POUR TOUTES LES LIVRÉES
Falco cyaneus, Tem., Man. , t. 1, p. 72, et sup. , t. LTE, p. #1.
Falco cyaneus, Buonap., Cont. of Wils. orn., pl. 12,
Falco cyaneus, Wilson, Amer., v. 6, p. 67, pl. 91, f. 1 (jeune).
Falco cyaneus, Boie.
Falco strigiceps, Nils., Orn. succ., p. 21.
Circus gallinarius , Vielll., Faun. franc., p. 26, pl. 44.
Circus ranivorus, Vieaill., Nouv. dict., 4, p. 456 (Africain).
Pygargus accipiter, Ray, Syn., p. 17, sp. 5.
OISEAUX. 21 Circus cyaneus , Var. Amer. Swen., North., Zool. , 2, pl. 55 (male. Amér.).
Circus. Mas. Cincreus ; ventre albo ; remigibus nigris, ad basim albidis ; rectricibus lateralibus interius fusco transversim striatis ; pedibus flavis.
Circus (Æœm. et Jun.). Supra brunneo, subtus ferrugineus, largis brunneis maculis distinctus ; capite colloque rufis, brunneo striatis; remigüs brunneis, transversim griseo subtus radiatis; cauda transversim rufo nigrescente radiata.
Dimensions. Longueur totale du mäâle...............,............. 49 cent: — de la femelle. ............. ee 54
Les mâles, tout à fait adultes, sont cendré bleu en dessus , le dessous blanc ; rémiges noires à leur extrémité, blanches à leur base ; croupion blanc ; rectrices intermédiaires grises, terminées de plus pâle; les autres rayées de noir, en travers.
Les femelles ont toute la tête et le dessus du cou fauve foncé, avec une large tache brune sur le milieu de chaque plume ; tectrices des rémiges brunes, avec quelques taches rousses ; les pennes scapulaires etle dos bruns; ventreroux clair, orné, sur les côtés, de larges taches brunes ; cuisses et couvertures inférieures de la queue roux clair tacheté de roux foncé ; rectrices supérieures brunâtres en dessus , les autres munies de larges bandes rousses et noirâtres ; rémiges rayées transversalement de gris et de noir-brun.
Cet oiseau est peut-être celui de tous dont la synonymie est la plus compliquée, ce qu’il faut attribuer à deux causes différentes : la première que, comme tous les oiseaux de proie, il est sujet à beaucoup de changements de livrées, changements dont les auteurs du siècle dernier tenaient peu de compte ; la seconde, que cette espèce habite également l’Europe, lAfrique et PAmérique septentrionale (1), et qu’elle a reçu , dans ses livrées d'âge , des noms divers,
(1) M. Temminck réunit positivement celui de l'Amérique septentrionale à celui d'Europe. M. Wilson ne doutait pas de leur identité ; M. Buonaparte pense de même ; M. Swainson (North.) les regarde comme étant de la même espèce, et forme seulement une variété américaine ; mais M. William Jardine (petite édition de Wilson et Buon., 1832) dit qu'il y a encore dissidence d’opinion sur leur
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sur chacun des continents où elle est répandue. En conséquence, nous avons cru devoir citer, au moins, les dénominations latines sous lesquelles elle a été décrite.
L'oiseau Saint-Martin est du petit nombre des espèces qui paraissent habiter le monde entier. En effet, se trouvant en Hollande, en Allemagne, en Angleterre, dans toute la France, dans la Morée, en Europe, elle se trouve aussi sur toute la côte d’Afrique et dans toute la partie orientale de P Amérique septentrionale ; mais aucun auteur n’a indiqué qu’il pousse jusqu'aux Antilles ses migrations sur ce dernier continent. Il est donc intéressant de constater qu’il habite aussi l’île de Cuba, d’où l’a rapporté M. de la Sagra. Nous croyons qu’il n’est pas de passage dans ce dernier lieu, mais qu’il y a fixé son domicile; car il paraît y nicher. Cette espèce paraît préférer les plaines et surtout les plaines à la fois marécageuses et boisées ; aussi ne la voit-on jamais sur les montagnes. C’est pourquoi, en Europe, elle est surtout très commune en Hollande, rare en Italie, et ne paraît pas s'approcher, en Amérique, des parlies élevées des montagnes rocheuses. Elle est très commune aux États-Unis, tout en l’étant plus, comme en Europe, dans certaines localités.
