‹ Ornithologie du PérouChapitre 14 sur 288 · C. leucogaster · texte numérisé non relu

C. leucogaster

S. cisandina.

D. semicinereus.

P'Piefiert.

D, iris.

Comparant en outre les faunes des deux chaînes, nous constaterons dans l’une d’elles l'absence complète d’un certain nombre de formes très caractéristiques pour l’autre chaîne. C’est ainsi que la chaine occidentale est privée en entier des espèces suivantes, communes sur l’orientale : Myiobius superciliaris, Cassiculus albirostris, Loddigesia mirabilis, Lamprotes tanagrinus, Cyanocitta joliæa, Rupicola peruviana, Geotrygon montana, Penelope rufiventris, ete., ainsi que des familles des Piprides, Capitonides et Rhamphastides, et des genres ridornis, Crypturus et Timamus.

En revanche on ne rencontre pas sur la chaîne orientale des espèces très caractéristiques dans la chaîne occidentale : Diglossa aterrima, D. albilateralis, Calliste Berlepschi, Chrysomitris columbianus, Spermophila simplex, Icterus mesomelas, Molothrus purpurascens, Tyranniscus nigricapillus, Heliotrypha micraster, etc. Nous voyons donc que la vallée du Marañon, malgré son peu de largeur, dans le système des Cordillères, sépare deux faunes numériquement bien différentes.

IV. — La comparaison des faunes des deux versants de la même chaine fournit les faits les plus curieux, quoiqué les moins nombreux. Chacune des chaines du Pérou septentrional présente un fait très important. Il y a sur la chaine occidentale deux espèces très voisines du genre Campylorhynchus, dont le C. balteatus habite les vallées du

Pacifique, et le C. transfasciatus le versant oriental ou le système du

haut Marañon. Cet oiseau, comme j'ai pu m'en convaincre, atteint à Chota 8,000 pieds d’altitude, où il n’est ni rare, ni de passage, mais sédentaire, et où il niche. La ligne de partage des deux systèmes d'eaux (Pacifique et Atlantique) est à 8,000 pieds au voisinage de la bourgade Huambos, malgré cela les deux espèces ne se mêlent pas. Un fait pareil, mais encore plus marquant, a lieu sur la chaine orientale, aux environs de la ville de Chachapoyas, pour deux espèces de Grallaria. La G. albiloris habite le versant occidental de cette chaîne, tandis que le versant oriental est le domaine de la G. Przewalskii. Cette dernière s’avance jusqu'à 10,500 pieds, et la crête de cette chaîne à EI Tio ou Tambo del Tio, est à peine élevée de 7,800 pieds et ne peut présenter un obstacle sérieux à ces deux oiseaux. Entre Tinas et Gualama (1), J'ai entendu leur cri dans les mêmes broussailles, et malgré cela ils ne se mêlent jamais et aucun d’eux ne descend sur le versant opposé de son habitation.

Les deux faits suivants sont aussi très curieux. L’Amazilia leucophæa a été trouvée par Warszewicz aux environs d’Arequipa, dans la partie la plus méridionale du Pérou. Je l’ai trouvée à Tumbez, sur la frontière de l’Ecuador, à 3° de latitude Sud. Une forme très voisine, l’4. pristina, habite les localités intermédiaires, c’est-à-dire les environs

(1) Tous les lieux indiqués sont situés sur la route de Chachapoyas à Huayabamba. Gualama, point culminant de la route, est à 8,000 pieds au-dessus de la mer,

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de Lima et le voisinage des ports. Nous y rencontrons donc une espèce vivant dans des conditions bien différentes et séparée par une autre espèce voisine.

Les deux espèces voisines du genre Calliste fournissent un exemple semblable; la C. cœlicolor est connue au Brésil et je l'ai retrouvée à Huambo à l'altitude de 3,700 pieds. La bande intermédiaire du : terrain, ou les plaines de maynas et la partie des montagnes jusqu’à 2,000 et quelque cents pieds, est habitée par la G. Yeni ne différant de la G. cœlicolor que par le croupion tout rouge, tandis que cette dernière l’a rouge à moitié et jaune sur le reste. Nous y avons donc l’exemple de l’isolement de représentants d’une espèce par une autre forme voisine.

