‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 6 sur 519 · RATION AL LITURGIQUE · texte numérisé non relu

RATION AL LITURGIQUE

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Il y a déjà plusieurs années qu'il sons notes dans les auteurs qui ont traité spéciatomba dans les mains un livre intitulé : Ma— lemenl cette matière si intéressante, et dont nuei du Culte Catholique , ou Histoire det néanmoins l'étude, il faut l'avouer, est si gé- Myetire» et Cérémonie $ de la Religion Chré- ' néralemenl négligée. Nos confrères savent tienne, imprimé à Paris ches Lenormant bien que la Liturgie et la sciencedesanliquien 1810. Cet opuscule était recommandé par tés ecclésiastiques ne Cgurent poinl dans In les journaux religieux de l'époque. Ami pas- cours de théologie de nos séminaires. Nous sionné de tout ce qui regarde la science li- primes donc la résolution de refaire et d'alurgique, nous nous empressâmes de lire ce grandir le Manuel du Culte Catholique. Mail petit ouvrage, dont le litre semblait promettre bientôt nos recherches ayant pris un nouvel a notre esprit l'aliment dont il est avide, essor, nous résolûmes de faire un livre en- Quel fut notre désappointement lorsque dans tièrement neuf ; notre position dans le saint cfile sorte de Dictionnaire,nù chaque article ministère, à Paris, nous avait permis d'em— devait nous fournir des notions sinon corn- ployer nos intervalles de loisir 'à fréquenter plèiea.du moins sûres et précises, nous ne les bibliothèques publiques, trouvâmes qu'une compilation froide et indi- Une circonstance particulière nous permit geste , et une foule d'inexactitudes 1 Ce qu'il de juger par oous-méme de l'intérêt que les y a de bon n'est qu'un plagiat textuel, et Rer- simples Fidèles prennent aux explications li* gier qui en a fourni les frais n'est pas môme lurgiques. Pendant le Carême de 1832, nous cité. Trompe dans notre attente, nous nous développâmes, dans une église de taris, recueillir un grand nombre de l'ordre littéral et mystique du Saint Sacrifie*

(Une.)

LITciUiiE CATHOLIQUE.

de nos aulels. Oserons-nous dire que' ces de la Liturgie. Cependant •nstruclions, d'un genre si nouveau, furent

écoulées avec une attention toujours croissante? Cela nous détermina à publier, sous le litre ^Entretiens Liturgiques, le sommaire de ces Conférences. Un Evèquc, professeur de la Faculté de Théologie , en Sorbonne , daigna approuver et encourager ce modèle essai. Nous n'aurions pas besoin de nommer l'évoque de Carysle , Pierre -Marie Cottrel, décédé en 18W), Evéque de Beauvais. Dans la Préface de ce volume indouze , nous promîmes un Dictionnaire raisonné de tout ce qui tient aux notions Liturgiques. Un séjour de plusieurs années au sein du calme provincial nous procura le temps nécessaire pour mettre en ordre nos lectures et nos annotations. Notre bibliothèque particulière s'enrichit des ouvrages les plus estimés, et nous eûmes tout le temps et toute la facilité de les méditer. Nous en nommons les auteurs dans un catalogue spécial qui accompagne ces quelques observalions préliminaires.

Le respect que nons professons pour l'œuvre si peu connue de Guillaume Durand, qui, au treizième siècle, occupait le Siège Episcopal de Monde, nous avait porté à donner à notre livre le litre de Ralionalt mais celui A'Oriqint* et Raison de la Liturgie catholique nous a paru plus simple. Le savant Prélat, outre la partie historique, donne plusieurs explications mystiques et ascétiques des Offices divins. C'était la fin principale qu'il se proposait ; ce ne pouvait être notre but capital. Disons d'abord que nous avions formé le projet de faire un traité méthodique qui aurait reçu le titre û'Etudes sur la Liturgie ; mais la forme de Dictionnaire nous sembla préférable. Tout le monde connaît le Dictionnaire de Théologie de Bergier, nous l'avons pris pour modèle sans nous astreindre à une servile imitation. Nous donnons d'abord l'origine du mot, nous présentons celle de la chose, el nous descendons avec les siècles, autant qu'il est possible, jusqu'à l'état présent. Pour ne point fatiguer le Lecteur, nous procédons par paragraphes, dont le dernier, sous le nom de Variétés, renferme les autres notions ou les faits historiques qui ne peuvent trouver leur place dans les paragraphes précédents , sans en troubler l'barmonie el la lucidité. Saint Augustin a dit : Sicuf labor viatoris hospitio, tta /tort lermino reficitur lectoris intentio.

