N° 37. CULICIVORE GRIS DE FER
CULICIVOR A CÆRULEA.
Biüirita, À CUBA.
Motacilla cærulea, Linn. Syst. nat., ed. 12, p. 337.
Motacilla cærulea, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 114, sp. A3.
Sylvia cœrulea, Lath., Syst. ornith., gen. 43, sp. 121.
Sylvia cærulea, Vieill., Dict. d'hist. nat., 1. WU, p:190, Encycl. méth., 1. W, p. 428.
Muscicapa cæruleau, Blue-gray fycatcher, Wis., Amer. orÿts, AL, pl: 18; He.5; p:
OISEAUX. 91 Sylvia cærulea, Bonap., Syn., sp. 133, p. 85. Figuier gris de fer, Buff., Oùis., t. V, p. 309. Figuier cendrée de Pensylvanie, Briss., Orn., supp., t. VE, ns, 101-1209 Little blue-grey flycatcher, Edwards, Glan., pl. 302, p- 194.
Culicivora. Superne griseo-cærulea ; subtus albida ; cauda nigra, rectricibus duabus lateralibus albis ; rostro pedibusque nigris.
Pimensiors. Longocur totales. 2.20 simon e ses eee as a» 115 millim. Du'pli de Païile à son extrémité. 0.02 50 Delaqueue-2r cc ere bec certe 40 Dar bec: est dames NT Los seationstes 10 Hauteur dubecen semences eee de omente einen 2 Larseur du Dec à sa base. USER Re rer 5
Müle. Tête, cou et tout le corps en dessus, d’un gris bleuâtre , qui passe au blanc sur les parties inférieures ; ailes noirâtres , les rémiges bordées entièrement de gris bleu, les rémiges secondaires bordées de gris presque blanc ; queue noire, la rectrice externe blanche, la seconde marquée de cette couleur , seulement sur la moitié de la longueur, la troisième n’en a qu’une simple tache à son extrémité; sur le front et au dessus des yeux , une ligne noire ; bec et pieds noirs.
Femelle. Ses couleurs sont les mêmes ; la ligne noire du front et du dessus des yeux manque entièrement.
C’est encore une des nombreuses espèces qui passent l’été aux États-Unis, et n’arrive à Cuba et peut-être aux autres Antilles que pendant l’hiver ; jusqu’à présent, on ne l’avait signalée que sur le continent septentrional. Elle habite principalement les bosquets , les halliers, où elleconstruit, avec beaucoup d'art, un nid en forme de cylindre, à la cime d’un buisson ou d’un arbrisseau : ce nid, composé de mousse à Pextérieur, puis de crin , et enfin garni, à l’intérieur, de la bourre entourant les boutons de certains arbres
et du duvet des plantes, contient cinq œufs blancs , tachetés de gris.
GENRE MOUCHEROLLE, MUSCIPETA, Cu.
Cette coupe des Muscicapidées, bien caractérisée par son large bec fortement déprimé, par ses longues moustaches, par ses pieds et ses {arses courts , ne nous a présenté, à Cuba , qu’une seule espèce.
n° 38. MOUCHEROLLE BRUNÂTRE. MUSCIPETA CARIBÆA, Nob.
Pitirre, A CUBA.
Muscipeta. Supra fere unicolor, fusco-olivacea ; pileo alis caudaque nigro-fuscis ; remigibus secundarüs extus anguste albo marginatis; subtus pallidior, gutture canescente; pectore abdomineque mediis et crisso pallide ocraceis. Rostrum basi pilis longis, rigidis obtectum ; maxilla nigra, mandibula alba ; pedes fusci, debiles.
Dimensions. Longueur, totale... ..1.................. «..... 155 millim. Du pli de l’aile à son extrémité... ...... 500002000900 LE DEA QUEUE ER RES a tlnn nee eue AC Go Duttarseautboutides doierst HEC ORRM ER OE 25 Du bec Te CPR ETÉER LS EE Lee PSS 00e 14 Hauteur di bete Reese eee eee eee 4 PATOEULAUMDEC- Peer idoonoooposoavonanoc 8
Dessus du corps brun olive uniforme, plus foncé sur le dessus de la tête, sur les ailes et sur la queue, où il est presque noirûtre ; rémiges secondaires bordées extérieurement de blanchâtre. Parties inférieures très pâles, gorge gris-olivätre blanchissant ; le milieu de la poitrine, du ventre et les couvertures inférieures de la queue olivâtres, mélangés d’une teinte ocracée peu tranchée ; bec très déprimé , très large, alongé, fortement crochu à son extrémité, noir à la mandibule supérieure, blanchàtre à l’inférieure , de très longues barbes roïdes à sa base; pieds très petits, faibles, ainsi que les tarses.
