‹ Origines de l'institution des intendants des provinces, d'après les documents inédits;Chapitre 13 sur 51 · Voy. Ouvré, p · texte numérisé non relu

Voy. Ouvré, p

3. V. Sully, Œconom, roy. (éd. 1725, t. V, p. 129). En novembre 1600, de Maisse était encore en Provence; la ville de Toulon lui envoyait des députés à Marseille « pour lui faire entendre la bonne volonté et affection de la ville au service du roi » . On a une ordonnance de lui du 5 novembre 1600. (V, Arch. mun. de Toulon, BB. 52, f* 482 et sq.) Je relève dans les Archives de

Le Camus, sieur de Jambeville, fut envoyé dans le Limousin en 1602 ^ ; il avait pour mission de réprimer une autre sédition populaire, émue également à Toccasion de la Pancarte ou droit de sou pour livre. Cette mesure financière, prise sur les avis de l'assemblée des notables de Rouen , et combattue par Sully, souleva, comme on le voit, une vive opposition dans les provinces. Henri IV ne voulut pas laisser croître ces germes de révolte ; il les réprima rudement. C'est à cette intervention rapide du pouvoir central qu'est dû l'envoi si fréquent de commissaires à cette époque.

Jambeville fit à Limoges ce qu'on avait fait déjà à Marseille, à Poitiers et dans d'autres villes. Il mit la main sur les franchises municipales : « Le roi « ayant remarqué puis quelques années en ça que « la forme acoustumée d'élire les consulz en la « présent ville, n'apportoit rien de sy fréquent « que brigues, sédictions et tumultes, ce que ledict « sieur de Jamble ville dût avoir fort bien recognu, « estimant que ce dernier désordre n'estoyt pro- « cédé que d'une licentieuse authorité usurpée par « quelque nombre de personnes de basse qualité « sur les magistrats , officiers du Roy et plus no- « tables personnes de ladite ville ; que d'ung gou- « vernement tant insolent et desreiglé , on n'en « debvoit attandre que quelque misérable acci-

Nlmes (LL, 15), Tarrivée des commissaires royaux pour Texécution de Tédit de Nantes, sous la date du 5 décembre 1600. 1. V. Chassebras (t. I, p. 91).

dent qui pourroit à Tadvenir causer la ruyne et désolation de ladite ville ; a quoy Sa Majesté voullant pourvoir, plus désireuse du bien et repos ses subjects qu'eux-mêmes *, estoit résolue de changer la forme de ladite élection en une meilheur, enjoignant à ces fins ausditz consulz d'envoyer ung d'entre eulx à la court pour recepvoir le reiglement qu'il plairoit à Sa Majesté en faire résouldre en son conseil... **»

Il fut décidé par la suite qu'à l'avenir les consuls seraient au nombre de six au lieu de douze, et qu'ils seraient nommés par l'élection à deux degrés.

On voit que ce commissaire^ dans son court séjour à Limoges, agit non moins rudement que devaient agir plus tard les intendants de Richelieu et de Louis XIV.

Lagrange-Courtin et d'Aubigny allèrent en Normandie ^ en 1604; Raymond de Verteuil, sieur de Fenillac, en Quercy (déc. 1605 *) ; André Le Fèvre

1 . Voilà la vraie formule de Tautorité despotique. De ce jour, le XVII® siècle s'ouvre avec toutes les conséquences politiques que Ton connaît.

2. Extrait des registres consulaires de Limoges, publiés par la Société archéologique (t. III, p. 59). V. pour l'ensemble du texte à l'Appendice : Arch, comm, de Limoges^ BB 2. (Cf. Lettre de Henri IV au maréchal de Montmorency ; Lettres missives, t. V, pp. 596-7.) Une partie de ces renseignements nous ont été fournis par M, Leroux, archiviste à Limoges.

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