‹ Ornithologie du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 62 sur 68 · LES RÂLES · texte numérisé non relu

LES RÂLES

(Raiïl,)

On a constaté en Canada, la présence de quatre espèces de Râles, * Oiseaux timides, ils se tiennent cachés dans les herbes des prairies ou aux bords des eaux ; leur vol, à l’exception du temps où ils émigrent, est bas, lourd, peu soutenu, rectiligne ; mais Jeur course est très rapide, et c’est le moyen qu'ils emploient le plus fréquemment pour échapper aux poursuites ; en marchant, ils relèvent la queue, et J’étalent par de petits mouvements brusques.

LE RÂLE DE GENÊT. } (Sora Raïl )

Cet oiseau se tient dans les champs, dans les hautes herbes des prairies humides, dans les genêts, dans les taillis et fait entendre, à l’époque des amours,

Te

* Ortygometra Carolinus.-—-Sora Rail.

Rallus Crepitans.—(lapper Rail. .

R, Virginianus.—Viginian Rail.

R. Elegaus.—Great red breasted Rail.

: (Audubon.) + No. 555. Porzana Carolina—Bairp.

Ortygometra Carolinus.—AuDpuBon.

un cri qu’exprime le mot crex. Il devient fort gras en automne, et alors on le recherche pour l’exquise délicatesse de sa chair. Pendant la nuit aussi bien

ue pendant le jour, il cherche sa nourriture, consistant en graines aussi bien qu’en vers et en insectes. Il n’est pas aussi abondant en cette partie de la Province qu’en l’autre. M. McElraith là vu en nombreuses bandes dans les marécages aux environs de Hamilton. En quelques endroits on le nomme Æoi des Cailles, parcequ’on le voit arriver et partir avec elles: qu'il vit solitaire dans les mèmes lieux : qu’il est un peu plus gros que ces oiseaux et qu’il à l'air de les conduire. La ponte est de quatre à cinq œufs d’un blanc sale maculés de noir ou de brun, déposés tout simplement sur la terre nue, dans les prairies. La femelle les couve avec tant de constance, qu’elle périt souvent par la faulx du moissonneur, plutôt que de les quitter : les petits suivent leur mère, dès qu’il ont rompu leur coquille ; ils sont noirs et ressemblent lorsqu'ils courrent dans l'herbe, à des souris. Les grands joncs quibordent la rivière Delaware, et les rivières du sud des Etats-Unis fourmillent de râles au commencement d'août. Nous les avons souvent remarqués dans les roseaux qui frangent les ruisseaux bourbeux sur le littoral du St.-Laurent en Canada.

Wilson décrit le mode de chasser ces oiseaux aux Etats-Unis : c’est au moyen d’une petite embarcation éclairée d’un flambeau et conduite dans les ténèbres de la nuit, parmi les joncs sur les bords des rivières. L’éclat du flambeau éblouit les pauvres oiseaux et les chasseurs les frappent à la tête avec un aviron ; de son temps, (1809) cette chasse était extrêmement fructueuse. Audubon qui écrivait en 1844 dit que le nombre des Râles a bien diminué depuis l'époque dont parle Wilson, et l’on ne doit pas s’en étonner. ?

Les Râles de genèt possèdent au même degré

| les bécassines et les bécasses, cette finesse d’o-

orat ou plutôt cet instinct merveilleux qui leur fait diviner l'approche du froid, a une journée de distance.

Pendant leurs longues pes la fatigue les force souvent de se poser sur le pont des navires, à des centaines de lieues du rivage. ‘Ce râle plonge avec une rare dextérité. Le plumage du Râle de Gtenèt est brun fauve, tacheté de noirâtre en dessus, grisâtre en dessous ; les ailes sont roussâtres ; ies flancs, rayés de noirâtre et de gris blanc : le bec, jaune à sa base, plus foncé au bout. L’iris, chatain clair : les pieds, jaunâtres-verts : les ongles, d’un brun clair ; les auriculaires sont d’un brun olive ; une bande cendrée passe sur l'œil, les joues et les côtés du cou.