Cette espèce a, certainement, par le grand aplatissement de son bec, quelques rapports avec les Todirostres ; mais , néanmoins, comme celui-ci est encore assez aigu, fortement caréné , nous pensons qu’elle doit rester avee les moucherolles, dont elle a, du reste, tous les caractères. Nous la décrivons comme nouvelle, n’ayant rencontré aucune espèce directe dont elle puisse se rapprocher positivement ; la seule qui lui soit voisine est le Platyrhynchus cinereus de Spix (PI. XI, fig. 2) dont peut-être elle ne diffère pas ; mais comme cet auteur décrit le bas-ventre et les couvertures de la queue blanc fauve, et que la nôtre a ces parties verdàtres , nous doutons de leur identité.
Cette Moucherolle, qui paraît assez commune dans l’ile de Cuba, puisque M. de la Sagra en a rapporté plusieurs individus , pourrait être propre à cette île, et non de passage comme les autres espèces; néanmoins ce ne sont que des suppositions basées sur la circonstance qu’elle n’a pas été rencontrée ailleurs, car nous n'avons aucun renseignement qui puisse nous guider sur ce point.
HIRUNDIDÉES, HIRUNDIDÆ.
Nous n'avons qu'une seule espèce de cette femelle, appartenant au genre Hirundo, parmi les oiseaux de Cuba; néanmoins, si nous en jugeons d’après quelques autres espèces , signalées par les auteurs comme habitant les autres Antilles, nous serons porté à croire que des recherches , étendues à Pile entière, en feraient découvrir encore d’autres.
GENRE HIRONDELLE, HIRUNDO, Zinn.
La seule espèce que nous possédons de Cuba parait être aussi commune sur le continent septentrional que sur le continent méridional ; car elle habite tout le Brésil et les Guianes.
x° 39. HIRONDELLE BLEUE.
HIRUNDO PURPUREA, Linn.
Golondrina, À CUBA.
Hirundo purpurea, Linn., Gmel., Syst. nat., ed. 13;
sen. 117, sp. 5.
Hirundo purpurea (Purple martin), Wilson, Æmer. orn., pl: 39; hp. 2, 9,11 Vi, p.05.
Hirundo purpurea, Bonap., Syn., sp. 71.
Hirundo purpurea , Lath., Syst. ornith., gen. A6, sp. 22.
Hirundo purpurea, Briss., Orn., t. 2, p. 515, n° 47.
Hirundo violacea, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 147.
Hirondelle bleue de la Caroline, Buff., Enl. 722, Oùis., t. 6, p. 674.
Hirundo versicolor, Vieill., Encycl. méth., t. 3, p. 522.
Hirundo subis, Edwards, pl. 120.
Hirundo purpurea, Purple martin, Catesby, Car., 1, pl. 51.
Martinet de la Caroline, Briss., Ois., t. 2, p. 515.
Hirundo. ÂNigra purpureo, cæruleo-violaceo nitens ; remigibus majoribus intus, rostro pedibusque nigris ;cauda furcata.
Dimensions. Longueur totale du bec au bout de la queue........ 185 millim. Du pli de l’aile à son extrémité.................... 150 De laqueNe ee eee ECEere ere ccriE 714 irlaneer entree oresenouce CO CEPF LC EC BEC Ccosbatc ‘9 Sn UPS Too hottes hou es de à 8 SAlRAUTEUR meer eee rheeteereeeee ec 4
Mâle. Noir à reflets bleus, violets et pourpres, rémiges et rectrices d’un noir presque mat.
Femelle. Tête, cou, gorge, dos et croupion brun tacheté de gris, petites tectrices supérieures de Paile et vertex, à reflets bleuàtres; ventre gris blanc ; poitrine {achetée de brun, ailes et queue noirâtres.