C’est particulièrement dans les lieux ensemencés qu’on rencontre, en Europe, le Busard Saint-Martin , quoiqu'il aime aussi les bois voisins des lacs et des marais : on l’y voit parcourant d’un vol bas et continu tous les environs, les scrutant de son regard et s’efforcant soit d’y découvrir les grenouilles, les lézards ou les petits mammifères dont il se nourrit, soit ravissant, dans la saison des nids, les jeunes oiseaux à leur mère attentive et poursuivant même les petites espèces de la gent ailée. IL niche quelquefois dans les marais à terre ou dans les joncs; mais, en Europe, il paraît préférer les champs ensemencés et fait son nid au milieu des blés. Ses œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont blanc bleuâtre. Il paraît nicher à Cuba ; car, souvent, on l’élève dans les maisons et même on a fait Pobservation qu’alors il devient tellement doux avec les poules, qu’il fuit, sans chercher à se défendre. Il est surtout répandu dans toute l'Amérique septentrionale, depuis la Floride
identité ; que M. Buonaparte, dans sa dernière correspondance, notait quelques différences de mœurs; et il a toujours remarqué que les tarses étaient plus gros, dans ceux d'Amérique. Notre savant ami M. de Lafresnaye leur a trouvé aussi, lui, un peu plus de force dans les tarses qu’à ceux d'Amérique; mais son opinion est que ce sont bien les mêmes oiseaux que ceux d'Europe et d'Afrique.
OISEAUX. 23 jusqu’à la baie d'Hudson ; et là , ainsi qu’en Europe, il préfère les marécages, et vit presque toujours de reptiles. M. Vieillot dit (1) qu’à la Caroline il aime les lieux habités, ce qui serait en contradiction avec les mœurs générales de cette série d'oiseaux , toujours fuyards et amis des déserts.
FALCONIDES, FALCONIDÆ, ANob.
FALCO COLUMBARIUS.
CERNICALO.
Falco columbarius, Lin. , Gmel., Syst. nat., n° 21.
Falco columbarius , Lath., Syn., v. EL, p. 101, n° 86.
Falco columbarius, Vieillot, Dict., 2, p. 10%, Ois. de l'Am. sept. , pl. 11.
Falco columbarius, Wilson, Amér. Orn., pl. 15, f. 3.
Falco columbarius, Catesby, 1, p. 3, f. 3.
Falco columbarius, Turton, Syst., v. 1, p. 162.
Falco temerarius, Audub. (mâle trés vieux, selon Wili. Jardine).
Epervier de la Caroline, Accipiter caroliniensis, Buff., Grr.,1, D. 298.
Epervier des pigeons , Buff., 1, p. 238.
Falco. Supra atro-schistaceus, pennis totis in medio stria lineari nigra notatis; remigibus nigris, intus maculis transversis ovatis, rufescenti-albis ; cauda nigra, vittis quinque transversis supra plumbeis, subtus albis, apicali tertia parte nigra albo terminata; linea superciliari guttureque rufescenti albis, subtusque totus ejusdem coloris; pennis totis nigro fusco longitudinaliter striatis.
Dimensions. Longueur totale du mâle....................,........ 27 cent — en NOUS PTT CE 30
(1) Voy. Vieillot, Oiseaux de l'Amérique septentrionale, p. 36.
Cette espèce, très voisine du Faucon-émérillon (Falco æsalon), qui habite aussi PAmérique septentrionale, s’en distingue particulièrement , dans sa livrée adulte, en ce que tout le dessus, au lieu d’être d’un gris cendré, est d’une teinte ardoisée foncée, avec une strie noire très fine sur les baguettes des plumes du dos , des scapulaires, du croupion, et très peu distincte sur celles de la tête et du cou , tandis que chez l’Émérillon elle tranche nettement sur le gris plombé clair de ces parties. Comme dans ce dernier , l'œil est surmonté d’une bande en forme de sourcil, d’un blanc roussâtre, qui se prolonge plus en arrière, jusque vers la nuque. Tout le dessous est aussi d’un blanc légèrement roussâtre , marqué de taches oblongues noirâtres ; mais, tandis que, chez l’Émerillon adulte, la gorge et tout le devant du cou d’un blanc pur sans taches, et les taches de la poitrine et du ventre, sont presque linéaires , en forme de larmes très étroites, dans le Columbarius le menton seul est blanc, et tout le reste, ou plutôt chaque plume, a, sur toute la longueur de la baguette, une bande longitudinale noir brun égale, occupant presque le tiers de la largeur de la plume. Sur les plumes des flancs, ces bandes, plus larges, sont comme étranglées dans leur milieu par le blanc roussâtre des côtés ; après quoi, elles occupent tout le bout de la plume, ce qui ne se remarque pas chez l’'Émérillon; les plumes allongées qui recouvrent les jambes sont d’un roussâtre clair, ayant chacune, dans leur milieu, une strie étroite noire. Cire bleuâtre ; bec noir à l’extrémité de la mandibule inférieure , bleu ailleurs ; pieds jaunes.