Dimensions 9% x 14,

LE RÂLE D'EAU SALÉE. * - (Clapper Raïl )

Audubon a laissé une description fort détaillée de cet oiseau qui fréquente par milliers tout le littoral des marais salins et couverts de roseaux, des îles qui avoisinent la Caroline du, Sud, de la Floride, l’Alabama et la Louisiane : il croyait que ces Râles ne se rencontaient pas en nos latitudes, tandis que le naturaliste que nous avons souvent cité et qui a étudié spécialement les habitudes des oiseaux de l'ouest de la Province, M. McElraith fait mention de ce râle parmi les espèces de cette section du Canada ; ce ne sont pourtant que des accidentels ; ils viennent également comme tels dans le Bas- Canada. Les lagunes marécageuses des Etats du Sud depuis le commencement de mars au commencement d'avril, resonnent du cri de ce râle: ce cri ressemble aux syllables cac, cac, cac, cac, ca, câhà, câhä. Ce cri que l’on entend jouret nuit est fort haut et rapide; il se termine par un son plus bas et plus prolongé.

Ce Râle est aussi veutriloque, car quand il est à

* No. 553. Ralius crepitans.—BairD.

: Rallus crepitans.—AuDuBon.

plusieurs cèntaines de mètres de distance, on croirait que le cri part de l'endroit où il est, Il pond jusqu’à quinze œufs dans un nid très profond sur le sol. Cet oiseau épie le moment du reflux pee arcourir en tous sens les grèves, en ” quête de crabs, d'insectes aquatiques et de plantes, rale d’eau salée nage avec facilité, sinon avec grâce et rapidité ; il plonge au besoin, pour éviter ses persécuteurs et.demeure le bec hors de l’eau, si on ne le découvre. La tuerie de ce gibier dans les Carolines prend des proportions fabuleuses au rapport d'Audubon. Les canots reviennent chargés jusqu’au bord, des dépouilles des infortunés Râles d’eau : tandis que le chasseur canadien se contente d’un ou deux couples par jour.

Cet oiseau à la mandibule inférieure et les bords de la mandibule supérieure d’un jaune brun ; l'iris, jaune, pâle; les pieds, d’un gris pâle, nuancées d’oran-

6é à la-jointure tibio-tarsale; les ongles, foncés. Le sommet de la tête et le dernière du cou, d’un brun pâle; une ligne d’un brun orange pâle part du bec et surmonte les yeux; les tectrices alaires, olive-pâle, nuancées de gris : sur quelques unes, il existent de petites taches irrégulières blanches. Les tectrices inférieures, les côtés, le derrière de l’abdomen ondulés d’un gris brun foncé et d’un blanc gris; le milieu de l’abdomen, gris blanc.

Dimensions 15 x 204.

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LE RÂLE DE VIRGINIE. * (Virginian Rail.) Ce Râle participe aux habitudes du Râle d’eau . salée ; il est plus petit et plus commun quece dernier en Canada, sans être jamais bien nombreux. Il fréquente les marécages d’eau douce et d’eau salée, les terrains gras et humides, les savanes et les

* No. 554. Rallus Virginianus.—Bairp.

Rallus Virginianus.—Aupuson.

bords des étangs et des rivières. Audubon a trouvé leurs nids en grand nombre sur les rives des lacs Erié et Michigan.

Oiseaux nocturnes aussi bien que diurnes, ils courrent avec une merveilleuse vitesse et a moins de les tirer au vol, chose facile, il est presqu’impossible de les tirer quand ils sont à terre. Ces oiseaux deviennent parfaitement muets dès qu’ils ont commencé la ponte, laquelle se compose de quatre à sept œufs, de la même couleur que ceux du Râle d’eau salée, mais de forme différente. Les jeunes sont couverts d’un duvet noir foncé, et suivent leur mère dès qu’ils ont quitté la coquille. Exçellents na-

eurs, plongeurs adroïts, ils se servent encore de

eurs pieds pour sé percher sur les buissons. Bec, brun : l'iris, rouge vif; les pieds, brun-jaunâtre, nuancés d'olive ; les griffes, plus foncées ; la couleur

énérale en dessus, est d’un noir brun foncé, rayé

e brun olive-clair ; les côtés de la tête sont d’un gs bleu pâle ; une ligne brune-orangée, au dessus

e l'œil; la gorge est d’un blanc roussâtre; le devant du cou et la poitrine, d’un brun orangé vif tirant sur le roux jauuâtre ; les côtes, l’abdomen et les couvertures inférieures des ailes, rayées de brun noirâtre et blanchâtre; les tectrices de la queue ont au centre une tache brunâtre-noir, les franges sont blanches et les extrémités d’un roux pâle.

