Mimus longicaudatus
Tscx., Faun. Peru., p.193, tb. XV, fig. 1 — Sc. et SALv., Nomencl. Av. Neotr., p. 3 — Tacz., P. Z. S., 1874, p. 504; 1877, p. 749; 1880, p. 190.
M. supra murinus, sublus dilutior ; pileo nuchaque fusco maculatis; qula albida, uirinque lineola nigra marginata; superciliis lalis postocularibus genisque albidis ; fascia transoculari nigricante; speculo alari albo : cauda longa fusca, apice alba.
g et Q Ad. en plumage frais (septembre). — D'un gris de souris, à disque des plumes du sommet de la tête largement brun foncé, en formant des squamules aiguës claires sur un fond foncé, ou des stries foncées triangulaires sur un fond gris; des taches au cou postérieur et sur le devant du dos, plus petites sur la partie postérieure de ce dernier; sourcil blanc ou fauve blanchâtre, mince devant l'œil et fort élargi en arrière; les lores, une large bande postoculaire réunie à une bande transversale postauriculaire et une moustache sur les côtés de la gorge, noirs; le reste du bas du visage, le milieu de la gorge et un large demi-collier blancs ou blanchâtres; la poitrine et les côtés de l'abdomen gris, plus ou moins largement squamulés de blanchâtre; le milieu de l’abdomen, la région anale et les souscaudales blancs; quelques stries noirâtres sur les côtés du ventre. Ailes noirâtres, à petites tectrices bordées largement de gris, les grandes tectrices et les moyennes terminées d’une large bordure blanche ou d’un gris beaucoup plus pâle que celui des petites; dans chaque cas les tectrices primaires sont blanches pures dans leur moitié terminale, formant avec le blanc de la base des rémiges primaires un grand miroir alaire; rémiges primaires bordées finement de blanc, les secondaires et les tertiaires plus largement de gris sur les côtés, et de blanc ou de gris blanchâtre à l’extrémité; sous-alaires blanches ; bord interne des rémiges blanchâtre. Queue d’un schistacé grisâtre foncé, à barbe interne plus noirâtre, excepté dans les deux médianes; à extrémité blanchâtre, longue de 3 centimètres dans les externes et diminuant en longueur en s’approchant du milieu de la queue, presque nulles sur les médianes; toutes plus ou moins colorées de gris à l'extérieur en dépassant la baguette. Bec et pattes noirs; iris olive.
Les oiseaux en plumage usé, en décembre et janvier, ont les bordures des plumes du sommet de la tête plus fines et roussâtres; le fond de la poitrine et des côtés de l'abdomen d’un gris plus uniforme à peine ondulé de bordures plus claires; la raie postoculaire réduite à sa partie inférieure et la moustache noire beaucoup moins larges; le blanc du sourcil et du collier moins pur.
Jeune oiseau en premier plumage semblable à l’adulte et distinct par
les bordures des plumes plus roussâtres sur les parties supérieures du corps et sur les ailes; le devant du cou, la poitrine, les flancs et les souscaudales lavés légèrement de fauve; des taches brunes au cou et sur la poitrine ; lores, tour de l'œil et moustaches bruns au lieu de noirs; extrémité des rectrices isabelle au lieu de blanche; rémiges primaires bordées largement d'’isabelle à l'extrémité.
G' Longueur totale, 299-308; vol, 380-393; aile, 127; queue, 140; bec, 32; tarse, 37 millimètres.
Q Longueur totale, 280; vol, 376; aile, 120; queue, 130; bec, 29; tarse, 31 millimètres.
Les œufs, recueillis en février, ressemblent beaucoup à ceux du merle d'Europe, mais en général ils sont un peu plus petits et moins atténués au sommet. Ils présentent des variétés aussi nombreuses que ceux du merle cité. Le fond est également vert, d’une nuance plus ou moins forte; les taches d’une couleur brune roussâtre (rouille), sur les uns très petites, et nombreuses sur toute la surface, également distribuées partout, et plus denses et plus grosses au gros bout. Dans les autres les taches sont plus grandes, plus foncées, beaucoup moins nombreuses et le plus souvent plus denses au gros bout. Quelques-uns ont le fond fort barbouillé, de sorte que la couleur de la coquillé est effacée en grande partie. Les œufs de chaque ponte sont plus ou moins également colorés.
Longueur, 25-?29,2 sur 19,8-20,7 millimètres de largeur.
Lima (JELSKI) ; Chepen, Tumbez (STOLZMANN); Lima, Guadalupa, Quebrada de Culebras (coll. RAIMONDI).
€ Très commun sur toute la côte péruvienne, mais il ne paraît pas s'élever audessus de 1,000 pieds d'altitude. On m'a assuré que les Mimus se trouvent aussi dans la vallée du Maraïon et dans celle de la rivière Chamaya; mais dans ces deux vallées on ne les rencontre que dans les lieux où abondent les algarrobes; c’est ainsi qu'ils ne se trouvent point à Guajango, et on ne les rencontre qu’au delà de Choros.