Tous les auteurs qui ont décrit cette espèce lui ont toujours donné, pour habitation particulière, l'Amérique septentrionale, depuis la Louisiane jusqu’à la baie d'Hudson. Elle n’avait pas encore été indiquée comme se trouvant à Cuba ; c’est donc une des nombreuses acquisitions que la science de la distribution géographique devra au séjour de M. de la Sagra aux Antilles espagnoles. Nous n'avons pas pu apprendre si le Faucon des pigeons niche dans cette ile, où il peut n’être que de passage, fait coïncidant au moins avec les observations de Wilson, qui assure qu’il n’a jamais vu de nid, et avec celles de M. William Jardine, qui, d’après M. Hutchins, dans ses notes sur les oiseaux de la baie d'Hudson, dit qu’il niche au milieu de ces contrées boréales ; qu’il y fait son nid au fond des crevasses de rocher et sur les arbres ; que ce nid , composé de petites branches sèches et d'herbe, est garni intérieurement de plumes. Depuis longtemps, M. Vieillot avait aussi dit qu’il le place (aux États-Unis) à la
OISEAUX. 25 bifurcation des grosses branches des arbres, et que ses œufs , au nombre de quatre, sont blancs , tachetés de rougeûtre ; il annonce également que le màle, pendant que sa femelle couve, la fait presque toujours découvrir par ses cris , en tournoyant autour d'elle , sans doute pour éloigner les importuns. Il quitte la baie d'Hudson en automne, pour gagner les régions plus chaudes et reste toute l’année aux États-Unis.
Son nom de Falco columbarius lui a été donné en raison de ses mœurs. En effet, il accompagne surtout les pigeons à longue queue , qui se réunissent en troupes nombreuses, et, chaque jour , en fait son profit, sans que les paisibles Gallinacés puissent se défaire de leur cruel ennemi. Celui-ci ne les perd, pour ainsi dire , jamais de vue, les suit lorsqu'ils s’envolent ; mais, s’ils se posent, il fond au milieu de la troupe, et rarement en sort sans en saisir un dans ses serres. En automne, il fait la même chasse aux troupiales, qu’il ne cesse de décimer. Il aime aussi beaucoup les tourterelles , qu’il va chercher au sein des bois.
FALCO SPARVERIUS, Zinné.
CERNICALO.
Falco sparverius, Linné, Syst. nat., 1, p. 128, n° 20.
Émérillon de Saint-Domingue, Buff., Enl., 665 (màle).
Émérillon de Cayenne , Buff., Enl. 44 (femelle).
Falco dominicensis, Linné.
American sparrow hawk, Wils., Amer. ornit., t. IV, pl. 32, fig. 2 (mâle), t. IE, pl. 16, fig. 1 (femelle).
Falco sparverius, Buonap., Synopsis, p. 27.
Falco sparverius, Vieill., Encycl., t. I, p. 1234.
Falco sparverius , Swain., North., Zool., I, p. 51.
Falco sparverius , d'Orb. et Lafresn., Sy.
Falco sparverius , d'Orb., Amér. mér., Oiseaux, t. AV, 2° partie, p. 119.
Falco sparverius, Prince Max., t. HE, p. 116, n° 9.
Malfini, Buff., Sonnini, €. XX XVII, p. 245.
El Cernicalo, Âz., Apunt. de los pax., 1. 1, p- 4182, n° 41.
Tinnunculus sparverius, Vieil., 4m. sept., t. 1, p. 40, pl. 12.
Falco, Mas. Superne rufo-vinaceus, nigro maculatus ; capite cinereo-cærulescens, vertice rufo-vinaceus ; tectricibus alarum superivribus cinereo-cærulescentibus, nigro maculatis ; rectricibus rufo-vinaceis, ad extremam earum partem albescentem larga nigra zona distinctis : externa rectrice albido limbata.
Fœm. Dorso, tectricibus alarum superioribus rufo-vinaceis , nigro transversim radiatis ; rectricibus rufis, nigro transversim Sériatis.
Longueur totale du bout du bec au bout de la queue............... 29 cent.
