S UE
L qu
TEAT
——- Le mn
tt DA RAA
desséchées, quelques herbes en font tous les frais : la femelle y pond. quatre à cinq œufs d’un pouce et demi de longueur, d’un pouce au plus de diamètre et s’effilant tout à coup au petit bout. Ces œufs sont brun clair avec des taches plus foncées au gros bout, mêlées d’autres taches d’un pourpre pâle. Pendant ses excursions nocturnes, aussi bien que le matin et le soir, la Bécasse s’élevera par un vol spiral à une très grande hauteur dans les airs, faisant entendre de temps à autre sa note quac : lorsqu'elle est parvenue bien haut, elle court des bordées cà et là d’une manière irrégulière, en bourdonnant : puis elle redescend se poser à terre avec la même rapidité qu’elle était montée,
Son cri, quand elle est sur le sol, semble lui être pénible a émettre: elle ïincline en ces occasions la tête vers la terre et hoche la queue fréquemment ; ces allures, ont lieu le printemps et paraissent étre le cri d’appel du mâle. La Bécasse passe son temps à retourner les feuill.s ou lesol pour y chercher les larves et les vermisseai., qui s’y cachent : sa chair est fort recherchée.
La Bécasse d'Amérique a les habitudes de la Bécasse d'Europe: mais sa taille est bien moindre et son plumage est différent; le mâle de l'espèce d'Amérique pèse de cinq à six onces tandis que le mâle de son cogénère d'Europe, pèse douze onces. En Angleterre les Bécasses arrivent en Octobre et en Novembre et y hivernent : en mars, elles gagnent le nord du continent Européen pour la ponte : tandis que l’espèce d'Amérique hiverne dans le sud de notre continent, arrive ici en mars et avril, se répand dans tout le Canada et y couve; puis à l'approche des froids, elle se met en route pour le Sud. L’une espèce émigre
. de la zone torride à la zone temperée, l’autre de la
zone temperée à la zone arctique. Les deux oiseaux ayant un même nom, diffèrent non-seulement par leur taille et leur livrée, mais encore par les climats qu'ils habitent Ceci demontre combien peu fondée est l’opinion exprimée par des natu-
: la ce et ètre œufs , au rpre Een r un airs, uac : t des )our:
ec la
être )CCA- | frét pa- Casse pour y ca-
ralites américains que la Bécase d'Amérique passe de ce continent au vieux monde et vice versà.
Quel est le terme des migrations de la Bécasse dans la partie nord de l’Amérique ? c’est ce qui n’est pas encore connu. Ii n’appert pas que cet oiseau se montre dans le voisinage de la Baïe d'Hud- - $on ; il ne parait pas non plus qu’il existe dans l’extrème nord de l’Europe : il est donc probable que ses migrations ne s'étendent pas à une bien haute latitude ; on peut poser en principe général que les bécasses qui émigrent aux régions arctiques dans les deux continents sont communes à chaque continent. Aucun oiseau n’a, plus que la Bécasse, la passion des voyages ; ce qui la force de se munir de ces fortes provisions de graisse qui donne tant de prix à sa chair. La Bécasse se rencontre quelquefois dans les clairières au sein des forèts, où elle retourne les féüilles pour en retirer les vers etc ; en cela, elle diffère de la Bécassine qui ne fréquente que très rar ent les bois. La tête de la Bécasse a une structure‘toute particulière : l'œil est a une mu distance du bec, ce qui lui donne la faculté
observer ses ennemis de bien loin ; son vol n’est pas rapide. Faites la lever dans les bois, elle rasera la cime des buissons et se posera par derrière ces mêmes buissons, puis elle s’éloignera à pied, une distance de quelques mètres. La différence entre la taille du mâle et celle la femelle à fait croire qu'il y avait deux espèces de Bécasses en Amérique.
Audubontraceuu magnifique tableau delasolicitude dé la femelle pour ses jeunes et des ingénieuses ruses dont elle se sert pour attirer sur elle, l’attention de celui qui veut s'emparer de ses petits : en ceci elle ressemble fort à la perdrix, mais les jeunes Bécasses n’ont pas, il s’en faut de beaucoup l’agilité des perdreaux : ce sont de faciles victimes que des enfants cruels dérobent à la tendresse de leurs bons parens.
La migration des Bécasse, ne se fait pas par troupe, mais une à une la nuit au clair au clair de la ‘lune, et avec une telle rapidité que l’on
peut dire qu'elles sont toutes à la file, les queue à une certaine distance les unes des autres. Cette particularité à été remarquée, par le même naturaliste sur Îles rives du Mississipi et de l'Ohio, le soir: presque à chaque instant à commencer du milieu du mois de mars jusqu’au milieu du mois d'avril, la Bécasse passe avec la rapidité d’un trait. I! les a vuesémigrer de la même manièreau Nouveau Brunswick. La chasse à la Bécasse est fort laborieuse, mais fort intéressante : le Boïs Bijou, sur les limites de la cité de Québec, la côte à Bonhomme à Charlesbourg, a venir jusqu’à ces années dernières étaient réputées fort giboyeuses.. Après de longues sècheresses, il serait inutile de battre les hauteurs en quête de Bécasses : il faut alors avec un bon chien d'arrêt, explorer les terrains marécageux et bas; après des jours de pluie, ces oiseaux gagneront le versant des collines et les clairières dans les forèts. C’est 1à qu’on les rencontre aux beaux jours d’automne, recherchant les rayons du soleil quand il commence à faire froid.
