LES PROCES DE GALILEE M
ailier à Goa. A Rome, elle se montra plus prudente, avertie par une sédition populaire à la mort de Paul IV. Cependant, le 17 février 1600, elle faisait brûler vif à Rome le philosophe Giordano Bruno, ennemi d'Aristote et partisan de Copernic, qui avait été livré au Saint-Office romain par l'Inquisition de Venise.
76. L'Inquisition romaine se rendit aussi ridicule qu'odieuse par les deux procès faits à Galilée. Dès 161 6, l'opinion de Copernic sur le mouvement de la terre, reprise et démontrée par Galilée, fut dénoncée par les dominicains comme contraire à l'histoire de Josué qui, dans la Bible, arrête le soleil. L'Inquisition déclara qu'elle était « non seulement hérétique dans la foi, mais absurde dans la philosophie ». Galilée s'inclina, mais n'en continua pas moins ses recherches. Son grand ouvrage, les Dialogues, parut en 1632, avec le permis d'imprimer de l'Inquisition de Florence. Très prudent dans la forme, il constituait, dans le fond, une démonstration nouvelle du système de Copernic; le défenseur du système opposé parlait doctement, mais comme un imbécile, nuance qui avait échappé au bon inquisiteur florentin. Urbain VIII déféra les Dialogues à une commission et Galilée, alors malade et âgé de près de 70 ans, dut revenir de Florence à Rome pour comparaître devant l'Inquisition. Dans une séance de la Congrégation du Saint-Office (16 juin 1633), le pape décida de lui faire subir un interrogatoire « même avec menace de la torture ». Galilée était un savant de génie, non un héros; condamné à la prison, il se rétracta humblement et à genoux. Le mot célèbre : « Et pourtant elle tourne !» lui a été
attribué par un homme d'esprit, 130 ans après (en 1761). Bien entendu, le système de Galilée fut universellement admis au xvnie siècle; mais c'est seulement le 11 septembre 1S22 que la Congrégation de l'Inquisition déclara licite l'impression des livres enseignant le mouvement de la terre, décision qui fut approuvée le 25 septembre par le pape Pie VII. « Certes, pour une erreur commise, il ne convient pas de tenir éternellement en suspicion la prudence bien connue des Congrégations romaines. Mais, malgré tout, les « gens de peu de foi » dont parle l'Évangile — et ils sont nombreux — craignent encore instinctivement que ce qui est arrivé une fois ne se renouvelle. Et cette frayeur, cette tentation de doute, qu'on le veuille ou non, est une conséquence lointaine et durable de la condamnation de Galilée. » (1) Ainsi parle un honnête apologiste; il a raison; mais les « gens de peu de foi » ont- ils tort ?
BIBLIOGRAPHIE
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