» Cet oiseau agréable vivifie la côte péruvienne, aride et couverte de poussière, II est très nombreux à Tumbez; en janvieret février on en voit au moins un chantant sur chaque buisson de la contrée. Ce chant est très estimé par les Péruviens ; on ne peut pas dire qu'il soit joli, car plusieurs sons gutturaux gâtent l'effet général. Malgré cela il est très agréable, là où sans lui la contrée serait vide et tranquille. En chantant il se perche ordinairement au sommet des buissons peu élevés.
» En mai et en juin toute la vallée de Tumbez et même les collines arides (Zomas) se parent d’une belle herbe rare. C’est alors que le Mimus sautille à terre pendant toute la journée, la queue élevée en haut, les ailes pendantes, parcourant parmi les buissons et s’arrêtant de temps en temps. Je l’ai vu poursuivant à pied et saisissant un papillon. Les insectes ne constituent cependant pas sa nourriture exclusive, en mars il mange les baies blanches d’un buisson nommé dans la contrée muy-muy..
» Son vol n’est pas de longue durée, l'oiseau ne traverse donc pas de grandes distances à la fois. Sa voix d’avertissement et de plainte est un #schi-ououou. Il niche en février et mars. Son nid d’une construction assez négligée est bâti de rameaux épineux et garni dans l’intérieur d’un petit nombre d’autres rameaux fins. Il le place sur les buissons peu élevés, ordinairement à deux mètres au-dessus du terrain. Souvent j'ai rencontré son nid sur une espèce de Cactus. Ordinairement il dépose trois œufs, plus rarement quatre, et une fois j'en ai trouvé cinq.
» À Tumbez, j'ai eu la preuve de l'intelligence de cet oiseau. Au commencement de mars on m’a apporté deux adultes avec leurs deux enfants pris dans un trébu-
chet, dans lequel on à mis les petits, J’ai lâché en liberté les parents et j'ai logé les petits dans une cage, suspendue sur la véranda de la maison. Comme les parents ne cessaient pas de tournoyer dans le voisinage et se posaient sur les toits des maisons voisines, on m'a conseillé d'ouvrir la porte de la cage. Sitôt que je l’ai eu fait, la mère commença à apporter la nourriture, et malgré qu’elle a été prise en cage, elle ne craignait pas d'entrer dans l’intérieur et d’y nourrir ses petits. L'amour maternel a surpassé la crainte! Elle apportait les insectes qu’elle ramassait sur les toits voisins, ou les fruits de muy-muy. Le mâle était plus méfiant et chantait sur les toits voisins. Un dimanche, en lisant un livre sur la galerie de la maison, j'étais frappé par un cri de plainte de la femelle. D’abord je n’ai pas fait attention, croyant qu’elle criait sur le renard attaché à la même galerie. L'oiseau ne cessait pas de crier et de s’approcher continuellement vers moi, jusqu’à ce qu’il n’était éloigné que d’un mètre et demi, ou de la portée de la maïn. Je me suis donc rendu pour voir la cage et j'ai trouvé sa porte fermée par le vent. La cage se trouvait de l’autre côté de la maison, je l’y ai placée pour que la vue continuelle des gens ne fasse pas de crainte à la mère. L'oiseau est donc venu me prier de lui aider dans son embarras, sachant que je pourrais ouvrir la cage. Quelle intelligence ! Ce fait authentique peut servir de preuve que les animaux sont doués de quelque chose de plus que d’un instinct aveugle, qu'ils ont aussi quelques qualités intellectuelles. Ce Mimus a nourri ses enfants jusqu’à ce qu’il les a conduits en liberté.
>» Puis à Lechugal on a apporté à la maîtresse de notre maïson un jeune Mimus. Les parents tournoyaient continuellement apportant la nourriture. Je lui ai conseillé d'exposer le nid dans un lieu isolé. La mère nourrissait son petit, entrant dans l’intérieur de la maïson sans faire attention au bruit de la conversation continuelle.
» Ce Mimus s’apprivoise facilement. J’ai vu à Tumbez, chez le capitaine du port, un oiseau apprivoisé sautillant sur la table pendant le repas et priant à lui donner à manger. Souvent on rencontre donc dans le pays les oiseaux apprivoisés et gardés en liberté.
» À Tumbez on lui donne le nom de sona, à Chepen chisco » (STOLZMANN).
M. Jelski dit que le nid de cet oiseau est généralement d’une construction si peu dense qu’on voit souvent les œufs à travers les parois ; que l’oiseau construit souvent le nid dans les buissons épineux dont les rameaux appartiennent à la construction et sont entrelacés par les branches ajoutées. Dans l’intérieur du nid, outre les branches fines, il y a ordinairement des filaments d’écorce et des crins de cheval.
FAMILLE CINCLIDÆ