L'exemple cité a une importance égale à celle que présentent les deux espèces de Grallaria, consistant dans le maintien de l’individualité des deux espèces du voisinage, ou du moins qui ne sont séparées par aucun obstacle sérieux. En réalité, la Calliste Yeni atteint la hauteur de 2,900 pieds à Moyobamba, et on rencontre la C. cœælicolor à 3,700 pieds dans le même système. L'exemple n’est pas unique; j'en ai encore un autre plus saillant; il s’agit de trois formes du genre Rhamphocelus du système de l’'Huallaga. La partie basse (plaine de maynas) est occupée par le R. jacapa, connu de la Guyane et du Brésil, et ayant une aire de dispersion très vaste. À Moyobamba on rencontre le R. Luciani, ne différant que par le rouge vif du croupion; la femelle de cette espèce de Moyobamba est plus rougeâtre en général que celle de l’Amazone. Dans le même système, à Huayabamba, vers l’altitude de 3,700 à 9,600 pieds, on rencontre une troisième forme dont le mâle ne diffère en rien du À. jacapa de Yurimaguas, tandis que la femelle ressemble en tout à celle de l’oiseau de Moyobamba.

Tous ces faits prouvent combien de petites différences dans les conditions de l’existence suffisent à provoquer d'importants changements dans l'extérieur des oiseaux. D’un côté, nous voyons deux localités d’une apparence lout à fait semblable et différant légèrement dans leur faune, de l’autre côté une variation d’un millier de pieds donne des différences dans certains genres. Cela me parait être d'autant plus étonnant qu’autant que Je l’ai appris du Père David les montagnes de l’Asie Centrale ne présentent pas de variabilité aussi marquante.

En finissant ce chapitre, il me faut encore faire cette remarque qu’un examen plus approfondi nous donnera dans l’avenir la possibilité de

connaître le centre de formation de certaines formes et les motifs de leur dispersion. Comme exemple de la probabilité de mon opinion, je cite les deux espèces Pæcilothraupis lacrymosa et la P. ignicrissa, dont la première habite la chaîne occidentale et I dernière l’orientale. Les deux ont été trouvées par M. Jelski vivant ensemble à Maraynioc au Pérou central, c’est-à-dire là où 1l n’y a qu’une seule chaîne des Cordillères. Il est donc évident que ces espèces se sont formées au nord, et s'étendant vers le sud elles se sont rencontrées à la Jonction des deux chaines. En acceptant la genèse des deux formes au sud, nous serions forcé de faire cette supposition invraisemblable que les oiseaux se sont arrangés de façon à s'étendre les uns le long de la chaine orientale, les autres le long de l’occidentale. .

Des migrations. — Une grande variabilité dans la faune ornitholouique du Pérou nous explique jusqu’à un certain point le manque presque complet des migrations d’oiseaux de ce pays. Parmi les oiseaux purement migrateurs on peut seulement considérer certains palmipèdes, comme : Tringa canutus, Calidris arenaria, Phalaropus hyperboreus et plusieurs autres. Parmi les autres oiseaux Je n'ai remarqué que le Turdus Swainsoni qui me paraisse arriver du nord; je l’ai observé dans deux localités, où il disparaissait en mai ou en juin si complètement que là où il était précédemment abondant on n’en voyait plus un seul.

Les autres oiseaux péruviens vivent dans une région plus on moins bornée ou exécutent des voyages peu éloignés, des plaines dans les montagnes ou vice versa. Je traiterai ailleurs des passages pareils des oiseaux-mouches ; actuellement j'indiquerai seulement les oiseaux sur. lesquels j’ai pu faire quelques observations sous ce rapport.

Le Conurus erythrogenys disparait de la côte en mars et en avril, à l’époque juste de la maturité du maïs dans la sierra. L’Ara militaris quitte en partie dans la même saison la vallée du Marañon et gagne Ja sierra dans le même but. Le Turdus marañonicus arrive en juin de la vallée du Marañon et des ravins voisins aux forêts paltanes, à la hauteur de 6,000 pieds. J’ai mentionné déjà un certain changement de la faune dans la vallée de la Zurumilla, où plusieurs espèces disparaissent dans la saison sèche, comme : Cassicus flavicrissus, Myiodynastes audax, Hadrostomus homochrous, etc., et à la place desquels apparaissent d’autres espèces qui ne s’y trouvaient pas précédemment : Myiodynastes atrifrons, Heliomaster albicrissa, Lampornis iridescens, etc. Les palmi-