Cette espèce, qui niche à Cuba, est généralement répandue sur toute PAmérique septentrionale, depuis la baie d'Hudson , et habite aussi la plus grande partie de l'Amérique méridionale, Aux États-Unis, on la protège, parce-qu’elle diminue le nombre des mouches et des moustiques , qui incommodent beaucoup dans les lieux marécageux ou près des bords des riviéres. Ces hirondelles ont aussi des habitudes utiles aux fermiers, en ce qu’elles les avertissent de l’approche d’un oiseau de proie qui pourrait leur enlever leurs volailles ; aussitôt qu’il en paraît auprès d’une habitation rurale qu’elles fréquentent, elles se mettent à le poursuivre à grands cris, jusqu’à ce qu’il se soit éloigné. Elles sont si favorisées des has bitants, que dans beaucoup d’endroits on laisse exprès, pour qu’elles y nichent , des trous autour des toits des maisons, dans les campagnes, Dans les villes, elles nichent aussi sous les corniches des édifices , comme notre hirondelle de fenêtre. A la Havane, elles couvrent de leurs couples les cathédrales et les églises , et parcourent les rues en tous sens.
Comme elles quittent, tous les ans, Amérique septentrionale à l'approche de lhiver, on s’est souvent demandé où elles pouvaient aller : on a même prétendu qu’elles s’engourdissaient pendant cette saison. Chatellux (1) rapporte les faits suivants : « M. Flammius, » grand juge en Virginie, homme digne de foi, a assuré à M. Jef- » ferson qu’un jour d'hiver, tandis qu’il était occupé à faire abat- » tre des arbres dans un terrain qu’il voulait ensemencer , il fut » fort surpris de voir tomber , avec un vieux chêne fendu , une » grande quantité de Martins (hirondelles bleues) qui s'étaient ré- » fugiés et engourdis dans les crevasses de cet arbre, comme » font les chauves-souris dans les antres etles souterrains. » Malgré ces faits, leur présence en janvier, dans Pile de Cuba, leur grande réunion momentanée sur les toits des grands édifices de la Havane, comme lors des voyages de nos hirondelles européennes, ainsi que le grand nombre qui passe sur le sol de PAmérique méridionale, prouveront au moins bien positivement que cette espèce passe Phiver sous la zone torride , et même dans l'hémisphère sud.
Oviedo (2) parle de cette hirondelle. T} dit que son chant est plus
(Gi) Voyage dans l’ Amérique septentrionale, t. WE, p. 329 et 330.
{2) Coronica de las Indias occidentales , 1547, hb, XIV, cap. n1, fol. 109. « Æi- » crian tan domesticamente en las casas aca : Y deve ser porque ha poco tiempo » que aca se han fundado casas de piedra. Con todo ya commencan a criar en La » iglesia mayor de esta ciudad. »
sourd que celui de notre hirondelle de fenêtre , et qu’elle est moins familière, « ee qui doit être , parce qu’il y a peu de temps qu’on a » fondé les édifices en pierre; toutefois elle commence à nicher dans » la cathédrale de cette ville. » On voit que cette hirondelle n’aurait commencé à nicher à Cuba que peu de temps après la conquête, faute de toits ; fait assez curieux à citer.
CAPRIMULGIDÉES, CAPRIMULGIDÆ.
Cette famille, composée du genre Caprimulqus de Linnée, de la section des Frssirostres nocturnes de Cuvier, n’est représentée, dans l’ile de Cuba, que par le seul genre Caprimulqus.
GENRE ENGOULEVENT, CAPRIMULGUS, Zinn.
Lorsqu'on voit notre Europe ne posséder que deux espèces d’Engoulevents, tandis que ceux-ci sont répartis à peu près généralement sur le globe , on doit être étonné d’en trouver le même nombre sur la seule île de Cuba; mais ces deux espèces paraissent n’y venir qu'en hiver , à l’instant où les froids de la partie septentrionale de l'Amérique les forcent de gagner les régions tropicales ; ainsi les Engoulevents de Cuba appartiennent exclusivement encore à l'Amérique du nord, et sur trois seulement propres à ce continent deux viennent jusqu'aux Antilles.
n° AO. ENGOULEVENT ROUX. CAPRIMULGUS CAROLINENSIS, Briss.
Guaraiba, À CUBA.
Caprimulgus carolinensis, Briss., Ornith., t. 1, p. 475.
Caprimulgus carolinensis, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 118, sp. 4.
Caprimulgus carolinensis, Lath., Syst. ornith., sen. 41 [ O > ? 4) 2 9 $
sp. 4.
OISEAUX. 97 Caprimulgus carolinensis (Chuck-wills widow), Wils., Amer. orn., pl. 54, fig. 2, vol. VI, p. 95.