. Plus tard dans la saison, le chasseur remarque quelques Bécasses retardataires, sur le bord des ruisseaux ombragés ou des sources chaudes dans les bois ; mais à l'instar des Bécassines, les mouvements des Bécasses sont, incertains et dependent des saisons et de la température.
“ La Bécasse de France est un oiseau éminemment domesticable et sociable, dit Toussenel ” ; nous n’avons encore pu constater sur ce point le degré de réussite des tentatives qui ont été faites en Canada.
# On a vu des bécasses fatiguées s’abattre en vols nombreux sur le pont des navires ; on cite nombre de ces pauvres voyageurs, qui, deux fois par an, se cassent la tête aux cages de nos phares maritimes de la France. ” |
La Bécasse mâle a le bec brun couleur de chair, noir à sa base ; la mandibule supérieure se termine en une petite protubérance, qui se projette à peu près uu dixième de pouce au delà de la mandibule
les tres.
ême de
nenmois trait.
veau abor les nme ères gues eurs bon bas; nt le rêts. l’aud il
| sp es
s les
tft
inférieure; lefront, la ligne au dessus de l’œil ettoutes les parties inférieures, d’un rouge fauve : les côtés du cou, tirant sur le cendré ; une légère bande de brun foncé, se fait remarquer entre l’œil et le bec ; le sommet de la tête à partir du devant de l’œil en allant en arrière, noir, traversé par trois bandes étroites de brun blanchâtre ; les joues sont marquées d’une barre noire, variée de brun clair ; les franges du.dos et des scapulaires d’un blanc bleuâtre pâle : le dos et les scapulaires, d’un noir foncé, chaque plume marbrée de brun clair et de rouille clair, avec de nombreuses lignes noires traversant en zyg zags les parties plus claires.
es jeunes d’un brun foncé ; la queue
noire, chaque plume frangée à l'extérieur avec.
de petites taches d’un brun pâle, mêlé de blanc et de jaune: la doublure de kaïle est couleur de rouille clair; les pieds et les jambes, rouge pâle, couleur de chair ; l’œil, noir et plein, placé bien haut sur le derrière de la tête: poids, einq onces et demi, quelque fois six onces.
Longueur totale 11 pouces : Envergure 16 pouces.
LA BÉCASSINE. * (Wilson’s Snipe.)
La Bécassine, si hautement prisée des chasseurs, et des bons vivants est très abondante en cette province pendant le mois d’août, de septembre et même en octobre. On cite des endroits ou des Becassines ont été vues à l’ouest de la province, aussi tard que le commencement de janvier, maïs c'était là des cas isolés. rs
Cet oiseau niche en Canada, dans les endroïts marécageux sur les hanteurs où il n’est pas exposé à être molesté par l'homme : un trou dans la mousse,
*. No. 523. Galligago Wilsonii.—BatrD.
Scolopux Wilsonii.—AupuBon.
tapissé de quelques herbes, voilà le nid qui bientôt contiendra quatre œufs d’un jaune olive, abondamment tachetés de brun clair ou foncé; ces taches augmentent en étendue à mesure qu’elles approchent du gros bout où elles forment un cercle: les œufs sont toujours disposés de manière à ce que le petit bout se touche tous. Les jeunes comme ceux de la Bécasse quittent le nid, dès qu’ils sont éclos: ils recherchent d’abord les insectes et plus tard, quand leur bec est fort, ils l’enfoncent comme les vieux un demi pouce dans le sol, pour en extraire des vermisseaux et de petites racines d'herbes, Les Bécassines sont fort nombreuses sur toutes les battures marécageuses du St.-Laurent ou dans les champs que l’eau du fleuve recouvre à chaque grande mer.* Elles sont très singulières dans leurs habitudes : le chasseur qui remettrait au lendemain, une chasse qu’il projette dans un-endroit où il a vu nombre de ces oiseaux la veille, n’en trouvera peut-être pas un seul le lendemain dans la même localité. Sont elles alarmées, elle s'élèvent en zig zags, sonnent leur cri Wau-aik, font quelques évolutions dans les airs et reviennent se poser presqu’à l’endroit d’où elles sont parti.
Audubon a découvert les nids des Bécassines dans la Nouvelle Ecosse, dans l’Etat du Maine et dans les régions montagneuses de l’Union Américaine.” La chair de la Bécassine est aussi renommée que celle de la Bécasse : on sçait que nos Sybarites laissent à la Bécassine et à la Bécasse, pour farce leurs intestins avec leur contenu, et qu’ils lesfont rôtir tout rondes; pourtant, il n’est pas rare d'extraire des viscères de Bécassines mortes, de gros vers de terre, des sangsues : comestibles peu propres, on l’avouera à l’homme. 1l y a une forte ressemblanceentre la Bécassiue Européenne et celle d'Amérique: l'œil perçant de Wilson signala d’abord en quoi elle différait et les naturalistes par reconnaissance, donnèrent son nom
D ER TITRES mt
* On appelle grande mer ces hautes marées qui ont lieu semi-mensuellement, à partir de la ville de Trois-Rivières en descendant vers le golfe.