LE GRAND RÂLE À POITRINE ROUSSE. * (Great red breasted Rail )

M. McElraith ne mentionne qu’un seul individu de cette belle espèce, comme ayant été vu par lui dans les environs d'Hamiltor ; le sud du continent tel que le Texas et les Carolines, voilà sa patrie par excéllence,

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* No. 552. Rallus elegans.—Batrp.

Ral!us elegans.—Aupusox.

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La description de l’espèce précédente lui convient en tous points excepté que cette dernière a les cotés de la tête plus foncés et que sa taille est beaucoup plus forte.

Dimensions du mâle 19 x 25. Femelle 18 x 24.

LE PHALAROPE DE WILSON.* (Wilson's Phalarope.)

On arencontré à de rares intervalles sur les grèves autour de Québec, ce joli petit Echassier, dont les mœurs ne sont encore qu’imparfaitement connues. On a également trouvé ses œufs en abondance sur les montagnes rocheuses et sur les rives du Saskatchewan. Richardson dit que ce Phalarope dépose deux ou trois œufs dans l’herbe sur les bords de petits lacs: ces œufs sont d’un gris jaunâtre avec des taches rondes, brunes-ombre : la femelle est plus volumineuse que le mâle. Ils se nourrissent de vermisseaux et de petits coquillages. Audubon dit qu’ils hivernent au Mexique.

Le plumage en dessus est gris brun ; le derrière du cou et le croupion, gris-blanc ; le sommet de la tète, gris-cendré ; une ligne blanche entoure l’œil ; une bande noire, au-dessous de l'œil, descend le long du côté du cou ou elle s’élargit et se change en rouge chatain et s'étend le long du dos: une autre bande chataïigne traverse l’œil ; le menton et les joues, blanches; l’avant-cou, brun orangé, devenant plus pâle en descendant et sur les côtés du corps; la poitrine, l’abdomen et les couvertures inférieures des ailes, blanches.

Dimensions 10 x 174.

* No. 519. Phalaropus Wilsonii.—Barrp.

Lobipes Wilsonil —-AuDuBoN.

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x TOURNEPIERRE. * D (Turn Stone ) Ces oiseaux sont communs à l’Europe et à l’Amé- fl rique ; des variations dans leurs plumages avaient dl d’abord fait croire à deux espèces. ‘Le nom de | cet oiseau indique suffisamment l’industrie dont il | vit: c’est une espèce de dépaveur Un se sert de | son bec comme d’un levier pour déplacer les petits HA cailloux des bords de la mer et faire main basse sur LR " les vers et leslarves qui ont l’habitude de se loger sous | | | " | cet abri: le Tournepierre se rend chaque printemps LA dé dans les terres du nord, au Groenland, en Sibérie, à Il A 4 la Baie d'Hudson où a lieu la ponte ; puis, jeunes et LR oh vieux, à l'approche de l’automne se dispersent dans IN … les latitudes méridionales. Il niche à terre : ses pin À tue œufs sont au nombre de quatre, olives et tachetés IE ra de noir. Cetoïiseau fait entendre en volant une ill la note qui ressemble à la voix des Hirondelles. Il | se s’abat de temps à autre sur les grèves dans le je, Haut-Canada. | Bec noir, pieds rouges ; tarses, courtes ; doigts | ré libres, pouce invisible : manteau noir, teint de ü blanc et de gris; la partie supérieure du col et la NL . tête, noires ; le dessous du corps d’un blanc terne. WE 1 à Dimensions du mâle 9 x 184. A ee ll ï | ‘ul | és ALOUETTES DE MER. | s Les naturalistes français consignent sous le nom |

de Maubèsches, Cocorlis, Sanderlings, Pelindes, cette nombreuse famille d’échassiers qu’on voit | apparaître sur nos côtes et sur la plage du (UE) grand fleuve, au printemps et à l’automne, en A groupes serrés et tourbillonnants, qui ne savent ja- . : LA mais s'ils veulent s’en aller ou rester, s'élever ou

* No. 515. Strepsilas interpres.—BatrD. | Strepsilas interpres.—AUDUBON.

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s’abattre : nos compagnards les appellent tous indistinctement, alouettes de mer. On en distingue huit ou neuf espèces ; elles nichent toutes ou a peu près, dans le nord du continent,

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