Caprimulgus carolinensis, Bonap., Syn., sp. 67. Caprimulgus rufus, Vieill., Dict. d’hist. nat., 1. X, p- 244, Encycl. méth., t. W, p. 54, et Ois. de l'Am. sept. t. 1, pl. 25.
The Goat sucker of Carolina , Catesby, Caroline, t. H, pl. 8.
Rain-bird, Brown., Jamaic., p. 467.
Caprimulous. Rufus, nigro varius ; tectricibus ala rum , maculis tricuspidatis ornatis; corpore subtus rufus, fasciis nigricantibus ; remigibus primarüs , nigrescentibus rufo-maculato-zonatis ; rectricibus rufis ; tribus lateralibus intus albido notatis; cauda rotundata.
Dirrensions-Longueuritotale REC ee- LeCe cc Éconbcogus 300 millim. Daplide latle a sontextremite AM Le. 210 Derlatquene ER EC PCR 150 Da ee donne MRC AGREE 8 Darrenntd bec NAS TER TRE A RER 10
Dessus brun-roux, très finement vermiculé de noir; tout le dessus de la tête, de la nuque et du dos, couvert de longues taches noires, en forme de bandes longitudinales ; tectrices des ailes également tachées, mais les taches sont larges, irrégulières, comme tricuspidées et bordées de roux clair ; elles prennent une forme de stries allongées , comme dentées sur les scapulaires, et sur les dernières rémiges secondaires , dont le fond est roux blanc, plus clair que le reste de l'aile ; rémiges primaires noires, marquées régulièrement de taches rousses, en forme de bandes transversales. Queue arrondie à son extrémité, rousse, distinctement vermiculée de noir en forme de zigzags ; des taches noires irrégulieres, rapprochées des tuyaux, y forment presque des bandes transversales ; chez le mâle, les trois pennes latérales ont tout leur côté intérieur d’un blanc soyeux ; la gorge et toute la partie gulaire sont rousses, avec des stries noires éloignées ; et au-dessous, un collier d’un blanc roussâtre, traversé et terminé, à son bord inférieur, par des stries irrégulières noires remontant, de chaque côté, au dessous de la joue, jusqu’à la nuque. Poitrine, haut du ventre,
mélangés de noir, de roux clair, qui s’éclaircit sur Pabdomen, où il devient, ainsi que sur les couvertures inférieures de la queue , d’une couleur rousse traversée de stries irrégulières noires. Les barbes intérieures des trois rectrices latérales en dessus, d’un blanc pur, sont, en dessous, fauve uniforme. Mandibule supérieure bordée d’une rangée de gros poils allongés , très fermes , retombant en toit sur l’ouverture du bec : ils sont bruns à leur base, noirs à leur extrémité, et garnis, dans leur moitié, à leur base, d’autres petits poils en forme de barbes.
Femelle. Les trois pennes latérales de la queue ne sont pas blanches en dedans , maïs d’un beau roux varié de noir.
Cette espèce est ia plus grande des trois Caprimulqus de l’Amërique septentrionale, d’où elle paraît venir à Cuba, au temps des froids. Elle se tient constamment au sein des bois, d’où elle sort à l'entrée de la nuit pour commencer sa chasse. Aux États-Unis, dans la Géorgie et aux Florides, on la nomme, d’après son cri familier , prononcé d’un ton aigu, Chreek-Will’s- Widow.
n° 41. ENGOULEVENT CRIARD.
CAPRIMULGUS VOCIFERUS, Wils.
Guaraiba, À CUBA,
Caprimulgus vociferus, Whip-poor-Will, Wils., Amer. orn., pl: 41, fg.41—2; € NV, p. 71:
Caprimulgus vociferus, Bonap., Syn., n° 68.
Caprimulgus clamator, Vieill., Dict., t. X, p. 234, et Encycl. méth., t. II, p. 537.
Caprimuleus. Supra fulvo-griseus, nigricante varius ; subtus albidus, fascis nigricantibus; gula alba; rostro nigrescente ; pedibus plumosis : Juscis; ungue intermedio serrato; cauda rotundata.