pèdes et les échassiers sont aussi de passage; 1ls apparaissent dans une localité donnée dans la saison des pluies sur les lacs éphémères et disparaissent à l’époque du desséchement de ces réservoirs d’eau. Dans la vallée de la Zurumilla le Totanus chloropygius et Podiceps sp.? sont de cette catégorie. Dans la vallée d'Huayabamba apparaissent les espèces suivantes sur les lacs éphémères : Podiceps dominicus, Querquedula cyanoptera, Anas oxyura, Phalacrocorax brasilianus, Ardea cocoi, Ardea leuce. Ce sont presque les seuls exemples de migrations parmi les oiseaux péruviens que J'ai eu l’occasion de constater, et elles s’effectuent sur un territoire très restreint, à l'exception de celles des palmipèdes et des échassiers. Le reste se meut sur un espace très borné. Je me souviens à Tambillo d’un albinos du Buarremon latinuchus que je rencontrai pendant quelques semaines dans le même lieu avant de réussir à le tuer. Un pareil cas s’est aussi présenté avec un albinos incomplet du Tyrannus melancholicus, dans la même localité. Je suppose même que les bandes vagabondes sur lesquelles je dirai quelques mots ne se meuvent pas dans une direction indiquée, mais qui ont des régions daus lesquelles elles se tiennent constamment.

Ce manque de migrations nous explique la diversité des espèces et des variétés parmi les oiseaux péruviens, et cette diversité à son tour nous prouve le manque de migrations. Si les oiseaux péruviens étaient forcés de voyager comme les espèces du Nord, le croisement continuel de formes voisines de différentes provenances empêcherait la formation de races locales constantes et ensuite des espèces. — Par ce manque de migrations on peut expliquer la variété plus grande des espèces dans les oiseaux des régions tropicales que dans ceux des régions tempérées.

Bandes vagabondes. — La réunion des différentes espèces en bandes plus ou moins considérables parcourant les forêts est un des plus curieux détails de la vie des oiseaux de l'Amérique Méridionale. Bates, dans son ouvrage ayant pour titre : Voyage du naturaliste, a donné la première relation sur ces réunions. M. Jelski à communiqué en même temps ses remarques, dans ses lettres de la Guyane française. Taczanowski a observé en Pologne des habitudes pareilles sur une échelle moins grande. On peut donc présumer que les forêts d'Asie et d'Afrique nous fourniront des exemples pareils non encore remarqués par les voyageurs visitant ces continents.

En marchant au fond des forêts de Amérique Méridionale, le voyageur

est étonné du manque de vie et du silence profond interrompu par de rares cris d'oiseaux. Souvent on y marche pendant plusieurs heures de suite sans même trouver une occasion pour tirer. Tout à coup des sons divers, sifflements, praillements, gazouillements, se font entendre au loin. Ce bruit s'approche peu à peu, et le chasseur qui croyait sa journée perdue se voit enfin entouré par une bande de petits oiseaux, composée de différentes espèces; les Tanagrides, et principalement les Callistes, les Cœrébides et les Tyrans s’avancent à travers les couronnes des arbres élevés ; les Formicarides vont pour la plupart près du sol; sur les troncs, grimpent les Dendrocolaptes, les Xénops, etc. Toute la réunion se meut, pousse des sons différents et anime la forêt précédemment silencieuse. Les Callistes s’envolent les premiers, les autres les suivent. La rencontre d’une pareille bande est un véritable surcroît de richesse pour le chasseur; souvent il m’arrivait de choisir et de voir la bande s’envoler sans rien attraper, car on ne peut pas toujours la suivre, surtout dans les montagnes et les fourrés.

