LE PASSÉ MEURTRIER
Les Titans, lourd passé grognant. Bondis, Jeunesse, Et qu'ils s'écroulent sous ta foudre vengeresse.
Dans la caverne, mal veillé, dormait l'Enfant, Le dieu qui doit payer son trône de son Sang.
Ils ont déchiré le corps de l'Enfant,
Ils l'ont fait bouillir. Ils ont bu le Sang. Mais le cœur leur échappe et le cœur de l'Enfant Reforme sa substance immortelle et son Sang.
Roule la foudre st croulent les Titans.
Et l'homme est né des cendres des Titans.
Cendres du lourd passé, où brille par parcelles La substance du dieu, Dionysos enfant.
0 dégage-toi, substance immortelle.
Cœur, échappe-toi. Renais, Dieu-Enfant.
Enseigne-nous. Que les mystères se dépouillent.
L'étrangère Psyché se désole et se souille
Dans notre corps depuis toujours souillé Du lourd limon des Titans foudroyés .
Lave ton âme, sans attendre De renaître à travers les douloureux méandres. Ah ! lave-toi, pieusement, des lourdes cendres.
Fils des Titans et fils du dieu, purifie-toi.
Choisis ton père, et tends vers lui ton cœur. Haut. Droit.
Et jette tes démons à l'immonde. Nais. Sois.
4o. — L'ÉPREUVE POUR L'HARMONIE
0 pacte harmonieux des êtres, Epreuve ce désir que guide ton appel Et qui s'égare et tombe avant de te connaître.
0 pacte harmonieux des êtres, Souffrirons-nous longtemps de ne pas te connaître ?
Amour équilibré, lien qui lie aux ancêtres, Souffrirons-nous longtemps de ton obscur appel ?
0 pacte harmonieux des êtres, Une coupe épandue en l'honneur des ancêtres Ne suffit pas pour que ton règne puisse naître.
Une coupe épandue en l'honneur des ancêtres Ne satisfait pas ton autel.
Il faut l'Ordre. Il faut l'Harmonie.
Até, qui nous aveugle et nous fait criminels, Qu'elle ôte de nos yeux son bandeau de folie ; Horcos, divin serment, violé, qu'on expie, Plutôt soutiens-nous, serment solennel.
Il faut l'Ordre. Il faut l'Harmonie.
Mais il faut, attendant que tu sois obéie.
Daus notre chaos te craindre, Harmonie.
Et lourds, et grossiers, il faut qu'on expie Le malheur d'ignorer ton spectre fraternel Dont le rythme parfait convie A chanter les grands chants du ciel.
Dis, auras-tu toujours besoin des Erinnyes ?
La faute au criminel se lie.
Le fouet des Gardiennes châtie Le parjure, parjure au pacte d'harmonie.
Les ongles de fer des Harpies.
Harmonie, Harmonie, Dis, auras-tu toujours besoin des Erinnyes
Et du sang des jeunes héros Qui t'ont fait le don de leur destinée ?
Hautes âmes données Et pour ton progrès âmes moissonnées.
Tu leur donnes paix et repos Par les triples moissons des îles Fortunées.
Ai.— le message CLOS
Lamelles puissantes de l'or.
Sur votre vierge éclat, le fugitif délire Qui reçut les secrets du rythme et de l'accord En mots lourds de richesse obscure vient s'inscrire. Délire formulé, porte des hauts essors.
Ainsi se garde, Rituel, en lames d'or Pesantes, le sublime et fugitif apport.
Relis. Apprends les mots : Apprends à les redire, Porte le talisman des mots, Mystérieux message clos Dont plus tard, en péril, tu briseras la cire. Ouvre ta mémoire. Ecoute. Reçois.
Les mots s'ouvriront, beaux fruits mûrs, en toi.