Dimensions. Longueur totale du bec au bout de la queue. ....... 22 millim. Du plide l'aile àfson/extrémité....--"............ 184 DENAAUEUE- Abies tune dti sn aires tee eee 118 DUUDEC een ee LL AVANCE RRMERER M s
Lareeur.duwbec,."f.. 4450: Lol - Mises ss Re 7
Dessus de la tête gris-cendré teint de roux, avec une bande sourcilière tachée de blanc; région gulaire brun presque noir bordé par un collier presque blanc en devant; roussàtre par derrière, au bas de la nuque; dos varié de grandes taches noires ; les cinq premières rémiges terminées de taches semblables ; les trois rectrices latérales de la queue noires , striées de roux à leur base et terminées seulement de blanc à leur extrémité, chez le mâle ; de roux clair chez la femelle. Les poils qui garnissent les bords de la mandibule sont très forts, allongés, dépassant de beaucoup l'extrémité des mandibules.
Cette espèce se rapproche beaucoup de la précédente, par la distribution des couleurs, et par la forme arrondie de sa queue : mais elle est beaucoup plus petite, et d’ailleurs elle en diffère par le dessus de sa tête gris au lieu d’être brun obscur, par beaucoup d’autres détails de teintes, ainsi que par ses moustaches toujours beaucoup plus longues.
On appelle à Cuba cet Engoulevent du nom de Guaraiba, ap pliqué également à l’autre espèce ; néanmoins, si nous en jugeons par les lieux où il se trouve encore, c’est-à-dire jusqu’à la baie d'Hudson, nous pourrions supposer qu’il ne vient qu’en hiver dans l'ile de Cuba et dans les autres Antilles, passant tout Pété, le printemps et l’automne sur le continent septentrional. Il arrive aux États - Unis au mois d'avril, et s’avance jusqu’à la baie d'Hudson.
Il se tient, de préférence, dans les lieux montagneux ; fréquente, le soir, les habitations rurales, où plusieurs individus se réunissent pour faire un vacarme occasionné par la répétition continuelle de leurs cris, et qui dure une partie de la nuit. Après avoir crié pendant quelque temps dans un endroit, ils se transportent dans un autre, où ils répètent ce même bruit quatre ou cinq fois de suite. Lorsque la nuit est très obscure, ils se taisent momentanément , mais recommencent au point du jour jusqu’au lever du soleil. La femelle dépose à terre , dans un sentier battu , deux œufs d’un brun verdàtre, parsemés de raies et de zigzags noirs.
Son cri , entendu de diverses manières , le fait nommer Whippoor-Will, Whipeciwhip et Omprouil, par les Anglo-Américains du nord ; souvent, d’après sa nourriture , on Pappelle Muchaouise ou Moschetto hawk ( Faucon des Moucherons). Les naturels de la baie d'Hudson le nomment Payk ou Peceh.
VIII FAMILLE
FRINGILLIDÉES , FRINGILLIDÆ.
Parune singularité remarquable, sur les sept espèces de Fringillidées qui habitent son sol, l’ile de Cuba réunit à peu près toutes les divisions de formes ; ainsi les Passerines dominent, puis on y trouve une espèce représentant , dans chaque sous-genre, les Carduels, les Linaria, les Pyrrhula et les Fringilla. Parmi ces espèces quatre vivent en même temps dans l'Amérique septentrionale, une dans l'Amérique méridionale et deux paraissent être propres à l'ile de Cuba.
Ce sont des oiseaux doublement recherchés pour la beauté de leur couleur , et pour la facilité avec laquelle on les élève en cage, afin d’en faire l’ornement et l’agrément des maisons opulentes du pays.
GENRE PASSERINE, PASSERINA, 7Zïell.
Ce genre renferme trois espèces propres à l’île de Cuba, deux appartenant au continent du nord, et une seule sédentaire dans Pile.
n° 42. PASSERINE BLEUE, PASSERINA CYANEA.
Azulejo , À CUBA.
Emberiza cyanea, Lin., Syst. nat., \, p. 315, n° G.
Emberiza cyanea, Gmel., Syst. nat., ed. 13, 1, p. 876, sp. 94, gen. 110.
Emberiza cyanea, Lath., 1nd., p. 415, sp. 60.
Emberiza cyanella, Sparman, Mus. carls., fas. 2, pl. 42-43, Gmel., Syst., EL, p. 887, sp. 74.
Linaria cærulea, Blue linnet, Catesby, Car., 1, p. 45, pl. 45.
Blue linnet, Edwards, Ois., t. IV, pl. 273, p. 132.
Tanagra carolinensis, Tangara bleu de la Caroline, Briss., Ornith., t. UE, p. 13, sp. 6.
Le Ministre, Buff., Ois., t. AV, p. 86 et LT, p. 298, sp. 42.