De nombreuses observations m'ont permis de découvrir certaines lois de la formation de ces bandes vagabondes. On ne rencontre de semblables bandes que dans la forêt; plus elle est grande, plus elles y sont nombreuses et différenciées. Le matin, elles sont moins distinctes ou manquent totalement, ce qui prouve qu'elles se dispersent pour la nuit et commencent à se former de nouveau le matin, parvenant à leur plus grand développement entre 2 et # heures de l’après-nudi. Les individus de la bande ne sont liés par rien avec la compagnie et l’abandonnent volontiers à chaque occasion, de sorte que ces bandes se forment tous les jours de différents sujets. — Un jour, j’ai observé une bande passant dans une direction; un Xenops qui en faisait partie s’est attardé jusqu’à ce qu’une autre bande allant dans une autre direction fût arrivée. Notre oiseau qui se trouvait dans le voisinage suivit cette dernière, comme s’il lui eût appartenu.

Les oiseaux suivants ne se réunissent pas aux bandes vagabondes : les colibris et les pics, parce qu'ils ont besoin de s’arrêter plus longtemps sur place; les Corythopis, Grallaria, Formicarius, vivant principalement à terre; les oiseaux de fourrés très épais comme Thamnophilus et Scytalopus, qui seraient souvent exposés à traverser de grandes distances dénudées ; enfin les oiseaux frugivores attachés à certains arbres, comme les Rhamphastides et les Turdides.

Bates, dans l’ouvrage cité, donne une explication insuffisante de cette

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habitude, prétendant que les oiseaux se réunissent en grandes bandes pour se soustraire aux attaques des oiseaux de proie. Le savant voyageur n’a pas réfléchi qu’une telle réunion ne ferait que faciliter la chasse aux faucons et aux autours qui, suivant des bandes pareilles, auraient toujours une proie assurée, sans perdre leur temps à la recherche du oibier. En outre, il me paraît que le faucon et l’épervier ne seraient pas plus effrayés par des centaines de petits oiseaux que par un oiseau isolé. Plusieurs autres données combattent aussi l’opinion de Bates. Dans les forêts de l'Amérique Méridionale, les oiseaux appartenant au genre Hypotriorchis, Accipiter et Micrastur, vivant d'oiseaux, sont très rares et chassent tous à la manière de nos faucons et de nos éperviers d’Europe. Pendant une année de séjour à Tambillo je n'ai tué qu’un seul épervier (Accipiter erythrocnemis) vivant de petits oiseaux. À Huambo, pendant cinq mois de séjour, j’ai rencontré un seul faucon (Hypotriorchis aurantius). Au contraire, les rapaces se nourrissant d'insectes et de lézards y sont plus communs ( Asturina magnirostris, Harpagus bidentatus). Les contrées non boisées abondent en oiseaux de proie; à Cutervo je rencontrais les Æypotriorchis femoralis, Accipiter bicolor, Geranoætos aguia, Urubitinga unicinctus; M. Jelski a rapporté de Junin (puna)les Falco Cassini, Æsalon femoralis, Circus histrionicus, tous se nourrissant exclusivement ou de préférence d'oiseaux vivants. La même chose se répète aux environs non boisés de Tumbez et de la vallée du Marañon, où les rapaces sont plus nombreux que dans les forêts. Les bandes vagabondes ne se rencontrent, comme Jje l’ai dit plus haut, que dans la forêt, si donc la supposition de Bates était Juste, les oiseaux auraient plus d'intérêt à se réunir dans les lieux non boisés que dans les forêts ; mais comme il en est autrement, il faut en chercher la cause ailleurs.

En s’arrêtant au milieu d’une bande vagabonde, on entend un bruit continuel semblable: à une pluie. Ce sont des morceaux détachés de branchettes, de feuilles, d’écorce et différents débris abattus des arbres par les oiseaux continuellement en mouvement. Une foule pareille, s’agitant sans cesse, fait remuer tout ce qui vit sur l'arbre; les insectes s’envolent, tombent et quittent leurs retraites, et aucun oiseau isolé ne serait en état de produire un pareil effet. Il est donc évident que cette réunion est favorable aux oiseaux insectivores. Il suffit de voir quelquefois des bandes pareilles pour se convaincre que les insectivores se joignent aux frugivores, surtout aux Callistes, qui donnent le ton à toute

la réunion, s’envolant les premiers sans faire attention au reste de la bande. Ils donnent la direction, suivie par toute la société des Tyrans, des Formicarndes et autres. Ainsi donc c’est l’intérèêt d’une aide mutuelle dans la recherche de la nourriture, et non un instinct de défense contre les oiseaux de proie, qui pousse les petits oiseaux à des réunions pareilles.

