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LE COURLIS OU CORBIGEAU AU LONG BEC. * (Long billed Curlew.)
Deux espèces de Corbigeaux, oedicnèmes ou Courlis séjournent en cette Province; l'automne est le temps de leur arrivée. Le Corbigeau au long bec, sédentaire au Texas et dans les Iles qui dépendent de la Caroline du Sud, se reconnaît facilement, entre autres choses, par son bec qui varie en longueur desept à neuf pouces. Il à la taille du Corbeau et porte un manteau jaune terreux clair d’une seule nuance, à part les bordures extérieures des pennes teintes de noir, Wilson le premier, a signalé la différence qui existe entre ce Courlis et son congénère Européen.
C’est le plus grand de l'espèce américaine: il hante tout le jour, les plaines humides et revient à la tombée du jour aux rives sablonneuses de la mer où il passe la nuit. À mesure que le soleil baisse, les Corbigeaux quittent les marécages, par petites bandes de cinq à six oiseaux, lesquelles bientôt se réunissent et forment un immense bataillon serré de plusieurs milliers, puis ils s’abattent sur leurs retraites de nuit : telle est leur habitude dans le sud des Etats-Unis, au dire d’Audubon et Bachman. :
Cet Echassier est dur à tuer ; il faut une bonne charge dansle fusil : ilssont défiants et posent des sentinelles dès qu’ils s’abattent à terre. Îls vivent principalement de vers de terre, de limaçons, d’insectes aquatiques et quelquefois, ils vont exploiter les hauteurs en quête de fruits. Ils couvent au Texas et et dans les Carolines. |
Le bec est brun : l'iris, noisette: les pieds, d’un gris bleu clair; les ongles, foncées. Le fond du plumage est d’un jaunâtre roux-clair ; la tête, marquée de taches oblongues ; le dos est parsemé de taches et de barres brunâtres-noires : ie menton et la pau-
* No. 549, Numenius longirostris.—Batrp.
Numenius longi:ostris.—AuDuBon.
ière inférieure, blanches ; le cou est marqué de ignes longitudinales brunâtre blanches ; les côtés nuancés de même, ainsi que les grandes couvertures alaires,
LE COURLIS OU CORBIGEAU DU NORI. * (Hudsonian Curlew.)
Les habitudes de cette espèce, que l’on avait coutume de confondre avec le Corbigeau des Esquimeaux (Numenius borealis) ne sont qu'imparfaitement connues. ‘ Les auteurs répètent les uns après les autres que ce Courlis arrive à la Baie d'Hudson le printemps et qu’il niche encore plus au nord.
Sans entrer dans les détails nécessaires pour faire connaître, en quoi il diffère des autres espèces, on est encore à savoir au juste où ces oiseaux passent l'hiver ; car on n’en rencontre que bien peu dans les Etats-Unis pendent cette saison. Audubon dit en avoir vus dans l’intérieur de l’'Union : il les a remarqués en abondance dans le New Jersey, en mai: ilen a également observé des bandes près de Charleston, en décembre, et il en a acheté sur les marchés de Boston, en septembre. M.
McElraith les a observés en automne près d'Hamil- .
ton en petit nombre et nousavonslieude croire qu'ils se rencontrent en cette saison comme “ accidentels” en cette section ci du Canada. Ils fréquentent les bas fonds, les plages vaseuses où ils recueillent de petits vers de terre, en compagnie avec d’autres oiseaux de grève. Leur vol est haut et rapide. A l'approche du mois de juillet, dans les Etats du Sud, période de Pincubation, ils se rassemblent en grand nombre, s'élèvent au haut des airs, ordinairement une heure avant le coucher du soleil et là for-
* No. 550. Numenius Hudsonicus.—BaïrD.
Numenius Hudsonicus.—AupuBos.
mant une ligne immense, la troupe entière cingle vers le nord en faisant entendre des sifflements fort aigus pour s’encourager. Leur vol est plus réglé, moins rapide: leurs belles ailes mouchetées, présentent un fort beau coup d’œil sous les rayons du soleil.