Lazuroux, Buff., Ois., t. IV, p. 369, id., p. 495.
Passerina cyanea , Viall. fEneycl"t. HT, .p19906%8et Dict. d'hist. nat.,t. XXV, p. 1.
Emberiza cϾrulea, Gmel., Syst., 1, p. 876, Lath., /nd., p- 415, sp. 99.
Fringilla cyanea, Bonap., Am. orn., t. LE, p.91, pl. 15, fig. 4, id., Obs., sp. 112, Syn., sp. 164, p, 107.
Linaria cyanea, Bart., Trav., p. 296.
Indigo bunting, Penn., Arct. zool., M, sp. 235, Lath., Syn., IV, p. 205, sp. 53.
Bue bunting, Penn., Arct. zool., sp. 234, Lath., Syn., IE, p. 205, sp. 52.
Fringilla cyanea, Indigo-bird, Wils., Am. orn., À, p- 100, pl. 6.
Passerina. Cyanea; remigibus rectricibusque exteriore cæruleis, interiore fuscis ; rostro supra nigro, subtus fusco ; pedibus fuscis.
Dimensions. Longueur totale...........:..................... 120 millim. Du pli de l'aile son extrémité! .. 1... ,..6 0. 10 Délarqueue ete er eee ec dore eee die 43 Du bec....... SO CRT ne Don Orne ED NE $ Hauteunidupbec ET Et ec been 7 Harreur' Aube PRES RC EC ET RE 7
Mäle en été. Tête, cou, gorge bleu d’outremer , prenant une nuance verdâtre sur le croupion, et au derrière ; une tache noire entre l’œil et le bec ; aile et queue noirâtres, bordées de bleu verdâtre ; bec noirâtre en dessus, bleuâtre à la base de la mandibule inférieure ; pieds bruns.
Müle en hiver et femelle. Brun noiràtre, varié de gris et de verdâtre, avec un peu de bleu à extérieur des pennes de Paile et à la poitrine.
Comme cet oiseau a été rapporté de Cuba avec la livrée d'été, nous devons penser qu’il y est sédentaire, au moins quelquefois ,
quoiqu'il habite, en même temps, le Mexique , la Floride , et qu’il s’avance en été jusqu’à la Nouvelle-Écosse. IF n’avait point été signalé aux Antilles.
Ilse tient de préférence sur les buissons, non loin des habitations; c’est là que le mâle commence une phrase composée d’abord d’accents hauts, vifs, diminuant par gradation, devenant presque inappréciables, pendant quelques secondes; il se tait ensuite une minute et recommence sa chansonnette. Le mâle et la femelle construisent le nid dans un buisson peu élevé et entouré de grandes herbes ; ils l’attachent par les côtés à deux rameaux et le composent d'herbes sèches plus fines en dedans; la femelle y dépose quatre œufs bleus et pourprés vers le gros bout. Le couple, on ne peut plus uni, couve alternativement avec la plus tendre sollicitude ; jetant, quand on approche de son nid, un cri qui semble exprimer sharpehid. Ces oiseaux se nourrissent de petits grains.
On nomme cette espèce Azulejo , à Cuba et au Mexique ; Indigo bird (oiseau indigo), Parson (ministre), et Bishop (évêque), à New- York.
\° 43. PASSERINE NONPAREILLE.
PASSERINA CIRIS, Vieil.
Mariposa, À CUBA.
Emberiza ciris, Linn., Gmel., Syst. nat., ed. 13, n° 24, sen. 110.
Emberiza ciris, Lath., Syst. ornith., gen. 36, sp. 61.
Verdier de la Louisiane, Briss., Orn., t. LL, p. 200, n° 99, App., p. 74.
Le Pape, But, Ois., t. IV, p.116, tÆn1., no 0 SE CLZe
Emberiza ciris (Painted buntung), Wilson, {mer. ornith., IX, pl. 24, fig. 1, f. 2, p. 68.
Fringilla ciris, Bonap., Syn., sp. 165, p. 107.
Passerina ciris, Vieill., Galerie, 1, p. 81, pl. 66, Encycl. méth., t. IX, p. 935, pl. 155, fig. 1.
Fringilla tricolor, Painted finch, Catesby, Carol., p. 44, Edwards, p. 13, pl. 173.
Passerina. Capite violaceo ; abdomine uropygioque rubris; dorso viridi-fulvescente ; remigibus rectricibusque nigrescentibus, rubro limbatis ; rostro griseo-fusco ; pedibus fuscis.