Notice sur les localités du Pérou septentrional visitées par Stolzmann

Chimbote. — Port au nord de Lima, situé à 9 latitude Sud. C’est une des baies les mieux abritées du Pacifique.

Tumbez. — Capitale de la province de ce nom, située à 30 1/2 lati-

tude Sud, dans le département de Piura. — Le fleuve Tumbez, passant au pied de la ville, se rend à la baie de Guayaquil. — La contrée est du

lype vallée de la côte et lomas.

CGucaracha. — Pauvre colonie, composée de quelques cabanes et résidence du capitaine du port; considérée comme port dé Tumbez, qui est à 6 kilomètres de la mer. Cucaracha est située sur un des îlots de l'embouchure du fleuve, et ses environs ainsi que ceux de la colonie de

Santa Lucia, appartiennent au type caractérisé sous le nom de delta

de Tumbez.

Lechugal. — Colonie composée d’une dizaine de cabanes, située au bord de la Zurumilla, constituant la frontière entre le Pérou et Ecuador. Lechugal est éloigné de Tumbez de 40 kilomètres, du côté nord-est. Les environs appartiennent au type caractérisé sous le nom de vallée de la Zurumilla. Au voisinage il y a le lac Pozo de Lambedero.

Pacasmayo. — Petit port situé à 7° 1/2 de latitude Sud, dans la province San Pedro, département de Libertad. La contrée appartient au type vallée de la côte. Elle abonde en roseaux, en jones et en marais.

Chepen. — Bourgade éloignée de 4 heures de route, en chemin de fer, de Pacasmayo, appartenant à la même province. La contrée correspond au type vallée de la côte. Dans le voisinage passe la rivière Xetequepeque.

Chota. — Chef-lieu de la province du même nom, situé dans le département de Cajamarca à 6° 1/2 de latitude Sud, élevé à 8,000 pieds. La contrée correspond au type déerit sous le nom de sierra typique. À 6 kilomètres de distance il y a une forêt serrane nommée montana de Chuli, élevée à 9,000 pieds au-dessus de la mer.

Gutervo. — Ville dans la province Chota, département de Cajamarca, située à 60 1/2 de latitude Sud, éloignée de Chota de 30 kilomètres au nord-est, élevée au-dessus de la mer à 9,000 pieds. Les environs appartiennent au type de la sierra typique. La plus grande partie des oiseaux fournie par cette localité vient de la forêt serrane nommée montana de Angurra renfermée entre 9,500 et 10,500 pieds au-dessus de l'Océan.

Callacate. — Colonie située dans la vallée de la rivière Chota à plus d’une douzaine de kilomètres de Cutervo. Cette localité, élevée à 4,800 pieds au-dessus de la mer, appartient au sous-type quichua. Pour la trouver sur la carte il faut chercher une bourgade appelée Cochabamba, au nord de Chota.

Tambillo. — Colonie située sur la rive gauche du ruisseau Rio de Tambillo changeant son nom en Rio de Malleta près de son confluent avec le Marañon. Ce ruisseau constitue la frontière entre les provinces Chota et Jaen. Tambillo est situé dans cette dernière province, département de Cajamarca, à 6° latitude Sud, plus ou moins au milieu des forêts serranes connues dans tout le département sous le nom de montana de Palto. Les excursions s’y sont effectuées entre les limites de 5,800 et 8,000 pieds au-dessus de la mer. Dans le voisinage sont situées les colonies Arenal, Sauce et Ambagay.

Guajango. — Colonie de dix cabanes dans la vallée du haut Marañon, à environ 6° latitude Sud, province de Jaen, district de Choros, élevée au-dessus de la surface de la mer à 1,500 (et non à 800 pieds comme le prétendent quelques-uns). Localité caractérisée sous le nom de vallée du Maranon.

Les cinq localités indiquées plus haut, Chota, Cutervo, Callacate, Tambillo et Guajango sont situées sur le versant oriental de la pente occidentale des Cordillères dans le système du haut Marañon. Les trois suivantes sont situées à des altitudes correspondantes du versant occidental de la chaîne orientale ou de l’autre côté de la vallée du Marañon.