Nous ne nous sommes pas dissimulé combien noire entreprise était difficile. Pour nous borner à notre sujet, il nous fallait omettre tout ce qui a rapport au Dogme el à la Morale, à la Jurisprudence Canonique, à l'Histoire de l'Eglise proprement dite, et néanmoins beaucoup de termes, qui appartiennent à chacune des branches de la science théologique, se rattachent aux connaissances liturgiques. Ainsi les mots Ban, Concile, Conclave, Diocèse. Excommunication, Fabrique, indulgence. Légat, Monitoire. Pénitence publique, Visite épiscopale, el une foule d'autres, ne sont point directement du domaine

s Ggurenl dans

notre ouvrage, à cause de leurs affinités , el il suffit que par un point ils s'y rallient, pour que nous leur consacrions des articles. D'un côté, notre livre ne pouvait être un Dictionnaire d'érudition ecclésiastique, une sorle d'encyclopédie sacrée; d'un autre côté, ceux qut voudront bien nous lire, auraient pu nous reprocher une trop scrupuleuse précision, en ne traitant que ce qui est rigoureusement liturgique. Nous avons donc cru devoir élargir la signification du terme qui fait notre titre principal, sans vouloir néanmoins prétendre en faire un livre doctoral. Dans sa signification étymologique, la Liturgie esl l'action auguste, par excellence, ou Sacrifice de la Messe, Sacrum Facere. C'est par ce nom que les Grecs désignent cette rénovât! on non sanglante du Sacrifice du Calvaire. Dans un sens plus large, sans sortir des limites qui nous sont tracées , nous traitons des Sacrements, des solennités chrétiennes, de la hiérarchie d'ordre et de juridiction, des habits qui en distinguent les membres dans l'exercice de leurs fonctions et même hors du temple, des édiûccs de tous les genres affectés au culte et de leurs diverses parties, des vases sacrés, ustensiles et objets divers qui y sont employés. L'Archéologie chrétienne y doit donc occuper une place. Le symbolismo n'y est appliqué qu'avec son cachet authentique. Nous ne nous sommes point fait un système de Liturgie cl d'Archéologie pour arriver par l'élude à y faire cadrer les connaissances acquises. Nous prenons les faits tels qu'ils se présentent, el nous croyons que c'esl la bonne manière de fairo un ouvrage descriptif.

Nous n'avons pas épuisé la matière ; mais ce que nousdisons suffit nouroblenir detrès-oonyenables notious en fait de Liturgie; cl ne fautil pas avouer que des notions mémo très-médiocres sur cet important objet, sont extrêmement rares, comme nous l'avons déjà insinué. La Rubrique ne pouvait être pour nous qu'un but secondaire, et nous ne pouvions descendre dans les détails minutieux dont elle est susceptible, sans faire peut-être dégénérer notre travail en un cérémonial qui en aurait absorbé le fonds. Le but principal que nous nous proposions était la recherche dea origines ; tout le reste vient en seconde ligne. Les anciennes Liturgies y apparaissent avec leurs diverses phases. La Liturgie romaine y occupe néanmoins la plus large place : cela devait être. Mais nous décrivons les Liturgies Ambrosiennes, ou de Milan, et Mozarabe, ou de Tolède, qni ne sont dans l'Eglise Occidentale qu'une modique exception. Nous entrons dans plusieurs détails explicatifs des nuances qui se montrent dans les Rites divers de la Liturgie Romaine. L'Eglise Oriental o ne pouvait être oubliée; nous faisons connaître assez amplement, pour la Messe cl l'Office divin , les grandes Liturgies de Saint Jacques de Jérusalem, celle de Lonslantinople, celle de saint Basile , etc. ; l'admirable Liturgie Arménienne : celle-ci , quant à 1 ordre du Saint Sacrifice, y esl insérée eu

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ton entier, d'après la traduction italienne qui on a été récemment publiée par Gabriel

Avedirhian , méclrilarisle de Saint Lazare, à. Venise. Elle accompagne l'ouvrage en forme d'appendice. En général, les Rites Orientaux sout toujours mentionnés dans les articles qui en fournissent l'occasion, et c'en est presque la totalité.

Nous n'avons pas la prétention d'instruire; mais si l'on trouve que notre travail peut épargner d'innombrables et difficiles recherche? , nous serons amplement dédommagés de nos peines et de nos veilles. Il est trespossiblc que certains points de notre livre trouvent des censeurs ; mais comme la critique ne peut s'y exercer que sur des opinions libres cl tout à fait indépendantes du Dogme, le champ reste libre et sans inconvénient. Nous ne redoutons pas les hommes solidement versés dans les questions d'antiquité religieuse; nous les conjurons, même à nos dépens, de secouer encore le flambeau de la science liturgique pour en faire jaillir de nouvelles étincelles. On ne pourra , au surplus , nous reprocher des omissions, car nous n'avons pas voulu composer un répertoire uui- Tersel et complet de tout ce qui peut être dit sur ce vaste objet, et nous ne disons que ce qui a été jugé par nous susceptible de figurer dans uolre iivre. Notre Dictionnaire n'est pas plus un cours complet de Liturgie, que celui de Bergier n'en est un de théologie; mais nous avons la douce confiance que le simple fidèle, comme l'ecclésiastique , l'archéologue, l'artiste et même l'historien , y trouveront sous la main des connaissances pour l'acquisition desquelles il leur aurait fallu pâlir sur de très-nombreux volumes.