Cette espèce est une de celles qui varient le plus dans leurs teintes, en raison de l’âge : le mâle a la tête ardoisée en dessus, avec des plumes rousses à l’occiput et un peu de blanc au front; une tache noïre descend de la base du bec et va se perdre sur les côtés de la gorge, qui est blanche ; un demi-collier noir en bordure au roux du derrière de la tête; ventre blanc jaunâtre, varié quelquefois de taches noires arrondies sur les flancs; dos et dessus de la queue roux foncé vineux, extrémité des plumes des côtés du dos terminée d’une tache transversale noire ; une bande semblable près de l’extrémité des tectrices ornées, en outre, à leur pointe, de roux clair ou de blanchâtre , la tectrice externe bordée extérieurement de blanc; tectrices des rémiges bleuâtres, marquées d’une tache noire près de leur extrémité ; rémiges noirâtres munies , à leurs barbes internes, de taches blanchâtres qui coupent, en dents de scie, la couleur noire; tectrices inférieures de l'aile blanches. Quelques mâles ont la poitrine roux clair.
La femelle et les jeunes mâles ont la tête bleuâtre, striée de noirâtre, sur le milieu de chaque plume; tout le dessus du corps, les couvertures supérieures des ailes et les scapulaires comprises , rayé transversalement de noir, sur une teinte roux foncé ; la queue ornée des mêmes bandes transversales ; les couvertures inférieures des ré-
OISEAUX. 27 miges blanchâtres, variées de taches brunes; les rémiges ont, au lieu des simples taches des côtés internes, des bandes transversales , qui s'étendent souvent jusqu’à la tige; la poitrine est couverte de taches brunes transversales, sur un fond jaune clair.
Les jeunes ont des taches nombreuses sur les parties supérieures et inférieures.
Il est peu d’espèces plus variables que celle-ci; et nous avons rencontré, au sein de la province de Chiquitos (Bolivia), une variété qui ferait croire que le Falco sparverioides de Vigors, décrit, comme variété, à la suite de cette espèce, n’en serait qu’une variété accidentelle, devenue constante à Cuba, par le croisement.
Le Falco sparverius est encore un oiseau répandu sur tout le continent et sur toutes les îles du Nouveau-Monde, tant à l’est qu’à l’ouest des Andes : il paraît très commun à Cuba et dans les autres Antilles. Il a été décrit, par les auteurs de l’ornithologie de l'Amérique septentrionale, comme peu rare sur le sol de celte partie du monde; et, dans l'Amérique méridionale, nous avons été à portée de l’observer successivement au milieu des déserts arides de la Patagonie, jusqu’au 42° degré de latitude ; au sein des Pampas de Buenos-Ayres, sur tout le cours du Parana, jusqu’au Paraguay, au Brésil ; sur tous les contre-forts orientaux des Andes Boliviennes et jusqu’à la hauteur de 4,000 mètres au dessus du niveau des mers, sur les plateaux élevés de cette grande chaîne. Nous lavons encore vu, au Chili et au Pérou. Nous croyons pouvoir en conclure qu’il habite toute PAmérique, dans les régions froides, tempérées et chaudes, comme dans les régions élevées des montagnes. Les seuls lieux où nous ne layons pas aperçu sont les grandes forêts humides du centre de la Bolivia. Nous ne le croyons pas de passage ; car il n’abandonne pas les lieux où il s’est fixé.
On rencontre quelquefois cette espèce dans les lieux éloignés des habitations, mais, bien plus souvent , auprès des villages et des villes, où elle paraît se plaire, comme notre Crécerelle, dont, au reste, elle se rapproche beaucoup par les mœurs. Elle ne se rencontre pas dans les plaines, à moins que des falaises ou des arbres ne lui offrent des perchoirs; ou bien , si l’homme y a établi un édifice, ne fût-ce qu’une simple cabane , elle vient de suite en prendre possession, en s’y perchant, pour peu qu’elle soit surmontée d’une girouette. Elle aime tellement les lieux élevés d’où elle puisse jeter
les yeux au loin, qu’on est certain de la voir, de préférence, se poser toujours sur le plus haut des édifices d’une ville , sur les clochers surtout, sur les arbres élevés et dans les ports ; elle aime à prendre, pour perchoir , les mâts des navires qui y sont mouillés, sans s’effrayer du mouvement qui se fait au dessous d’elle ; en un mot, c’est, en Amérique , le plus familier de tous les oiseaux de proie nobles des anciens. Longtemps avant le lever du soleil, notre Faucon commence sa tournée, surtout autour des édifices, sans doute pour chasser les chauves-souris et les petits mammifères rongeurs qui ne se sont pas encore retirés dans leur demeure diurne ; et, le soir , quand le crépuscule permet aux animaux nocturnes de commencer leur chasse , on le voit encore voler. Au lever du soleil, il est quelquefois satisfait ; alors , perché sur la croix d’un elocher ou sur l'arbre le plus élevé, il s’agite continuellement, en tous sens, regarde tout autour de lui, parait se plaire au mouvement qui l’entoure , et ne se dérange que lorsqu'un autre individu (qui n’est pas sa femelle) vient lui disputer son perchoir : alors tous deux s’envolent pour se poursuivre en criant , jusqu’à ce que le vainqueur vienne occuper le poste , tandis que Pautre cherche un nouveau point culminant qui lui convienne. Nous avons toujours vu deux individus mâle et femelle par canton ; aussi pouvons-nous croire qu'il vit par couple toute lannée; et comme, bien loin de nuire, il se rend, au contraire, utile en détruisant les rats, les habitants s’y attachent et souvent ils nous ont cherché querelle pour avoir détruit leur voisin familier. On Pélève fréquemment dans les habitations, pour le faire chasser aux souris ; et il devient l’hôte de la maison , ami des enfants, auxquels il fait rarement du mal. Lors de la conquête, on a voulu lhabituer à chas
ser aux perdrix, comme nos Faucons d'Europe, sans jamais obtenir, à cet égard , de résultats bien satisfaisants.