à la Bécassine d'Amérique. La Bécassine d’Améque est plus petite d’un pouce que celle d'Europe: elle a seize plumes dans la queue et la Bécassine Européenne n’en a que quatorze : le cri des deux est fort différent; ce fait remarqué par Audubon avuit échappé à l’attention de Wilson; d’un autre côté Frank Forrester * s’insurge contre l’opinion d’Au: dubon etaffirme que ces deux oiseaux ont un cri semblable. Voilà un problème à résoudre, pour lé sport du Canada. On a noté chez les Bécasses et chez les Bécassines un trait fort singulier qui ne se produit qu’à la saison des œufs. Le chasseur qui fréquente, au point du jour, les humides prairies en quête de Bécasses, remarque que des couples de ces oiseaux montent en spirale vers le ciel, frappant l'air de leurs aïles à coups redoublés: { parvenus à une centaine de pieds de hauteur, ils s’étreignent soudaïnement en frappant leurs ailés l’une contre l’autre avec une grande vitesse, se laissent choir vers la terre en faisant entendre un faible
azouillement ou plutôt ‘un bourdonnement, que l’on croit ètre causé par l’action de leurs aïlee dané leur descente rapide; il ne parait pas que cette manœuvre singulière aït lieu én d’autre saison que le printemps. î |
* Nom de plume de Hy. Wm. Herbert, de New York, sportsman distingué —mort tragiquement ces années dernières.
t Un chasseur digne de foi affirme que les mâles seuls montent ainsi au haut desairs.
f Nous sommes redevables des particularités stivastes à un chasseur de vieille roche : w
‘“ La Bécassine, au printemps fait entendre lorsqu'elle est posée un sifflement soutenu et fort aîgu ; 6’est la note d'appel du mâle, avant la saison des œufs. Je l'ai entendue, maintes et maintes fois à Sorel en 1856 et 4857. J'ai fait lever des Bécassiues souvent dans les bois dans des terrains humides et couverts d'arbres. Les Bécasses viennent pirendre leur nourätare généralement la nuit, dans les endroits où l’on trouve les Bécassines pendant le jour.
Après de fortes gelées en Octobre, au premier clair de lune, les Bécassines quittent le Canada en corps, pendant
- x = "7 T7 eS ——— a a ———— De Vente. —
one << Si
nn atteint
Le principal attrait que possède la chasse à la Bécassine, c’est l’exercice musculaire qu’elle entraine et le savoir faire prodigieux ous requiert pour que le chasseur puisse atteindre l'oiseau dans ses gyrations infinies et sa course tortueuse, lorsqu'il se lève de terre. Pour prétendre au titre de chasseur de Bécaésine, il faut avoir, un tempéramment robuste, à l’épreuve du froid et de l’humidité ; un œil vif, une main sûre: il faut en outre participer un peu à la nature de l’épagneul : ne faire aucun cas de la boue et de l’eau: Audaz omnia perpeti telle doit être la devise du chasseur de a Bécassine.
Nous ne mentionnerons pas les endroits de chasse les plus en renom en Canada; nos chasseurs les connaissent trop bien, pour les infortunéés Bécassines que Septembre voit immoler chaque année, en holocaustes nombreuses : on emploie les chiens couchants et les chiens d’arrèt pour cette chasse,
La Bécassine de Wilson porte une livrée brune : le sommet de la tête est noir, marqué d’une ligne d’un brun pâle; une autre ligne d’une couleur encore
lus foncée surmonte les yeux ; le cou et le haut de
a gorge, d'un brun pâle varié de: blanc et de noirâtre ; le menton est pâle ; le dos d’un noir de velours lustré ; les scapulaires noires, marbrées de taches couleur de rouille, et abondamment terminées à leur extrémité de blanc ; les ailes, foncées ; toutes les pennes ainsi que celles des couvertures, frangées de blanc ; la queue, arrondie, d’un noir foncé, se terminant par une bande d’une teinte de rouille vif, traversée d’une ligne noire, ondoyante et frangée de blanc ; le ventre est d’un blanc pur ; les côtés, barrés d’une couleur foncé ; les pieds et les jambes, d’un'vert pâle cendré ; le bec, brun, fluté, long d’a peu près deux pouces et demi.
Longueur du mâle 11 ; envergure 17.
La femelle a un plumage plus obscur : le blanc sur son dos est moins pur et le noir moins foncé.
la nuit pour le Sud de }’Union Américaine. J'ai tué des Bécassines à Sorel, même en novembre ; un chasseur que je connais en atué à Sorel en mars.--(W. H. Kerr, de Québec.)