Cocoché. — Ferme située dans le département Amazonas, province de Luya Grande, située à 5,800 pieds au-dessus de la mer et entourée d’une forêt serrane. C’est donc la localité correspondante à la colonie de Tambillo du versant occidental. Mon court séjour dans cette localité m'a permis de constater la présence de certains oiseaux qu'on ne trouve pas à Tambillo, malgré la petite distance qui sépare ces deux localités.

Chachapoyas. — Chef-lieu du département Amazonas, situé à peu près à 60 1/4latitude Sud sur le versant occidental de la chaîne orientale des Cordillères, à l’altitude de 7,600 pieds. Cette localité du type de la sierra typique correspond sous tous les rapports aux environs de la ville Chota du versant occidental. À 4 kilomètres au sud de la ville s'étend la montana de Puma-Urcu, forêt serrane à 9,000 pieds au-dessus de la mer.

Tamiapampa. — Ferme à 12 kilomètres de Chachapoyas, siluée au bord de la même forèt Puma-Urcu. Élevée à 9,000 pieds au-dessus de la mer, elle appartient au type forêt serrane et correspond entièrement à la forêt d’Angurra des environs de Cutervo, sur la chaine occidentale des Cordillères.

Les localités suivantes sont situées sur le versant oriental de la chaine orientale des Cordillères, c’est-à-dire dans la région des forêts (région de la montana).

Vallée Huayabamba, — Composée de deux plaines parfaites, voisines et séparées par une chaine de montagnes peu élevées. La plus grande, située vers le nord-ouest (dans le voisinage de Chachapoyas), est traversée par la rivière San Nicolas, connue plus bas sous le nom de Rio de Omia. La moins grande est traversée par une rivière qui change de nom dans les différentes localités qu’elle parcourt (Rio de Curi- Yacu, Rio de Pinducuchu, Rio de la Totora, Rio de Corral, Rio de Millpuc). Dans la localité de Millpuc la rivière se perd dans une paroi rocheuse (dans un trou pratiqué probablement par l’homme), traverse, dit-on, 2 kilomètres sous terre et se réunit à la rivière Omia qui a reçu un peu plus haut la rivière Jevil, arrivant de la montagne Titicaca. Ces trois rivières (Omia, Jevil et Millpuc) forment la rivière importante de Huambo, qui, après avoir reçu les eaux du gros ruisseau Rio Verde,

arrivant des hauteurs de Cajamarquilla, se jette dans l’Huallaga, près de la bourgade Pachiza.

La seconde plaine, moins grande, est entourée de montagnes élevées à 8,000 pieds au-dessus de la mer ou de 2,600 pieds au-dessus du plateau situé lui-même à 5,400 pieds d'altitude. Ce plateau était autrefois couvert d’une forêt continue qui descend encore actuellement des pentes environnantes sur la partie occidentale de la plaine dans les localités Limabamba et Curi-Vacu. Ce plateau est actuellement occupé en grande partie par la culture, et pour le reste, couvert par des broussailles plus ou moins développées dans lesquelles prédomine la guayaba (Psidium pyriferum), d’où vient le nom d’Huayabamba ou Guaya-Bamba (bamba — plaine, corruption de pampa). Les versants des montagnes sont en grande partie dépourvus de forêts. Sur le plateau 1l y a des colonies situées le long de la rivière Curi-Yacu : Limabamba, Pallca, Totora, Naranjopata, Corral, Chirimoto et Millpuc, toutes élevées plus ou moins à 9,400 pieds au-dessus de la mer. Au delà de Chirimito, j'ai fait des excursions sur le pic voisin Ray-Hurmana, élevé de 8,000 pieds et couvert d’une épaisse forêt serrane. En descendant le long du cours de la rivière Huambo, on rencontre une petite colonie, Achamal, élevée à 4,800 pieds, et plus loin une belle chacra (1), Huambo, élevée à 3,100 pieds au milieu des forêts vierges. Cette localité est caractérisée sous le nom de quichua forestier. Huambo est éloigné de 10 kilomètres de Chirimoto et de 80 kilomètres de Chachapoyas vers le sud-est. C’est le dernier point habité dans le département des Amazonas.

Toutes ces localités situées environ à 6 1/2 latitude Sud, sont comprises sous le nom général de vallée d'Huayabamba, sous lequel elles sont connues.