Dimensions. Longueur totale......... en de ae RTE e tetete 140 millim. Dubphdefläile Asontextrémite. éeeeeheee...e 14 DETENTE EE ne 47 DHBDeCse rc end do et Lecce 10 Hauteur AUPDeCE 2e ee eee relate et ae nohae niet 7 AarSennduibee se NU ie ie ASE ect 7
Mâle. Tête et derrière du cou, violet-bleuàtre vif; dessous du corps, paupières et croupion d’un beau rouge de vermillon : cette teinte, mais moins belle, colore aussi les couvertures supérieures de la queue. Dos d’un beau vert tendre jaunâtre , passant à Polivâtre à ses parties supérieures , et sur les grandes tectrices des ailes : les petites un peu violettes ; rectrices et rémiges notrâtres, plus ou moins bordées ou teintées de rougeàtre. Bec noirâtre, plus pâle en dessous ; yeux noirs.
Femelle. Parties supérieures vert foncé, ainsi que la tête; parties inférieures olivâtres, plus foncées sur la poitrine; rémiges et rectrices olivâtre brun , bordées de vert clair.
Jeunes mâles. Avant la première mue, ils ressemblent à la femelle; après la première année, la tête et le dessus du cou sont bleus; le dessus du corps et les flancs vert foncé; ventre varié de gris et de jaune; tectrices supérieures des rémiges, rémiges et rectrices brunes , bordées de vert antérieurement.
Cette charmante espèce, remarquable par ses teintes si brillantes, si variées , est assez rare dans Pile de Cuba , où elle ne passe que sept mois de suite sans y nicher ; puis elle traverse la mer pour se rendre dans les Florides et à la Louisiane , et même jusqu’à la Caroline méridionale, où elle est commune et place son nid sur les orangers. Son caractère doux et familier, ainsi que son beau plumage, l'ont fait réduire à l’état de captivité. En Amérique, elle est très recherchée par ce double motif, autant que par la mélodie du chant de son mâle ; chant qu’on peut comparer à celui de notre fauvette à tête noire, quoiqu'il soit un peu moins fort ; mais il compense cette infériorité par des modulations plus agréables. On en a apporté en Europe où on la nourrit avec les mêmes graines que les serins; néanmoins elle est beaucoup plus délicate, et, dans
notre climat, demande beaucoup de soins, surtout les premières années.
x° 44. PASSERINE OLIVE.
PASSERINA OLIVACEA, Veil.
Tomeguin del Pinar, À CUBA.
Emberiza olivacea, Linn., Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 110, sp. 6.
ÆEmberiza olivacea, Lath., Syst. ornith., gen. 36, sp. 38.
Emberiza dominicensis, Briss., Orn., t. UE, p. 380, n° 14, pl. 13, fig. 5.
Passerina olivacea , Vieill., Dict., t. XXV, p. 18, et Encycl. méth., t. M, p. 935.
L'Olive, Buff., Ois., t. IV, p. 363.
Pyrrhula collaris ? Nigors, Zool. journ., 1827, t. I, n° 11, p. 441? (Non bono jure.)
Passerina. Supra olivacea; subtus pallidior ; gula aurea ; fascia pectorali nigricante; rostro nigro; pedibus Jfuscis.
Dimensions Monsteuritptale FAP MAR RER eee tes ... 100 millim. Du pli de l'aile à son extrémité. .:........,........ bo Delaiqueucs set ME A Et Et Hero 35 Dubé ee Re Mers late ef SE are ete 6 Hauteur duMDeC er PRE ENRIRRAn RIRERe RRRNIEN 5 KArsendUIDec AE AN PETER LME LEON RON 2EE 6
Mâle. Partie antérieure du sourcil, haut de la gorge jaunes; le front, les joues et le devant de la poitrine noirs; côtés de la poitrine, ventre et couverture inférieure de la queue, gris verdàtre ; toutes les parties supérieures du corps et de la tête, vert olive; ailes et queue brunes, bordées de verdâtre. Yeux bruns.
Femelle. Différe du mâle en ce qu’elle manque du noir de la gorge ; le jaune paraît à peine ; le dessus teinté de brun; le dessous blanc sale. Les jeunes ressemblent aux femelles.