11 est beaucoup moins aisé en France que partout ailleurs d'aborder les questions qui font l'objet de notre livre, en ce qui touche les Rites divers des Liturgies diocésaines. Moins de deux siècles avant notre époque, notre lâche eût été infiniment plus facile; nous eussions été beaucoup moins exposés à froisser des opinions; la France était à peu

fnrès entièrement romaine, par la forme de a Prière publique, comme elle l'est toujours néanmoins par la communauté de la Foi.

Personne plus que nous ne respecte l'Epi— scopat ; nous nous en faisons conscience et gloire: nous ne douions pas que les innovations liturgiques, auxquelles nous voulons faire allusion, n'aient été introduites dans de très-louibles intentions; mais nos pères, dans la Doctrine, savent mieux que nous et oons enseignent que le Siège de Rome est la priucipalité par excellence, potior prineipalita». La Chaire apostolique est le brillant foyer de* pures lumières de la Liturgie sacrée. Nous répétons donc ces paroles, qu'un auteur vient de publier: «Tout le monde sait « que les Eglises particulières, par consé- ■ quenl les Eglises de France comme les au- « très, no sont point infaillibles, indéfccli-

• bles : il n'y a que l'Eglise maîtresse des

• autres qui ait ce privilège. »Si nous énoncions l'opinion contraire, ne serions-nous

pas digne de blâme? Nous ne disons pas pour cela qu'une seule ait failli ; mais, prélre français , nous réclamons la liberté sur une question qui n'a pas étédéûnie. Nos évéques pourraient-ils nous censurer de ce que nous sommes Catholique Romain par les entrailles? Leur supposer une intention pareille, ne serait-ce pas les injurier ? Trente ans de sacerdoce viendraient nous protéger, si le zèle intempestif de quelques-uns de nos confrères voulait nous traduire devant l'Episcopal comme un enfant rebelle. Nons honorons dans nos évéques les successeurs des apôtres, et, dans le pape, Simon Pierre, le prince de l'apostolat. Nous ne faisons d'ailleurs dans notre livre aucune propagande; nous racontons, nous usons de la faculté d'émettre notre avis , et nous avons la conscience de notre force, l'histoire à la main, cl le sentiment catholique, sans restriction, dans notre cœur. Néanmoins nous savons que c'est pour nous un devoir de nous imposer beaucoup de réserve dans l'exposition des Rites diocésains qui surabondent en France, au sein de la grande Liturgie romaine; et, sous ce rapport, nous avons dû nous borner à un nombre très-minime, à ceux qui ont été le type de ces déviations de la Liturgie, modifiée par un Concile général, et promulguée par un saint pape avec les exceptions de droit.

Outre les auteurs qui nous ont directement servi de guides, nous en cilons plusieurs autres sur la foi de graves écrivains, tels que le Cardinal Bona. le Père Lebrun, Benoit XIV, D. Mabilion, etc. On comprendra que, dans nos articles, nous ne pouvons nommer à tout instant les Liturgislcs, Missels, Sacramcnlaires, Ordres, Rituels, que nous avons amplement mis à contribution ; 'eût été imprimer à noire livre un caractère e compilation sèche et monotone. En faveur des personnes laïques auxquelles la langue latine est étrangère, nous avoos traduit plusieurs passages. Quelques citations, d'un intérêt exclusif ponr les membres du Clergé, demeurent intraduiles. Quelquefois même une traduction fidèle serait impossible, parce qu'elle ferait perdre au texte son énergie ou son exactitude Ihéologique.

Loin de nous la présomption de garantir à cet ouvrage une infaillibilité qui n'est pas de l'homme: ce qu'il nous est permis d'affirmer, c'est qu'il a été fait avec une extrême lenteur, et que chacun des articles a été l'objet de plusieurs rédactions successives, jusqu'à ce que tous aient enGn paru dignes de la pu-, blicilé. La grave importance du sujet, l'intérêt de la vérité, celui de notre caractère sacerdotal, nous imposaient le soin extrême avec lequel nous y avons travaillé.

Nous déposons notre labeur aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ cl des successeurs des apôtres, qu'il appelle ses vénérables Frères. Notre orgueil est dans nolro soumission Daigne le Dieu miséricordieux, Père, et Fils et baint-Esprit, l'adorable Trinité, fin su« préme de la Liturgie, le bénir, puisqu'il a été entrepris pour sa plus grande gloire! Amen.

Catalogue biographique

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