preuves" Jean Waltear devait quitter son pays et abandonner la moitié de ses caractères moyennant une très-minime rétribution; les deux imprimeurs de Poitiers avaient imprimé 7oo exemplaires d'un bréviaire pour un prix très-modique, puisqu'un libraire étranger, et très-peu tbrtuné, devait en retirer des bénéficés énormes tout en abandonnant à un associé la moitié de son profit.

D'ailleurs, comme je l'ai déjà dit, la détermination de l'époque précise où des ouvriers ou des maîtres iraprimeurs vinrent s'établir à lordeaux, peut être un

point intéressant à déterminer pour quelques curieux ou quelques bibliophiles enthousiastes; mais l'honneur de nos populations ou de notre ville ne peut être accru ou diminué en quoi que ce soit, parce qu'un colporteur de caractères d'étain se sera arrêté, un an plus tôt ou plus tard, chez nos voisins ou chez nous. L'invention de l'imprimerie produisit, au xv" siècle, les mêmes résultats que nous voyons se produire pour les grandes découvertes modernes. La photographie est certainement une heureuse et grande découverte; mais l'histoire enregistrera-t-elle l'époque précise où le possesseur d'un objectif s'est transporté la première lois dans une ville quelconque ? Et cependant la photographie ressemble beaucoup, et de nom et de fait, à la typographie.

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