Son vol est celui de notre Crécerelle ; il est aussi rapide et droit ; et, en chasse, on le voit longtemps battre des ailes, sans changer de place, au dessus d’une proie qu’il convoite, se laisser ensuite tomber dessus avec une étonnante rapidité, la saisir; ou, s’il la manque, s'élever de nouveau, pour recommencer le même manége. Il ne se pose à terre que pour dépecer sa proie ; puis il cherche un perchoir. Ses manières sont pleines de vivacité et jamais on ne le voit prendre une attitude stupide, comme beaucoup d’autres oiseaux de son ordre. I se nourrit de petits mammifères, tels que chauves-souris et rongeurs; quelquefois de petits oiseaux, de reptiles; et,
lorsqu'il ne trouve pas mieux , il se contente fort bien des insectes ,
OISEAUX. 29 surtout des Orthoptères , des Sauterelles ou des Grillons , qu’il saisit soit au vol, soit posés.
Cest du mois de septembre à celui de novembre qu’a lieu la nichée de cette espèce : alors les consorts sont plus intimement liés; ils cherchent des trous dans les clochers (1) ou dans les rochers, et, comme notre Crécerelle, y placent leur nid, qui consiste souvent en quelques plumes déposées sur la terre ou sur la pierre, et, là, déposent deux œufs blancs, que le mâle et la femelle couvent alternativement, ayant ensuite un soin tout particulier des jeunes, à leur naissance ; mais, quand ces derniers sont devenus aussi habiles à la chasse que leurs parents, ceux-ci, souvent, les contraignent de s'éloigner , et ne leur permettent plus de venir partager leur asile, les forçant d’aller chercher un canton où, seuls, ils puissent vivre en paix et devenir, à leur tour, les propriétaires du lieu (2).
Dans la plus grande partie de l'Amérique méridionale, cet oiseau est nommé Halcon (Faucon) ou Cernicalo (Crécerelle) par les Espagnols, tandis qu’il a une dénomination particulière dans presque toutes les langues indigènes. Les Incas ou Quichuas l’appellent Huaman. Les Aymaras des montagnes du Pérou et de la Bolivia le connaissent sous le nom de Mamani. Les nations des plaines et des montagnes du haut Pérou ont aussi leurs noms. C’est le T'iyu-Tiju des Yaracarès du versant oriental des Andes; l’Ocinaus des Chiquitos ; lArora mamita des Guarañocas ; le Cadechu des Otukés ; le Tillidate des Morotocas, le Taguato-mini des Guarayos, rameau des Guaranis, le Moti des Moxos; le Piri-péri des Baures ; et enfin le Caruca des Itonamas.
(:) Vieillot, Ois. de l'Am. sept., t. 1, p. 41, dit qu’elle niche au sommet des arbres dans les forêts. Il faut, dans ce cas, qu’elle ait tout à fait changé ses mœurs dans l’Amérique du nord.
(2) Nous avons été souvent à portée d’observer que, parmi les oiseaux qui ne pondent que deux œufs, il y avait presque toujours un mâle et une femelle,
VARIÉTÉ pu FALCO SPARVERIUS.
FAUCON SPARVERIOIDE, FALCO SPARVERIOIDES, Vig.
CERNICALO, A CUBA.