Yurimaguas. — Ville située dans le département de Loreto, province d'Alto Amazonas, à l'embouchure de l’Huallaga dans la Paranapura, au milieu des plaines de maynas, couvertes de forêts chaudes continues, à o° 3/4 latitude Sud.

J. STOLZMANN.

(1) Sous le nom de chacras on entend, au Pérou, les champs cultivés; quelquefois on l’applique aussi pour désigner une ferme.

Notice sur les localités du Pérou central explorées par M, Jelski

Lima. — Capitale de la République, située à 120 latitude Sud, à 14 kilomètres du port de Callao. Les environs appartiennent au type caractérisé sous le nom de vallée de la côte.

Tarma, — Chef-lieu du département de Junin, situé à 110 1/2 latitude Sud, à 9,780 pieds au-dessus du niveau de la mer (selon la carte de l'Amérique Méridionale de Ravenstein). À À ou 2 leguas plus bas dans la même vallée, se trouve une bourgade, Acobamba, au point de réunion avec une autre vallée venant du nord. Cette vallée, longue à peu près de 8 leguas, commence à Cacas, et à moitié de la route, entre Cacas et Acobamba, se trouve le village de Palcamayo. À 2 leguas plus bas d’Acobamba est situé le village Palca. Le Rio de Tarma change son nom en Rio de Chanchamayo, et se joint, à une journée de route, à la rivière Tulumavo.

Maraynioc. — Ferme située près des sources du ruisseau Aynamayo. La partie inférieure de la vallée de Chanchamayo porte le nom de montana de Ghanchamayo, et la partie inférieure de la vallée de l'Aynamayo est connue sous le nom de montana de Vitoc.

Amable Maria, Mashayacu et Soriano. — Fermes situées entre les ruisseaux Chanchamayo et Aynamayo, à une petite distance de la rivière Tulumayo. L’altitude de ces localités est presque la même, environ 2,000 pieds au-dessus de la mer; faune presque identique.

Paltaypampa. — Plantation de café beaucoup plus élevée que l’Amable Maria, à droite du ruisseau Aynamayo, à environ 5,900 pieds d'altitude. La plaine s'étendant plus loin, dans la direction de la rivière Tulumayo, porte le nom de pampa Jesus.

Parmi les lieux indiqués plus haut, je suis resté cinq mois à Maraynioc et autant à Amable Maria; un mois et demi à Paltaypampa; Je n’ai été dans les autres que peu de temps ou même seulement de passage.

Maraynioc est sur la limite supérieure de la forêt. Les excursions

ER

y étaient dirigées les unes vers les crêtes dénudées des montagnes, les autres dans les broussailles voisines de la forêt, ou encore dans la forèt même ; les oiseaux marqués par moi comme capturés à Maraynioc habitent donc souvent des régions bien différentes, mais ils ont été tous pris dans les excursions à une journée au plus de Maraynioc.

Chilpes. — Ferme située, comme il paraît, à 6,000 pieds d'altitude, dans la vallée, entre Maraynioc et Vitoc; on y cultive le maïs. À 2,000 pieds plus bas, la localité est nommée San Bartolome.

Junin.— Grand village situé sur le plateau dans la région de la puna, près du lac Junin ou Chinchaycocha, à une journée de route de Tarma. Le lac a 10 kilomètres de longueur. Le département porte le nom de ce village, en souvenir d’une bataille décisive qui a assuré l’indépendance de la République. Le lac est entouré de marais de différentes espèces, dont la plus grande partie est occupée par des prairies humides, couvertes d’une petite végétation qui dépose pendant six ans une couche assez épaisse, composée de radicelles de graminées. Tous les six ans on l’enlève au moyen d’une pelle arrangée dans ce but, et après avoir desséché ce produit au soleil, on s’en sert pour se chauffer comme de la tourbe. Çà et là on rencontre sur ces prairies de petits monticules au sommet desquels se trouve une fontaine semblable à un puits très profond. Les marais sont couverts d’une couche végétale très fine qui se fend sous le poids d’un homme, et il est dangereux d’y marcher. En allant à travers les prairies et les marais vers le lac, on est obligé de passer une bande d’eau pure assez profonde pour qu’on en ait jusqu'aux reins. Entre cette bande et le lac, le sol est plus sec que celui de la prairie et couvert de plusieurs espèces de jones. Au bord même du lac les joncs sont beaucoup plus élevés.