Cette espèce, figurée seulement par Brisson, parait encore assez peu connue dans les collections. Nous croyons que M. Vigors,
dans son coup-d’œil sur les Oiseaux de Cuba (Zoological journal 1827), l’a décrite sous le nom de Pyrrhula collaris, autant au moins que nous en fait juger la phrase suivante qu’il en a donnée : Supra olivaceo virens, subtus pallidior; fronte, qula fasciaque pectorah nigris, collari flavo ; rostrum nigrum, pedes pallidi. Si c’est bien la même espèce, il faudra supprimer ce nom, pour revenir au nom plus ancien imposé par Gmelin.
Nous n’avons pas à parler ici d’un oiseau qui ne vient que par accident dans Pile de Cuba, mais bien de Pun de ses habitants sédentaires , qui paraît propre seulement aux grandes Antilles ; car on le trouve aussi à l’ile d'Haïti. On ne peut plus familier , il fréquente surtout les lieux cultivés, les environs des habitations , se tient de préférence dans les halliers et dans les champs de canne à sucre , ce qui lui a valu à Saint-Domingue le nom d’Oiseaucanne , et ne craint pas même d’avancer jusqu’à la porte des maisons rurales, afin d’y chercher sa nourriture, consistant en petites graines. Il niche dans les buissons isolés , dans les savannes ; son nid , en forme de petit melon, se compose de filaments d’herbes : l'entrée en est placée sur le côté. Les œufs, au nombre de cinq, sont bleus , pointillés de roux.
A la Havane on le nomme Tomequin del pinar : on | l'élève souvent, pour lui enseigner à chanter, ce qui est d'autant plus facile, qu’il prend avec beaucoup de docilité les inflexions qu’on lui répète souvent, quand il est captif.
s.-GENRE. CHARDONNERET, CARDUELIS.
Le sous-genre Carduelis n’est représenté, dans Pile de Cuba, que par une seule espèce qui y vient probablement, en hiver, du continent septentrional.
n° 45. CHARDONNERET DES PINS.
CARDUELIS PINUS, Swainson.
Tomeguin , À CUBA.
Fringilla pinus, Pine finch, Wils., Amer. orn., A, pl. 17 fig. 4, p. 133.
Fringilla pinus, Bonap., Syn., sp. 183, p. 111.
Carduelis pinus, Swains.
Fringilla spinus, Nar., Americana, Lesson., Trait., Fringilla. Capite, collo, dorsoque fuscescente, nigro striatis ; rectricibus et remigibus basi flavis ; tectricibus alarum , fuscescente albido-flavo, limbatis.
Dimensions MIOREUEUPLDEAlE eee eee encens eee eee eine 120 millim. Duÿpli del’ailé à'sontextrénrité. AL ee RE 71 De Tayqueuer:s sa RC RER er NERO D. 45 ADIEU NN CRIE PE te GE 10 L'ALSEUE UDC Rene LR RO EE CEE ñ Hauteur d'UPbeC EPA MRCEPMPN CREME RER CTRE 5
Mâle en été. Haut de la tête, cou et dos blond sombre rayé de noir ; ailes noires, marquées de deux lignes blanc jaunâtre ; rémiges à leur base, jaune vif, cette couleur paraissant, même quand les ailes sont fermées ; croupion et queue jaunâtre tacheté de brun noir ; plumes de la queue jaune vif à la base ; excepté les deux intermédiaires qui sont brun noirâtre , légèrement bordées de jaune; côtés sous les ailes, blanc jaunâtre rayé en long de noirûtre ; poitrine blond léger, avec de petites raies ou points noirs; jambes brun pourpré ; yeux bruns.
Femelle et mâle en hiver. Toutes les parties supérieures brunes, chaque plume bordée de plus clair; croupion gris pàle, avec quelques indices de jaune et de taches brunes. Rémiges primaires brunes, bordées, extérieurement, de vert jaune; les rémiges secondaires également bordées , mais ayant leur base d’un brun jaune; couvertures supérieures brunes , bordées de blanchâtre; queue brune, bordée de plus pâle ; la base des pennes d’un beau jaune ; parties inférieures gris blanchâtre tacheté de brun sur le ventre ; gris roux également maculé sur les parties antérieures.
Cette espèce paraît être assez commune aux environs de la Havane , où néanmoins elle ne vient qu’en hiver. On la trouve aussi dans le sud des États-Unis, où elle est rare.
GENRE LINOTTE, LINARIA, Bechst.
Le seul oiseau de ce sous-genre qui habite Cuba parait y être sédentaire, el ne pas se rencontrer sur les continents