En juin, ces oiseaux fréquentent les champs; ils s’y repaissent de baïes et deviennent fort gras. Nuttall dit qu’ils arrivent dans l'Etat du Massachusset au milieu d'août ou au commencement de septembre, époque où on les trouve dans les paturages, ainsi que dans les marécages; ils s’engraissent aussi de sauterelles et de fruits et émigrent à la fin de septembre. Audubon a constaté la différence qui existe entre ces Courlis et le Whimbrel d'Europe numenius phaeseus et qui en font une espèce à part. Bec brunâtre noir ; la moitié de la mandibule inférieure, couleur de chair. L'iris, d’un brun foncé ; les pieds, d’un bleu grisâtre, les ongles, noirs. Le sommet de la tète est d’un brun foncé, avec une ligne longitudinale blanche au centre et une ligne latérale blanche, mais plus large au dessus de chaque œil; une ligne brune part du bec et va à l’œil et une autre ligne.se prolonge derrière. Le cou est d’un jaune gris-pale rayé longitudinalement de brun, à l'exception du menton qui est gris-blanc : ' le plumage en dessus est généralement d’un brun noirâtre, marqué de nombreuses taches de blanc brun ; les ailes et le croupion sont rayés de brun et de gris jaunâtre : la queue est terminée de blanc. Les primaires et leurs tectrices sont brunes-noirâtre : avec des marques transversales plus claires sur leurs tiges inférieures : les secondaires sont comme les tectrices inférieures. La poitrine et l’abdomèn sont gris-blanc ; les côtés, maculés couleur de crème | et rayés d’un gris brun pâle ; les tectrices inféririeures de la queue ont quelques marques brunes. | La femelle ressemble au mâle. | Le bec varie en longueur de 2. 10712 pouces à 44 pouces.
LA GALLINULE A PIEDS VERTS-JAU- NAÂTRES. *
(Common Gallinule.)
La Gallinule à pieds verts-jaunâtres, vulgairement dite Poule d’eau, a le plumage olive foncé en dessus et gris d’ardoise en dessous, avec du blanc aux cuisses, le long du bas ventre et au bord extérieur de l’aile ; la tète et le cou, d’un bleu gris foncé; l'iris, rouge vif; la queue, brunâtre-noir ; le bec et une plaque au front, d’un carmin foncé. Cet oiseau répandu dans les deux mondes, vit sur les eaux dormantes : il nage et surtout plonge très bien; pendant le jour, il se tient caché parmi les roseaux, et n’en sort que vers le soir, pour se promener parmi les herbes et y chercher sa nourriture qui consiste en végétaux, vers, insectes, petits poissons et mollusques. A la moindre alarme, il plonge et va se réfugier dans les joncs ou sous les racines des arbres du rivage, ou bien il reste plongé et immobile avec:le bec hors de l’eau ; son vol est ni rapide, ni élevé, ni soutenu ; la femelle pond dans un nid de jones, grossièrement entrelacés, et quand elle interrompt son incubation pour aller aux vivres, elle recouvre ses œufs avec des brins d'herbes. Elle fait plusieurs pontes par année, : daus les climats plus méridionaux, jusqu’à trois pontes dont chaque est de six à huit œufs roux ou grisâtres, pointillés et tachetés de brun. La mère est d’une grande tendresse pour ses jeunes ; ces derniers, dès qu’ils sont éclos, gagnent l’eau et nagent très vite ; leur mère les appellent souvent au rivage et sèche sous ses ailes leurs plumes humides. Ces soins durent jus- -qu’à ce qu’ils soient âgés d’un mois. À la saison des œufs, les mâles sont d’une humeur gai et enjouée. [ls vont à la rencontre de leurs compagnes sur l’eau, étendent leur queue en éventail, se pava-
—BaïRD.
Gallinula Choropus—AupuBon.
nent comme des oiseaux de basse-cour ; ils ressemblent fort aux jeunes poussins. Les Poules d’eau ne sont pas aussi nombreuses en Canada qu’elles le sont à la Floride, où elles prennent leurs ébats dans les étangs comme des Canards ; elles périssent souvent en ces occasions sous la dent du Crocodile et des Tortues qui leur tendent des embuches.
Dimensions, 14 x 22.