Le plateau de Junin est entouré de monticules. Dans cette contrée il y a beaucoup de petits lacs avec des marais peu étendus aux bords. Outre les oiseaux qui se trouvent aux environs du grand lac, on rencontre sur ces petits lacs la Fulica gigantea, qui ne se trouve pas près du grand.

Malgré mes deux séjours dans la contrée, chacun de cinq mois, je n'ai pas pu visiter le bord septentrional du lac Junin et les nombreux marais de différentes sortes, situés dans les diverses localités de la puna.

Pumamarca. — Localité située à l’est de Junin, à deux jours de distance. Le ruisseau dans la vallée duquel est située cette localité sort du lac Acancocha et se Jette dans la rivière Chanchamayo; à l’est de cette localité la forêt est continue, habitée par des tribus sauvages.

En s’approchant de la forêt de Pumamarca on rencontre un beau pâturage nommé Hachapata, où j'ai entendu pour la première fois pendant la nuit une grande bécassine qui fait grand bruit en accomplissant ses évolutions aériennes. Puis je lai entendue passant la nuit entre Cajamarca et Chota, au voisinage de la ferme Vanacancha. Malheureusement ni M. Stoilzmann ni moi n’avons pu tuer cette bécassine probablement inconnue.

Au voisinage de la ferme de Pumamarca, élevée à 6,000 pieds, se trouve un grand plateau nommé Ninabamba, assez plat, dénudé, couvert de buissons parmi lesquels dans certaines localités domine le Piper, dans les autres le Lantana.

Vers la moitié de la route, entre Hachapata et Pumamarca, la forêt se termine et fait place à la contrée ouverte; ce lieu s'appelle Sillapata, élevé environ à 7,000 pieds au-dessus de la mer.

Hachapata est élevé à 10,000 pieds. — D’Auquimarea la route conduit vers Ropaybamba ou San Damian, localité située à une altitude inférieure de 2,000 pieds à la précédente ; le climat est beaucoup plus doux et on y cultive la canne à sucre et une yuca passable ; c’est donc une altitude voisine de 4,000 pieds. On y rencontre des singes (Ateles, Lagothrix, Gebus). San Damian est le dernier point dans la vallée de Pumamarca visité par les Péruviens civilisés.

Higos. — Ferme située au milieu des pâturages formés à la suite de la coupe des forêts. Dans la partie voisine de la forêt on ne trouve que des broussailles au milieu des pâturages. Jugeant par l’analogie qu’un buisson à fleur rosée, semblable à une azalée, commun dans cette localité, se trouve à Cutervo et aux environs de Tambillo, je suppose, qu'Higos est élevé d'environ 8,000 pieds au-dessus de la mer. C’est ici que J'ai eu une peau endommagée du fameux fatairo, rongeur très curieux et inconnu, dont la voix semblable à celle d’une chouette se fait souvent entendre pendant la nuit. Le fatairo est de la taille d’un chat, à queue longue, écailleuse comme celle du rat, de l'épaisseur du doigt ; les oreilles semblables à celles de la cavia; la patte blanche, à doigts

longs, sans ongles, incapables de fouiller et destinés à saisir les plantes sur lesquelles il grimpe avec agilité; le pelage est roux, les habitudes nocturnes.

Huanta. — Chef-lieu d’une province dans le département d’Ayaeucho, situé dans la sierra chaude, à 6,000 pieds environ au-dessus de la mer. La chirimoya y prospère bien; on y cultive la canne à sucre, mais d’une qualité médiocre. À une petite journée de la ville d'Huanta, après avoir traversé une petite crête atteignant la limite des forêts, on entre dans une forêt qui s'étend sans intervalle jusqu’à la région habitée par les peuplades sauvages.

À l’est de la ville d'Huanta, à trois jours de route, est située la colonie de Monterico au bord du ruisseau de San Miguel. La vallée dans laquelle est située cette localité porte le nom de Choymacota. C’est une grande plantation de coca (Erythroxylon coca), ce qui indique le climat chaud ; car la coca exige beaucoup plus de chaleur que la canne à sucre pour donner de bons résultats et produire des graines. Le cacao qui exige encore un climat plus chaud y prospère très bien. La plantation est entourée d’une forêt vierge.

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