CHANT XI
Le poëte, dans ce onzième chant, continue la description des jeux et des différents exercices qui occupent le loisir du jeune Bacchus et de ses amis. Le troisième exercice est celui du nageur. Bacchus et son jeune favori se plongent dans les eaux du Pactole. La victoire reste à Ampelus ou à la Vigne. Encouragé par ces succès, le jeune vainqueur a l'imprudence de vouloir se mesurer avec les animaux des forêîs. Bacchus l'averlit des dangers qu'il court, et l'engage à éviter surtout les cornes du taureau; mais ses remontrances sont inutiles. La déesse de la malveillance, qui a conjuré sa perte, l'encourage à monter un taureau qui était venu des montagnes pour se désaltérer dans le fleuve : le jeune imprudent tente de
monter et de conduire cet animal, qu'un taon pique et rend furieux. Ampelus est bientôt renversé et meurt de sa chute. Tous les détails de cet événement malheureux sont racontés d'une manière intéressante par Nonniis. Bacchus inconsolable arrose de ses larmes le corps de son ami; il le couvre de roses et de lis, et verse dans ses plaies les sucs de l'ambroisie qu'il tenait de Rhéa, et qui servit depuis, après la métamorphose d' Ampelus en vigne, à donner à son fruit un parfum délicieux. Quoique mort, le jeune ami de Bacchus est encore d'une beauté ravissante. Bacchus ne peut rassasier ses yeux, et exprime douloureusement ses regrets.
L'Amour sous la forme de Silène, portant en main le thyrse, vient consoler le dieu des vendanges, et l'exhorte à former de nouveaux amours, qui lui feront oublier l'ami qu'il a perdu. II lui raconte à cette occasion une assez jolie fable, qui contient une allégorie physique sur le tuyau de hïè sur le fruit, qui y sont personnifiés sous les noms de Galamus et de Garpus. Mais rien ne peut calmer la douleur de Bacchus. Cependant les saisons, filles de l'année, se rendent au palais du Soleil, dont le poëte fait une brillante description.