CHANT XLV
Trompée par ce faux avis, la malheureuse Autonoë court aussitôt dans les forêts, suivie d'Agave, mère de Penthée, qui déjà était remplie de toute la fureur des bacchantes.
Tirésias fait un sacrifice pour Penthée, qu'il engage à ne pas tenter contre Bacchus un combat dont le sort ne serait pas égal. Mais rien n'intimide Penthée; il fait chercher Bacchus dans les forêts et veut le faire charger de fers. Les bacchantes sont emprisonnées j et bientôt elles sortent de la prison en opérant des prodiges. Bac-
chus met le feu au palais de Penthée, qui inutilement s'efforce de l'éteindre. On remarque, parmi les différents miracles de Bacchus et de ses bacchantes, des prodiges assez semblables à ceux qu'on attribue à Moïse et au Ghrist : tel est celui des sources d'eau, que le premier fait jaillir du sein des rochers; et celui des langues de feu, qui, dit-on, remplirent l'appartement où les disciples de Ghrist se trouvaient rassemblés.